Nous n’avons qu’une seule toute petite planète

Publié le par lesbiodiversitaires

Nous n’avons qu’une seule toute petite planète

Cela semble une lapalissade, et pourtant…
Depuis quelques générations, nous avons été élevés avec un imaginaire de science-fictio
n.

Rappelez-vous… 2001, l’Odyssée de l’espaceBlade Runner, ça se passe en 2019.
Star Trek, allez, ça nous laisse encore un peu de temps, vers 2260. Alien aussi, 2122, dans un siècle. La Planète des singes, 2500.
La Guerre des Etoiles, pas de date, c’était il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine, très lointaine…
Mais tout cet imaginaire nous raconte la même chose : l’humanité se déplacera aisément dans l’espace, aura colonisé d’autres planètes. On finit presque par y croire, d’autant que nos scientifiques continuent d’explorer l’espace… depuis la Terre.
Mais la vérité, c’est que nous sommes en 2015. On est péniblement allé sur cette vieille Lune, et c’est tout ! On ne sait pas encore aller sur Mars sans griller nos astronautes aux rayons cosmiques et les faire revenir très malades.
L’Enterprise et le Millenium falcon n’existent que dans nos contes de fées modernes. La science-fiction, c’est aussi lié à un pur problème narratif : longtemps, la Terre suffisait aux aventures de nos héros, on pouvait supposer que des monstres se cachaient dans les contrées inconnues… Mais maintenant qu’on a tout exploré, qu’on a fait le tour du monde, comprenez les écrivains : il faut bien déplacer ailleurs, plus loin, dans l’espace, les protagonistes. Pour plus d’aventures, plus d’inconnus, et pour avoir à nouveau des possibilités de monstres qui font peur… Pour déployer un imaginaire débridé, tout simplement !
Peut-être qu’un jour on ira sur Mars et ailleurs, qui sait ? Mais on n’y est pas encore ! Et admettons qu’on soit un jour plus à l’aise pour aller vadrouiller dans l’espace, ben, avant de trouver une autre Terre, y’a du boulot. Parce que pour le moment, les autres planètes, question habitat, température et atmosphère, on a trouvé mieux… Elles ne sont pour la plupart simplement pas vivables. Dans l’Univers, la Terre, les Terre s’il y en a d’autres, sont des raretés, des merveilles uniques.
Puis, admettons donc, avec beaucoup d’espoir, qu’on trouve un jour quelque part un autre caillou à peu près habitable. La vie s’y serait sans doute aussi développée. Et si ceux qui squattent là-bas sont aussi sympathiques que nous-mêmes ici chez nous, il y a des chances pour qu’on n’y soit pas vraiment attendu… (On imagine la qualité des échanges culturels avec les extraterrestres… vu comme on a déjà du mal à accueillir entre nous les réfugiés politiques qui souffrent dans leur pays depuis des années…).
Par contre, à beaucoup plus court terme, on est en train de bousiller notre seule, unique, toute petite planète, nos ressources, notre futur… Et on élimine les animaux et les plantes qui sont ici avec nous, embarqués dans la même histoire, nos seuls compagnons d’aventure, nos uniques et irremplaçables camarades de la vie. Arrêtons de fantasmer et de projeter un futur hypothétique où après avoir pourri notre planète, on pourra aller dégueulasser celles des autres (si elles existent…). On n’a qu’une seule planète, et pour le moment, on y est vissé, et sans aucun échappatoire. On est en train de détruire notre seule fragile maison, notre fabuleux rivage, notre dernier refuge.

Texte initialement publié sur le site des JNE (association des Journalistes Ecrivains pour la nature et l'écologie).

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