Expédition dans le désert de Gobi, épisode 4

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Vaches mongoles

Vaches mongoles

Les autres sont au milieu du camp, à l’abri sous la grande tente commune.
J’attends, allongée par terre, isolée du sol bien dur par un très fin matelas.
Nous avons roulé une partie de la journée pour rejoindre le lac Sangyin Dalai. L’Aeroflot a perdu le bagage d’un de nos compagnons, qui se retrouve sans rien, pas même un slip de rechange. Nous avons rallié Oulan-Bator après donc deux jours de voyage et d’attente…
Nous avions finalement pu prévenir les Mongols de nos déboires moscovites. En arrivant dans le hall de l’aéroport, nous avons entendu la voix de Terbish : « Philippe ! Elise ! », et il nous a serrés dans ses bras.

Terbish avec son guide des reptiles
Terbish avec son guide des reptiles

Terbish
Il n’a pas changé, depuis 2012. J’aime Terbish, sa gentillesse, sa bienveillance, sa façon de trouver des solutions à tous les problèmes, sa sérénité, son regard intelligent et doux, son accent mongol quand il parle anglais (les f deviennent des p : par exemple food devient pood, friend devient priend…).
Tsa tsa tsa, dit tout le temps Terbish, ce qui signifie « ok, ok, ok ».
Je suis heureuse d’être en Mongolie, de revoir les Mongols, ce beau peuple souriant.
Pour le moment, nous sommes 10 : 5 Français, 5 Mongols, 2 camions russes, et nous voilà partis.
A part Terbish, l’équipe mongole nous est finalement inconnue. Je ne vais pas pouvoir continuer mes cours de vocabulaire avec ma copine cuisinière !

Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski
Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de GodlewskiSur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski
Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de GodlewskiSur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski

Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski

Orage dans la steppe
Il pleut, il pleut, il tonne, et je suis toujours coincée dans ma tente. Autour de moi, les vaches meuglent, l’orage ne leur plait pas !
Avant que l’orage n’éclate, sur notre route, nous avons vu 5 faucons sacres, des buses de Chine, des traquets pie, des bergeronnettes citrines, des grues demoiselles…

Bergeronnette citrine

Bergeronnette citrine

Alouette de Mongolie
Alouette de Mongolie

Mais ce que j’ai préféré, ce sont les alouettes mongoles, magnifiques, qui paradaient sur ciel d’orage… Voletant au milieu des iris en fleurs qui recouvrent la steppe… Ce sont de grosses alouettes, assez farouches et très affairées à voler et à chanter. Pas simple de les photographier. J’avais déjà vu toutes ces espèces en 2012.

La steppe est ici recouverte d'iris...
La steppe est ici recouverte d'iris...

La steppe est ici recouverte d'iris...

Et l’obs mammalogique de la journée, c’est, de loin, 3 grosses marmottes presque jaunes, dodues à souhait… Les Mongols les mangent rôties à l’automne, ce qui n’est pas sans poser de problèmes à l’espèce.
Il pleut, il pleut… Combien de temps cela va-t-il durer ?

Alcool
Mais la faim commence à me tenailler et me fait sortir de ma tanière. Les éclairs se sont éloignés. Je retrouve les autres ornithos avachis dans la tente commune, l’œil morne.
« T’en veux ?, me disent-ils en désignant une bouteille de coca remplie d’un liquide transparent, qu’ils sont en train de se siffler.
- De la vodka ? »
Signes de tête négatifs :
« Alcool de lait de yak fermenté.»
Je renifle un verre : une odeur très puissante de bétail et de bouse me saute au nez. J’avais oublié l’odeur du yak…
« Euh, non merci. »
Terbish rigole de ma mine déconfite et je négocie avec lui une boisson qui me convient mieux : le thé au lait mongol, c’est-à-dire un lait salé, fort également et qui ne plait guère en général aux Occidentaux, mais un régal comparé à cet horrible alcool de yak.
Et surtout, c’est bien chaud et réconfortant sous l’orage !
Dans la tente, tout est déjà humide. La pluie d’orage a tout détrempé et saturé l’atmosphère d’humidité.
On va bien se peler…

La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...

La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...

Quatrième jour. Mardi 21 juin.
Dans la nuit, il fait jour. Mais c’est quoi encore, cette fois ? Après la nuit polaire des Russes et le crépuscule sans fin de l’avion, voilà la pleine lune qui éclaire la steppe comme c’est pas permis !
Pas grave, je m’endors, épuisée.

Le soleil s'est couché sur la steppe.

Le soleil s'est couché sur la steppe.

Marouette de Baillon ?
Puis j’entends : « Tu ronfles ? »
Euh, ben… c’est-à-dire que l’orage a réactivé mon rhume et que j’ai le nez complètement bouché (parce que je ne ronfle jamais, hein !).
« Mmmoui, je grommelle, dans un demi-sommeil.
« Ah ! Parce que j’ai cru que c’était une marouette de Baillon. »
J’en reste coite. C’est bien la première fois que l’on me confond avec une marouette de Baillon… (pour les non-naturalistes, une marouette de Baillon est un petit oiseau, proche des râles et gros comme un moineau, que l’on ne voit jamais et qui vit dissimulé au plus profond des roselières).
Les ornithos sont-ils un peu poètes ou bien juste complètement obsessionnels ? J’ai mon idée sur la question.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 4

Voilà, on se pèle. On dort en polaire, avec 2 paires de chaussettes, et le vent froid fait claquer la tente.
Les Mongols nous ont fait boire de la soupe à la viande, avant de nous coucher.
Résultat, on doit se déboudiner 3 fois de notre installation compliquée duvets/polaire/chaussettes/tente humide pour aller pisser dans le froid en les maudissant.
Au réveil, Philippe me demande : « T’as pas mal partout ?
-Ben si. »
Bienvenus dans la steppe.

Grues demoiselles

Grues demoiselles

Suite au prochain épisode...

Commenter cet article

blatoun 24/07/2016 22:52

Ben c'est cool la Mongolie...Mais dans le genre expédition, il faudra que je vous fasse découvrir un jour la cryptomayenne. C'est quand même un degré au dessus sur l'échelle "aventuresque".
Merci et bravo Elise, pour cet excellent partage de vécus ;)

lesbiodiversitaires 24/07/2016 23:02

La crypto-Mayenne, ça nous fait trop peur !! ;-) Mais avec toi comme guide, pourquoi pas ! ;-)
Merci Yves ! :-)

Marc 24/07/2016 17:24

Super, vivement la suite ! D'ores et déjà, je suis super content de ne pas être venu avec vous… je regrette juste ces magnifiques paysages, tous ces superbes oiseaux dont certains que je n'ai encore jamais vus, les paysages de steppe, les piafs, mais aussi la steppe et les paysages, les alouettes, les syrrhaptes, les rapaces, les immensités herbeuses, et la steppe aussi… et le plaisir de refaire un voyage avec Phiphi et Zou en Asie centrale ! ;-)

lesbiodiversitaires 24/07/2016 18:38

ah ah, le début c'est pourtant presque tranquille, tu vas voir la suite !! ;-))) J'aurais quand même bien aimé te voir boire de l'alcool de yak !!

sylvie 24/07/2016 13:00

Bravo super les dessins et photos et enfin un voyage plein d humour

lesbiodiversitaires 24/07/2016 14:28

Merci :-)