Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 3

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Je crois au début qu’il s’agit des lumières de l’aéroport, puis je me rappelle qu’on est en juin et bien plus proche que chez nous du cercle polaire… la nuit noire, c’est pas ici. J’écris ces lignes sans lampe, juste à la lumière de la nuit…

Deuxième jour – dimanche 19 juin 2016
« Va falloir qu’on se lave les dents au gel douche, si on veut pas avoir une haleine de poney mongol… »

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 3

C’est la première phrase que j’entends en ouvrant les yeux, le matin.
Nous n’avons pas pu récupérer nos valises, et nous n’avons évidemment ni brosse à dent ni rien…

Pour sentir son haleine, encore faudrait-il pouvoir l'approcher ! Les chevaux mongols sont plutôt farouches...

Pour sentir son haleine, encore faudrait-il pouvoir l'approcher ! Les chevaux mongols sont plutôt farouches...

« J’ai pas dormi de la nuit, à cause de ces connards de Russes et de leur nuit polaire… » - les yeux collés, je ne suis d’humeur qu’à grommeler des injures définitives, la tête dans le seau.
« J’arrive à joindre personne en Mongolie, continue de râler Philippe, guère mieux luné, le portable de Terbish et les Terbishettes, il doit marcher au lait de chèvre. »
Le goût exécrable du gel douche du Capsular mini-hôtel plein la bouche, cette question nous taraude : comment prévenir les Mongols de notre retard ?
Heures d’attente à l’aéroport. Les ornithos se trainent lamentablement dans les couloirs, essayant d’apercevoir une pauvre corneille mantelée à l’horizon, entre les avions. Ils en verront quatre.

Voyager, c’est galérer
Pourquoi voyage-t-on ? A part pour cramer d’un seul coup son empreinte carbone, après s’être astreint à la sobriété toute l’année ?
Seule, je n’aurais jamais autant voyagé. J’aime être chez moi à écrire, dessiner ou tenter de modeler des animaux en terre, l’argile douce glissant entre les mains. Rien besoin d’autre !
Mais j’ai toujours été entourée de voyageurs impénitents qui m’ont emmenée aux quatre coins du monde ! Et voilà comment je me suis rendue dans des coins perdus où je n’aurais jamais imaginé poser les pieds, dans les déserts de Syrie, le long des précipices du Caucase, sur des îles coréennes, dans la jungle brésilienne…

Seul dans le ciel...

Seul dans le ciel...

Pourquoi voyage-t-on ?
On peut voyager presque à n’importe quel âge, Alexandra David-Néel a fait renouveler son passeport à 100 ans ! On peut voyager presque sans le sou : il suffit d’avoir un vélo et un sac à dos…Il y a 1000 façons de voyager.
Nos voyages sont le plus souvent professionnels, pour Philippe, en tant que responsable d’expés. Semi-professionnel pour moi. Reportages, photos, études sur les animaux sauvages ou domestiques…
Pourquoi voyage-t-on ?
Pour découvrir de nouveaux horizons, bien sûr. Voir de nouveaux aspects de l’humanité. Pour la beauté du monde.

Grues demoiselles

Grues demoiselles

Un voyage nous en apprend toujours beaucoup sur nous-mêmes, sur ce que l’on peut endurer en termes de fatigue, de manque de sommeil, d’inconfort.
Au bout du monde, le décalage horaire en plein dans la figure, les masquent tombent.
On se révèle. Et peut-être est-ce cela, que l’on recherche en voyageant : apprendre quelle est notre vérité.
« Alors ? Tu viens te remplir la panse ? Je sais que c'est une de tes activités préférées ! »
Philippe me ramène à ma réalité ! Ma foi, c’est vrai que j’ai fourré des barres de céréales plein ma valise, au cas où… L’aventure, ok, mais seulement le ventre plein !

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 3

Quelque part dans le ciel
Nous avons enfin décollé. Passé la Sibérie. Seconde nuit d’insomnie. Moi qui dors d’habitude comme une marmotte… ! Je ne peux faire abstraction de cette nuit qui n’en est pas une. D’abord, nous avons suivi le crépuscule, partant à 19h de Moscou. Puis petit à petit, le crépuscule s’est transformé en aurore. L’aurore aux doigts de rose, telle que l’évoquait Homère. Nous arrivons à 7 h du matin à Oulan-Bator, mais à aucun moment du trajet nous n’avons basculé dans la nuit noire. La lumière du matin a simplement remplacé celle du soir. Ce phénomène me fascine toujours, lors des voyages vers l’Asie centrale ou l’Extrême-Orient. J’écris encore ce carnet en pleine nuit, mais à la lumière d’une aurore en plein ciel.

Troisième jour. Lundi 20 juin.

Les nuages s'accumulent...

Les nuages s'accumulent...

On va en chier, je l’avais dit. Me voilà en Mongolie, coincée seule dans ma tente, dans la steppe, sous l’orage. Il pleut des cordes, les éclairs tombent, il tonne !

Alouette mongole

Alouette mongole

Ciel d'orage dans la steppe
Ciel d'orage dans la steppe Ciel d'orage dans la steppe
Ciel d'orage dans la steppe

Ciel d'orage dans la steppe

Suite au prochain épisode...

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