Retour sur l’île de Sein (Finistère)

Publié le par lesbiodiversitaires

île de Sein PJD Elle se découpe à l’horizon, l’île des druidesses d’autrefois, au large de la pointe du Raz, plate comme un galet posé sur l’océan. Pas de brume, pas la moindre corne trompetant, pas de bruine, pas une   
goutte… le soleil d’octobre chauffe doucement l’île, l’enveloppant d’une lumière dorée. On est très loin de l’île des tempêtes et des naufrages.
 
Et en posant le pied sur le quai glissant, dans un parfum de goémons, on se demande comment l’on a pu faire pour vivre éloignés d’elle si longtemps.
 
L’île de Sein… Enez Sun… petite île rase battue par les vents. Les voitures n’y existent pas, pas plus que les vélos. Tout se passe à pied.
 
Pendant la migration d’automne, d’étonnants oiseaux viennent s’y poser. Ils viennent du bout du monde. Sont-ils perdus ? Viennent-ils prospecter de nouvelles contrées ? Les ornithologues n’ont pas encore toutes les réponses.
 
Ils sont là, d’ailleurs, les ornithologues. Une petite dizaine, qui sillonne l’île, du lever du soleil jusqu’aux derniers rayons, sous le regard accueillant des habitants. Ces derniers ne s’offusquent pas de voir chaque buisson de leur jardin exploré à la jumelle. Ils savent que s’y cachent des trésors à plumes. Les ornithologues ne sont présents que pour quelques semaines. Bientôt, comme les oiseaux, ils partiront, et ne reviendront qu’à l’automne suivant. L’île retrouvera, pour les longs mois d’hiver, sa tranquillité, et sa solitude.
 
Pouillot à grands sourcils Sein ER
Pouillot à grands sourcils, Sein, octobre 2011
 
Environ 120 habitants vivent à l’année sur cette petite île de 56 ha (2,5 x 0,8 km), dont le relief est en moyenne de 1,50 mètre seulement au-dessus de la mer. Quand les océans gonfleront, sous l’effet du réchauffement climatique, Sein sera-t-elle submergée ? Le scénario n’est pas impossible.
 
Où se percheront alors les gobemouches nains qui voletaient hier dans les tamaris ? Et le jeune étourneau roselin, venu de si loin ? Et l’immense pygargue à queue blanche, posé sur les rochers, qui regarde les vagues ?
 
Sous le phare, des hiboux des marais volent silencieusement, tandis que les tournepierres à collier font cliqueter les cailloux sur la plage. Trois grands dauphins sont passés, sautant dans les vagues.
 
D’anciennes légendes disent que des sirènes vivent dans les rochers autour de l’île. N’essayez pas de les rattraper. De colère, elles déclencheraient de terribles tempêtes…
 
 
Hibou des marais Sein ER
Hibou des marais sous le phare, Sein, octobre 2011
 
île de Sein ER
Sur le port.
 
rocher Le sphynx, île de Sein, PJD
Rocher le Sphynx, île de Sein.

Publié dans Biodiversité sauvage

Commenter cet article

Pâquerette 22/10/2011 14:23


Petit coucou en passant.
La connection net est lente sur cette île, ce qui doit renforcer les connections entre les gens.... (-;
AmicaleMEUH