Sécheresse, œufs et adoption

Publié le par lesbiodiversitaires

Problèmes de reproduction chez des courlis...
 
COU cendré PJD.08.21 B
Courlis cendré
 
Alors que nous nous posons toujours la question des conséquences d’une période de sécheresse prolongée sur l’éclosion des œufs sauvages, un ami de Franche-Comté nous rapporte un problème de reproduction chez les courlis cendrés, dans une zone où des mesures de protection ont été mises en place pour tenter d'améliorer les succès de reproduction de l'espèce.
 
Il nous écrit ceci : « Je lis toujours avec beaucoup d'intérêt vos articles. Celui sur l'éclosion des œufs par temps de sécheresse m'a peut-être fourni une explication à ce que nous avons observé sur un nid de courlis. Après la date d'éclosion prévue, les coquilles ont été retrouvées écrasées dans le nid, ce qui semblait inhabituel. D'habitude, les coquilles sont ouvertes et les deux parties restent intactes ou presque. Nous avons également été surpris par l'épaisseur et l'apparente rigidité de la membrane blanche ».
 
Chez notre poule aussi, les œufs non éclos avaient fini complètement écrasés dans le nid. De même, chez les poules, une bonne éclosion se déroule avec une coquille bien cassée, peu abîmée. Alors, sécheresse ?
 
L’éleveur de poules Orpington nous a bien confirmé que chez les volailles, dans tous les cas, la sécheresse est souvent fatale à une couvée.
D’ailleurs, le seul poussin qui est né (aidé) a fini par mourir au bout de 15 jours, brutalement.
Sans doute, selon l’éleveur, une faiblesse liée à une éclosion qui a duré trop longtemps et qui a affaibli ses défenses immunitaires.
 
...et adoption chez les poules
 L’histoire de la couvée Orpington aurait ainsi dû finir par un échec…
La poule qui avait perdu son poussin s’était réfugiée dans un coin du jardin, sans plus bouger. Puis elle avait ensuite cherché à appeler près d’elle les poussins de la seconde poule… en vain.
Deux jours après la mort de son poussin, nous sommes retournés chez l’éleveur d’Orpington prendre deux poulettes de 2 mois.
Or ces jeunes Orpington avaient encore leur piaillement de poussin.
Alors le soir, on a tenté… On a posé délicatement les deux poulettes contre la poule qui était couchée dans son nid. Cette dernière a soudain ouvert des yeux tout ronds, sans bouger d’une plume. Et les poulettes se sont endormies contre elle.
 
Le lendemain, la poule n’avait d’yeux que pour ces deux poulettes, qu’elle ne cessait de suivre et d’appeler. Les petites Orpington, élevées en couveuse, n’ont pas compris immédiatement de quoi il s’agissait. Elles étaient craintives.
Mais dès le second jour, l’adoption était réciproque. Elles suivaient la poule partout, et elles se couchent désormais sous elle. C’est un sacré spectacle de voir ces deux poulettes, qui ont largement l’âge d’être sevrées et qui n’avaient jamais eu de mère auparavant, se glisser sous la poule pour dormir, comme des poussins, bien au chaud sous les plumes !
Cette foutue sécheresse nous aura au moins permis d’observer à la fois les conséquences désastreuses qu'elle peut avoir sur l’éclosion et un sympathique comportement d’adoption.
 
ER orpigton et noire de challans
Poulette Orpington sous les yeux de sa mère adoptive, une Noire de Challans

Publié dans Biodiversité sauvage

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Pâquerette 22/07/2011 09:44


Voilà un fait rarissime. Depuis des années, je suis de près des couvées naturelles et les adoptions de sujets "âgés", je n'avais jamais rencontré. Cette poule a des qualités de mères
remarquables.
A bientôt.
(-:


lesbiodiversitaires 23/07/2011 20:52



En effet, c'est une sacrée bonne mère cette Noire de Challans, et une couveuse acharnée... cette race à petits effectifs est pleine de qualités.