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Cinquième édition du prix national de la Fondation du patrimoine pour l'agro-biodiversité animale

Publié le par lesbiodiversitaires

Jeudi 2 mars 2017, porte de Versailles. Fine, la vache Bretonne pie noir, mascotte de cette édition du Salon de l’agriculture, en a peut-être marre de se faire caresser par tout ce que la France compte de candidats à l’élection présidentielle à venir. Pendant ce temps, on fête les lauréats du prix de l’agro-biodiversité.

Ce cru « 2016 » est encore de haute tenue et il a été une fois de plus bien difficile de partager les candidats. En dehors de 3 prix, un prix spécial a été décerné cette année.

Prix d’honneur à « Pas bête la fête » !
C’est même un prix d’honneur qui a été décerné cette année à l’association Pas bête la fête qui organise la fameuse fête de la Vache Nantaise dont nous avons déjà parlé ! Un chèque de 25
000 € qui va lui faire du bien et permettre d’assurer une fois de plus la promotion et la valorisation des races locales à faibles effectifs. Cet événement, qui a lieu tous les 4 ans et draine sur 3 jours de septembre près de 45 000 visiteurs, aura lieu en septembre 2018. Cette fête est devenue un lieu de rencontre incontournable pour tous ceux qui promeuvent l’intérêt écologique et économique de l’agrobiodiversité animale et aident à la formation et à l’installation d’éleveurs, sans en ignorer les difficultés.
La 8e édition qui se prépare sera, à n’en pas douter, l'un des grands événements de la biodiversité domestique de 2018. Et on ne peut qu’engager ceux qui le peuvent à aller faire un petit tour, en septembre 2018, du côté de Plessé, Loire-Atlantique, pour ce magnifique moment de partage.

Laurent Chalet, initiateur de la fête de la Vache Nantaise (Pas bête la fête !) reçoit le chèque des mains de François-Xavier Bieuville, directeur de la Fondation du Patrimoine.

Laurent Chalet, initiateur de la fête de la Vache Nantaise (Pas bête la fête !) reçoit le chèque des mains de François-Xavier Bieuville, directeur de la Fondation du Patrimoine.

1er prix – La brebis Sasi Ardi (Pyrénées-Atlantiques)
Peu connue en dehors de sa région, la race Sasi Ardi (ou brebis des broussailles) figure maintenant sur le catalogue du ministère de l’Agriculture qui reconnait officiellement les races françaises du territoire. Elle est particulièrement apte, par sa rusticité, à tirer parti des zones broussailleuses de la moyenne montagne du Pays Basque.
Le projet présenté par l’association Sasi Artalde est particulièrement bien élaboré car basé sur l’accompagnement technique des éleveurs et la promotion des deux produits typiques et de haute qualité (l’agneau de 5 mois et le mâle de 28 mois) qui devraient permettre d’assurer le développement de la Sasi Ardi.
Le 1er prix est doté d’un montant de 10 000 €.

 

Race Sasi Ardu (ou brebis des broussailles).

Race Sasi Ardu (ou brebis des broussailles).

2ème prix – La race bovine Moka (Ile de la Réunion)
Peu connue, la race bovine Moka vit à la Réunion. Elle a été inscrite récemment au catalogue des races officielles du ministère de l’Agriculture. Elle est le fruit de divers croisements d’animaux introduits, originaires d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique et de Madagascar.
Au début du XVIIIe, des animaux de Moka (Yémen) furent introduits en même temps que l’importation de plants de café, d’où leur nom. Cette race rustique et bien adaptée fait merveille dans les milieux agricoles de l’île, souvent difficiles. L’association pour la Promotion du Patrimoine et de l’Ecologie de La Réunion est là pour aider à l’installation de nouveaux éleveurs, valoriser les produits issus directement ou indirectement du bœuf Moka au travers de circuits courts, développer des actions de communication auprès des consommateurs locaux et des agriculteurs. Le prix, d’un montant de 6 000 €, aidera à développer ces actions.

Taureau Moka.

Taureau Moka.

3ème prix – Le mouton Boulonnais (Nord-Pas-de-Calais)
Le mouton Boulonnais est une très ancienne race du littoral de la Manche et de la mer du Nord, qui avait failli disparaître dans les années 1980. Sa rusticité et ses qualités de marcheuse permettent à cette race d’être utilisée dans les nouveaux systèmes d’écopâturage, qui sont en plein développement, et en pâturage itinérant sur des espaces sensibles le long du littoral. Ainsi on peut l’admirer sur les pentes du Mont d’Hubert, attenant au fameux cap Blanc-Nez. Par ailleurs, la qualité de l’agneau Boulonnais est très appréciée localement et sa réputation se conforte.
Le jury a été sensible au dynamisme du candidat ainsi qu’au sérieux du projet bien intégré dans l’environnement local. Le prix, de 4 000 €, a été remis au Centre régional de ressources génétiques du Nord-Pas-de-Calais (CRRG).

 

Moutons Boulonnais.
Moutons Boulonnais.

Moutons Boulonnais.

Le salon la nuit
Mais la vie secrète du Salon de l'agriculture commence le soir, lorsque les derniers visiteurs l'ont quitté et que les portes se referment !
C'est le moment où les agriculteurs et ceux qui travaillent avec eux se retrouvent dans la fameuse « réserve » du Salon de l’agriculture, bien connue pour ses repas gargantuesques et sa bonne humeur. Les agriculteurs heureux de se retrouver année après année, des amitiés se tissant, se font partager et découvrir les meilleurs produits de leur terroir lors de dîners conviviaux.
Et à la réserve des races à petits effectifs, forcément en bio, les soirées sont particulièrement animées, avec cette année un repas bio « bretonne pie noir » avec, en point d’orgue, une glace au gwell mémorable ! Des tablées entières de passionnés, ces résistants qui se battent pour une autre agriculture, à la fois garants des traditions et précurseurs encore souvent solitaires d'un monde qui, si on les écoutait, pourrait bien être meilleur.
Le tout sous une musique d’enfer sur le grand ring où dansaient comme des fous les élèves des lycées agricoles présents au salon !

Cinquième édition du prix national de la Fondation du patrimoine pour l'agro-biodiversité animale
Les gagnants du concours entourés du jury

Les gagnants du concours entourés du jury

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Bernache à cou roux : à la recherche de la plus belle oie du monde

Publié le par lesbiodiversitaires

Bienvenue en Bulgarie !

Bienvenue en Bulgarie !

Pour la plupart des ornithologues occidentaux, la bernache à cou roux est un oiseau mythique. Bariolée comme un arlequin, et en danger de disparition, elle est un Graal pour tous les amateurs d’oiseaux.

La bernache à cou roux est une petite oie qui niche dans l’extrême nord de la Sibérie, notamment dans la péninsule du Taïmyr. Avec l’arrivée de l’hiver, elle descend passer la mauvaise saison en Ukraine, Roumanie et Bulgarie, en passant par la vallée de l’Ob, puis le Kazakhstan. Victime d’une chasse effrénée malgré la protection complète dont elle jouit, la bernache à cou roux est devenue très rare.
Il est vrai que ses effectifs ont toujours fait l’objet de discussions et qu’elle fut, notamment au milieu du XXe siècle, particulièrement rare (20 000 oiseaux ?). Des effectifs plus importants ont été comptés, notamment dans les années 1990, culminant à 70 000 individus. Les chiffres actuels restent contradictoires mais on suppose qu’elle ne doit pas dépasser les 50 000 ou 60 000 oiseaux, au moins dans l’aire connue d’hivernage (Ukraine à Bulgarie). Peut-être existe-t-il des lieux d’hivernage jusqu’ici inconnus et plus à l’est encore ?
La toundra sibérienne dans laquelle elle se reproduit est menacée par le changement climatique, car la forêt (taïga) gagne peu à peu. Sur ses lieux d’escale, comme au Kazakhstan, elle est chassée sans vergogne et des centaines d’oiseaux sont tués chaque année sans atteindre leurs quartiers d’hivernage.
En Ukraine, on ignore ce qu’il lui advient. En Roumanie, mais aussi en Bulgarie, on la chasse bien qu’elle soit protégée. En réalité, la chasse aux oies grises est autorisée, mais comme elle se pratique aussi de nuit ou à la passée, il est clair que bien des bernaches à cou roux tombent sous les plombs. Puis reste le trophée d’avoir abattu une superbe espèce dont la dépouille ornera la cheminée. D’autant que le tourisme cynégétique est encore prisé dans ces deux pays.
Si l’hiver est doux, les oiseaux sont présents surtout en Ukraine ou en Roumanie, non loin du delta du Danube. Mais dès qu’un coup de froid survient, les oiseaux poussent vers le sud et se retrouvent dans le nord-est de la Bulgarie, en Dobroudja frontalière avec la Roumanie.

Bernache à cou roux en mer - Durankulak, Bulgarie, février 2017

Bernache à cou roux en mer - Durankulak, Bulgarie, février 2017

C‘est là que nous avons décidé d’aller à sa rencontre, en février 2017. Un ami ornithologue s’y est rendu en janvier, au moment où un sévère coup de froid frappait l’Europe de l’Est. Il a vu 10 000 oiseaux. Mais le froid perdurant, certains sont partis plus au sud, dans la région côtière de Bourgas (ou Burgas). Lorsque qu’à la mi-janvier, un autre collègue est revenu lui aussi de Bulgarie, il n’était pas optimiste car après le froid, un redoux aussi spectaculaire était arrivé et les oiseaux étaient remontés vers le nord, laissant le secteur de Durankulak - où nous devions séjourner - très vide.

Bernaches à cou roux, région de Durankulak (crédit Bed & Birding).

Bernaches à cou roux, région de Durankulak (crédit Bed & Birding).

Arrivés à Sofia, nous roulons jusqu’à Bourgas, car nous avons appris qu’il y avait 4 500 oiseaux dans le secteur. Dès notre arrivée sur place, nous recherchons les oiseaux. En vain… Le soir, le bilan s’élève à… 6 bernaches à cou roux. Déception dans les rangs.
Le lendemain nous partons à la recherche des oiseaux, fouillons les grandes bandes d’oies rieuses qui pâturent dans des champs immenses et bien souvent inaccessibles. Rien. Pas la queue ni le cou roux d’une bernache. Enfin, si : une.

Nos six premières bernaches à coux de Bourgas. Et les seules...

Nos six premières bernaches à coux de Bourgas. Et les seules...

...malgré la présence voisine d'une troupe de cygnes chanteurs.

...malgré la présence voisine d'une troupe de cygnes chanteurs.

Direction : Durankulak
Après cet échec, nous filons alors vers l’extrême nord-est, à Durankulak, à deux pas de la frontière roumaine où nous retrouvons Pavel Simeonov qui tient un gîte ornithologique, dominant le lac de Durankulak. C’est là que des milliers d’oies et de bernaches viennent passer la nuit quand le lac n’est pas gelé. Mais le lac est gelé… Comme tous les lacs de la région. Pavel  ne sait pas où sont passés les oiseaux. La chasse, qui vient juste de fermer, les a beaucoup perturbés. La succession d’un froid intense et d’un redoux subit également. Comble de malchance, alors que nous avions un temps ensoleillé à Bourgas, ici c’est le gris qui domine et les prévisions ne sont pas bonnes. Bilan du premier jour : 20 bernaches en tout et pour tout. Ça commence à sentir le roussi… Il y a certes d’autres oiseaux à découvrir et à regarder, mais tout de même.

L'observation d'un rare goéland ichthyaète ne nous fait pourtant pas oublier les bernaches !

L'observation d'un rare goéland ichthyaète ne nous fait pourtant pas oublier les bernaches !

Le moral un peu dans les chaussettes, nous nous levons le matin suivant pour constater que nous avons du mal à voir nos pieds, tant le brouillard est épais. Malgré tout, tenaillés par l’envie de voir la petite oie sibérienne au plumage chamarré de noir, de blanc et de rouge, nous arpentons les plaines sous un froid qui commence à pincer. Pavel, malgré notre trentaine de bernaches au compteur ce soir-là, est optimiste. Le froid va faire revenir les oiseaux.

Malgré la grisaille du matin suivant, nous voici dehors. En longeant le littoral par une piste dantesque, sur laquelle nous louons la bonne idée d’avoir pris un 4x4 (indispensable pour circuler ici, avait prévenu Pavel), nous apercevons un petit groupe d’oies, au-dessus de la mer agitée, qui filent vers le nord, malgré le froid et le vent. Des bernaches à cou roux ! Bientôt un second puis un autre groupe plus important sont observés. Pavel est tout surpris : seraient-ce les bernaches de Bourgas ? Mais pourquoi remonteraient-elles alors qu’il fait froid ? Regagnent-elles, malgré tout, leurs sites d’hivernage traditionnels ? Savent-elles que le froid, certes intense, ne sera pas (plus) exceptionnel avec le printemps qui se rapproche ? Branta ruficollis, car tel est son nom scientifique, garde bien ses secrets. Toujours est-il nous que trouvons enfin un premier groupe à l’effectif conséquent dans un champ de blé d’hiver, pâturant avec 1 200 oies rieuses. Il n’y en a guère plus d’une trentaine, à près d’un kilomètre de distance, mais c’est déjà ça !

Dans la brume épaisse, on distingue mal les bernaches à cou roux des oies rieuses, mais l'ambiance est là.

Dans la brume épaisse, on distingue mal les bernaches à cou roux des oies rieuses, mais l'ambiance est là.

Le jour suivant, nous décidons d’aller vers la frontière roumaine où les oiseaux s’étaient regroupés début janvier avant le coup de froid. C’est Pavel qui trouve le groupe : 1 600 bernaches, dans un champ immense, avec autant d’oies rieuses. Mais elles sont loin, la brume est tenace et un vent sibérien balaie la plaine. Nous avons trouvé refuge à la lisière d’un petit boqueteau. Transis de froid, les collègues jettent l’éponge au bout d’une bonne heure. Elise aussi. J’ai le Graal à portée de main : pas question de partir. Pendant trois heures, immobile comme une statue, j’observe les oiseaux qui, peu à peu, se rapprochent. Régulièrement elles décollent et c’est un concert d’appels qui résonne dans l’air. Un concert de petits cris aigus qui évoquent ceux d’un… canard en plastique !

Totalement gelé, il faut rentrer avec la nuit qui tombe. Le soir, dans le lit chaud, on se repasse les envols et les appels dans le froid et la brume. Et on s’endort en pensant à demain.

… Et demain est le dernier jour. Le brouillard est parti mais pas la grisaille. Ni le froid qui s’est installé pendant la nuit apportant avec lui un vilain grésil qui gèle direct sur la voiture. Des litres et des litres d’eau chaude sont nécessaires pour dégeler les vitres. Quant à la route, on la dirait construite pour accueillir le championnat du monde de patinage artistique ! Direction les champs d’hier. Rien. On pousse alors un peu vers la mer, avec prudence vu l’état de la chaussée. Et là, dans un champ de blé d’hiver, deux grosses taches noires : de milliers de bernaches à cou roux qui pâturent en compagnie d’oies rieuses. On dirait tout à la fois des chenilles processionnaires et un troupeau de moutons, avançant, tête baissée. On gare la voiture en bordure de route et on attend. Des groupes viennent alors à moins de 300 m. Enfin, les voilà plus proches.

Elles se posent... (crédit Bed & Birding)

Elles se posent... (crédit Bed & Birding)

Et pendant ce temps, les vols se suivent et se posent. Des dizaines, des centaines, qui, à peine à terre, commencent à pâturer frénétiquement. On voit sur leurs ailes la glace qui s’est fixée aux plumes et qui doit rendre leur vol pénible. Le moindre mouvement, une voiture qui passe, et la troupe décolle, se scinde, puis revient. Elles n’ont pas encore tout à fait compris que la chasse est terminée et on imagine facilement le stress qu’elles ont enduré tout au long de l’hiver. Décidément la vie de bernache n’est pas facile.

A chaque voiture qui passe, les oiseaux décollent, mais se reposent aussitôt.

A chaque voiture qui passe, les oiseaux décollent, mais se reposent aussitôt.

Les bernaches pâturent frénétiquement (crédit Bed & Birding).

Les bernaches pâturent frénétiquement (crédit Bed & Birding).

Malgré le froid et le vent, nous filmons les oiseaux qui arrivent sans cesse.

On pense alors aussi à toutes leurs collègues captives qui font les délices des amateurs ou des parcs animaliers, car l’espèce est tenue en captivité du fait de son plumage magnifique. Ces oiseaux ne connaîtront jamais la toundra fleurie du printemps, ni les steppes brûlées de soleil, ni les bords de la mer Noire. Et ni les plombs tueurs. La vie d’une oie sauvage est plus dangereuse, mais aussi plus palpitante, non ?

Combien avons-nous de bernaches devant nous à cet instant ? 5 000 ? 6 000 ? Sans doute. Peut-être plus d’un dixième de la population mondiale, sur quelques hectares de blé bulgare. Enfin la quête a payé. Le Graal est atteint. Elles sont là, devant nous, superbes et mystérieuses, tout affairées à pâturer. Et levant régulièrement le cou pour voir ce que les drôles d’oiseaux dans leur voiture sont en train de manigancer.

Quel spectacle !

Quel spectacle !

Bernache à cou roux : à la recherche de la plus belle oie du monde

Les bernaches pâturent en compagnie des oies rieuses (on voit la glace qui s'est fixée sur les plumes).

 

Aller voir les bernaches à cou roux 

Pour ceux qui sont tentés par ce spectacle fabuleux, un petit tour à Durankulak, en Bulgarie s’impose. Il faudra se rendre chez Pavel Simeonov dont l‘accueil chaleureux et la connaissance parfaite des oiseaux aideront à rendre le séjour plus agréable encore. Sa femme, Tatyana, d’origine biélorusse, fait une cuisine succulente. Pour plus d’infos, voir le site. Le gîte est membre du réseau Bed & Birding qui, à travers le monde propose des accueils au sein même de sites ornithologiques renommés.

Et le bonus de fin !
Avant de consacrer sa vie aux bernaches à cou roux, Pavel était musicien professionnel, lui-même fils d’un musicien bulgare. Au piano essentiellement, mais pour fêter nos observations, il a repris ce soir-là la flûte traversière de sa jeunesse, dont il n'avait pas joué depuis longtemps !

Publié dans Biodiversité sauvage

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Lectures biodiversitaires d’hiver

Publié le par lesbiodiversitaires

La vengeance du wombat et autres histoires du bush, Kenneth Cook
Pour ceux qui auraient lu Le koala tueur de Kenneth Cook, présenté dans les lectures d'automne, une bonne nouvelle, il y a une suite : La vengeance du wombat.
Tout aussi délirant que le premier tome, le génial écrivain y raconte ses aventures avec la faune sauvage, à travers le bush australien, comme sa mésaventure avec les wombats :
« J’aimais beaucoup les wombats, avant. A première vue, ces aimables créatures ressemblent à des oursons, se baladent tranquillement la nuit et mastiquent innocemment des racines. La vérité est tout autre. »
Mention spéciale pour la nouvelle sur les kangourous suicidaires qui commence ainsi :
"N’essayez jamais d’aider un kangourou. Cette créature ingrate est susceptible de récompenser votre gentillesse par une violence inattendue."
En plus de raconter des histoires à se tordre de rire, Kenneth Cook nous fait découvrir les animaux australiens, wombat, quokka… sous un jour nouveau.

Le gang de la clé à molette, Edward Abbey
Offert par un ami conservateur d’une réserve naturelle, ce livre culte devrait figurer dans la bibliothèque de tout amoureux de la nature, parce que y’a des jours où des lectures comme ça, ça défoule !
Ce roman qui date de 1975 reste ô combien d’actualité dans l’Amérique d’aujourd’hui !
Vous y ferez la connaissance de quatre rebelles, écœurés de voir la nature américaine défigurée : Doc A.K. Sarvis, un médecin, sa compagne Bonnie Abbzug, une femme qui plaira aux lecteurs comme aux lectrices (sexy mais pas du genre à se laisser faire), George W. Hayduke, ancien du Vietnam déjanté, et Seldom Seen Smith, un mormon polygame à la vie aussi compliquée qu’organisée.
Basculant dans l’insoumission, ils décident de pourrir la vie des pollueurs de l’Ouest américain, et deviennent experts en sabotage, ce qui va leur valoir quelques ennuis…
Un aperçu des dialogues :
« -Tu crois qu’une ruse comme ça suffira à berner toute une escouade d’humains adultes ? demande Bonnie.
Seldom s’autorise un petit sourire prudent.

-Eh bien disons, chérie, que si Love était tout seul j’te dirais que non, l’en faudrait plus pour le leurrer. Mais avec son Équipe les choses sont différentes. Un homme seul, ça peut être assez con, mais si tu veux de la vraie bonne grosse connerie, y’a rien de mieux que le travail en équipe. »

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Les chevaux aux yeux d'ambre

Publié le par lesbiodiversitaires

Si les chevaux aux yeux bleus sont relativement connus, saviez-vous qu'il existe des chevaux aux yeux d'ambre, presque verts ? C’est une sorte de vert d’eau aux nuances dorées, très doux, dont les nuances changent en fonction de la lumière.

 

On trouve quelques chevaux aux yeux d'ambre dans le Morbihan, sur la commune de Brech, où notre amie éleveuse Audrey Gory travaille sur des robes originales, les sélectionnant avec passion grâce à une réflexion génétique poussée (voir notre précédent article sur cet élevage ici).

L’œil de Digame et d'une de ses poulinières. Elevage Pemp Heol à Brech.
L’œil de Digame et d'une de ses poulinières. Elevage Pemp Heol à Brech.

L’œil de Digame et d'une de ses poulinières. Elevage Pemp Heol à Brech.

Cette couleur très rare est associée à des animaux portant des noms de robe poétiques : pie champage or… champagne… Elle apparaît quand le cheval est porteur du rare gène champagne.

Les gènes crème ou perle génèrent eux aussi des yeux aux couleurs clairs chez le cheval. 

 

Les chevaux aux yeux d'ambre
Audrey et Digame, jeune étalon de couleur pie champagne or, reproducteur à l'élevage Pemp Heol.

Audrey et Digame, jeune étalon de couleur pie champagne or, reproducteur à l'élevage Pemp Heol.

Cette couleur claire permet de voir que la forme de la pupille chez le cheval n'est pas ronde comme chez l'homme, mais rectangulaire et horizontale, comme les chèvres. Elle permet un champ de vision plus large.

 

Merci à l'élevage Pemp Heol

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Restauration des bâtiments du Jardin des Plantes abritant le cheval de Przewalski

Publié le par lesbiodiversitaires

© MNHN - Jérôme Munier

© MNHN - Jérôme Munier

La Fondation du patrimoine lance une souscription publique avec le Muséum d’Histoire Naturelle pour la restauration des bâtiments de la ménagerie du Jardin des plantes à Paris, et plus particulièrement celui qui héberge le cheval de Przewalski. Ce projet présente un intérêt :
- patrimonial : bâtiments qui datent de 1800 à 1900,
- génétique : le cheval de Przewalski est le seul équidé sauvage qui bénéficie d’un programme de sauvegarde du muséum,
- animal : le but est d’améliorer le bien-être des animaux du parc qui sont partie prenante dans la conservation génétique de l’espèce,
- technique : restaurer le toit en chaume nécessite des compétences et un savoir-faire très particulier.

On peut aller voir ici le projet soutenu par la Fondation du patrimoine ainsi qu’ici.

Si vous voulez en savoir plus sur cet équidé sauvage, nous vous en avons déjà parlé dans plusieurs articles :
Rencontre avec les chevaux de Przewalski
Notre expédition dans le désert de Gobi, épisode 19
Et lors d'une interview sur France inter.

Publié dans Biodiversité sauvage

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Un coq lecteur

Publié le par lesbiodiversitaires

Via le formulaire de contact du blog, une jeune lectrice qui adore ses poules a envoyé un petit courrier accompagné de photos, qu’elle nous autorise à publier. Parce que William, le coq qui lit Tout pour ma poule, il vaut le coup !

Liane et son coq William, merci à la famille Le Cam pour ce courrier et ces photos !
Liane et son coq William, merci à la famille Le Cam pour ce courrier et ces photos !Liane et son coq William, merci à la famille Le Cam pour ce courrier et ces photos !

Liane et son coq William, merci à la famille Le Cam pour ce courrier et ces photos !

Ces petites attentions, c’est ce qui donne du sens au métier d’auteur : savoir qu’on a pu rendre quelqu’un heureux, quelque part.

Car le travail d’auteur est merveilleux, mais par certains aspects rude et solitaire. Entre toutes les étapes complexes de fabrication d’un livre, l’écriture même qui est un moment très dense, le manuscrit à rendre à l’éditeur dans les temps, les relectures, corrections et validations diverses, la gestion administrative d’une profession indépendante, et enfin la promo du livre (parler à la radio alors que tous les auteurs sont à la base plutôt des timides, au début c’est pas évident !), c’est un travail souvent plus ardu qu'il n'y parait (mais passionnant !).

Aussi le courrier des lecteurs fait toujours chaud au cœur et donne envie de continuer. Merci pour cette jolie photo pleine d’humour et pour ce beau coq lecteur !

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Bloavez mad !

Publié le par lesbiodiversitaires

A tous nos lecteurs, que 2017 soit pleine de rêve, d'aventure, de liberté...

Bloavez mad !

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L’homme amnésique de sa nature

Publié le par lesbiodiversitaires

Nous sommes tous des amnésiques. Dans notre société d’immédiateté et de court-terme, la mémoire se défile et nous sommes désormais devenus des êtres pensants l’instant présent. Pourtant, en matière d’environnement, de sauvegarde de la planète et de conservation de la biodiversité, nous devrions au contraire nous servir à plein de notre passé pour assurer notre futur.

J’y pense et puis j’oublie…
Prenons d’abord quelques exemples concrets. Lorsque j’étais enfant, et déjà ornithologue, je me promenais avec mon père dans la campagne du Vexin, non loin de Paris. Il me disait combien les alouettes avaient diminué dans les champs entre sa propre jeunesse et l’âge adulte. Pourtant, il y avait à mon sens quantité d’alouettes, et le ciel retentissait de chants dès les premiers jours du printemps.

Alouette des champs

Alouette des champs

Quelques décennies plus tard, je parcourais les mêmes chemins avec mes propres enfants. Et je constatais à mon tour que les populations d’alouettes avaient fortement diminué depuis le temps de mon enfance. Mes enfants semblaient surpris de ma remarque : « Écoute, il y a en qui chantent ! » Là où j’en entendais deux, il y a en avait une quinzaine trente-cinq ans plus tôt. Et quand j’en comptais quinze, mon père en aurait alors sûrement dénombré quarante…

Travaillant sur les races bovines de France menacées ou disparues, j’interrogeais un jour un ingénieur agronome d’origine franc-comtoise. Comme il était natif de la Haute-Saône, où son père et son grand-père avaient été agriculteurs, je lui demandais s’il avait entendu parler de la race fémeline, disparue peu avant la Seconde Guerre mondiale, et dont le dernier bastion avait été justement ce département. J’espérais bien avoir des informations précieuses sur cette belle vache à présent perdue à jamais. À ma surprise, l’ingénieur me répondit qu’il ne connaissait pas cette race. Son père ni même son grand-père ne lui en avaient jamais parlé. Si son père élevait à présent des vaches de race montbéliarde, il est peu douteux que son grand-père avait dû côtoyer la Fémeline ou, à tout le moins, en avoir entendu parler. Pourtant ni l’un ni l’autre n’avait jamais parlé de cette race à leur fils et petit-fils, pourtant chercheur agronome sur les… bovins.

Vache Fémeline

Vache Fémeline

Encore un exemple : malgré de nombreuses recherches sur le fleuve Yangtsé, en Chine, le dauphin de cette rivière, appelé Baiji, a définitivement disparu. De même, à peu près à la même époque, a disparu de ce fleuve un énorme poisson, le poisson-spatule de Chine, qui pouvait atteindre sept mètres de long et peser plusieurs tonnes. L’un comme l’autre ne passaient donc pas inaperçus ! Pourtant, des chercheurs britanniques ont effectué une étude en 2008 auprès des pêcheurs qui vivaient sur les lieux où avaient existé ce dauphin et ce poisson. À leur grande surprise, ils constatèrent que plus de 70 % des pêcheurs de moins de quarante ans, ou qui avaient commencé à pêcher après 1995, n’avaient jamais entendu parler du poisson-spatule (et à peine moins du dauphin). En quelques années à peine, ces deux espèces, pourtant culturellement et commercialement connues et importantes, avaient déjà presque disparu de la mémoire collective locale, alors qu’elles avaient été préalablement négligées pendant longtemps par les instances de la conservation mondiale qui s’en sont préoccupées… trop tard. Comme d’autres espèces à jamais perdues, le dauphin et le poisson-spatule du Yangsté ont subi la double peine de l’homme.

Dauphin du Yangsté (source: It's Nature)

Dauphin du Yangsté (source: It's Nature)

Que retient-on de ces exemples ? L’extraordinaire faculté à oublier ce qui nous entoure, ce avec quoi nous avons vécu. La sélectivité de la mémoire fait que, si nous n’y prenons garde, on s’accommode des pertes du vivant en toute bonne foi, sans même en prendre conscience. Comme pour les grands moments de l’Histoire humaine, il est extrêmement nécessaire de faire accomplir un devoir de mémoire à l’égard de la biodiversité.

Le Shifting Baseline Syndrome : un nom compliqué pour un concept simple.
Cette locution anglophone est particulièrement barbare. N’essayez pas d’en faire une traduction mot à mot, c’est impossible. En le traduisant – plus ou moins bien – par « syndrome de la référence changeante », on oublie également que le terme shifting évoque un changement continu, un déplacement, un glissement, une dérive en quelque sorte, dans le sens d’un morceau de bois qui dérive sur l’eau. Il y a donc quelque chose en mouvement dans cette appellation. D’où vient ce concept, comment est-il né ?

C’est en 1995 que le biologiste marin Daniel Pauly publie un article sur les pratiques de pêche, et la façon dont les scientifiques les appréhendaient au fil du temps, dans la revue Trends in Ecology and Evolution et intitulé « Anecdotes and the shifting baseline syndrome of fisheries ». Dans cet article, Pauly montre que chaque chercheur qui travaille sur l’évaluation des stocks de poissons prend comme base les stocks qu’il observe au début de son travail (ou de sa carrière) qui lui sert donc pour évaluer d’éventuels changements quantitatifs et qualitatifs (temps T). À la génération suivante de chercheurs, les stocks se sont évidemment modifiés, mais c’est ce nouvel état (T + 1) qui sert de référence pour l’évaluation et la gestion des stocks de poissons. Il en résulte que les modes d’exploitation passés et les tendances sont souvent ignorés lors de la formulation des conseils en matière de gestion, qui ne considèrent donc pas la richesse initiale du système antérieur, comme le phénomène de surpêche pour ce qui est des poissons, par exemple.

Le résultat de cette « dérive » est une accommodation graduelle à la lente diminution (disparition) des stocks de poissons et l’émergence de références inappropriées pour évaluer les pertes dues à la surpêche ou pour fixer des objectifs permettant des mesures de rétablissement des stocks initiaux.

C’est pourquoi les politiques de certains pays en voie de développement parlent de développement de la pêche, alors que, dans le même temps, les stocks de poissons diminuent à vue d’œil. On utilise bien souvent comme référence uniquement celles des cinq ou dix dernières années, bien trop peu pour avoir une idée de la tendance réelle. C’est l’effet pernicieux de ce syndrome de référence changeante qui conduit à ne pas prendre conscience de l’état réel des stocks, état qui ne peut être appréhendé qu’avec l’étude de séries temporelles longues et la connaissance « historique » de ces stocks. Ainsi, au fil du temps et des générations, le déplacement insidieux de la référence initiale conduit à une réduction progressive de notre vision de l’état de santé réel de l’océan. Alors que les scientifiques travaillent à la préservation des stocks, ils concourent, indirectement et inconsciemment, à leur diminution. Les données quantitatives rassemblées lors d’études sur les pêches dans différents endroits du monde ont masqué des évolutions qualitatives négatives, comme la diminution de la taille des poissons ou la diminution de la composition spécifique des communautés de poissons.

Chalutage en Bretagne

Chalutage en Bretagne

Ce manque de perspective historique nous amène à un diagnostic erroné sur la santé des océans et peut nous convaincre d’exploiter encore des milieux dont les ressources sont déjà quasiment épuisées. Mais l’exploitation des mers est si ancienne et si ancrée chez les hommes que les scientifiques eux-mêmes reconnaissent qu’il n’y a pas de base « historique » claire pour mesurer la santé des écosystèmes marins…

Evidemment ce qui est valable pour les océans l’est aussi pour tous les autres compartiments du Vivant. Depuis d’autres études ont conforté cette première étude. Il y a même deux amnésies : l’amnésie générationnelle d’une part, qui est une perte de connaissance par les jeunes générations, simplement parce qu’il n’y a pas eu de transmission de l’information par leurs aînés. De génération en génération, la connaissance ne se transmet pas. Ainsi, par exemple, des gens peuvent-ils imaginer les lieux où ils ont passé leur jeunesse comme de véritables édens, vierges de toute action humaine, alors qu’à chaque génération ces milieux se sont dégradés un peu plus.

L’autre amnésie est l’amnésie personnelle qui apparaît lorsqu’un individu a oublié sa propre expérience, sa connaissance d’une situation passée. Par exemple, il ne se souvient plus que les espèces de plantes ou d’animaux, aujourd’hui devenues rares étaient, dans son enfance, beaucoup plus communes. Dans ce cas précis, l’individu fait en quelque sorte des « mises à jour » du changement en cause, de sorte que le changement (et le passé) est oublié et le nouvel état devient la référence.

Tout ceci n’est pas sans conséquence sur la gestion de notre environnement, de la biodiversité qui le compose. Et notamment pour ceux qui utilisent les perceptions humaines du changement pour élaborer les politiques de conservation ou de gestion de la biodiversité. Car si nous ne prenons pas conscience de ce que nous sommes en train de perdre, nous risquons de nous réveiller trop tard et de ne pas être à même de prendre les bonnes mesures pour remédier à la situation. C’est pourquoi la compréhension du syndrome de la référence changeante est particulièrement importante pour la conservation. Il suffit de voir avec le loup, qui peuplait autrefois l’ensemble de nos campagnes. On l’a oublié et relégué dans les livres pour les enfants. Et quand il est revenu, beaucoup ne pouvaient croire qu’il ne faisait que revenir naturellement. On a ainsi créé une nouvelle histoire du loup, avec ses fantasmes ou ses craintes : quelques décennies d’amnésie seulement avaient dissipé un côtoiement  millénaire entre l’homme et le loup.

Cet article de Philippe J. Dubois a été publié dans la revue L'Ecologiste en décembre 2016.
Pour en savoir plus sur ce sujet, vous pouvez lire l'essai paru en 2012 : La grande amnésie écologique.

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Protection de la nature : adhérons !

Publié le par lesbiodiversitaires

Alors que les fêtes approchent et que l'année se termine, il serait difficile de ne pas parler de ce que vivent actuellement les associations de protection de la nature.

-La FRAPNA (Fédération Rhône-Alpes de Protection de la Nature) s’est faite traiter par les politiques de "bobos" (en plus, totalement absurde : les naturalistes sont pour la plupart des ruraux !), et s’est vue supprimer ses subventions, conduisant l'association dans le mur. Ne manquant pas d'humour, elle a lancé la campagne "Adopte un bobo des villes".

-Bretagne Vivante, plus grosse association de protection de la nature bretonne, contrainte de licencier 9 personnes suite à des retraits de dotations. Voir le communiqué, ici. On lui a expliqué qu'elle était un peu trop militante pour protéger la nature et, de fait, pas indispensable.

Une des réponses de Bretagne Vivante

Une des réponses de Bretagne Vivante

Et toutes les autres, qui dans ce contexte et faute de financements ont un mal énorme à poursuivre correctement le travail de protection de la nature. 3000 adhérents seulement pour Bretagne Vivante (eh les Bretons, mais vous êtes où ??), 42 000 pour la LPO à l'échelle de la France, c'est que dalle ! Nous sommes des millions, mais comment c'est possible ? 

Adhérer à une association de protection de la nature d'utilité publique, en gros, c’est 20 à 30 euros déductibles des impôts (soit, sur la base de 30 euros = 10 euros à l'arrivée).
10 euros pour protéger la nature, pour soutenir ceux qui la protègent. C’est quoi 10 euros ?

  • Quelques boules de Noël
  • Quelques chocolats, quelques marrons glacés
  • Moins qu’un sapin de Noël

10 euros, pour des trucs inutiles, on les a. Et pour changer le monde ? Plus personne ?

Des associations de protection de la nature, il y en a forcément une qui vous convient, qui correspond à votre état d’esprit, à votre personnalité. Elles sont apolitiques, elles ne préconisent que quelque chose de tellement simple et de bon sens : protéger la nature, notre cadre de vie, notre planète. WWF et son fameux panda… LPO pour les amoureux des oiseaux et de leurs milieux… Greenpeace pour ceux qui aiment l’action…Ou encore l'Aspas...  Associations de proximité, régionales, comme Bretagne Vivante, la Sepanso ou la Frapna, etc. Il y en a plein, il a forcément la vôtre.

Ça ne convient à personne, la pollution, le réchauffement climatique, les pesticides, la disparition des espèces animales, végétales, des milieux chers à notre enfance... 

En 2017, contribuez à faire changer le monde. Adhérez, ré-adhérez, soyez à jour de vos adhésions.

Si les questions environnementales intéressent si peu les politiques, s'ils pensent qu'il est inutile de consacrer de l'argent à préserver la nature, c’est parce qu’aucune force ne leur montre que si, ça compte. Or ça compte pour tout le monde, non ?

Soyons cette force.

 

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Le cheval d'Abaco a disparu

Publié le par lesbiodiversitaires

Voilà, c'est fini pour lui. Le cheval d'Abaco a disparu. Mais qu’est-ce que cela peut bien faire ? Qui le connaissait ? Qui savait qu’il existait ? A qui manquera-t-il ? Oublié avant même d’être connu. A jamais.

Photo : Wild Horses of Abaco Preservation society

Photo : Wild Horses of Abaco Preservation society

Aussi appelé barbe d'Abaco, ce cheval vivait sur l’île de Great Abaco, aux Bahamas, ses ancêtres ayant sans doute été abandonnés là par les Conquistadores. C'était un cheval de type espagnol, aux crins fournis, qui ne vivait plus qu'à l'état sauvage.

Suite à une série d’événements (massacrés par les hommes au XXe siècle puis subissant les conséquences de l’ouragan Floyd, etc.), et malgré de réels efforts de sauvegarde, la dernière jument est morte l’année dernière, en 2015. Les Bahamas ont perdu leur seule race locale.

En écrivant le guide Tous les chevaux du monde, au cours des années 2012, 2013, la question s’était posée, récurrente : fallait-il l’illustrer ? Est-ce que ça en valait la peine ? Il ne restait plus qu’un seul cheval, cette jument, plus toute jeune. Certains nourrissaient l'espoir de l'existence, peut-être, d’un dernier étalon sauvage, quelque part sur l’île… La race avait finalement été illustrée et mise en avant dans le guide, même si c’était une cause perdue. Justement parce que c’était une cause perdue.

Photo : Wild Horses of Abaco Preservation society

Puis le guide paru, le tourbillon de la vie a repris… le cheval d’Abaco n’en avait-il pas encore pour quelques années ? Cet étalon sauvage ne finirait-il pas par être retrouvé ?

Pour préparer une conférence donnée il y a quinze jours sur la biodiversité équine, au Muséum d’Histoire Naturelle, j’ai rouvert les grimoires et le site de l’association… pour apprendre que depuis quelques mois, c’était fini pour lui. Déjà.

Après tout, ce n’était qu’un animal domestique, pire que ça, un animal domestique redevenu sauvage. Un de ceux qui comptent pour rien. C’était d’ailleurs pour cela que je l’aimais bien.

Simplement, à chaque fois qu’une race domestique disparaît, c’est tout un pan génétique de son espèce qui disparaît. En perdant le cheval d’Abaco, l’espèce cheval vient de s’affaiblir d’une partie de sa diversité.

Nous avons déjà eu l’occasion, hélas, de relater la disparition de races bovines comme la vache d’Amsterdam ou, plus près de chez nous, la Bazougers.

Rappelons aussi que, selon la FAO, une race domestique disparaît tous les mois (estimation 2007). Quand on sait que, selon les chercheurs, une espèce sauvage d’animal ou de plante disparaît toutes les 20 minutes (le temps que vous surfiez sur internet, une espèce sauvage au moins aura disparu), on pourrait se dire que les animaux domestiques ne s’en sortent pas si mal… sauf qu’il y a infiniment moins de races domestiques que d’espèces sauvages.

Sauvage ou domestique, ces extinctions massives sont quelque chose de très récent et nouveau dans l’histoire de l’humanité… Dans le cas du sauvage, l’homme détruit la nature (et donc s'auto-détruit). Dans le cas du domestique, l’homme laisse disparaître la biodiversité qu’il a lui-même créée.

A l’échelle mondiale, la majorité des races de chevaux sont en danger. Pour ces races à petits effectifs, tout peut basculer très vite. Quel sera le prochain ? Un de chez nous ? Le poney landais ? Ou le trait poitevin ?

Pour finir sur une note d'espoir, il faut savoir que la France est l'un des pays les plus impliqués au monde dans la sauvegarde des races domestiques menacées, grâce à des éleveurs remarquables, passionnés, passionnants, dont nous saluons encore une fois le travail et la détermination.

Le trait poitevin, un des chevaux français les plus menacés, a besoin de soutien.

Le trait poitevin, un des chevaux français les plus menacés, a besoin de soutien.

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