Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Carnet de voyage d’Élise

Les autres me rejoignent. C’est un moment magique de suivre les traces et crottes fraîches, en remontant la vallée. C’est comme si l’animal était tout près. Je vais de plus en plus loin, je pourrais chercher des heures.
« Reviens ! »
Encore un peu, un peu plus loin…
« Reviens, on doit repartir ! »
Je dois rentrer, hélas. Même si je ne vois pas l’ours de Gobi, on peut dire que je l’aurais pisté.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Épouillages
Le camion est encore plein de tiques, que je cherche attentivement.
En plus ils sont tellement coriaces, impossibles à tuer à part en les broyant entre deux cailloux. « On devrait faire comme les singes, les manger ! », dit quelqu’un.
J’épouille le dos de Myangaa, le chauffeur, et de mes comparses, j’en dégage aussi des banquettes. Dehors, vermine !
Mais au moins, depuis qu’on est retourné dans le désert, on n’en attrape plus de nouveaux.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Même si j’ai vaguement pu les laver une fois et que je me débrouille avec du shampoing sec, je pense qu’à ce stade du voyage, mes cheveux sont comme les poils verts du paresseux : un véritable écosystème.

Encore un piège-photo
Plus loin, nous avons visité la troisième placette et un nouveau piège-photo. Sur les films, un gros ours est bien présent, notamment vers 6h40 le matin : il passe régulièrement. Nous sommes en plein désert, avec deux-trois pauvres arbres qu’il a abondamment griffé. Il a même laissé du poil.

Ma main sur les traces de griffures d'ours, pour imaginer la taille... Terbish sirote un thé salé mongol.
Ma main sur les traces de griffures d'ours, pour imaginer la taille... Terbish sirote un thé salé mongol.Ma main sur les traces de griffures d'ours, pour imaginer la taille... Terbish sirote un thé salé mongol.

Ma main sur les traces de griffures d'ours, pour imaginer la taille... Terbish sirote un thé salé mongol.

Nouvelle panne
​Nous reprenons la route. Désert, désert, désert… chaleur…
Mais au beau milieu du désert, le second camion s’arrête. Galaa, le second chauffeur, est inquiet. Le camion fait un bruit bizarre.
On se retrouve avec 3 Mongols sous le camion, qui sortent la boîte à outils.
« J’ai l’impression d’avoir 5 tiques dans le slip..., sort S., à ce moment crucial. Et il fait bientôt nuit. »

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Bricolage du camion en plein désert, loin de toute civilisation…
Je ne suis pas mécontente d’avoir fourré des dizaines de barres de céréales dans ma valise… au cas où…

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Les Mongols commencent à démonter une roue. Terbish a l’air un peu soucieux, ce qui n’est jamais bon signe.
Autour de nous, désert minéral, gris. Quelques touffes d’herbe jaune.
Ça se confirme, les Mongols sont soucieux. Philippe ne parle plus, ce qui n’est pas bon signe non plus.
Il me dit juste, en désignant le ciel : « les nuages gris approchent ».
Je réponds : « Il ne manquerait plus qu’il y ait un orage. »

Le ciel se couvre...

Le ciel se couvre...

En effet, la chaleur est très lourde, très moite. Un orage dans le désert de Gobi, on sait tous les deux ce que cela veut dire : l’embourbement. Et personne à des jours à la ronde pour nous aider (nous sommes à 250 km du premier village), et impossible de joindre quiconque.
Je sens l’angoisse monter aussi de mon côté.
Près du camion en réparation, ça sent l’essence.
En attendant, je ramasse du sable, dans un petit tube, pour Gwenaël, un copain ornitho qui collectionne tous les sables de la planète. Celui-ci, ramassé au cœur du Gobi, est unique !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Le mode 4x4 est cassé
Finalement, le camion repart. Problème : il n’est plus en mode 4x4, mais en 2 roues… le risque d’ensablement en est considérablement accru.
Philippe s’interroge : ne vaudrait-il mieux pas écourter d’une journée le séjour dans cette partie très rude du Gobi ? Il n’a pas envie de faire prendre de risques à son équipe, ni de générer de l’angoisse. Il va en discuter avec Terbish.
Pour ma part, je suis maintenant sereine. Bien sûr, le désert de Gobi, ce n’est pas rien, même pour des Mongols… Mais j'ai confiance en Terbish.

Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...
Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...
Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...

Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...

Encore un gros solifuge, un peu différent du premier... Impressionnant...
Encore un gros solifuge, un peu différent du premier... Impressionnant...

Encore un gros solifuge, un peu différent du premier... Impressionnant...

Au cœur du désert
Nous arrivons finalement au campement. Ce soir, c’est 4 étoiles ! Car a priori, pas de tiques… ni taons… ni moustiques… Vive le vrai désert ! Et le sol, certes dur, a le mérite de ne pas être en pente pour une fois et sans trop de petits cailloux pointus… Un bonheur… temps agréable, venteux mais doux. Je me sens vraiment bien, pour la première fois depuis le début de l’expédition.
Nous avons cherché en vain les chameaux sauvages, mais avons vu une gazelle à goitre. Peu d’animaux vivent en ces lieux très reculés. Pourtant, on voit leurs traces, leurs crottes, leurs poils, aux ours de Gobi et aux chameaux sauvages.
Je flâne, suis des pistes, cherche des traces, regarde les lumières, les ombres, les pierres polies par le vent et le sable… les pierres « éolisées », c’est joli comme terme.
Nous sommes à des lieux de la civilisation. C’est calme, silencieux. Ça n’a pas de prix, ce silence, cette tranquillité, déconnectés de tout. On est à l’essentiel. Sans bruits parasites.

Et encore un criquet couleur pierre...

Et encore un criquet couleur pierre...

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 10

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 10

Carnet de voyage d’Élise
Au fond du Gobi A, objectivement, il y a de quoi ne pas être complètement rassuré. Nous n’avons pas de téléphone satellitaire et donc, en cas de panne, aucun moyen de joindre quelqu’un.
« Vous avez vu le chauffeur hier soir ?, demande S., Il a démonté toute une partie du moteur, y’en avait partout.
- Dans ma tente, les tiques, c’était un véritable zoo », rajoute R.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 10

Quant à moi, j’ai fini par m’écrouler de sommeil, malgré ma décision de lutte sans merci contre les tiques.
Nous sommes retournés à l’oasis ce matin, où nous avons chacun rechopé plus d’une dizaine de tiques qui cavalent sur nos vêtements ! On s’est foutu à moitié à poil pour s’épouiller les uns les autres avant qu'elles ne nous mordent.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 10

Flânerie à Sharl Khuls
Dans l’oasis, je suis partie en avant, à la recherche des papillons.
J’entends les ornithos qui arrivent derrière moi, je me cache derrière un buisson (où 4 tiques tentent de m'escalader) et pousse un puissant : GRAOUUUUUU !
Bon, on m’a déjà bien prise pour une marouette de Baillon, je peux bien essayer de me faire passer pour un ours de Gobi. « C’est quoi ce bruit ? », demande Pierre, pas plus effrayé que ça.
Philippe de son côté continue ses prises de son pour la fauvette qui l’intrigue, et pour son dossier pour Lars Svensson.

Cyrtopodion elongatus

Cyrtopodion elongatus

Terbish fait une coche
Terbish, lui, a attrapé un lézard rare. Il est aux anges car c’est la première fois qu’il en voit un. Cyrtopodion elongatus très exactement. Une coche pour un herpétologue, c’est pas rien ! Je sens qu’on va encore devoir fêter ça à la vodka chinoise… (pour les non-initiés : une coche pour un naturaliste, c'est la première fois qu'il voit une espèce)

L'oasis infernale
Nous avons étudié nos tiques, il y en a deux catégories : les géantes à pattes jaunes, et les énormes noires.
(En France, un bon moyen de ne pas avoir de tiques dans son jardin, c’est d’avoir des poules ! Mais il n’y a quasi aucune poule en Mongolie ! J’aurais dû emmener une poule en voyage !!)
Alors voilà. En fait, les oasis, c’est comme la vie. T’en chie dans le désert, t’as chaud, t’es mal, t’es seul, tu crois que tout est perdu et enfin tu trouves une oasis merveilleuse : ça y est, le bonheur, la sécurité, enfin !!! … sauf que l’oasis est bourrée de tiques, et que t’es finalement super content de retourner dans le désert… Rien n’est jamais parfait. T’as le choix entre crever de soif ou finir dévoré par les tiques.

Sur la route, premier gypaète barbu.

Sur la route, premier gypaète barbu.

Une vallée de pierre au fond du désert
Nous reprenons la route. Plus loin dans le désert, nous nous arrêtons à une vallée de pierres, où est placé un piège-photo.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 10

Nyambayar le relève : deux films montrent le passage récent d’un gros ours !

Relevé du piège-photoRelevé du piège-photo

Relevé du piège-photo

Faucon de Barbarie
Faucon de Barbarie

Faucon de Barbarie

Moi, il me semble que si j’étais un ours, j’irai plus au frais au fond de la vallée. Alors pour aller voir, j’escalade un rocher.

En plus, plus haut, il y a des papillons (argus)...
En plus, plus haut, il y a des papillons (argus)...

En plus, plus haut, il y a des papillons (argus)...

... et un agame de Mongolie (Paralaudakia stoliczkana)

... et un agame de Mongolie (Paralaudakia stoliczkana)

Je me dis que l'ours est forcément passé par là...

Je me dis que l'ours est forcément passé par là...

« Tu vas où, Zou ? »
Je ne réponds pas tout de suite, parce que j’ai trouvé quelque chose. Les mammifères, c’est vraiment ce que je préfère. Pourtant, si je tombais sur l’ours, je ne ferai pas la maline. Mais je dépasse ma peur : j’avance...
« Venez voir ! Il y a des traces ! »

Traces et crottes fraîches d'un gros ours de Gobi
Traces et crottes fraîches d'un gros ours de Gobi
Traces et crottes fraîches d'un gros ours de Gobi

Traces et crottes fraîches d'un gros ours de Gobi

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 9

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Elise

Nyambayar, après le repas, me dévoile des centaines de photos faites au piège photo. C’est incroyable !

Loup au piège-photo
Loup au piège-photo

Loup au piège-photo

Il accepte de m’en donner quelques-unes sur clé USB. Des documents uniques !
C’est magique de savoir que tous ces animaux vivent autour de nous, même si on ne les voit pas.
Terbish n’a vu que deux fois l’ours de Gobi, et encore, c’est parce qu’il a travaillé dans le Gobi étant plus jeune.

Bouquetin de Sibérie au piège-photo.

Bouquetin de Sibérie au piège-photo.

Argali au piège-photo.
Argali au piège-photo.

Argali au piège-photo.

Les photos de panthère des neiges sont fabuleuses. Ça me fait rêver… Nyambayar me montre ses centaines de photos patiemment, en m’écoutant m’extasier à chaque cliché. « Bayarla, bayarla ! », « merci, merci ! », lui dis-je, merci Nyambayar pour ce moment magique.

Khulan au piège-photo
Khulan au piège-photo
Khulan au piège-photo

Khulan au piège-photo

« Chinese vodka »
A 23 h, avec Terbish, nous partons chercher des mammifères et des reptiles nocturnes, des rêves plein la tête et une nuée de tiques aux trousses.
Mais avant ça : « Come, come Elise ! ». Terbish insiste : je dois boire un coup de vodka chinoise ! C’est la tradition ! Moi qui n’aime que le cidre, je crache du feu après ça.
Pierre boit sa rasade cul sec : « C’est plutôt une boisson d’hommes. Tu la sens descendre. Mais bon, on peut pas les vexer. Si après ça je ne vois pas de mammifères…»
Allez, c’est parti, une virée dans le désert de Gobi en pleine nuit et imbibés de vodka, heureusement on ne risque pas de croiser grand monde, et encore moins la maréchaussée…
Panthère des neiges, nous voilà !
« La vodka chinoise, tu la sens passer quand même, continue d’analyser Pierre. Puis après, y’a comme un p’tit retour. »
Les premières étoiles se lèvent dans le désert de Gobi.
« Mais tu vois plus rien ?, me dit Pierre qui me voit griffonner dans mon carnet.
-J’écris à la lumière des étoiles.
-C’est qu’elles sont encore timides. Bon, y’a Jupiter là… »

Ourse et oursons de Gobi au piège-photo.

Ourse et oursons de Gobi au piège-photo.

Le camion démarre. Tournée des grands ducs dans la nuit. Notre herpétologue Terbish cherche un lézard nocturne endémique dont les yeux, la nuit, à la lumière de la torche, sont rouges comme une cigarette allumée, dit-il. Mais on ne le trouve pas et on revient au camp.
Par contre, s’il y en a une dont on a la coche, c’est la tique « géante » du désert de Gobi ! Une d’elles a essayé de me mordre le crâne, j’en ai trouvée une autre cavalant derrière mon oreille, une sur mon bras, et Philippe doit en être à sa cinquième.

Panthère des neiges - j'en connais qui aimeraient trouver ça dans leur piège-photo ! ;-)
Panthère des neiges - j'en connais qui aimeraient trouver ça dans leur piège-photo ! ;-)
Panthère des neiges - j'en connais qui aimeraient trouver ça dans leur piège-photo ! ;-)

Panthère des neiges - j'en connais qui aimeraient trouver ça dans leur piège-photo ! ;-)

INSOMNIE !
Je ne peux pas dormir avec toutes ces tiques énormes et hyper agressives qui cherchent à me mordre ! Sans compter que le vent s’est levé et que la tente claque plus que jamais. Dire que je pourrais être en Bretagne, à faire un bon gros dodo ! Je comprends pourquoi il leur faut de la vodka, aux Mongols.
Terbish m’a dit : « mais un verre c’est rien. Trois verres, c’est normal, et cinq verres, c’est bien. »
Ben là, présentement, avec les tiques, j’en reprendrais bien un verre !
Je veux bien endurer les taons, les moustiques, la crasse, dormir sur des cailloux et avoir mal partout, boire et manger les mixtures mongoles et être seuls sans aucune assistance possible dans le fond du fond du Gobi A, mais les tiques, ça non !!! Je fais grève. Furax dans la tente, la lampe frontale allumée, je guette l’ennemi, prête à lutter jusqu’à l’aurore.

L'aurore à Sharl Khuls

L'aurore à Sharl Khuls

Septième jour. Vendredi 24 juin.

« J’angoisse tellement, j’ai envie de vomir », nous dit ce matin l'un de nos compagnons de voyage…

 Expédition dans le désert de Gobi, épisode 9

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 8

Publié le par lesbiodiversitaires

Les traquets du désert sont partout dans le Gobi (ici un jeune de l'année).

Les traquets du désert sont partout dans le Gobi (ici un jeune de l'année).

Carnet de voyage d’Elise

« I hope so », répond Terbish en riant.
Désert…
Nous arrivons à des gorges de pierre, sous un soleil de plomb. « Les Gorges de la Moria », c’est encore l’univers de Tolkien qui me vient à l’esprit… Des criquets cryptiques chantent, il semble qu’il n’y ait pas beaucoup d’autres animaux en ces lieux.
Plus loin, nous croisons une gazelle.

Criquet... très difficile de le voir à l’œil nu, dans les pierres de la même couleur..

Criquet... très difficile de le voir à l’œil nu, dans les pierres de la même couleur..

Dans un petit buisson, quelques cigales...

Dans un petit buisson, quelques cigales...

La tique géante
En allant chercher les pies-grièches des steppes, Philippe attrape une tique gigantesque, 3 fois grosse comme les nôtres. Il la dégage avant qu’elle ne le morde, et Terbish croit bon de préciser que c’est un parasite « dangerous ».
Il fait chaud. Nous traversons des plaines et des plaines, entrecoupées de collines, de désert minéral. Le Gobi. Jaune, blanc, gris.

Terre du Gobi. On croirait la surface de la Lune...

Terre du Gobi. On croirait la surface de la Lune...

Mais les camions sont en surchauffe : nous sommes obligés de nous arrêter un bon moment pour que le moteur refroidisse. Nous repartons, mais les véhicules peinent… il faut à nouveau s’arrêter quelques kilomètres plus loin.
« S’il y a un problème, je leur dirai de faire demi-tour, je ne suis pas fou », me murmure Philippe.

Galaa en train de trafiquer on ne sait quoi sur le toit de son camion...

Galaa en train de trafiquer on ne sait quoi sur le toit de son camion...

Finalement, nous arrivons en vue de Sharl Khuls, l’oasis dans le désert, où nous devons camper, et territoire de l’ours de Gobi. Nous n’avons presque aucune chance de le voir, mais nous espérons trouver des traces.
C’est un petit écrin de verdure dans un univers complètement minéral. Un lieu incroyable où pousse le peuplier du désert Populus euphraticus, avec son tronc énorme planté là, en plein désert !
Il fait très chaud. Finies les chaussettes pour dormir !

L'oasis de Sharl Khuls et ses peupliers du désert
L'oasis de Sharl Khuls et ses peupliers du désert
L'oasis de Sharl Khuls et ses peupliers du désert

L'oasis de Sharl Khuls et ses peupliers du désert

Arrivée à l’oasis de Sharl Khuls
Nous trouvons un drôle d’orthoptère dans le désert, gros et muni de grandes pattes.

Encore un drôle d'animal... (une sorte d’éphippigère).

Encore un drôle d'animal... (une sorte d’éphippigère).

Des tiques géantes nous attaquent à nouveau, puis un nouvel ennemi : les taons.
Mais nos misères parasitaires sont compensées par une merveilleuse perspective : dans cette oasis, nous allons pouvoir nous laver !
Certes, avec juste un tout petit bidon d’eau pour 11 personnes, mais après plusieurs jours aux lingettes, ça semble du luxe. On se lave avec sans doute l’équivalent d’une bouteille d’eau de 1 litre, et c’est un bonheur absolu.
Après ça, nous pourrons manger notre riz et la viande dure (eh oui, c’est qu’elles galopent dans la steppe, les vaches !).
Voyager à la dure permet d’apprécier les choses simples. La nourriture, bien que sommaire, est accueillie avec plaisir.

A l'oasis, il y a une yourte en dur, qui sert aux gars du parc du Gobi A quand ils viennent jusqu'ici.

A l'oasis, il y a une yourte en dur, qui sert aux gars du parc du Gobi A quand ils viennent jusqu'ici.

Myangaa est content de trouver de l'ombre... même si des tiques nous sautent dessus du plafond...

Myangaa est content de trouver de l'ombre... même si des tiques nous sautent dessus du plafond...

Le dalaï-lama veille sur ceux qui sont venus jusqu'ici !

Le dalaï-lama veille sur ceux qui sont venus jusqu'ici !

Par contre, la lutte contre les abominables tiques continue… il y en a partout, qui nous sautent dessus à tout instant. Nos petites tiques françaises, c’est de la rigolade à côté.
Nous nous sommes rendus tout à l’heure à l’oasis, avec Nyambayar, le spécialiste du désert de Gobi. Il nous montre la placette où ils donnent de la nourriture aux ours, en hiver, et relève son piège photo. Pas d’ours depuis un mois. Mais on voit de vieilles crottes, et sans doute des traces.

Nyambayar relève son piège-photo, placé devant la placette d'alimentation (alimentée en hiver) et nous trouvons l'une des seules pancartes du Gobi A : un ours !
Nyambayar relève son piège-photo, placé devant la placette d'alimentation (alimentée en hiver) et nous trouvons l'une des seules pancartes du Gobi A : un ours !Nyambayar relève son piège-photo, placé devant la placette d'alimentation (alimentée en hiver) et nous trouvons l'une des seules pancartes du Gobi A : un ours !
Nyambayar relève son piège-photo, placé devant la placette d'alimentation (alimentée en hiver) et nous trouvons l'une des seules pancartes du Gobi A : un ours !

Nyambayar relève son piège-photo, placé devant la placette d'alimentation (alimentée en hiver) et nous trouvons l'une des seules pancartes du Gobi A : un ours !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 8

C’est aussi un lieu où vit la panthère des neiges. Nyambayar comme Terbish ne l’ont vue que deux fois dans leur vie. Même pour des naturalistes mongols hors pair comme eux, l’espèce est très difficile à voir.
Cette oasis est une merveille : des oiseaux, des papillons en plein désert de Gobi.

Pie-grièche isabelle mâle

Pie-grièche isabelle mâle

Papillons du Gobi... Argus, type gazé, machaon...
Papillons du Gobi... Argus, type gazé, machaon...Papillons du Gobi... Argus, type gazé, machaon...
Papillons du Gobi... Argus, type gazé, machaon...Papillons du Gobi... Argus, type gazé, machaon...Papillons du Gobi... Argus, type gazé, machaon...

Papillons du Gobi... Argus, type gazé, machaon...

La fauvette mystérieuse
Nous trouvons également une fauvette peu connue (du type babillarde) que Philippe veut étudier d’un peu plus près, ce soir et aussi demain matin tôt : photos, enregistrements sont prévus. Il va envoyer tout un dossier à l'ornithologue Lars Svensson.

La fauvette babillarde du désert

La fauvette babillarde du désert

Enregistrement de son chant

Enregistrement de son chant

Le témoignage de Philippe : l’énigmatique fauvette babillarde
"Dans le désert de Gobi, au milieu de nulle part et dans des habitats extrêmement secs, nous avons trouvé une population de fauvette babillarde du désert, très bien adaptée à ne vivre que dans de petites oasis, voire des buissons rabougris, et parfois avec une densité incroyable.
A Sharl Khuls, il y avait des chanteurs partout !
Les photos et les enregistrements des chants ont été soumis à Lars Svensson, spécialiste suédois de la fauvette babillarde.
Il s’agit de la sous sous-espèce telegenticia de Sylvia curruca, sous-espèce jusqu’alors peu différenciée, mais qui selon Lars, est finalement une bonne sous-espèce (ou espèce ?), proche vraisemblablement de margelanica.
C’est sans doute la première fois que le chant de cette population, vivant dans l'un des endroits les plus reculés du monde, a été enregistré."

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 8

Pour écouter cet enregistrement du chant de la fauvette, cliquez ici ou bien téléchargez le fichier MP3 ci-dessous :

Enregistrement du chant de la fauvette

Milieu de la fauvette, dans la zone la plus luxuriante de l'oasis.

Milieu de la fauvette, dans la zone la plus luxuriante de l'oasis.

Mais après le repas, Nyambayar me montre un trésor…

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 8

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Carnet de voyage en cours d'écriture dans le désert

Carnet de voyage en cours d'écriture dans le désert

Sixième jour. Jeudi 23 juin.

Lever de soleil sur le désert de Gobi. Les alouettes de Swinhoe chantent.
Nous avons décidément mal partout, la nuque en compote - sol encore très dur cette nuit.

Alouette de Swinhoe

Alouette de Swinhoe

Je commence à renoncer à l’idée de me laver autrement qu’avec mes pauvres lingettes.

Voilà toute l'eau pour tout le camp... de quoi se laver chacun les mains...

Voilà toute l'eau pour tout le camp... de quoi se laver chacun les mains...

Hier soir, je suis allée seule jusqu’à un petit bâtiment de berger, à un kilomètre de là. Silence, solitude. Des idées me traversent l’esprit. Et si je tombais sur un loup ? Et si je trouvais un squelette humain dans la vieille bâtisse ? En réalité, j’espère trouver une chevêche ou des chauves-souris, mais le bâtiment n’est nullement abandonné, il est fermé par deux cadenas !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Une famille de traquets du désert me fait la fête, les jeunes venant voleter, curieux, autour de moi. Je suis sans doute le premier humain qu’ils voient.

Traquets du désert, adulte et jeune.
Traquets du désert, adulte et jeune.

Traquets du désert, adulte et jeune.

Les murs sont protégés par de la bouse de vache séchée, un mur d’enclos a été construit avec ce même matériau. Mais pas de petite chouette, ni de chauve-souris.

Murs et enclos en bouse séchée

Murs et enclos en bouse séchée

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Le désert est désert, sauf pour les moustiques. D’où sortent-ils ? Ils sont des dizaines à vouloir me piquer. Les paysages sont parmi les plus beaux que j’ai jamais vus, mais ils se méritent… Terbish lui-même commence à avoir le cheveu fou. Cinq roselins de Mongolie me filent sous le nez pendant que j’écris.

Terbish et Zoulaa. Les chapeaux et foulards sont indispensables ici...Terbish et Zoulaa. Les chapeaux et foulards sont indispensables ici...

Terbish et Zoulaa. Les chapeaux et foulards sont indispensables ici...

Roselin de MongolieRoselin de Mongolie

Roselin de Mongolie

Hier, belle obs de perdrix choukar, se baladant dans le chemin puis grimpant dans les rochers, le long de la montagne. Elles ne sont pas très farouches, sans doute ne croisent-elles pas beaucoup d’humains elles non plus.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

L’une d’elle se perche très haut, sur un rocher, et toise la gorge de son mirador pour gallinacé.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Incroyables syrraphtes
Hier encore, nous avons revu des syrrhaptes.
Le syrrhapte paradoxal est l’un des plus beaux oiseaux que je connaisse. On le croirait fondu dans du vieil or. Cet oiseau mythique est en lui-même une œuvre d’art : il suffirait de le poser tel quel sur un socle, et sa beauté se suffirait à elle-même. Certains diront que ce n’est qu’une sorte de gros pigeon, mais j’aime ses couleurs dorées, ses marques noires, sa façon de voler dans la steppe, comme un éclair d’or soudain. Et son cri très doux : drrrou…drrrou… Il se déplace en petits groupes.
Et on ne peut pas se tromper, pour l’identifier !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7
Syrrhaptes. Cette espèce faisait des incursions, tel Ghengis Khan et ses troupes, vers l'Ouest jusqu'en Europe, et même en France où elle a niché à la fin du XIXe siècle. Et puis plus rien depuis 1908. Pourquoi ? C'est encore un mystère du syrrhapte paradoxal.
Syrrhaptes. Cette espèce faisait des incursions, tel Ghengis Khan et ses troupes, vers l'Ouest jusqu'en Europe, et même en France où elle a niché à la fin du XIXe siècle. Et puis plus rien depuis 1908. Pourquoi ? C'est encore un mystère du syrrhapte paradoxal.

Syrrhaptes. Cette espèce faisait des incursions, tel Ghengis Khan et ses troupes, vers l'Ouest jusqu'en Europe, et même en France où elle a niché à la fin du XIXe siècle. Et puis plus rien depuis 1908. Pourquoi ? C'est encore un mystère du syrrhapte paradoxal.

Je ne suis pas une grande spécialiste des identifications (même si je reconnais un paquet de bestioles) ! J’ai une approche beaucoup plus rêveuse de la nature que mes collègues ornithos.
Mais je regarde tout : les petits insectes, les reptiles, les oiseaux, et ce que je préfère, ce sont les mammifères. J’aime aussi écouter le silence ponctué de chants d’oiseaux, de coassements, de bruits d’insectes. Il y a différentes façons d’être naturaliste, la mienne est plus contemplative que scientifique : observer de petites choses, photographier un oiseau ou un papillon, être seule. J’ai l’impression que dès qu’on est deux, on n’a plus le même rapport à la nature, on devient déjà le début d’une meute.

Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.
Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.
Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.

Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.

Les animaux du désert sont parfois difficiles à repérer, tant ils sont cryptiques. Ici un agame à tête de crapaud, passé maître dans l'art du mimétisme.

Les animaux du désert sont parfois difficiles à repérer, tant ils sont cryptiques. Ici un agame à tête de crapaud, passé maître dans l'art du mimétisme.

Les syrrhaptes, donc… Ce matin, nous en avons revu, et l’observation a été extraordinaire. Des groupes entiers tournoyaient dans le ciel, pour se rendre à un point d’eau.

Syrrhaptes

Syrrhaptes

Puis on reprend la route. Désert, désert, désert...
« Is it the good way ? », demande Philippe à Terbish, soudain inquiet.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Une alouette haussecol m'entraîne vers des tombes perdues au milieu de nulle part...

Une alouette haussecol m'entraîne vers des tombes perdues au milieu de nulle part...

...

-C’est un vieux squelette ?
-Non. Plutôt frais.
-Heu ben, non merci, ça ira !!! »
Je les laisse à leur contemplation philosophique et m’en vais étudier des agames à tête de crapaud, de gros lézards ventrus et empotés qui ont l’air à moitié abruti…
« Y avait encore deux autres crânes, en plus du squelette… Un, ça devait être un vieillard, il n’y avait pas de dents. »

 Dessin d'après la photo d'un des crânes

Dessin d'après la photo d'un des crânes

Terbish explique que c’est une tradition bouddhiste de laisser les cadavres à même le sol : les charognards viennent les manger. Ce sont les vautours qui vont être contents !
J’aperçois ici, de loin, deux chevaux avec la marque à l’épaule que je recherche.

Vautour de l'Himalaya, vu la veille.

Vautour de l'Himalaya, vu la veille.

Attente dans la steppe, à côté des squelettes.
Attente dans la steppe, à côté des squelettes.Attente dans la steppe, à côté des squelettes.

Attente dans la steppe, à côté des squelettes.

Nous ne parvenons pas à rejoindre le lac Boon Tsagaan ce soir, et devons dormir dans la steppe, sur un sol caillouteux. Certains amis pensaient qu’on allait dormir dans des yourtes… mais ce serait un 4 étoiles, une yourte ! Nous sommes dans des lieux bien trop sauvages, il faut monter la tente tous les soirs, la démonter tous les matins, et dormir sur la caillasse.
La Mongolie est sauvage : pas de routes (juste des pistes), pas de pancartes, évidemment pas d’hôtels. Rien à voir avec tout ce qu’on connait. On ne peut parcourir la Mongolie sans guide mongol, capable de se repérer dans la steppe, sans une énorme préparation. Les Mongols le déconseillent, c’est dangereux.

Jeune souslik à longue queue.

Jeune souslik à longue queue.

Agame à tête de crapaud.

Agame à tête de crapaud.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

Cinquième jour. Mercredi 22 juin.

Hier soir, après avoir échappé à l’alcool de yak, je n’ai pas pu éviter la rasade de vodka.
Puis Terbish nous a fait tout un discours comme quoi nous nous rendions dans un des coins les plus reculés de reculés du désert de Gobi, que nous n’allions rencontrer personne pendant des jours, et n’avoir aucun moyen de communication.
Bon…
Quand un naturaliste mongol vous dit qu’on va dans un coin reculé, sachant que l’essentiel de la Mongolie est déjà, pour nous, un lieu reculé, ce n’est pas hyper rassurant…
Philippe nous précise qu’en effet aucun rapport de voyage naturaliste n’existe à sa connaissance pour cette région, d’où l’intérêt de s’y rendre.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

Un tel baratin + la vision des squelettes, eh bien, bonne nuit les amis !
Du coup, ce matin, Pierre n’a pas très bien dormi et demande : « Mais les Mongols, ils sont sûrs d’avoir assez d’essence ? »
Nous nous rendons au lac Boon Tsagaan. Mouette relique, mouette du Tibet (magnifique), oies, cygnes, etc.

Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !
Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !
Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !

Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !

Un peu plus loin, deux étalons se battent pour deux juments. Mais ces dernières ne veulent pas du nouveau, elles restent avec leur officiel et dégagent l’intrus à coup de ruades. Cela n’émeut pas ce dernier : il les suit. Sa persévérance paiera peut-être.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

Guifettes leucoptères, gravelot à collier interrompu, tadornes casarcas. Mais pas de pygargue de Pallas.

Sterne pierregarin - amusant de la voir dans ce type de paysage.

Sterne pierregarin - amusant de la voir dans ce type de paysage.

Grands cormorans.

Grands cormorans.

Canards siffleurs.

Canards siffleurs.

Spatules blanches.

Spatules blanches.

Goéland ichthayète. Sûrement un des plus beaux goélands.

Goéland ichthayète. Sûrement un des plus beaux goélands.

Oies cendrées (sous-espèce rubirostris).

Oies cendrées (sous-espèce rubirostris).

Guifette leucoptère.

Guifette leucoptère.

Petit gravelot.

Petit gravelot.

Les paysages sont incroyables, la Mongolie est un pays vraiment différent des autres. Plus nous avançons vers le Gobi, plus le paysage se désertifie, avec de plus en plus de dunes.
La steppe a une odeur à cette saison, elle sent l’armoise, un parfum fort et entêtant.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

La crasse nous guette
Cela fait plusieurs jours que nous n’avons pas pu nous laver. Si nous ne sentons pas encore le vieux chameau, c’est grâce aux lingettes apportées de France.
Mes cheveux sont en train de se transformer en dreadlocks.
Je rêve d’un ruisseau, même glacé… Cela me semblerait un luxe suprême.
Pourtant, compte tenu des conditions, notre voyage est plutôt « luxueux », étant donné le contexte. Nous mangeons chaud tous les soirs (invariablement, du riz et de la viande dure !). Et nous sommes avec un excellent guide, et des chauffeurs maîtrisant la conduite dans le désert. Enfin, la plupart du temps…

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6
Zoulaa
Zoulaa

En effet, nous avons connu tout à l’heure notre premier ensablement. Tout le monde a dû pousser, et Pierre s’est à moitié asphyxié avec les gaz du pot d’échappement.
Philippe, lui, s’est croûté en descendant du camion et a une grosse bosse dans le bas du dos, ce qui, comme tous les bossus, le plonge dans des affres de questionnements existentiels (de quelle couleur est ma bosse ? de quelle taille est ma bosse ? touchez ma bosse !).

Enfin, après quelques émotions, les camions peuvent repartir.
Pierre, quand il a enfin fini de cracher ses poumons, sort pour rire une grande phrase à l'équipe :
If you don’t shut your gob, I’ll shove your teeth so far down in your throat, that you’ll have to stick your tooth-brush up your ass to clean them !
(Ce qui signifie, globalement : « si tu continue de parler, je vais t’enfoncer les dents tellement profond que tu seras obligé de te les brosser par le fion »). Le voilà à nouveau en forme !

Ensablement : il faut pousser !

Ensablement : il faut pousser !

La dernière station d'essence
La dernière station d'essence

Enfin, après avoir cheminé dans la région du Trans-Altaï, nous arrivons à Bayanondor, aux portes du désert, le dernier village.

Un sixième Mongol nous rejoint, c’est Nyambayar, qui va nous guider dans le désert du Gobi A, le plus difficile.

C'est un garde naturel qui travaille à la protection de la faune du désert du Gobi.

Pas question de s'aventurer seuls dans le très reculé Gobi A, on s'y perdrait immédiatement : le naturaliste mongol Nyambayar Yanjin rejoint l'équipe, ce qui va lui permettre d'aller vérifier des pièges-photos placés pour le suivi scientifique de l'ours de Gobi.

Pas question de s'aventurer seuls dans le très reculé Gobi A, on s'y perdrait immédiatement : le naturaliste mongol Nyambayar Yanjin rejoint l'équipe, ce qui va lui permettre d'aller vérifier des pièges-photos placés pour le suivi scientifique de l'ours de Gobi.

Mongol en goguette.

Mongol en goguette.

Le moineau soulcie comme le pigeon des rochers sont très inféodés aux petits villages.
Le moineau soulcie comme le pigeon des rochers sont très inféodés aux petits villages.

Le moineau soulcie comme le pigeon des rochers sont très inféodés aux petits villages.

L’univers de Tolkien me revient en mémoire, et ces mots : La Dernière Maison Simple.
Terbish nous dit qu’on ne reverra pas la « civilisation » (c’est-à-dire trois yourtes et demi) avant le 30 juin.
Un monticole de roche passe…
Myangaa, notre chauffeur, crache de gros mollards en se raclant la gorge. Un poète…

Ce monticole de roche semble garder Bayanondor, la porte du désert.

Ce monticole de roche semble garder Bayanondor, la porte du désert.

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5
C'est quoi cette carcasse dans la steppe ? Le bus de la dernière expédition ??C'est quoi cette carcasse dans la steppe ? Le bus de la dernière expédition ??

C'est quoi cette carcasse dans la steppe ? Le bus de la dernière expédition ??

Carnet de voyage d’Élise

Après avoir observé alouettes mongoles, grues demoiselles et oies à tête barrée, puis s’être faits intimidés par des taureaux approchés d’un peu trop près, nous reprenons la route.

Grues demoiselles, cygne chanteur.Grues demoiselles, cygne chanteur.

Grues demoiselles, cygne chanteur.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5
Alouette de Mongolie, chevalier gambette.Alouette de Mongolie, chevalier gambette.

Alouette de Mongolie, chevalier gambette.

Tadornes casarcas

Tadornes casarcas

On se croirait à la ferme ! Chevaux et oiseaux font bon ménage (oies à tête barrée).

On se croirait à la ferme ! Chevaux et oiseaux font bon ménage (oies à tête barrée).

Oies à tête barrée

Oies à tête barrée

Les chevaux mongols ont des robes très variées (ici tacheté et pie).Les chevaux mongols ont des robes très variées (ici tacheté et pie).

Les chevaux mongols ont des robes très variées (ici tacheté et pie).

Le cheval du milieu porte la fameuse marque à l'épaule que je recherche ! Mais elle est claire et je ne l'ai pas vue sur le terrain, seulement après, en regardant la photo !

Le cheval du milieu porte la fameuse marque à l'épaule que je recherche ! Mais elle est claire et je ne l'ai pas vue sur le terrain, seulement après, en regardant la photo !

Vaches et jeunes taureaux mongols, pas plus aimables que ça...Vaches et jeunes taureaux mongols, pas plus aimables que ça...

Vaches et jeunes taureaux mongols, pas plus aimables que ça...

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5

Terbish nous arrête pour déjeuner dans un endroit semi-désertique. Pas un seul buisson ! Pratique pour la seule fille dans un groupe de gars, quand on a envie de faire pipi ! En Mongolie, le buisson ou la grosse pierre, c’est précieux, vous n’avez pas intérêt à rater LE buisson de la journée.

Les cuisinières mongoles s’enroulent dans un grand manteau et vont faire leurs petits besoins un peu plus loin, l’air très digne, mais le concept ne me tente pas du tout. Bref, il n’y a nulle part où se cacher à la ronde, et Myangaa le chauffeur de notre camion passe son temps, à la moindre pause, à lustrer son véhicule avec un petit chiffon, donc pas question d’uriner en douce derrière une portière ! N’y pensez même pas ! Il nous a à l’œil. Il surveille tout, ne quitte pas son camion des yeux.
Les gars tracent vers le lac, tandis que je rallie en pestant intérieurement une petite colline caillouteuse, assez loin, en sens inverse.

En route vers la colline...

En route vers la colline...

Une rencontre inattendue
J’y trouve une petite bergerie en pierre, abandonnée : parfait pour se cacher. Mais à peine installée, voilà qu’une chevêche de la sous-espèce plumipes s’envole en m’engueulant copieusement d’avoir osé troubler sa quiétude !

Chevêche d'Athéna, sous-espèce plumipes (athene noctua plumipes). C'est une chevêche au plumage légèrement plus clair. Certains en font une bonne espèce.
Chevêche d'Athéna, sous-espèce plumipes (athene noctua plumipes). C'est une chevêche au plumage légèrement plus clair. Certains en font une bonne espèce.Chevêche d'Athéna, sous-espèce plumipes (athene noctua plumipes). C'est une chevêche au plumage légèrement plus clair. Certains en font une bonne espèce.

Chevêche d'Athéna, sous-espèce plumipes (athene noctua plumipes). C'est une chevêche au plumage légèrement plus clair. Certains en font une bonne espèce.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5

Suit une observation magique (pour moi, pas pour elle, qui est furax !).
Elle me toise du haut d’une pierre, depuis laquelle elle m’agonit d’injures de chouette en se redressant et en s’aplatissant, très sûre d’elle.
« M’engueule pas, si tu savais comme je t’aime ! »
Au fond de la steppe, cette mémère ne doit pas être dérangée bien souvent. Je ne reste pas, mais en partant je trouve sa pierre de prédilection : fientes, plumes, pelotes de réjection. Madame s’est goinfrée de coléoptères !

Plus loin, bergeronnette citrine.

Plus loin, bergeronnette citrine.

De découverte en découverte
Autre moment fort de la journée, je trouve par hasard les premiers gravelots orientaux, ce qui me vaut un check de félicitation de Terbish. Je suis fière comme un pou !

Gravelot oriental.
Gravelot oriental.

Gravelot oriental.

Plus tard, en marchant dans la steppe (nous attendons l’autre camion, qui a pu récupérer le bagage perdu par l’Aeroflot et qui est, du coup, en retard), derrière une colline, une alouette haussecol m’attire aux abords d’un cimetière.
Juste quelques stèles et des tombes à même le sol, au milieu de nulle part.
Je n’avance pas plus.
Connaissant les Mongols, et me souvenant du crâne humain découvert en 2012 près d’un lac, je me dis que ce cimetière pourrait bien réserver quelques surprises…

Un peu plus tôt dans la journée, nous avons croisé des vautours (un vautour de l'Himalaya et des vautours moines).
Un peu plus tôt dans la journée, nous avons croisé des vautours (un vautour de l'Himalaya et des vautours moines).

Un peu plus tôt dans la journée, nous avons croisé des vautours (un vautour de l'Himalaya et des vautours moines).

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5

Des os
Je ne me trompe pas. Les gars, qui arrivent après moi, le traversent et y trouvent un squelette humain entier, en plein air.
« Tu veux voir ?, me demande Philippe.

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 4

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Vaches mongoles

Vaches mongoles

Les autres sont au milieu du camp, à l’abri sous la grande tente commune.
J’attends, allongée par terre, isolée du sol bien dur par un très fin matelas.
Nous avons roulé une partie de la journée pour rejoindre le lac Sangyin Dalai. L’Aeroflot a perdu le bagage d’un de nos compagnons, qui se retrouve sans rien, pas même un slip de rechange. Nous avons rallié Oulan-Bator après donc deux jours de voyage et d’attente…
Nous avions finalement pu prévenir les Mongols de nos déboires moscovites. En arrivant dans le hall de l’aéroport, nous avons entendu la voix de Terbish : « Philippe ! Elise ! », et il nous a serrés dans ses bras.

Terbish avec son guide des reptiles
Terbish avec son guide des reptiles

Terbish
Il n’a pas changé, depuis 2012. J’aime Terbish, sa gentillesse, sa bienveillance, sa façon de trouver des solutions à tous les problèmes, sa sérénité, son regard intelligent et doux, son accent mongol quand il parle anglais (les f deviennent des p : par exemple food devient pood, friend devient priend…).
Tsa tsa tsa, dit tout le temps Terbish, ce qui signifie « ok, ok, ok ».
Je suis heureuse d’être en Mongolie, de revoir les Mongols, ce beau peuple souriant.
Pour le moment, nous sommes 10 : 5 Français, 5 Mongols, 2 camions russes, et nous voilà partis.
A part Terbish, l’équipe mongole nous est finalement inconnue. Je ne vais pas pouvoir continuer mes cours de vocabulaire avec ma copine cuisinière !

Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski
Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de GodlewskiSur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski
Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de GodlewskiSur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski

Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski

Orage dans la steppe
Il pleut, il pleut, il tonne, et je suis toujours coincée dans ma tente. Autour de moi, les vaches meuglent, l’orage ne leur plait pas !
Avant que l’orage n’éclate, sur notre route, nous avons vu 5 faucons sacres, des buses de Chine, des traquets pie, des bergeronnettes citrines, des grues demoiselles…

Bergeronnette citrine

Bergeronnette citrine

Alouette de Mongolie
Alouette de Mongolie

Mais ce que j’ai préféré, ce sont les alouettes mongoles, magnifiques, qui paradaient sur ciel d’orage… Voletant au milieu des iris en fleurs qui recouvrent la steppe… Ce sont de grosses alouettes, assez farouches et très affairées à voler et à chanter. Pas simple de les photographier. J’avais déjà vu toutes ces espèces en 2012.

La steppe est ici recouverte d'iris...
La steppe est ici recouverte d'iris...

La steppe est ici recouverte d'iris...

Et l’obs mammalogique de la journée, c’est, de loin, 3 grosses marmottes presque jaunes, dodues à souhait… Les Mongols les mangent rôties à l’automne, ce qui n’est pas sans poser de problèmes à l’espèce.
Il pleut, il pleut… Combien de temps cela va-t-il durer ?

Alcool
Mais la faim commence à me tenailler et me fait sortir de ma tanière. Les éclairs se sont éloignés. Je retrouve les autres ornithos avachis dans la tente commune, l’œil morne.
« T’en veux ?, me disent-ils en désignant une bouteille de coca remplie d’un liquide transparent, qu’ils sont en train de se siffler.
- De la vodka ? »
Signes de tête négatifs :
« Alcool de lait de yak fermenté.»
Je renifle un verre : une odeur très puissante de bétail et de bouse me saute au nez. J’avais oublié l’odeur du yak…
« Euh, non merci. »
Terbish rigole de ma mine déconfite et je négocie avec lui une boisson qui me convient mieux : le thé au lait mongol, c’est-à-dire un lait salé, fort également et qui ne plait guère en général aux Occidentaux, mais un régal comparé à cet horrible alcool de yak.
Et surtout, c’est bien chaud et réconfortant sous l’orage !
Dans la tente, tout est déjà humide. La pluie d’orage a tout détrempé et saturé l’atmosphère d’humidité.
On va bien se peler…

La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...

La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...

Quatrième jour. Mardi 21 juin.
Dans la nuit, il fait jour. Mais c’est quoi encore, cette fois ? Après la nuit polaire des Russes et le crépuscule sans fin de l’avion, voilà la pleine lune qui éclaire la steppe comme c’est pas permis !
Pas grave, je m’endors, épuisée.

Le soleil s'est couché sur la steppe.

Le soleil s'est couché sur la steppe.

Marouette de Baillon ?
Puis j’entends : « Tu ronfles ? »
Euh, ben… c’est-à-dire que l’orage a réactivé mon rhume et que j’ai le nez complètement bouché (parce que je ne ronfle jamais, hein !).
« Mmmoui, je grommelle, dans un demi-sommeil.
« Ah ! Parce que j’ai cru que c’était une marouette de Baillon. »
J’en reste coite. C’est bien la première fois que l’on me confond avec une marouette de Baillon… (pour les non-naturalistes, une marouette de Baillon est un petit oiseau, proche des râles et gros comme un moineau, que l’on ne voit jamais et qui vit dissimulé au plus profond des roselières).
Les ornithos sont-ils un peu poètes ou bien juste complètement obsessionnels ? J’ai mon idée sur la question.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 4

Voilà, on se pèle. On dort en polaire, avec 2 paires de chaussettes, et le vent froid fait claquer la tente.
Les Mongols nous ont fait boire de la soupe à la viande, avant de nous coucher.
Résultat, on doit se déboudiner 3 fois de notre installation compliquée duvets/polaire/chaussettes/tente humide pour aller pisser dans le froid en les maudissant.
Au réveil, Philippe me demande : « T’as pas mal partout ?
-Ben si. »
Bienvenus dans la steppe.

Grues demoiselles

Grues demoiselles

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 3

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Je crois au début qu’il s’agit des lumières de l’aéroport, puis je me rappelle qu’on est en juin et bien plus proche que chez nous du cercle polaire… la nuit noire, c’est pas ici. J’écris ces lignes sans lampe, juste à la lumière de la nuit…

Deuxième jour – dimanche 19 juin 2016
« Va falloir qu’on se lave les dents au gel douche, si on veut pas avoir une haleine de poney mongol… »

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 3

C’est la première phrase que j’entends en ouvrant les yeux, le matin.
Nous n’avons pas pu récupérer nos valises, et nous n’avons évidemment ni brosse à dent ni rien…

Pour sentir son haleine, encore faudrait-il pouvoir l'approcher ! Les chevaux mongols sont plutôt farouches...

Pour sentir son haleine, encore faudrait-il pouvoir l'approcher ! Les chevaux mongols sont plutôt farouches...

« J’ai pas dormi de la nuit, à cause de ces connards de Russes et de leur nuit polaire… » - les yeux collés, je ne suis d’humeur qu’à grommeler des injures définitives, la tête dans le seau.
« J’arrive à joindre personne en Mongolie, continue de râler Philippe, guère mieux luné, le portable de Terbish et les Terbishettes, il doit marcher au lait de chèvre. »
Le goût exécrable du gel douche du Capsular mini-hôtel plein la bouche, cette question nous taraude : comment prévenir les Mongols de notre retard ?
Heures d’attente à l’aéroport. Les ornithos se trainent lamentablement dans les couloirs, essayant d’apercevoir une pauvre corneille mantelée à l’horizon, entre les avions. Ils en verront quatre.

Voyager, c’est galérer
Pourquoi voyage-t-on ? A part pour cramer d’un seul coup son empreinte carbone, après s’être astreint à la sobriété toute l’année ?
Seule, je n’aurais jamais autant voyagé. J’aime être chez moi à écrire, dessiner ou tenter de modeler des animaux en terre, l’argile douce glissant entre les mains. Rien besoin d’autre !
Mais j’ai toujours été entourée de voyageurs impénitents qui m’ont emmenée aux quatre coins du monde ! Et voilà comment je me suis rendue dans des coins perdus où je n’aurais jamais imaginé poser les pieds, dans les déserts de Syrie, le long des précipices du Caucase, sur des îles coréennes, dans la jungle brésilienne…

Seul dans le ciel...

Seul dans le ciel...

Pourquoi voyage-t-on ?
On peut voyager presque à n’importe quel âge, Alexandra David-Néel a fait renouveler son passeport à 100 ans ! On peut voyager presque sans le sou : il suffit d’avoir un vélo et un sac à dos…Il y a 1000 façons de voyager.
Nos voyages sont le plus souvent professionnels, pour Philippe, en tant que responsable d’expés. Semi-professionnel pour moi. Reportages, photos, études sur les animaux sauvages ou domestiques…
Pourquoi voyage-t-on ?
Pour découvrir de nouveaux horizons, bien sûr. Voir de nouveaux aspects de l’humanité. Pour la beauté du monde.

Grues demoiselles

Grues demoiselles

Un voyage nous en apprend toujours beaucoup sur nous-mêmes, sur ce que l’on peut endurer en termes de fatigue, de manque de sommeil, d’inconfort.
Au bout du monde, le décalage horaire en plein dans la figure, les masquent tombent.
On se révèle. Et peut-être est-ce cela, que l’on recherche en voyageant : apprendre quelle est notre vérité.
« Alors ? Tu viens te remplir la panse ? Je sais que c'est une de tes activités préférées ! »
Philippe me ramène à ma réalité ! Ma foi, c’est vrai que j’ai fourré des barres de céréales plein ma valise, au cas où… L’aventure, ok, mais seulement le ventre plein !

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 3

Quelque part dans le ciel
Nous avons enfin décollé. Passé la Sibérie. Seconde nuit d’insomnie. Moi qui dors d’habitude comme une marmotte… ! Je ne peux faire abstraction de cette nuit qui n’en est pas une. D’abord, nous avons suivi le crépuscule, partant à 19h de Moscou. Puis petit à petit, le crépuscule s’est transformé en aurore. L’aurore aux doigts de rose, telle que l’évoquait Homère. Nous arrivons à 7 h du matin à Oulan-Bator, mais à aucun moment du trajet nous n’avons basculé dans la nuit noire. La lumière du matin a simplement remplacé celle du soir. Ce phénomène me fascine toujours, lors des voyages vers l’Asie centrale ou l’Extrême-Orient. J’écris encore ce carnet en pleine nuit, mais à la lumière d’une aurore en plein ciel.

Troisième jour. Lundi 20 juin.

Les nuages s'accumulent...

Les nuages s'accumulent...

On va en chier, je l’avais dit. Me voilà en Mongolie, coincée seule dans ma tente, dans la steppe, sous l’orage. Il pleut des cordes, les éclairs tombent, il tonne !

Alouette mongole

Alouette mongole

Ciel d'orage dans la steppe
Ciel d'orage dans la steppe Ciel d'orage dans la steppe
Ciel d'orage dans la steppe

Ciel d'orage dans la steppe

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 2

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 2

Carnet de voyage d’Élise

La lecture de mon guide de vocabulaire continue de m’édifier :
« Dans certaines régions comme le Gobi, vous serez surpris, atterrés, de voir votre Antonov de troisième ou quatrième main se poser sur l’herbe rase d’une prairie aussi trouée qu’un gruyère ! (…) Les compagnies locales (…) utilisent des Antonov dont certaines antiquités extraordinaires… »
Ben ça tombe bien, on a justement un vol intérieur pour revenir de la région du Gobi !!! Je ne vais pas faire lire ce passage à Pierre…

Le milan brun est une espèce qu'on est sûr de revoir.

Le milan brun est une espèce qu'on est sûr de revoir.

Les bovidés domestiques sont la vache (on en croise régulièrement de couleur bringée) et le yak.
Les bovidés domestiques sont la vache (on en croise régulièrement de couleur bringée) et le yak.

Les bovidés domestiques sont la vache (on en croise régulièrement de couleur bringée) et le yak.

Orage dans le ciel russe
Quelques heures plus tard… Un autre orage nous empêche d’atterrir à Moscou. Nous tournons dans le ciel.
Mon voisin, un jeune français expatrié en Russie, intrigué par ma lecture, m’interroge sur notre destination.
« Quelle expédition !, me dit-il, ça me fait rêver. »
Han, ben ça se voit qu’il n’est jamais venu en vacances avec nous ! Mes oreilles se sont bouchées, ce qui me rend la conversation cotonneuse…
-Heu, vous savez, on va quand même en chier… »
Je ne crois pas si bien dire… On est en train de rater notre correspondance pour Oulan Bator. Damien, mon voisin, nous donne son numéro de téléphone : au cas où l’on ait un problème à Moscou, qu’on l’appelle… « J’espère que vous allez avoir votre correspondance ! », nous souhaite-t-il.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 2
Capsular mini-hôtel
Capsular mini-hôtel

Coincés chez les Slaves
Mais non, on la rate ! A quelques minutes près, les fonctionnaires russes, droits dans leurs bottes, nous refusent l’accès. Fragrances d’ex-Union soviétique…
Je pense à un autre voyage, il y a quelques années, pour se rendre dans le Caucase, en Géorgie… La moitié du groupe avait été retenu à Paris, et j’avais dû partir seule avec l’ami Dominique Michelat, en éclaireurs, en passant par Istanbul pour rejoindre Tbilissi, dans un avion russe terrifiant… Là encore, nous avions failli rater notre correspondance à Istanbul et ce jour-là, j’ai failli cracher mes poumons en courant après Domi qui cavalait à toute vitesse pour rejoindre l’avion, et qui m’a dit, frais comme un gardon, lorsque je l’ai rejoint, cramoisie et expectorante :
« M’enfin mais pourquoi t’as autant couru !? Tu sais bien que je t’aurais attendue ! »


Mais Moscou n’est pas Istanbul : on ne nous laisse pas passer !
Nous attendons 24 h enfermés dans l’aéroport, avec interdiction de sortir dans Moscou.
On nous fournit quand même une petite chambre, après 3 heures de tracasseries administratives, au bien-nommé Capsule mini hôtel.

Rencontres improbables au Capsule mini hôtel
Deux autres voyageurs partagent notre galère, qui tentent de rallier le Japon… Une jeune Roumaine qui enseigne l’anglais à Tokyo ! Et un artiste japonais.
On s’en va partager un maigre de repas (une salade… d’anguille !).
Le Japonais revient de France où il était invité en tant qu’artiste. C’est Chikara Matsumoto, un réalisateur de mangas artistiques

Un des mangas artistiques de Chikara

Je lui explique que je viens de terminer justement un storyboard de bande dessinée pour une dessinatrice française. Cela plait beaucoup à Chikara, qui se met à applaudir !!
Étonnante conversation en mauvais anglais, sur la BD et le dessin animé, entre 2 voyageurs égarés…
Nous n’avons pas encore posé les pieds en Mongolie mais le voyage est déjà riche de rencontres…

Chikira me demande si je connais les grands auteurs de mangas japonais, et notamment Hayao Miyazaki - dont j'adore les fables écologiques.

Chikira me demande si je connais les grands auteurs de mangas japonais, et notamment Hayao Miyazaki - dont j'adore les fables écologiques.

Le jour la nuit
3 h du mat’ à Moscou. Insomnie… Chez les Russes, en pleine nuit, c’est déjà l’aube…
La question me tourne vaguement dans la tête dans mon demi-sommeil : pourquoi donc est-ce qu’il fait jour en pleine nuit ?

Tadorne casarca

Tadorne casarca

Suite au prochain épisode...

Partager cet article

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>