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Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 20

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 20

Douzième jour. Mercredi 29 juin.
L’affut au loup d’hier n’a pas été concluant, même si nous avons vu un nouveau khulan et, de mon côté, posé à quelques mètres de moi, un faucon sacre.

Rien...

Rien...

Bredouilles...

Bredouilles...

Ce matin, pas de loup non plus en cherchant dans la steppe, et le vent s’est levé.
Nous sommes à la frontière de la Chine, près de la montagne Tahiyn Shar Nuruu, là où le dernier cheval de Przewalski (takh, en mongol) a été tué à l'état sauvage, nous dit Terbish.
Notre tente a des soucis de fermeture éclair, mais Galaa répare tout ça avec une pince.

C’est reparti, dans le désert du Gobi B !
Nous recherchons surtout les équidés, et nous avons de la chance, nous trouvons des khulans (le nom scientifique du khulan est hémione de Mongolie, ou hémione de Gobi, Equus hemionus hemionus, une sous-espèce d'hémione en danger vivant dans les zones désertiques ou semi-désertiques).
Superbe observation d’un troupeau de khulans ! 24 individus, avec plusieurs ânons.

Khulans

Khulans

Ce troupeau, avec des femelles et des jeunes, est bien plus farouche que le mâle solitaire curieux d'hier, et prend la fuite.

Ce troupeau, avec des femelles et des jeunes, est bien plus farouche que le mâle solitaire curieux d'hier, et prend la fuite.

La marque réticulée à l’épaule
Plus tard dans la journée, nous revenons sur nos pas, et repassons devant le centre administratif du Gobi B (c’est-à-dire, un bâtiment et quelques yourtes).

Centre administratif du Gobi B.
Centre administratif du Gobi B.

Centre administratif du Gobi B.

Un peu plus loin, nous trouvons un cheval porteur de la fameuse marque naturelle à l’épaule que je cherche depuis le début, et qui signe chez les chevaux domestiques (mongols, yakoutes et transbaïkals) un apport de sang Przewalski à un moment ou un autre de leur généalogie.
Comme par hasard, celui-ci se trouve tout près de la zone des Przewalski !

En Mongolie, il y a plus de chance de trouver la marque à l'épaule dans les troupeaux de chevaux domestiques à la robe isabelle, évoquant les chevaux sauvages.

En Mongolie, il y a plus de chance de trouver la marque à l'épaule dans les troupeaux de chevaux domestiques à la robe isabelle, évoquant les chevaux sauvages.

Non seulement le cheval porte la marque naturelle à l'épaule, mais il est aussi massif, avec une grosse tête, des zébrures aux jambes, une raie dorsale large. Terbish pense qu’il a été croisé récemment avec un Przewalski.
Les Mongols apprécient ces croisements, qui rendent les chevaux domestiques plus forts. Mais ces hybridations restent, dans la nature, surveillées de près, pour éviter tout problème par rapport au programme de sauvegarde des chevaux de Przewalski.

Ce cheval a une crinière bien fournie et tombante, typique des chevaux domestiques, aussi je suppose que le croisement d'un de ses ancêtres avec le Przewalski date d'il y a au moins deux générations.
Ce cheval a une crinière bien fournie et tombante, typique des chevaux domestiques, aussi je suppose que le croisement d'un de ses ancêtres avec le Przewalski date d'il y a au moins deux générations.
Ce cheval a une crinière bien fournie et tombante, typique des chevaux domestiques, aussi je suppose que le croisement d'un de ses ancêtres avec le Przewalski date d'il y a au moins deux générations.

Ce cheval a une crinière bien fournie et tombante, typique des chevaux domestiques, aussi je suppose que le croisement d'un de ses ancêtres avec le Przewalski date d'il y a au moins deux générations.

Il pleut comme yak qui pisse
Nous quittons le Gobi B et revenons vers les steppes herbeuses. Il se met à pleuvoir pendant plusieurs heures.
« Tsag agare mash taarou bain », dis-je à Terbish, pour le plaisir de le faire rigoler encore en lui parlant mongol.
Oui, me répond-il en anglais, il fait un temps épouvantable !

Ce midi, profitant d'une éclaircie, nous faisons un arrêt pour déjeuner dans la steppe. Philippe et Terbish n’arrêtent pas de s’empiffrer de fromage mongol acheté hier, dans une yourte de bergers, perdue dans la montagne, où nous avons été invités. Ce fromage est dur comme du fer.

Hier, en voyant sécher au soleil du fromage en haut de cette yourte, nous avons voulu demander si on pouvait en acheter...

Hier, en voyant sécher au soleil du fromage en haut de cette yourte, nous avons voulu demander si on pouvait en acheter...

Mais les Mongols ne voulaient pas nous les vendre mais nous les offrir, et en prime, ils nous ont invités à manger ! Nous avons dû insister pour leur laisser un petit quelque chose en contrepartie des sacs entiers de fromage qu'ils ont préparés.

Mais les Mongols ne voulaient pas nous les vendre mais nous les offrir, et en prime, ils nous ont invités à manger ! Nous avons dû insister pour leur laisser un petit quelque chose en contrepartie des sacs entiers de fromage qu'ils ont préparés.

L'hospitalité mongole n'est pas une légende... Devant Terbish, un énorme pot de crème et un sac de pain...
L'hospitalité mongole n'est pas une légende... Devant Terbish, un énorme pot de crème et un sac de pain...

L'hospitalité mongole n'est pas une légende... Devant Terbish, un énorme pot de crème et un sac de pain...

Deux types de fromage, les pavés durs et salés, et les sortes de "roses" faites en tortillons de fromage, plus tendres et légèrement sucrées.
Deux types de fromage, les pavés durs et salés, et les sortes de "roses" faites en tortillons de fromage, plus tendres et légèrement sucrées.

Deux types de fromage, les pavés durs et salés, et les sortes de "roses" faites en tortillons de fromage, plus tendres et légèrement sucrées.

Il s'agit ici plutôt d'éleveurs de chèvres et moutons...

Il s'agit ici plutôt d'éleveurs de chèvres et moutons...

...gardés par de gros chiens.

...gardés par de gros chiens.

Fromage trop dur pour les quenottes des autres Français.
Terbish se marre, il a l’air de nous prendre pour des chochottes. Il dit à Philippe de plonger son bout de fromage dans son thé pour le ramollir. Plouf ! Au fond du thé…
En fait, ce type de fromage se suce comme une sorte de bonbon.

Charnier
Nous finissons tranquillement notre déjeuner dans la steppe. Un peu plus loin, je tombe sur un charnier, plein de pattes d’animaux, qui puent, et de sabots en tous genres.
Qui les a mangés là ? Je trouve aussi un crâne de yak. Seul petit moment de poésie, un papillon marbré volète.

Ce crâne-là est propre, sans bout de viande...

Ce crâne-là est propre, sans bout de viande...

Nous reprenons la route, vers un nouveau lac, le lac Tsetseg Nuur, où nous souhaitons juste faire une petite pause.
Nous roulons sur une terre grise, mouillée, collante.
Philippe suggère qu'on n'avance pas plus loin. Après tout, ce lac n'est pas la destination de la journée, et nous pouvons nous passer de ce détour.
Mais le temps qu'il expose ses arguments aux Mongols, il est déjà trop tard. A force de prendre des risques…nous nous embourbons sévèrement dans la steppe, tout près du lac.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 20

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19

Devant un tel chaos de pierres, n’importe quel Occidental rebrousserait chemin. Les Mongols, non.
Ils font un petit repérage à pied, et, audacieux (ou kamikazes ?), se lancent.

Impossible n'est pas mongol.
Impossible n'est pas mongol.

Impossible n'est pas mongol.

On passe un chemin rocheux, un torrent, on contourne les énormes pierres de ces gorges étroites.
« Des pistes très difficiles, j’en ai connues, dit Philippe, mais à ce point… »

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19

On serre les dents, les fesses, les cœurs battent plus fort, on fait de l’huile… Mais ça passe !
« Crazy mongol people » !, dis-je à Terbish, qui éclate de rire.
Question dinguerie, ils n’ont rien à nous envier !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19

On avance, on avance, on avance
Je chante à Pierre une vieille rengaine, que j’ai dans la tête depuis la veille : « On avance, on avance, on avance, c’est une évidence, on n’a pas assez d’essence pour faire la route dans l’aut’sens… faut qu’on avance !
-Ah non, maugréait-il, arrête ça ! »
C’est une évidence, on n’a pas assez d’essence… Cependant, au terme de la descente d’une piste bien à pic, on tombe sur deux cavaliers, immobiles, qui nous observent du haut d’une crête, tels des Indiens attendant le convoi des pionniers américains…
Plus loin, il y a un village.
Et de l’essence !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19
Buse de Chine.

Buse de Chine.

Sauf que le réservoir du camion de Myangaa semble fuir, et que ça pue. Bon, on n’en est plus à ça près. Pendant que j’écris (on s’est arrêté pour manger), Myangaa secoue le camion avec moi dedans (pour tester l’ampleur de la fuite ?) et se poile en me regardant me faire lamentablement secouer (sa fuite n’a pas l’air de beaucoup l’émouvoir… Il s'agit finalement juste d'un trop plein d'essence).
Depuis qu’il m’a sauvée de la tique géante, je le fais marrer. Ça le débecte de me voir scribouiller (et quand je le fais dans son camion, cela l'afflige encore plus), mais heureusement mes dessins de tiques le font rigoler.
Globalement, on se bidonne bien avec les Mongols, et ils semblent bien s’amuser aussi avec nous. L’humour franco-mongol est compatible, malgré la barrière de la langue.

Quelques vaches...

Quelques vaches...

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19

Nivorolles et moucherons
Ici, c’est un coin à niverolles. Notre cuisinière Tsevgee nous a fait une petite entrée de chou râpé, dans laquelle des nuées de moucherons viennent se coller… On essaie d’abord de les enlever, mais il y en a trop. Et on crève trop la dalle pour ne pas manger. Alors, de guerre lasse, on bouffe quelques moucherons. Le grand truc de Tsevgee, ces derniers jours, c’est de nous faire des chaussons mongols à la viande (bien étouffe-chrétien) et de la soupe d’argouses.

Zoulaa qui digère ses moucherons.

Zoulaa qui digère ses moucherons.

Accenteur brun.

Accenteur brun.

Niverolle alpine.
Niverolle alpine.

Niverolle alpine.

On croise aussi des marmottes de Sibérie (farouches).
On croise aussi des marmottes de Sibérie (farouches).

On croise aussi des marmottes de Sibérie (farouches).

Souslik à longue queue.

Souslik à longue queue.

Le Gobi B
Ce soir, nous campons dans le Gobi B, plaine immense, superbe. Je suis bien. Notre peau a pris un teint de terre cuite. Pas de parasites… quelle accalmie… Nous allons faire un affût au loup.
Terbish nous raconte qu’il a fait trois fois, en voiture, le trajet Allemagne-Mongolie. Qu’il a vécu à Moscou. A participé, enfant, au Naadam (la grande course d'endurance, à cheval, des Mongols, qui a lieu chaque année). Ce mec, c’est l’Indiana Jones Mongol.

Aigle des steppes immature.
Aigle des steppes immature.

Aigle des steppes immature.

Nous avons encore rencontré un de ses anciens élèves, cet après-midi. Nous sommes allés aux bureaux administratifs du parc du Gobi B, pour voir le projet de réintroduction du cheval de Przewalski. Nous avons vu le troupeau, avec deux poulains de l’année, en captivité pour le programme.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19
Chevaux de Przewalski du programme de réintroduction.

Chevaux de Przewalski du programme de réintroduction.

Équidés sauvages
Nous avons ensuite roulé dans le Gobi B, bien moins terriblement hostile que le désert minéral et sans appel du Gobi A.
Un des grands moments du voyage est, pour moi, la rencontre dans le désert avec un troupeau sauvage de chevaux de Przewalski. Ils sont très farouches, bien plus que ceux que j’avais observés en 2012 dans le parc d’Hustaï, plus au centre de la Mongolie. Ils s’enfuient au galop, magnifiques…

Chevaux de Przewalski, à l'état sauvage.
Chevaux de Przewalski, à l'état sauvage.
Chevaux de Przewalski, à l'état sauvage.

Chevaux de Przewalski, à l'état sauvage.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19

Nous croisons aussi un renard, des gazelles, et mon premier âne sauvage, le khulan (se prononce « roulane ») ! Je rêvais de le voir. Nous en voyons un second un peu plus loin.
L’observation du second khulan, un mâle solitaire, est fantastique. Il a un comportement beaucoup plus amusant que celui des chevaux. Trois ou quatre fois, il galope, il s’arrête, il galope, il s’arrête pour regarder. Il a peur mais sa curiosité est trop forte, il ne peut pas s’empêcher de s’arrêter et de se retourner pour nous observer ! C’est bien le côté âne, ça !

Premier khulan, de très loin...

Premier khulan, de très loin...

Second khulan, curieux.
Second khulan, curieux.
Second khulan, curieux.

Second khulan, curieux.

Allez, l’affût au loup se prépare, il faut avant « aller voir les chevaux » (expression mongole pour dire « aller faire pipi »). Verra-t-on le mystérieux canidé ?

Pierre, Philippe et Galaa discutent à propos des khulans (Galaa essaie de nous faire prononcer le mot correctement en mongol).

Pierre, Philippe et Galaa discutent à propos des khulans (Galaa essaie de nous faire prononcer le mot correctement en mongol).

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 19

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 18

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Milan brun.

Milan brun.

Myangaa s’arrête instantanément. Ça y est, c’est le moteur qui explose, me dis-je. « Vite, vite, sortons du camion ! », je me précipite dehors. En fait, il s’agit simplement de fils qui ont cramé, à cause du chargeur de batteries des appareils photo branché dans la prise allume-cigare, et qui a surchauffé. Des fils ont fondu…
Myangaa répare, imperturbable. Et il y arrive !

Perdus ?
Plus loin, la sublime steppe est éventrée par des mines de fer. Les mineurs y ont tracé une vraie route. Ces nouveautés semblent perturber les repères des Mongols, qui, une fois n’est pas coutume, hésitent. Ils sembleraient presqu’un peu perdus, quittent la piste principale, y reviennent… Finalement, ils retrouvent leur chemin.
Sans carte, sans panneaux, sans GPS… Ils nous impressionnent chaque jour. Quand on dit que les humains ont perdu leurs sens, leur instinct, ça dépend desquels ! Les Mongols ont un sens de l’orientation digne des oiseaux migrateurs. Ils nous stupéfient.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 18

Tchonne bi yu ?
Nous arrivons à une steppe d’une beauté surréaliste, au coucher du soleil. Des paysages inimaginables.
Je trouve le moment opportun pour lâcher un :
« Tchonne bi yu ? »

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 18

Terbish éclate de rire de me voir parler mongol. Oui, il y a des loups, me répond-il.
Nous nous arrêtons au lac Alag, une fantastique zone humide.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 18
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 18
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 18

Ici, c’est plein de moustiques voraces, mais pas de tiques ! Et on a droit à une micro-douche, hourrah ! Pourquoi ne nous baignons-nous pas dans les lacs pour nous laver ? A cause des hordes de moustiques, mais aussi des sangsues !!

Rosier sauvage, Rosa beggeriana.Rosier sauvage, Rosa beggeriana.

Rosier sauvage, Rosa beggeriana.

Ce soir, Terbish nous fait un grand discours qui me casse le moral : il en rajoute encore sur les moustiques féroces qui nous attendent à la fin du séjour, pires que tout ! Nul humain, nul animal domestique ne peut vivre là-bas ! Seuls les crazy french men veulent aller là-bas. Et les mouettes reliques…
Ces perspectives me donnent un petit coup de mou.

Encore des syrrhaptes... On ne s'en lasse pas.
Encore des syrrhaptes... On ne s'en lasse pas.

Encore des syrrhaptes... On ne s'en lasse pas.

La revanche de la marouette de Baillon
En pleine nuit, je suis réveillée par des ébrouements d’équidés ! Brrrrr…. Brrrrrr…. Brrrrrr…. Il y en a plusieurs ! C’est sûr, ce sont des khulans (ânes sauvages) qui viennent boire au lac ! Excitée comme une puce, je commence à secouer Philippe pour le réveiller, quand je réalise alors… Ce ne sont pas des khulans, mais mes voisins de camp qui… ronflent.
Décidément… Moi aussi je suis obsessionnelle ! Mais avec les canassons…

Onzième jour. Mardi 28 juin.
Le matin, Pierre me montre les amples mouvements de bras arrière qu’il faut faire pour ne pas se faire dévorer le cul par les moustiques en allant aux « toilettes ».
Nous nous rendons dans le marais, qui est fantastique. Plouf ! Je mets le pied dans un trou d’eau…

Petites bêtes des marais...
Petites bêtes des marais...
Petites bêtes des marais...

Petites bêtes des marais...

C’est plein de jolies araignées, de papillons et d’oiseaux.

Chevalier gambette

Chevalier gambette

Des syrrhaptes, une bécassine des marais qui parade, et surtout, un piaf pas connu à cet endroit : la locustelle de Pallas ! Cette trouvaille met Philippe dans un état de fébrilité avancé !

Locustelle de Pallas
Locustelle de Pallas
Locustelle de Pallas

Locustelle de Pallas

En rentrant, Pierre trouve des traces de loup (pas de chien ici ! et trop grosses pour un renard).

Tchonne bi yu ?

Tchonne bi yu ?

En route ! Il faut désormais traverser la montagne.
Nous roulons jusqu’à une gorge, qui va en se rétrécissant de plus en plus.
De plus en plus…
De plus en plus…

Jusqu’à ce que des gros cailloux et un torrent nous bloquent le passage. Qu’allons-nous faire ?

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 18

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 17

Publié le par lesbiodiversitaires

Camion, pneu crevé, au loin...

Camion, pneu crevé, au loin...

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Myangaa change son pneu, puis nous repartons.

La seule fleur du secteur.

La seule fleur du secteur.

Chameaux domestiques se baladant seuls... on commence à se rapprocher de l'humanité...

Chameaux domestiques se baladant seuls... on commence à se rapprocher de l'humanité...

Le soir, on trouve un petit coin à l’abri du vent, dans la montagne, pour monter le camp. On y déloge un troupeau de chameaux domestiques, vachement pas contents de s’être fait virer de leur petit coin par une bande d’humains. Si on ne peut plus être tranquilles dans le désert ! J’espère qu’ils ne vont pas revenir la nuit foutre leur zone.

Pierre et Philippe s’installent dans le camion de Myangaa pour faire le log, quand celui-ci décide de finir de réparer son pneu.

Technique mongole du déjantage : rouler sur le pneu crevé pour faire sortir la jante ! !
Technique mongole du déjantage : rouler sur le pneu crevé pour faire sortir la jante ! !

Technique mongole du déjantage : rouler sur le pneu crevé pour faire sortir la jante ! !

Mais il n’ose pas les faire sortir, et eux, concentrés, ne se rendent compte de rien, jusqu’à ce que le camion se mette à fortement pencher. Ils se retrouvent coincés là-dedans, en biais. Myangaa, furieux, les foudroie du regard. Il est très territorial avec son camion ! Au fond, il ne supporte pas qu’on y touche. Mais comme c’est un lutteur mongol, on fait profil bas…
Terbish, dans ce genre d’expéditions, a toujours un de ses deux chauffeurs qui est lutteur. Ça doit le rassurer, genre garde du corps, pour partir à l’aventure dans la steppe (et pour pousser les camions enlisés).
Ce soir, il nous explique qu’en fin de séjour nous allons nous rendre à un lac où les moustiques sont abominables, que les tiques à côté c’est que dalle.
Son air révulsé n’est pas rassurant !

Dixième jour. Lundi 27 juin.
Après une nuit fraîche, Philippe a réussi à négocier avec les Mongols un litre d’eau chaude dans une bassine pour se raser. Il me fait profiter de son trésor. 10 jours que je n’avais plus senti la sensation de l’eau tiède sur le visage ! Quel bonheur !
Terbish ce matin est d’humeur badine, il plaisante.
Le traquet du désert chante une mélodie qui raisonne dans les montagnes désertiques.

Se méfier définitivement des oasis
On reprend la route. On sort petit à petit du Gobi A. Un village se dessine au loin. En pleine steppe, nous trouvons une peupleraie. On s’arrête y chercher le moineau des saxaouls.

Cochevis huppé.

Cochevis huppé.

Par terre, ça grouille de tiques géantes à pattes jaunes. Je les photographie : mauvaise idée ! En 10 secondes, j’en ai 5 dans les chaussures et 1 dans le cou. C’est un nid ! Ça grouille ! Il y en a des centaines !
R. a une encore plus mauvaise idée : photographier un petit argus qui volète à cet endroit. Résultat, les tiques l’escaladent. On lui enlève plus de 50 tiques qui lui grouillent sur le corps (on a compté !!).

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 17

Pris d’hystérie, on se met tous à moitié à poil derrière les camions et on s’épouille les uns les autres.
Galaa, qui prudent est resté à l’abri dans son camion, se marre et me montre la roue de son véhicule : des tiques sont en train de l’escalader !!! Horreur ! Je fuis, atterrée, ce qui le fait rigoler encore plus.
En 2012, nous n’avions pas eu de tiques en Mongolie. Mais d’une part, nous sommes dans le désert de Gobi, dont la réputation d’hostilité n’est pas usurpée, et d’autre part, Terbish nous dit que c’est sans doute ici une « année à tiques ».
Nous fuyons ce lieu maudit mais au bout de quelques centaines de mètres, on se rend compte que le second camion ne suit pas. On y retourne. Galaa n’a plus d’essence ! Il aurait mieux fait de surveiller sa jauge au lieu de se poiler ! On le ravitaille et on repart, en chassant les tiques qui ont grimpé dans le camion…

Pie-grièche isabelle.

Pie-grièche isabelle.

Ganbold
Au village, nous allons rendre visite à Ganbold Douchindorj, le directeur de la Great Gobi Biosphère reserve, c’est-à-dire la réserve du Gobi A. C’est le chef de Nyambayar et un ancien élève de Terbish, qui était son directeur de thèse. Il dit que nous avons eu une chance incroyable de voir l’ours, que certains de ses gars qui travaillent dessus mettent plus de 10 ans avant d’y parvenir. Ganbold nous explique qu’il y a actuellement environ 40 ours, et 17 naissances l’année dernière, ce qui est excellent. Et il estime à 30-40 le nombre de panthères des neiges dans le Gobi A.
La discussion terminée, il missionne un de ses rangers pour nous emmener voir les chameaux sauvages du programme de conservation.
Nous disons au revoir à Nyambayar, notre guide au plus profond du Gobi A, qui nous quitte ici.

Ganbold

Ganbold

Programme d’élevage de chameaux sauvages
2 jeunes chameaux sauvages, nés en captivité et destinés à être relâchés dans la nature plus tard, se trouvent dans un troupeau de jeunes chameaux domestiques d’un à deux ans.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 17
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 17Expédition dans le désert de Gobi, épisode 17
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 17

Même s’ils ont un licol, leur comportement reste bien plus méfiant que les autres. Les Mongols en sont à plusieurs relâchés de ce type, et ça se passe bien.
Le troupeau est en liberté, mais des gardes (à cheval et en moto) le surveillent.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 17
Terbish discute avec les rangers chargés de surveiller les chameaux.

Terbish discute avec les rangers chargés de surveiller les chameaux.

Bergeronnettes printanières leucocephala (femelle puis mâle).
Bergeronnettes printanières leucocephala (femelle puis mâle).

Bergeronnettes printanières leucocephala (femelle puis mâle).

Les Mongols nous demandent de tenir les chameaux sauvages. Vue la mal-amabilité des bestioles, peu de risques d’imprégnation… Ils sont farouches.

Jeune chameau de Bactriane sauvage.
Jeune chameau de Bactriane sauvage.

Jeune chameau de Bactriane sauvage.

Myangaa caresse un petit chameau domestique, ravi pour sa part de se faire gratter le crâne. Un dur au cœur tendre, ce Myangaa ! Je vais caresser la bestiole à mon tour, qui en pousse des blatèrements d’extase.

Jeune chameau domestique.
Jeune chameau domestique.

Jeune chameau domestique.

Un peu avant, pendant que les gars regardaient des bergeronnettes printanières leucocephala, je trouve un moineau des saxaouls dans une bergerie, que j’avais explorée pour voir s’il n’y avait pas de chiroptères ou de reptiles. Certains font leur coche !

Moineau des saxaouls mâle.
Moineau des saxaouls mâle.
Moineau des saxaouls mâle.
Moineau des saxaouls mâle.

Moineau des saxaouls mâle.

Bergerie, détail.

Bergerie, détail.

En route vers le Gobi B
Nous avons repris notre chemin et roulons depuis un petit moment, quand tout un coup un bruit bizarre s’élève du véhicule. POF ! Une petite explosion et de la fumée s’élève de l’avant du camion !

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 16

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Nous sifflons à notre tour. Et cette fois, ça nous répond ! Nous sifflons encore. Nous attendons un peu, puis nous voyons la silhouette de S. surgir d’une colline, et venir vers nous en courant.
Il s’était perdu en voulant rentrer au camp !
Ouf ! Quelle frayeur !
Perdre quelqu’un dans la nuit en plein désert de Gobi, ça aurait été une belle panique !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 16

Nous rentrons. Excitation à son comble chez les Mongols, Terbish raconte l’obs à toute vitesse. Puis ils repartent dans la nuit, Nyambayar, les deux chauffeurs et lui, en courant, espérant revoir l’ours.
Nous n’y allons pas. Il fait trop nuit, on ne verra plus rien et pas envie de se perdre !
En effet, à leur retour, un peu plus tard, ils n’ont rien vu.
J’écris sous la tente, avec ma lampe frontale. Je ne suis pas rassurée outre mesure de dormir en plein désert de Gobi avec un ours aux mœurs plutôt nocturnes qui se balade tout près d’ici, et avec l’odeur de la bouffe mongole de ce soir… Et surtout, avec mes barres de céréales et mes biscuits plein la valise ! Pour me rassurer, je me répète que l’ours de Gobi a peur de l’homme…

Chameau sauvage, ours de Gobi… expédition difficile, mais étonnante !
Comme Terbish était heureux, tout à l’heure ! Au moment de fermer les yeux sur l’image fantastique de cet ours marchant dans le désert, je l’entends encore rire au loin !
Voilà, le 25 juin 2016, vers 22h30, nous avons vu l’ours de Gobi. De la chance, mais pas que. On était avec Terbish, Nyambayar, et Philippe qui a cherché jusqu’au soir, sans relâche, comme quand il fait du seawatching.
Mais une chance énorme aussi, bien sûr.
Un cadeau de la nature, et il n’y a qu’une chose à dire : merci !

Neuvième jour. Dimanche 26 juin.
Mal dormi. Peur irrationnelle que l’ours tout près soit attiré par la bouffe et veuille venir manger mes barres de céréales dans la tente !!!
Ce matin, au petit-déjeuner, Terbish, Philippe et Pierre me disent qu’il n’y a sans doute pas beaucoup de femmes, et surtout étrangères, qui ont vu l’ours de Gobi.
En mongol, je suis désormais Mazaalai karshan emegtei, la femme qui a vu l’ours de Gobi.

Ce podoce d'Henderson risque de déclencher le piège-photo !
Ce podoce d'Henderson risque de déclencher le piège-photo !

Ce podoce d'Henderson risque de déclencher le piège-photo !

Petit point d'eau.

Petit point d'eau.

Plus loin, à un point d'eau, un syrrhapte somnole. L'arrivée d'humains ne l'émeut guère. Il prend son temps pour s'étirer et s'ébrouer...
Plus loin, à un point d'eau, un syrrhapte somnole. L'arrivée d'humains ne l'émeut guère. Il prend son temps pour s'étirer et s'ébrouer...
Plus loin, à un point d'eau, un syrrhapte somnole. L'arrivée d'humains ne l'émeut guère. Il prend son temps pour s'étirer et s'ébrouer...

Plus loin, à un point d'eau, un syrrhapte somnole. L'arrivée d'humains ne l'émeut guère. Il prend son temps pour s'étirer et s'ébrouer...

Nous sommes donc à 250 kilomètres des premières yourtes, elles-mêmes bien paumées.

Ce matin, il y a des traces d’ours pas loin du campement, qui n’étaient pas là hier. Il est bien venu, pas loin du tout !
Peut-être que j’avais raison d’avoir le sommeil léger !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 16
Traces de l'ours, formant toute une piste et datant de la nuit.Traces de l'ours, formant toute une piste et datant de la nuit.

Traces de l'ours, formant toute une piste et datant de la nuit.

« Qu’est-ce qu’on fait, si un ours vient gratter la tente pour manger vos barres de céréales ?
-Ben… tu les lui laisses !!! », me répond Pierre.

On va voir les montagnes qui étaient en face du campement...
On va voir les montagnes qui étaient en face du campement...

On va voir les montagnes qui étaient en face du campement...

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 16

Mais il faut reprendre la route.
Désert minéral, jaune, vert, rose, gris. Des mirages immenses, qui font croire à la présence de lacs. Un petit point d’eau. Des syrrhaptes.

Dans le désert, les collines sont parfois vertes, parfois roses...

Dans le désert, les collines sont parfois vertes, parfois roses...

Cette bergeronnette citrine a trouvé LA flaque du secteur... en plein désert. Elle alarme : nicherait-il ici ?, se demande Philippe.

Cette bergeronnette citrine a trouvé LA flaque du secteur... en plein désert. Elle alarme : nicherait-il ici ?, se demande Philippe.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 16
Les mirages, immenses, font croire à la présence de grands lacs...

Les mirages, immenses, font croire à la présence de grands lacs...

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 16
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 16
Encore un chameau sauvage...

Encore un chameau sauvage...

... qui s'en va au loin...

... qui s'en va au loin...

Aujourd’hui, la route est dure, il faut rouler sur une épaisse couche de graviers, où les camions s’enfoncent.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 16

Les roues patinent, mais les chauffeurs parviennent à franchir tous les obstacles, là où l’on se serait ensablé 20 fois…
Pas très rassurant tout de même.

Gazelle à goitre. Après nous avoir regardé un moment, un p'tit pipi et puis s'en va, pas plus stressée que ça...
Gazelle à goitre. Après nous avoir regardé un moment, un p'tit pipi et puis s'en va, pas plus stressée que ça...Gazelle à goitre. Après nous avoir regardé un moment, un p'tit pipi et puis s'en va, pas plus stressée que ça...

Gazelle à goitre. Après nous avoir regardé un moment, un p'tit pipi et puis s'en va, pas plus stressée que ça...

On se dit que les chauffeurs, Galaa et Myangaa, pourraient sans souci faire le Paris-Dakar. Ils assurent en toutes circonstances.
Nous rejoignons une montagne.

Et là, un pneu crève…

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 16

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 15

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Je fais de grands signes à Terbish et à Pierre, qui sont resté sur la colline d’à côté. « Come ! Venez ! Il a quelque chose ! »

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 15

« Un ours ! crie Philippe, j’ai un ours !!! Vite, regarde, c’est loin ! ...A côté de la colline, dans la plaine ! »
Je colle mon œil à la longue-vue. Il est là ! L’ours de Gobi, qui marche au loin.
« A bear ! A Gobi bear ! », crie Philippe à Terbish, qui arrive en courant.
L’ours passe derrière la colline, Terbish et Pierre n’ont pas eu le temps de le voir. L’excitation est à son comble. « Il va sûrement ressortir », dis-je. « Oui, répond Philippe en bougeant sa longue-vue, il devrait ressortir de l’autre côté. Attendons quelques instants… Là ! Le voilà ! »
Il passe la longue-vue à Pierre, puis à Terbish.
« On n’a que quelques secondes chacun, vite. Allez Elise, encore à ton tour ! »
L’ours marche très vite. « Il court maintenant ! », dit Pierre quand il le regarde.
On a le temps de l’observer deux fois chacun, avant qu’il ne disparaisse. Je saute de joie ! Pierre m’embrasse sur les joues. Terbish exulte. On saute en haut de la colline, comme des fous, on se congratule. On a vu l’ours de Gobi ! L’ours de Gobi ! Incroyable !
Un ours qui vit dans l’un des pires déserts du monde.

Comparaison de mon croquis fait la nuit, au retour, de mémoire, sous ma tente, et de la photo du lieu exact de l'obs faite le lendemain matin, à meilleure lumière. C'était loin, mais c'était bon !! (et merci la longue-vue !)
Comparaison de mon croquis fait la nuit, au retour, de mémoire, sous ma tente, et de la photo du lieu exact de l'obs faite le lendemain matin, à meilleure lumière. C'était loin, mais c'était bon !! (et merci la longue-vue !)

Comparaison de mon croquis fait la nuit, au retour, de mémoire, sous ma tente, et de la photo du lieu exact de l'obs faite le lendemain matin, à meilleure lumière. C'était loin, mais c'était bon !! (et merci la longue-vue !)

Ours de Gobi au piège-photo, en mai 2016

Ours de Gobi au piège-photo, en mai 2016


C’est un sentiment prodigieux. Hourrah, hourrah ! L’obs était lointaine, crépusculaire, et rapide, et il a fallu se partager la longue-vue à quatre, mais on l’a vu, magnifique dans son milieu minéral, et c’était tellement inespéré… On était déjà tellement content de l’avoir simplement pisté !

La placette de notre ours.La placette de notre ours.
La placette de notre ours.

La placette de notre ours.

Peu de gens au monde ont vu l’ours de Gobi, explique Terbish, peu de Mongols, encore moins d’étrangers… Vive les Crazy french people, nous dit-il en riant.

Ours de Gobi au piège-photo

Ours de Gobi au piège-photo

Sifflements étranges dans le désert
Mais maintenant, il faut se dépêcher de rentrer au camp, car le temps de faire nos bonds de joie sur la colline, il fait déjà quasiment nuit.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 15

Nous dévalons la pente caillouteuse, avançons dans l’ambiance minérale qui se teinte d’ombres, quand soudain, nous entendons un sifflement dans notre dos.
Nous nous retournons. Rien.
Nous sifflons à notre tour. Rien.
Le silence.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 15

Mi-figue mi-raisin, on reprend notre route. « Qu’est-ce que c’était ? »
Nouveau sifflement. On répond à nouveau. Mais personne ne répond.
C’est étrange. Quelques instants passent, plus rien.
On reprend notre chemin.
La nuit se densifie.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 15

Et encore une fois : nouveau sifflement.

Suite au prochain épisode.

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Carnet de voyage d'Élise

C’est alors que Nyambayar nous révèle que l’ours a été vu hier soir !!! A 21 h ! Incroyable !
On dresse le camp quelques centaines de mètres plus loin. Une yourte en dur existe ici, pour accueillir les gardes qui viennent ravitailler les placettes pour les ours.

Ce campement reculé a pour totems quelques crânes... (argali et khulan)
Ce campement reculé a pour totems quelques crânes... (argali et khulan)
Ce campement reculé a pour totems quelques crânes... (argali et khulan)
Ce campement reculé a pour totems quelques crânes... (argali et khulan)
Ce campement reculé a pour totems quelques crânes... (argali et khulan)

Ce campement reculé a pour totems quelques crânes... (argali et khulan)

Nous sommes au cœur du désert.
Silence, vent, montagnes au loin où vit la panthère des neiges.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14
Roche avec dendrites d’oxyde de manganèse formant des « inclusions ».

Roche avec dendrites d’oxyde de manganèse formant des « inclusions ».

Des khulans sont passés par là...

Des khulans sont passés par là...

Ouf ! enfin pouvoir faire le ménage dans le camion !

Ouf ! enfin pouvoir faire le ménage dans le camion !

Je me sens profondément libre, loin de tout, sans email, sans téléphone, juste mon appareil photo, de quoi écrire et dessiner.
Mon corps s’est habitué à dormir sur la caillasse. Je ne sens plus le décalage horaire.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Et finalement, en ne se lavant qu’avec des lingettes, on ne sent pas le vieil ours, on reste propre. Tout me réjouit, même la basique bouffe mongole. Quand on n’a pas le choix, on prend ce qui vient. Puis pas de parasites suceurs ici, on est tranquille…

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Affût philosophique à l’ours
A 20h40, nous quittons le campement et partons faire un affût à l’ours, et aux autres bestioles du Gobi. Peu importe qu’on ait presque aucune chance de voir l’ours le plus rare au monde : les paysages sont sublimes, nous affûtons l’ours de Gobi, que demander de plus ?
Qu’est-ce qui importe dans la quête ? La quête elle-même ? Ou le Graal ? Le chemin parcouru, c’est cela qui nous transforme.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Être ainsi à l’essentiel me conforte dans l’idée que nous vivons, en Occident, dans le superflu, et que ça nous tue. Nous n’avons besoin que de très peu de choses. Avoir, avoir, toujours plus… accumuler…
La Mongolie recèle des richesses dans son sous-sol. Combien de temps cela prendra-t-il, avant qu’on vienne l’éventrer, pour fabriquer nos petits gadgets ridicules, nos téléphones grotesques, nos télé obèses, nos voitures moches… ?
Les ours de Gobi et les panthères des neiges ne peuvent pas reculer plus loin, ces espèces sont déjà au plus loin du plus loin de l’homme qu’elles ont pu trouver.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Que j’aime les Mongols des steppes, capables de bourlinguer seuls dans les déserts immenses, sans téléphone satellitaire, sans GPS, capables de se débrouiller dans la nature, le sens de l’orientation ancré, intimement liés à leur environnement. Ce sont de puissants humains, ils ne sont pas abrutis et infantilisés par la société de consommation. Ils sont libres. Pourvu qu’ils le restent encore un peu. Pourvu qu’ils ne se fassent pas manger, d’une façon ou d’une autre, par les Chinois, par les Américains ou par les Russes.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Arc-en-ciel
Sublimes lumières dans le désert. C’est un affût pour la forme. On sait bien que c’est quasi impossible de voir l’ours de Gobi.
Nyambayar n’est même pas venu. Il n’y croit pas. Bien que travaillant sur l’espèce, il n’a vu l’ours que deux fois dans sa vie.
On attend, on attend… en observant la couleur des nuages qui change avec le crépuscule. Rien. Le désert est désert. Mais l’ours est passé hier soir, le piège-photo l’a vu. Seulement, il n’a rien trouvé à manger à la placette, qui n’est pas alimenté en été.
Pierre dit : « S’il a vu hier qu’il n’y avait plus rien à manger, il ne reviendra pas… »
Terbish s’endort.
Philippe, avec sa longue-vue, se casse les yeux à chercher dans tous les sens. « Putain, y’a rien de chez rien, pas même un renard, c’est désert de chez désert.
-Ça va peut-être venir », dis-je (parce que j’adore les affûts, même si on ne voit rien, et que je ne veux pas rentrer tout de suite au camp !)
Un arc-en-ciel double se forme au dessus d’une colline, magnifique.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Encore un chameau
R. nous quitte, il veut rallier le camp avant la nuit.
Devant ce vide, l’atmosphère se relâche. Pierre et Philippe bavardent. Moi j’ai envie de silence, de solitude, je m’éloigne sur la colline à côté, pour chercher dans une autre direction. Mais je ne vois rien.
Soudain Philippe me siffle. J’arrive à toute vitesse : il a repéré, au loin, un chameau sauvage ! Génial !
On le regarde tous. L’affût valait quand même le coup !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Le chameau marche vite dans le désert, solitaire, et le soir tombe de plus en plus.
« Ça devient vraiment dur, dit Philippe.
-Il est venu tard hier, il faut rester jusqu’à la nuit, dis-je, encore un peu d’espoir chevillé au corps.
-Jusqu’à la nuit ? Sûrement pas, répond Philippe, c’est un coup à se perdre. La nuit, on n’a plus les mêmes repères pour retrouver le camp. »

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 14

Il fait de plus en plus sombre…
« Je retourne sur la colline d’à côté », dis-je au groupe.
Le crépuscule tombe. Je cherche, je cherche, j’ausculte chaque caillou noir, mais je ne vois rien. Le paysage est tellement beau.
S. s’en va à son tour. Philippe me rejoint en haut de la colline.
« La lumière, ça commence à devenir vraiment difficile... », mais il continue de se casser les yeux à chercher.
J’ai envie de grappiller quelques minutes encore de ces moments magiques.
« Tu vois, lui dis-je, même si on ne voit rien, le fait même d’être ici, en plein désert de Gobi, à chercher le mythique ours de Gobi, c’est déjà magique. »
Soudain, il me coupe dans mon envolée philosophique. « Là ! Là ! J'ai quelque chose ! J'AI QUELQUE CHOSE ! »

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13

Carnet de voyage d’Élise

Terbish prend son pied
Hors de question pour Terbish d’abréger le séjour dans le désert de Gobi ! On continue avec nos camions branlants ! Il a avoué à Philippe hier qu’il était hyper content de faire cette expédition, totalement nouvelle pour lui – et de voir de nouvelles espèces de lézards ! Il dit qu’on est des « crazy people » et surnomme toujours Philippe The Crazy French man. Il dit que personne ne lui demande des expéditions pareilles, qu’il se contente en général d’emmener des ornithos anglais dans les spots classiques mongols. Là, c’est l’aventure, il trouve ça super excitant.

Terbish

Terbish

Myangaa brique son camion, en lutte désespérée contre le sable. Le désert de Gobi, c’est pas son truc, à lui.

Plante du désert...

Plante du désert...

Nous venons de trouver des crottes encore tièdes de chameau sauvage. L’animal n’est pas loin. Nous sommes dans une sorte de canyon en pierres. Nous repartons à sa recherche.

Poils de chameau sauvagePoils de chameau sauvage

Poils de chameau sauvage

Quelques kilomètres plus loin, nous le trouvons : un jeune mâle farouche, qui se taille en nous voyant. Hourrah ! Nous avons vu le chameau sauvage ! C’est la liesse !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13

Myangaa rigole enfin
C’est à ce moment que Philippe s’aperçoit avec effroi qu’il a une tique dans l’oreille. Myangaa, qui n’a pas décroché un sourire depuis le début du voyage, éclate de rire !
Il trouve ça trop drôle !

« Ce salopard, ça le fait rire !, s’écrie Philippe.
- Je peux la prendre en photo, pour tes enfants ?
-Non mais ça va pas !!! Va vite me chercher ton tire-tique ! », glapit Philippe, avec sa tique dans l’oreille.
On la lui enlève tandis que Myangaa continue de se bidonner.

Sauvée par Myangaa
Je rentre dans le camion : à mon tour, j’ai une tique, de la variété géante à pattes jaunes, qui me grimpe sur la cuisse.
Je la coince avec mon stylo, ses grosses pattes jaunes gigotent dans tous les sens. Je n’en ai jamais vu d’aussi grosse !
« Haaaaaa, elle est vraiment trop horrible celle-là, enlève-la-moi !, je couine, horrifiée à mon tour.
-Ah non ! débrouille-toi avec ta tique », me répond Philippe, encore vexé par sa mésaventure.
C’est alors que Myangaa, qui a perçu le désarroi de la femme en détresse, se jette sur moi et m’enlève la tique de la cuisse.
Ah ! Il me sauve !!! Promis Myangaa, je ne t’appellerai plus jamais le Roi des Burgondes !
Entre Hulk et moi, rien ne sera jamais plus comme avant : il m’a sauvée de la tique géante ! Cette variété à pattes jaunes est particulièrement ignoble !

Tiques qu'on a surnommées "géantes à pattes jaunes"...
Tiques qu'on a surnommées "géantes à pattes jaunes"...

Tiques qu'on a surnommées "géantes à pattes jaunes"...

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13

Peste et chevêche
« En Mongolie, il y a encore des foyers de peste. Mais c’est lié aux puces, nous explique tout à coup Pierre.
-Sympa. T’en as d’autres encore des histoires comme ça ? »
Dans la panoplie des parasites divers et variés, nous n’avons pas encore chopé de puces…

Plus loin, je prends en photo une chevêche !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13

Un roulement à billes dans le désert
Bon, maintenant, une des roues d’un des camions est brûlante : c’est le roulement à billes qui est niqué ! A nouveau, inquiétude et bricolage, pendant 2 heures…
En sortant du camion, je me cogne le coude et pousse un couinement de douleur. Ça fait marrer Myangaa ! Notre rapprochement aura été de courte durée. « Roi des Burgondes, va ! », me dis-je en me frottant le coude.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13

Pendant que les Mongols réparent leur roue, Philippe monte en haut d’une colline. Il y voit encore 2 chameaux sauvages.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13

Le silence du désert
Je pars en direction inverse, assez loin. Je trouve une araignée, des agames, et des traces de chameau sauvage.

Trace de chameau sauvage

Trace de chameau sauvage

Le silence minéral du désert est enivrant. Certains le trouvent un peu inquiétant, oppressant, et ne peuvent rester trop longtemps à l’écouter : ils ont besoin de parler, de faire du bruit.
Moi, ce silence me grise. Un silence pur, profondément apaisant.
J’ai perdu les autres de vue. Toute seule dans le silence, c’est une sensation incroyable de sérénité, d’harmonie.
Un traquet du désert se met à chanter, et son chant est amplifié par le silence.
Dans la solitude du désert, on entend les bruits de très loin. Les sons portent, incroyablement. On peut se parler juste en chuchotant, de loin. Le moindre crissement prend une dimension étonnante.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 13

Le roulement à billes est réparé. Les Mongols sont vraiment forts. Nous repartons et, plus loin, relevons un nouveau piège-photo. C’est alors que…

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 12

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Huitième jour. Samedi 25 juin.

Quelle bonne nuit…
Au cœur du désert de Gobi, il pleut ! Légèrement. C’est rafraichissant, mais potentiellement embourbant ! Terbish m’a dit que le 4x4 du camion était réparé : les chauffeurs l’ont bricolé cette nuit.
La pluie donne au désert une couleur grise.
« Parmi le top 10 des choses que je déteste dans la vie, ronchonne Philippe, c’est replier une tente mouillée. Surtout quand il faut redormir le soir dedans. »
Aujourd’hui, nous allons chercher le chameau sauvage.
Concernant l’ours de Gobi, nous avons vu déjà bien plus de choses que nous l’espérions : traces, crottes, griffures, poils, résultats des pièges-photo.

C'est super pas pratique de se brosser les dents debout !

C'est super pas pratique de se brosser les dents debout !

Le roi des Burgondes
Ce matin, je voulais aller aux « toilettes » faire tranquillement un petit pipi, mais je viens de voir Myangaa (le chauffeur qui crache de gros mollards) s’y diriger fermement, un rouleau de PQ à la main. Et vu le gabarit, je vais éviter d’aller aux toilettes après lui !
Myangaa, c’est Hulk. Il redresse à la main les piquets de fer des tentes, quand ils sont tordus, en te regardant l’air de dire : ce que je fais à ce piquet, je peux le faire à n’importe qui. C’est un lutteur mongol, nous a dit Terbish.
Il me fait penser aussi au roi des Burgondes, dans Kaameloot « cuiller, cuiller ! »

Chiottes mongoles
Bref. Les chiottes mongoles, c’est tout un poème. Version grand luxe, dans certains campements, c’est un cabanon en bois ouvert à tout vent : deux planches en bois branlantes pour mettre les pieds façon chiottes turques, sauf que ces planches sont posées sur un ENORME trou au fond duquel s’accumulent des générations d’étrons qui se sont applatis là après un long vol plané dans les airs (sans eau ni rien…).
Mieux vaut ne pas être sujet au vertige.
En version moins gore, en pleine steppe, on se contente de creuser un trou commun près du campement, qu’on remplit de terre au fur et à mesure, façon toilettes sèches. Et on dresse une tente pour se cacher.
Bon mais quoi qu’il en soit, se rendre en ce lieu après Myangaa, y’a pas moyen.

Modèle sans cabanon...

Modèle sans cabanon...

Pour revenir à un peu de poésie, voici à quoi ressemblent les pierres éolisées du désert de Gobi, sculptées par le vent et les sables pendant des centaines de milliers d'années.
Pour revenir à un peu de poésie, voici à quoi ressemblent les pierres éolisées du désert de Gobi, sculptées par le vent et les sables pendant des centaines de milliers d'années.

Pour revenir à un peu de poésie, voici à quoi ressemblent les pierres éolisées du désert de Gobi, sculptées par le vent et les sables pendant des centaines de milliers d'années.

Silence
Ce silence, tellement apaisant… J’aime la solitude désertique, ces paysages sublimes, que si peu ont contemplé. Comme souvent dans la vie, rien ne tombe tout cuit, pour atteindre les belles choses, ça demande des efforts : sortir de son confort, être prêt à prendre des risques, à s’ensabler.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 12

Galaa
L’autre chauffeur, Galaa, c’est mon pote. Il ne parle pas un mot d’anglais, mais je comprends tout ce qu’il me dit ! Il me parle en mongol, je lui réponds en français, et ça roule.
Galaa, il est gentil, ça se voit. Et il essaie de nous aider quand il voit qu'on galère.
Quant au Roi des Burgondes, il ne parle pas, il grogne.
Galaa fait des essais, ce matin, pour voir si son camion fonctionne...

Quant à Myangaa, il semble malade qu’on mette du sable dans son camion avec nos chaussures. S’il pouvait nous forcer à mettre des petits chaussons ou des patins avant de monter, il le ferait, c'est sûr !

Le fait que je reste parfois à l'ombre dans son camion pour écrire mon carnet de voyage contrarie Myangaa, qui ne peut pas faire autant le ménage qu'il le voudrait !
Le fait que je reste parfois à l'ombre dans son camion pour écrire mon carnet de voyage contrarie Myangaa, qui ne peut pas faire autant le ménage qu'il le voudrait !
Le fait que je reste parfois à l'ombre dans son camion pour écrire mon carnet de voyage contrarie Myangaa, qui ne peut pas faire autant le ménage qu'il le voudrait !

Le fait que je reste parfois à l'ombre dans son camion pour écrire mon carnet de voyage contrarie Myangaa, qui ne peut pas faire autant le ménage qu'il le voudrait !

Gecko de Przewalski
Terbish, ravi, a trouvé un petit reptile nocturne, un gecko magnifique et peu farouche : nous sommes les premiers humains qu’il voit, et sans doute les derniers !

Herpétologue mongol très, très heureux...
Herpétologue mongol très, très heureux...Herpétologue mongol très, très heureux...

Herpétologue mongol très, très heureux...

Il faut dire que ce petit lézard est une merveille, avec ses yeux d'or... Gecko de Przewalski (Teratoscincus przewalskii)
Il faut dire que ce petit lézard est une merveille, avec ses yeux d'or... Gecko de Przewalski (Teratoscincus przewalskii)
Il faut dire que ce petit lézard est une merveille, avec ses yeux d'or... Gecko de Przewalski (Teratoscincus przewalskii)

Il faut dire que ce petit lézard est une merveille, avec ses yeux d'or... Gecko de Przewalski (Teratoscincus przewalskii)

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 12
Et qu'en plus n'ayant pas peur des humains, il est très coopératif ! (Zoulaa et Nyambayar)
Et qu'en plus n'ayant pas peur des humains, il est très coopératif ! (Zoulaa et Nyambayar)

Et qu'en plus n'ayant pas peur des humains, il est très coopératif ! (Zoulaa et Nyambayar)

On reprend la route.
Odeur forte de gaz dans le camion. Les Mongols s’en contrefichent, ça les fait rire…
Nous moins !

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Carnet de voyage d’Élise

Les autres me rejoignent. C’est un moment magique de suivre les traces et crottes fraîches, en remontant la vallée. C’est comme si l’animal était tout près. Je vais de plus en plus loin, je pourrais chercher des heures.
« Reviens ! »
Encore un peu, un peu plus loin…
« Reviens, on doit repartir ! »
Je dois rentrer, hélas. Même si je ne vois pas l’ours de Gobi, on peut dire que je l’aurais pisté.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Épouillages
Le camion est encore plein de tiques, que je cherche attentivement.
En plus ils sont tellement coriaces, impossibles à tuer à part en les broyant entre deux cailloux. « On devrait faire comme les singes, les manger ! », dit quelqu’un.
J’épouille le dos de Myangaa, le chauffeur, et de mes comparses, j’en dégage aussi des banquettes. Dehors, vermine !
Mais au moins, depuis qu’on est retourné dans le désert, on n’en attrape plus de nouveaux.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Même si j’ai vaguement pu les laver une fois et que je me débrouille avec du shampoing sec, je pense qu’à ce stade du voyage, mes cheveux sont comme les poils verts du paresseux : un véritable écosystème.

Encore un piège-photo
Plus loin, nous avons visité la troisième placette et un nouveau piège-photo. Sur les films, un gros ours est bien présent, notamment vers 6h40 le matin : il passe régulièrement. Nous sommes en plein désert, avec deux-trois pauvres arbres qu’il a abondamment griffé. Il a même laissé du poil.

Ma main sur les traces de griffures d'ours, pour imaginer la taille... Terbish sirote un thé salé mongol.
Ma main sur les traces de griffures d'ours, pour imaginer la taille... Terbish sirote un thé salé mongol.Ma main sur les traces de griffures d'ours, pour imaginer la taille... Terbish sirote un thé salé mongol.

Ma main sur les traces de griffures d'ours, pour imaginer la taille... Terbish sirote un thé salé mongol.

Nouvelle panne
​Nous reprenons la route. Désert, désert, désert… chaleur…
Mais au beau milieu du désert, le second camion s’arrête. Galaa, le second chauffeur, est inquiet. Le camion fait un bruit bizarre.
On se retrouve avec 3 Mongols sous le camion, qui sortent la boîte à outils.
« J’ai l’impression d’avoir 5 tiques dans le slip..., sort S., à ce moment crucial. Et il fait bientôt nuit. »

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Bricolage du camion en plein désert, loin de toute civilisation…
Je ne suis pas mécontente d’avoir fourré des dizaines de barres de céréales dans ma valise… au cas où…

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Les Mongols commencent à démonter une roue. Terbish a l’air un peu soucieux, ce qui n’est jamais bon signe.
Autour de nous, désert minéral, gris. Quelques touffes d’herbe jaune.
Ça se confirme, les Mongols sont soucieux. Philippe ne parle plus, ce qui n’est pas bon signe non plus.
Il me dit juste, en désignant le ciel : « les nuages gris approchent ».
Je réponds : « Il ne manquerait plus qu’il y ait un orage. »

Le ciel se couvre...

Le ciel se couvre...

En effet, la chaleur est très lourde, très moite. Un orage dans le désert de Gobi, on sait tous les deux ce que cela veut dire : l’embourbement. Et personne à des jours à la ronde pour nous aider (nous sommes à 250 km du premier village), et impossible de joindre quiconque.
Je sens l’angoisse monter aussi de mon côté.
Près du camion en réparation, ça sent l’essence.
En attendant, je ramasse du sable, dans un petit tube, pour Gwenaël, un copain ornitho qui collectionne tous les sables de la planète. Celui-ci, ramassé au cœur du Gobi, est unique !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 11

Le mode 4x4 est cassé
Finalement, le camion repart. Problème : il n’est plus en mode 4x4, mais en 2 roues… le risque d’ensablement en est considérablement accru.
Philippe s’interroge : ne vaudrait-il mieux pas écourter d’une journée le séjour dans cette partie très rude du Gobi ? Il n’a pas envie de faire prendre de risques à son équipe, ni de générer de l’angoisse. Il va en discuter avec Terbish.
Pour ma part, je suis maintenant sereine. Bien sûr, le désert de Gobi, ce n’est pas rien, même pour des Mongols… Mais j'ai confiance en Terbish.

Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...
Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...
Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...

Plus loin, Galaa rejette un petit coup d'oeil au camion, pendant que les deux guides discutent et tentent de chercher du chameau sauvage...

Encore un gros solifuge, un peu différent du premier... Impressionnant...
Encore un gros solifuge, un peu différent du premier... Impressionnant...

Encore un gros solifuge, un peu différent du premier... Impressionnant...

Au cœur du désert
Nous arrivons finalement au campement. Ce soir, c’est 4 étoiles ! Car a priori, pas de tiques… ni taons… ni moustiques… Vive le vrai désert ! Et le sol, certes dur, a le mérite de ne pas être en pente pour une fois et sans trop de petits cailloux pointus… Un bonheur… temps agréable, venteux mais doux. Je me sens vraiment bien, pour la première fois depuis le début de l’expédition.
Nous avons cherché en vain les chameaux sauvages, mais avons vu une gazelle à goitre. Peu d’animaux vivent en ces lieux très reculés. Pourtant, on voit leurs traces, leurs crottes, leurs poils, aux ours de Gobi et aux chameaux sauvages.
Je flâne, suis des pistes, cherche des traces, regarde les lumières, les ombres, les pierres polies par le vent et le sable… les pierres « éolisées », c’est joli comme terme.
Nous sommes à des lieux de la civilisation. C’est calme, silencieux. Ça n’a pas de prix, ce silence, cette tranquillité, déconnectés de tout. On est à l’essentiel. Sans bruits parasites.

Et encore un criquet couleur pierre...

Et encore un criquet couleur pierre...

Suite au prochain épisode...

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