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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Carnet de voyage en cours d'écriture dans le désert

Carnet de voyage en cours d'écriture dans le désert

Sixième jour. Jeudi 23 juin.

Lever de soleil sur le désert de Gobi. Les alouettes de Swinhoe chantent.
Nous avons décidément mal partout, la nuque en compote - sol encore très dur cette nuit.

Alouette de Swinhoe

Alouette de Swinhoe

Je commence à renoncer à l’idée de me laver autrement qu’avec mes pauvres lingettes.

Voilà toute l'eau pour tout le camp... de quoi se laver chacun les mains...

Voilà toute l'eau pour tout le camp... de quoi se laver chacun les mains...

Hier soir, je suis allée seule jusqu’à un petit bâtiment de berger, à un kilomètre de là. Silence, solitude. Des idées me traversent l’esprit. Et si je tombais sur un loup ? Et si je trouvais un squelette humain dans la vieille bâtisse ? En réalité, j’espère trouver une chevêche ou des chauves-souris, mais le bâtiment n’est nullement abandonné, il est fermé par deux cadenas !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Une famille de traquets du désert me fait la fête, les jeunes venant voleter, curieux, autour de moi. Je suis sans doute le premier humain qu’ils voient.

Traquets du désert, adulte et jeune.
Traquets du désert, adulte et jeune.

Traquets du désert, adulte et jeune.

Les murs sont protégés par de la bouse de vache séchée, un mur d’enclos a été construit avec ce même matériau. Mais pas de petite chouette, ni de chauve-souris.

Murs et enclos en bouse séchée

Murs et enclos en bouse séchée

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Le désert est désert, sauf pour les moustiques. D’où sortent-ils ? Ils sont des dizaines à vouloir me piquer. Les paysages sont parmi les plus beaux que j’ai jamais vus, mais ils se méritent… Terbish lui-même commence à avoir le cheveu fou. Cinq roselins de Mongolie me filent sous le nez pendant que j’écris.

Terbish et Zoulaa. Les chapeaux et foulards sont indispensables ici...Terbish et Zoulaa. Les chapeaux et foulards sont indispensables ici...

Terbish et Zoulaa. Les chapeaux et foulards sont indispensables ici...

Roselin de MongolieRoselin de Mongolie

Roselin de Mongolie

Hier, belle obs de perdrix choukar, se baladant dans le chemin puis grimpant dans les rochers, le long de la montagne. Elles ne sont pas très farouches, sans doute ne croisent-elles pas beaucoup d’humains elles non plus.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

L’une d’elle se perche très haut, sur un rocher, et toise la gorge de son mirador pour gallinacé.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Incroyables syrraphtes
Hier encore, nous avons revu des syrrhaptes.
Le syrrhapte paradoxal est l’un des plus beaux oiseaux que je connaisse. On le croirait fondu dans du vieil or. Cet oiseau mythique est en lui-même une œuvre d’art : il suffirait de le poser tel quel sur un socle, et sa beauté se suffirait à elle-même. Certains diront que ce n’est qu’une sorte de gros pigeon, mais j’aime ses couleurs dorées, ses marques noires, sa façon de voler dans la steppe, comme un éclair d’or soudain. Et son cri très doux : drrrou…drrrou… Il se déplace en petits groupes.
Et on ne peut pas se tromper, pour l’identifier !

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7
Syrrhaptes. Cette espèce faisait des incursions, tel Ghengis Khan et ses troupes, vers l'Ouest jusqu'en Europe, et même en France où elle a niché à la fin du XIXe siècle. Et puis plus rien depuis 1908. Pourquoi ? C'est encore un mystère du syrrhapte paradoxal.
Syrrhaptes. Cette espèce faisait des incursions, tel Ghengis Khan et ses troupes, vers l'Ouest jusqu'en Europe, et même en France où elle a niché à la fin du XIXe siècle. Et puis plus rien depuis 1908. Pourquoi ? C'est encore un mystère du syrrhapte paradoxal.

Syrrhaptes. Cette espèce faisait des incursions, tel Ghengis Khan et ses troupes, vers l'Ouest jusqu'en Europe, et même en France où elle a niché à la fin du XIXe siècle. Et puis plus rien depuis 1908. Pourquoi ? C'est encore un mystère du syrrhapte paradoxal.

Je ne suis pas une grande spécialiste des identifications (même si je reconnais un paquet de bestioles) ! J’ai une approche beaucoup plus rêveuse de la nature que mes collègues ornithos.
Mais je regarde tout : les petits insectes, les reptiles, les oiseaux, et ce que je préfère, ce sont les mammifères. J’aime aussi écouter le silence ponctué de chants d’oiseaux, de coassements, de bruits d’insectes. Il y a différentes façons d’être naturaliste, la mienne est plus contemplative que scientifique : observer de petites choses, photographier un oiseau ou un papillon, être seule. J’ai l’impression que dès qu’on est deux, on n’a plus le même rapport à la nature, on devient déjà le début d’une meute.

Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.
Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.
Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.

Au matin, sur la tente commune, on découvre cette grosse et incroyable bestiole. C'est un solifuge. Un arthropode, comme les araignées et les scorpions.

Les animaux du désert sont parfois difficiles à repérer, tant ils sont cryptiques. Ici un agame à tête de crapaud, passé maître dans l'art du mimétisme.

Les animaux du désert sont parfois difficiles à repérer, tant ils sont cryptiques. Ici un agame à tête de crapaud, passé maître dans l'art du mimétisme.

Les syrrhaptes, donc… Ce matin, nous en avons revu, et l’observation a été extraordinaire. Des groupes entiers tournoyaient dans le ciel, pour se rendre à un point d’eau.

Syrrhaptes

Syrrhaptes

Puis on reprend la route. Désert, désert, désert...
« Is it the good way ? », demande Philippe à Terbish, soudain inquiet.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 7

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Une alouette haussecol m'entraîne vers des tombes perdues au milieu de nulle part...

Une alouette haussecol m'entraîne vers des tombes perdues au milieu de nulle part...

...

-C’est un vieux squelette ?
-Non. Plutôt frais.
-Heu ben, non merci, ça ira !!! »
Je les laisse à leur contemplation philosophique et m’en vais étudier des agames à tête de crapaud, de gros lézards ventrus et empotés qui ont l’air à moitié abruti…
« Y avait encore deux autres crânes, en plus du squelette… Un, ça devait être un vieillard, il n’y avait pas de dents. »

 Dessin d'après la photo d'un des crânes

Dessin d'après la photo d'un des crânes

Terbish explique que c’est une tradition bouddhiste de laisser les cadavres à même le sol : les charognards viennent les manger. Ce sont les vautours qui vont être contents !
J’aperçois ici, de loin, deux chevaux avec la marque à l’épaule que je recherche.

Vautour de l'Himalaya, vu la veille.

Vautour de l'Himalaya, vu la veille.

Attente dans la steppe, à côté des squelettes.
Attente dans la steppe, à côté des squelettes.Attente dans la steppe, à côté des squelettes.

Attente dans la steppe, à côté des squelettes.

Nous ne parvenons pas à rejoindre le lac Boon Tsagaan ce soir, et devons dormir dans la steppe, sur un sol caillouteux. Certains amis pensaient qu’on allait dormir dans des yourtes… mais ce serait un 4 étoiles, une yourte ! Nous sommes dans des lieux bien trop sauvages, il faut monter la tente tous les soirs, la démonter tous les matins, et dormir sur la caillasse.
La Mongolie est sauvage : pas de routes (juste des pistes), pas de pancartes, évidemment pas d’hôtels. Rien à voir avec tout ce qu’on connait. On ne peut parcourir la Mongolie sans guide mongol, capable de se repérer dans la steppe, sans une énorme préparation. Les Mongols le déconseillent, c’est dangereux.

Jeune souslik à longue queue.

Jeune souslik à longue queue.

Agame à tête de crapaud.

Agame à tête de crapaud.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

Cinquième jour. Mercredi 22 juin.

Hier soir, après avoir échappé à l’alcool de yak, je n’ai pas pu éviter la rasade de vodka.
Puis Terbish nous a fait tout un discours comme quoi nous nous rendions dans un des coins les plus reculés de reculés du désert de Gobi, que nous n’allions rencontrer personne pendant des jours, et n’avoir aucun moyen de communication.
Bon…
Quand un naturaliste mongol vous dit qu’on va dans un coin reculé, sachant que l’essentiel de la Mongolie est déjà, pour nous, un lieu reculé, ce n’est pas hyper rassurant…
Philippe nous précise qu’en effet aucun rapport de voyage naturaliste n’existe à sa connaissance pour cette région, d’où l’intérêt de s’y rendre.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

Un tel baratin + la vision des squelettes, eh bien, bonne nuit les amis !
Du coup, ce matin, Pierre n’a pas très bien dormi et demande : « Mais les Mongols, ils sont sûrs d’avoir assez d’essence ? »
Nous nous rendons au lac Boon Tsagaan. Mouette relique, mouette du Tibet (magnifique), oies, cygnes, etc.

Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !
Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !
Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !

Le lac Boon Tsagaan est un haut lieu de l'ornithologie mongole et Pierre semble décidé à l'explorer !

Un peu plus loin, deux étalons se battent pour deux juments. Mais ces dernières ne veulent pas du nouveau, elles restent avec leur officiel et dégagent l’intrus à coup de ruades. Cela n’émeut pas ce dernier : il les suit. Sa persévérance paiera peut-être.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

Guifettes leucoptères, gravelot à collier interrompu, tadornes casarcas. Mais pas de pygargue de Pallas.

Sterne pierregarin - amusant de la voir dans ce type de paysage.

Sterne pierregarin - amusant de la voir dans ce type de paysage.

Grands cormorans.

Grands cormorans.

Canards siffleurs.

Canards siffleurs.

Spatules blanches.

Spatules blanches.

Goéland ichthayète. Sûrement un des plus beaux goélands.

Goéland ichthayète. Sûrement un des plus beaux goélands.

Oies cendrées (sous-espèce rubirostris).

Oies cendrées (sous-espèce rubirostris).

Guifette leucoptère.

Guifette leucoptère.

Petit gravelot.

Petit gravelot.

Les paysages sont incroyables, la Mongolie est un pays vraiment différent des autres. Plus nous avançons vers le Gobi, plus le paysage se désertifie, avec de plus en plus de dunes.
La steppe a une odeur à cette saison, elle sent l’armoise, un parfum fort et entêtant.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6

La crasse nous guette
Cela fait plusieurs jours que nous n’avons pas pu nous laver. Si nous ne sentons pas encore le vieux chameau, c’est grâce aux lingettes apportées de France.
Mes cheveux sont en train de se transformer en dreadlocks.
Je rêve d’un ruisseau, même glacé… Cela me semblerait un luxe suprême.
Pourtant, compte tenu des conditions, notre voyage est plutôt « luxueux », étant donné le contexte. Nous mangeons chaud tous les soirs (invariablement, du riz et de la viande dure !). Et nous sommes avec un excellent guide, et des chauffeurs maîtrisant la conduite dans le désert. Enfin, la plupart du temps…

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 6
Zoulaa
Zoulaa

En effet, nous avons connu tout à l’heure notre premier ensablement. Tout le monde a dû pousser, et Pierre s’est à moitié asphyxié avec les gaz du pot d’échappement.
Philippe, lui, s’est croûté en descendant du camion et a une grosse bosse dans le bas du dos, ce qui, comme tous les bossus, le plonge dans des affres de questionnements existentiels (de quelle couleur est ma bosse ? de quelle taille est ma bosse ? touchez ma bosse !).

Enfin, après quelques émotions, les camions peuvent repartir.
Pierre, quand il a enfin fini de cracher ses poumons, sort pour rire une grande phrase à l'équipe :
If you don’t shut your gob, I’ll shove your teeth so far down in your throat, that you’ll have to stick your tooth-brush up your ass to clean them !
(Ce qui signifie, globalement : « si tu continue de parler, je vais t’enfoncer les dents tellement profond que tu seras obligé de te les brosser par le fion »). Le voilà à nouveau en forme !

Ensablement : il faut pousser !

Ensablement : il faut pousser !

La dernière station d'essence
La dernière station d'essence

Enfin, après avoir cheminé dans la région du Trans-Altaï, nous arrivons à Bayanondor, aux portes du désert, le dernier village.

Un sixième Mongol nous rejoint, c’est Nyambayar, qui va nous guider dans le désert du Gobi A, le plus difficile.

C'est un garde naturel qui travaille à la protection de la faune du désert du Gobi.

Pas question de s'aventurer seuls dans le très reculé Gobi A, on s'y perdrait immédiatement : le naturaliste mongol Nyambayar Yanjin rejoint l'équipe, ce qui va lui permettre d'aller vérifier des pièges-photos placés pour le suivi scientifique de l'ours de Gobi.

Pas question de s'aventurer seuls dans le très reculé Gobi A, on s'y perdrait immédiatement : le naturaliste mongol Nyambayar Yanjin rejoint l'équipe, ce qui va lui permettre d'aller vérifier des pièges-photos placés pour le suivi scientifique de l'ours de Gobi.

Mongol en goguette.

Mongol en goguette.

Le moineau soulcie comme le pigeon des rochers sont très inféodés aux petits villages.
Le moineau soulcie comme le pigeon des rochers sont très inféodés aux petits villages.

Le moineau soulcie comme le pigeon des rochers sont très inféodés aux petits villages.

L’univers de Tolkien me revient en mémoire, et ces mots : La Dernière Maison Simple.
Terbish nous dit qu’on ne reverra pas la « civilisation » (c’est-à-dire trois yourtes et demi) avant le 30 juin.
Un monticole de roche passe…
Myangaa, notre chauffeur, crache de gros mollards en se raclant la gorge. Un poète…

Ce monticole de roche semble garder Bayanondor, la porte du désert.

Ce monticole de roche semble garder Bayanondor, la porte du désert.

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5
C'est quoi cette carcasse dans la steppe ? Le bus de la dernière expédition ??C'est quoi cette carcasse dans la steppe ? Le bus de la dernière expédition ??

C'est quoi cette carcasse dans la steppe ? Le bus de la dernière expédition ??

Carnet de voyage d’Élise

Après avoir observé alouettes mongoles, grues demoiselles et oies à tête barrée, puis s’être faits intimidés par des taureaux approchés d’un peu trop près, nous reprenons la route.

Grues demoiselles, cygne chanteur.Grues demoiselles, cygne chanteur.

Grues demoiselles, cygne chanteur.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5
Alouette de Mongolie, chevalier gambette.Alouette de Mongolie, chevalier gambette.

Alouette de Mongolie, chevalier gambette.

Tadornes casarcas

Tadornes casarcas

On se croirait à la ferme ! Chevaux et oiseaux font bon ménage (oies à tête barrée).

On se croirait à la ferme ! Chevaux et oiseaux font bon ménage (oies à tête barrée).

Oies à tête barrée

Oies à tête barrée

Les chevaux mongols ont des robes très variées (ici tacheté et pie).Les chevaux mongols ont des robes très variées (ici tacheté et pie).

Les chevaux mongols ont des robes très variées (ici tacheté et pie).

Le cheval du milieu porte la fameuse marque à l'épaule que je recherche ! Mais elle est claire et je ne l'ai pas vue sur le terrain, seulement après, en regardant la photo !

Le cheval du milieu porte la fameuse marque à l'épaule que je recherche ! Mais elle est claire et je ne l'ai pas vue sur le terrain, seulement après, en regardant la photo !

Vaches et jeunes taureaux mongols, pas plus aimables que ça...Vaches et jeunes taureaux mongols, pas plus aimables que ça...

Vaches et jeunes taureaux mongols, pas plus aimables que ça...

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5

Terbish nous arrête pour déjeuner dans un endroit semi-désertique. Pas un seul buisson ! Pratique pour la seule fille dans un groupe de gars, quand on a envie de faire pipi ! En Mongolie, le buisson ou la grosse pierre, c’est précieux, vous n’avez pas intérêt à rater LE buisson de la journée.

Les cuisinières mongoles s’enroulent dans un grand manteau et vont faire leurs petits besoins un peu plus loin, l’air très digne, mais le concept ne me tente pas du tout. Bref, il n’y a nulle part où se cacher à la ronde, et Myangaa le chauffeur de notre camion passe son temps, à la moindre pause, à lustrer son véhicule avec un petit chiffon, donc pas question d’uriner en douce derrière une portière ! N’y pensez même pas ! Il nous a à l’œil. Il surveille tout, ne quitte pas son camion des yeux.
Les gars tracent vers le lac, tandis que je rallie en pestant intérieurement une petite colline caillouteuse, assez loin, en sens inverse.

En route vers la colline...

En route vers la colline...

Une rencontre inattendue
J’y trouve une petite bergerie en pierre, abandonnée : parfait pour se cacher. Mais à peine installée, voilà qu’une chevêche de la sous-espèce plumipes s’envole en m’engueulant copieusement d’avoir osé troubler sa quiétude !

Chevêche d'Athéna, sous-espèce plumipes (athene noctua plumipes). C'est une chevêche au plumage légèrement plus clair. Certains en font une bonne espèce.
Chevêche d'Athéna, sous-espèce plumipes (athene noctua plumipes). C'est une chevêche au plumage légèrement plus clair. Certains en font une bonne espèce.Chevêche d'Athéna, sous-espèce plumipes (athene noctua plumipes). C'est une chevêche au plumage légèrement plus clair. Certains en font une bonne espèce.

Chevêche d'Athéna, sous-espèce plumipes (athene noctua plumipes). C'est une chevêche au plumage légèrement plus clair. Certains en font une bonne espèce.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5

Suit une observation magique (pour moi, pas pour elle, qui est furax !).
Elle me toise du haut d’une pierre, depuis laquelle elle m’agonit d’injures de chouette en se redressant et en s’aplatissant, très sûre d’elle.
« M’engueule pas, si tu savais comme je t’aime ! »
Au fond de la steppe, cette mémère ne doit pas être dérangée bien souvent. Je ne reste pas, mais en partant je trouve sa pierre de prédilection : fientes, plumes, pelotes de réjection. Madame s’est goinfrée de coléoptères !

Plus loin, bergeronnette citrine.

Plus loin, bergeronnette citrine.

De découverte en découverte
Autre moment fort de la journée, je trouve par hasard les premiers gravelots orientaux, ce qui me vaut un check de félicitation de Terbish. Je suis fière comme un pou !

Gravelot oriental.
Gravelot oriental.

Gravelot oriental.

Plus tard, en marchant dans la steppe (nous attendons l’autre camion, qui a pu récupérer le bagage perdu par l’Aeroflot et qui est, du coup, en retard), derrière une colline, une alouette haussecol m’attire aux abords d’un cimetière.
Juste quelques stèles et des tombes à même le sol, au milieu de nulle part.
Je n’avance pas plus.
Connaissant les Mongols, et me souvenant du crâne humain découvert en 2012 près d’un lac, je me dis que ce cimetière pourrait bien réserver quelques surprises…

Un peu plus tôt dans la journée, nous avons croisé des vautours (un vautour de l'Himalaya et des vautours moines).
Un peu plus tôt dans la journée, nous avons croisé des vautours (un vautour de l'Himalaya et des vautours moines).

Un peu plus tôt dans la journée, nous avons croisé des vautours (un vautour de l'Himalaya et des vautours moines).

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 5

Des os
Je ne me trompe pas. Les gars, qui arrivent après moi, le traversent et y trouvent un squelette humain entier, en plein air.
« Tu veux voir ?, me demande Philippe.

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 4

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Vaches mongoles

Vaches mongoles

Les autres sont au milieu du camp, à l’abri sous la grande tente commune.
J’attends, allongée par terre, isolée du sol bien dur par un très fin matelas.
Nous avons roulé une partie de la journée pour rejoindre le lac Sangyin Dalai. L’Aeroflot a perdu le bagage d’un de nos compagnons, qui se retrouve sans rien, pas même un slip de rechange. Nous avons rallié Oulan-Bator après donc deux jours de voyage et d’attente…
Nous avions finalement pu prévenir les Mongols de nos déboires moscovites. En arrivant dans le hall de l’aéroport, nous avons entendu la voix de Terbish : « Philippe ! Elise ! », et il nous a serrés dans ses bras.

Terbish avec son guide des reptiles
Terbish avec son guide des reptiles

Terbish
Il n’a pas changé, depuis 2012. J’aime Terbish, sa gentillesse, sa bienveillance, sa façon de trouver des solutions à tous les problèmes, sa sérénité, son regard intelligent et doux, son accent mongol quand il parle anglais (les f deviennent des p : par exemple food devient pood, friend devient priend…).
Tsa tsa tsa, dit tout le temps Terbish, ce qui signifie « ok, ok, ok ».
Je suis heureuse d’être en Mongolie, de revoir les Mongols, ce beau peuple souriant.
Pour le moment, nous sommes 10 : 5 Français, 5 Mongols, 2 camions russes, et nous voilà partis.
A part Terbish, l’équipe mongole nous est finalement inconnue. Je ne vais pas pouvoir continuer mes cours de vocabulaire avec ma copine cuisinière !

Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski
Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de GodlewskiSur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski
Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de GodlewskiSur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski

Sur la route, avant que l'orage n'éclate... faucon sacre, buse de Chine, Eremius argus, pipit de Godlewski

Orage dans la steppe
Il pleut, il pleut, il tonne, et je suis toujours coincée dans ma tente. Autour de moi, les vaches meuglent, l’orage ne leur plait pas !
Avant que l’orage n’éclate, sur notre route, nous avons vu 5 faucons sacres, des buses de Chine, des traquets pie, des bergeronnettes citrines, des grues demoiselles…

Bergeronnette citrine

Bergeronnette citrine

Alouette de Mongolie
Alouette de Mongolie

Mais ce que j’ai préféré, ce sont les alouettes mongoles, magnifiques, qui paradaient sur ciel d’orage… Voletant au milieu des iris en fleurs qui recouvrent la steppe… Ce sont de grosses alouettes, assez farouches et très affairées à voler et à chanter. Pas simple de les photographier. J’avais déjà vu toutes ces espèces en 2012.

La steppe est ici recouverte d'iris...
La steppe est ici recouverte d'iris...

La steppe est ici recouverte d'iris...

Et l’obs mammalogique de la journée, c’est, de loin, 3 grosses marmottes presque jaunes, dodues à souhait… Les Mongols les mangent rôties à l’automne, ce qui n’est pas sans poser de problèmes à l’espèce.
Il pleut, il pleut… Combien de temps cela va-t-il durer ?

Alcool
Mais la faim commence à me tenailler et me fait sortir de ma tanière. Les éclairs se sont éloignés. Je retrouve les autres ornithos avachis dans la tente commune, l’œil morne.
« T’en veux ?, me disent-ils en désignant une bouteille de coca remplie d’un liquide transparent, qu’ils sont en train de se siffler.
- De la vodka ? »
Signes de tête négatifs :
« Alcool de lait de yak fermenté.»
Je renifle un verre : une odeur très puissante de bétail et de bouse me saute au nez. J’avais oublié l’odeur du yak…
« Euh, non merci. »
Terbish rigole de ma mine déconfite et je négocie avec lui une boisson qui me convient mieux : le thé au lait mongol, c’est-à-dire un lait salé, fort également et qui ne plait guère en général aux Occidentaux, mais un régal comparé à cet horrible alcool de yak.
Et surtout, c’est bien chaud et réconfortant sous l’orage !
Dans la tente, tout est déjà humide. La pluie d’orage a tout détrempé et saturé l’atmosphère d’humidité.
On va bien se peler…

La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...
La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...

La steppe après l'orage. Les incroyables lumières font oublier le tonnerre et les éclairs...

Quatrième jour. Mardi 21 juin.
Dans la nuit, il fait jour. Mais c’est quoi encore, cette fois ? Après la nuit polaire des Russes et le crépuscule sans fin de l’avion, voilà la pleine lune qui éclaire la steppe comme c’est pas permis !
Pas grave, je m’endors, épuisée.

Le soleil s'est couché sur la steppe.

Le soleil s'est couché sur la steppe.

Marouette de Baillon ?
Puis j’entends : « Tu ronfles ? »
Euh, ben… c’est-à-dire que l’orage a réactivé mon rhume et que j’ai le nez complètement bouché (parce que je ne ronfle jamais, hein !).
« Mmmoui, je grommelle, dans un demi-sommeil.
« Ah ! Parce que j’ai cru que c’était une marouette de Baillon. »
J’en reste coite. C’est bien la première fois que l’on me confond avec une marouette de Baillon… (pour les non-naturalistes, une marouette de Baillon est un petit oiseau, proche des râles et gros comme un moineau, que l’on ne voit jamais et qui vit dissimulé au plus profond des roselières).
Les ornithos sont-ils un peu poètes ou bien juste complètement obsessionnels ? J’ai mon idée sur la question.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 4

Voilà, on se pèle. On dort en polaire, avec 2 paires de chaussettes, et le vent froid fait claquer la tente.
Les Mongols nous ont fait boire de la soupe à la viande, avant de nous coucher.
Résultat, on doit se déboudiner 3 fois de notre installation compliquée duvets/polaire/chaussettes/tente humide pour aller pisser dans le froid en les maudissant.
Au réveil, Philippe me demande : « T’as pas mal partout ?
-Ben si. »
Bienvenus dans la steppe.

Grues demoiselles

Grues demoiselles

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Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 3

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise

Je crois au début qu’il s’agit des lumières de l’aéroport, puis je me rappelle qu’on est en juin et bien plus proche que chez nous du cercle polaire… la nuit noire, c’est pas ici. J’écris ces lignes sans lampe, juste à la lumière de la nuit…

Deuxième jour – dimanche 19 juin 2016
« Va falloir qu’on se lave les dents au gel douche, si on veut pas avoir une haleine de poney mongol… »

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 3

C’est la première phrase que j’entends en ouvrant les yeux, le matin.
Nous n’avons pas pu récupérer nos valises, et nous n’avons évidemment ni brosse à dent ni rien…

Pour sentir son haleine, encore faudrait-il pouvoir l'approcher ! Les chevaux mongols sont plutôt farouches...

Pour sentir son haleine, encore faudrait-il pouvoir l'approcher ! Les chevaux mongols sont plutôt farouches...

« J’ai pas dormi de la nuit, à cause de ces connards de Russes et de leur nuit polaire… » - les yeux collés, je ne suis d’humeur qu’à grommeler des injures définitives, la tête dans le seau.
« J’arrive à joindre personne en Mongolie, continue de râler Philippe, guère mieux luné, le portable de Terbish et les Terbishettes, il doit marcher au lait de chèvre. »
Le goût exécrable du gel douche du Capsular mini-hôtel plein la bouche, cette question nous taraude : comment prévenir les Mongols de notre retard ?
Heures d’attente à l’aéroport. Les ornithos se trainent lamentablement dans les couloirs, essayant d’apercevoir une pauvre corneille mantelée à l’horizon, entre les avions. Ils en verront quatre.

Voyager, c’est galérer
Pourquoi voyage-t-on ? A part pour cramer d’un seul coup son empreinte carbone, après s’être astreint à la sobriété toute l’année ?
Seule, je n’aurais jamais autant voyagé. J’aime être chez moi à écrire, dessiner ou tenter de modeler des animaux en terre, l’argile douce glissant entre les mains. Rien besoin d’autre !
Mais j’ai toujours été entourée de voyageurs impénitents qui m’ont emmenée aux quatre coins du monde ! Et voilà comment je me suis rendue dans des coins perdus où je n’aurais jamais imaginé poser les pieds, dans les déserts de Syrie, le long des précipices du Caucase, sur des îles coréennes, dans la jungle brésilienne…

Seul dans le ciel...

Seul dans le ciel...

Pourquoi voyage-t-on ?
On peut voyager presque à n’importe quel âge, Alexandra David-Néel a fait renouveler son passeport à 100 ans ! On peut voyager presque sans le sou : il suffit d’avoir un vélo et un sac à dos…Il y a 1000 façons de voyager.
Nos voyages sont le plus souvent professionnels, pour Philippe, en tant que responsable d’expés. Semi-professionnel pour moi. Reportages, photos, études sur les animaux sauvages ou domestiques…
Pourquoi voyage-t-on ?
Pour découvrir de nouveaux horizons, bien sûr. Voir de nouveaux aspects de l’humanité. Pour la beauté du monde.

Grues demoiselles

Grues demoiselles

Un voyage nous en apprend toujours beaucoup sur nous-mêmes, sur ce que l’on peut endurer en termes de fatigue, de manque de sommeil, d’inconfort.
Au bout du monde, le décalage horaire en plein dans la figure, les masquent tombent.
On se révèle. Et peut-être est-ce cela, que l’on recherche en voyageant : apprendre quelle est notre vérité.
« Alors ? Tu viens te remplir la panse ? Je sais que c'est une de tes activités préférées ! »
Philippe me ramène à ma réalité ! Ma foi, c’est vrai que j’ai fourré des barres de céréales plein ma valise, au cas où… L’aventure, ok, mais seulement le ventre plein !

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 3

Quelque part dans le ciel
Nous avons enfin décollé. Passé la Sibérie. Seconde nuit d’insomnie. Moi qui dors d’habitude comme une marmotte… ! Je ne peux faire abstraction de cette nuit qui n’en est pas une. D’abord, nous avons suivi le crépuscule, partant à 19h de Moscou. Puis petit à petit, le crépuscule s’est transformé en aurore. L’aurore aux doigts de rose, telle que l’évoquait Homère. Nous arrivons à 7 h du matin à Oulan-Bator, mais à aucun moment du trajet nous n’avons basculé dans la nuit noire. La lumière du matin a simplement remplacé celle du soir. Ce phénomène me fascine toujours, lors des voyages vers l’Asie centrale ou l’Extrême-Orient. J’écris encore ce carnet en pleine nuit, mais à la lumière d’une aurore en plein ciel.

Troisième jour. Lundi 20 juin.

Les nuages s'accumulent...

Les nuages s'accumulent...

On va en chier, je l’avais dit. Me voilà en Mongolie, coincée seule dans ma tente, dans la steppe, sous l’orage. Il pleut des cordes, les éclairs tombent, il tonne !

Alouette mongole

Alouette mongole

Ciel d'orage dans la steppe
Ciel d'orage dans la steppe Ciel d'orage dans la steppe
Ciel d'orage dans la steppe

Ciel d'orage dans la steppe

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Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 2

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 2

Carnet de voyage d’Élise

La lecture de mon guide de vocabulaire continue de m’édifier :
« Dans certaines régions comme le Gobi, vous serez surpris, atterrés, de voir votre Antonov de troisième ou quatrième main se poser sur l’herbe rase d’une prairie aussi trouée qu’un gruyère ! (…) Les compagnies locales (…) utilisent des Antonov dont certaines antiquités extraordinaires… »
Ben ça tombe bien, on a justement un vol intérieur pour revenir de la région du Gobi !!! Je ne vais pas faire lire ce passage à Pierre…

Le milan brun est une espèce qu'on est sûr de revoir.

Le milan brun est une espèce qu'on est sûr de revoir.

Les bovidés domestiques sont la vache (on en croise régulièrement de couleur bringée) et le yak.
Les bovidés domestiques sont la vache (on en croise régulièrement de couleur bringée) et le yak.

Les bovidés domestiques sont la vache (on en croise régulièrement de couleur bringée) et le yak.

Orage dans le ciel russe
Quelques heures plus tard… Un autre orage nous empêche d’atterrir à Moscou. Nous tournons dans le ciel.
Mon voisin, un jeune français expatrié en Russie, intrigué par ma lecture, m’interroge sur notre destination.
« Quelle expédition !, me dit-il, ça me fait rêver. »
Han, ben ça se voit qu’il n’est jamais venu en vacances avec nous ! Mes oreilles se sont bouchées, ce qui me rend la conversation cotonneuse…
-Heu, vous savez, on va quand même en chier… »
Je ne crois pas si bien dire… On est en train de rater notre correspondance pour Oulan Bator. Damien, mon voisin, nous donne son numéro de téléphone : au cas où l’on ait un problème à Moscou, qu’on l’appelle… « J’espère que vous allez avoir votre correspondance ! », nous souhaite-t-il.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 2
Capsular mini-hôtel
Capsular mini-hôtel

Coincés chez les Slaves
Mais non, on la rate ! A quelques minutes près, les fonctionnaires russes, droits dans leurs bottes, nous refusent l’accès. Fragrances d’ex-Union soviétique…
Je pense à un autre voyage, il y a quelques années, pour se rendre dans le Caucase, en Géorgie… La moitié du groupe avait été retenu à Paris, et j’avais dû partir seule avec l’ami Dominique Michelat, en éclaireurs, en passant par Istanbul pour rejoindre Tbilissi, dans un avion russe terrifiant… Là encore, nous avions failli rater notre correspondance à Istanbul et ce jour-là, j’ai failli cracher mes poumons en courant après Domi qui cavalait à toute vitesse pour rejoindre l’avion, et qui m’a dit, frais comme un gardon, lorsque je l’ai rejoint, cramoisie et expectorante :
« M’enfin mais pourquoi t’as autant couru !? Tu sais bien que je t’aurais attendue ! »


Mais Moscou n’est pas Istanbul : on ne nous laisse pas passer !
Nous attendons 24 h enfermés dans l’aéroport, avec interdiction de sortir dans Moscou.
On nous fournit quand même une petite chambre, après 3 heures de tracasseries administratives, au bien-nommé Capsule mini hôtel.

Rencontres improbables au Capsule mini hôtel
Deux autres voyageurs partagent notre galère, qui tentent de rallier le Japon… Une jeune Roumaine qui enseigne l’anglais à Tokyo ! Et un artiste japonais.
On s’en va partager un maigre de repas (une salade… d’anguille !).
Le Japonais revient de France où il était invité en tant qu’artiste. C’est Chikara Matsumoto, un réalisateur de mangas artistiques

Un des mangas artistiques de Chikara

Je lui explique que je viens de terminer justement un storyboard de bande dessinée pour une dessinatrice française. Cela plait beaucoup à Chikara, qui se met à applaudir !!
Étonnante conversation en mauvais anglais, sur la BD et le dessin animé, entre 2 voyageurs égarés…
Nous n’avons pas encore posé les pieds en Mongolie mais le voyage est déjà riche de rencontres…

Chikira me demande si je connais les grands auteurs de mangas japonais, et notamment Hayao Miyazaki - dont j'adore les fables écologiques.

Chikira me demande si je connais les grands auteurs de mangas japonais, et notamment Hayao Miyazaki - dont j'adore les fables écologiques.

Le jour la nuit
3 h du mat’ à Moscou. Insomnie… Chez les Russes, en pleine nuit, c’est déjà l’aube…
La question me tourne vaguement dans la tête dans mon demi-sommeil : pourquoi donc est-ce qu’il fait jour en pleine nuit ?

Tadorne casarca

Tadorne casarca

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Expédition dans le désert de Gobi – épisode 1

Publié le par lesbiodiversitaires

Reverra-t-on des grues ?

Reverra-t-on des grues ?

Carnet de voyage d’Élise

1er jour – samedi 18 juin 2016

« Je commence ce carnet dans le ciel, quelque part au-dessus des nuages, en direction de Moscou, où nous devons faire escale avant de repartir pour Oulan-Bator.
L’avion vient de faire un détour pour contourner un orage, mais nous traversons tout de même une petite zone de perturbations.
Nous sommes en retard, et ne savons pas si nous allons avoir notre correspondance, à Moscou. Pas sûre que l’Aeroflot russe fasse grand cas de 5 voyageurs en partance pour le désert de Gobi...
Pourquoi est-ce qu’au moment du décollage, j’ai pensé aux chips d’ortie d’Audrey et Martin ? Si l’avion s’était crashé, c’était donc ça ma dernière pensée, les chips d’ortie !

- Recette : cueillez de grandes feuilles d’ortie, rincez-les, puis faites-les revenir dans de l’huile d’olive. Salez et servez-les, craquantes, à l’apéro ! Un délice. –

Si. Je me souviens pourquoi j’ai pensé aux chips d’orties… C’est parce qu’en Mongolie, pendant 17 jours, je ne vais guère manger de verdure, mais de la viande, rien que de la viande, matin, midi et soir !

Pika  - une sorte de lapin, mais avec des oreilles rondes ! et souslik à longue queue.Pika  - une sorte de lapin, mais avec des oreilles rondes ! et souslik à longue queue.

Pika - une sorte de lapin, mais avec des oreilles rondes ! et souslik à longue queue.

Méditations post-décollage
Au moment du décollage, j’ai aussi pensé à une phrase que Julie m’a dite il y a longtemps : « Les gens s’interdisent de vivre en prenant toutes sortes de prétextes. Ils se limitent en disant que c’est à cause de leurs enfants, ou bien de leur couple. Mais ils se mentent, bien sûr. S’ils ne vivent pas leur vie, c’est juste de leur faute à eux ! ».
Être libre, la grande question !
« La liberté d’autrui étend la mienne à l’infini », disait l’anarchiste russe Bakounine.
C’est d’actualité, puisque je me rends en Russie !

Expédition dans le désert de Gobi – épisode 1

Que des mecs
5 voyageurs, donc, et sûrement tout autant de Mongols.
Évidemment, que des mecs, comme d’habitude… J’espère que Terbish aura ramené la cuisinière mongole de la dernière fois, ma pote mongole, qui m’apprenait le mongol en riant devant mon accent improbable, lors du dernier voyage.
Ça me ferait une compagne, parmi tous les barbus bientôt couverts de poussière qui seront mes compagnons de voyage.

Coup de flippe dans l’avion
Dans le petit livre de vocabulaire mongol que je lis, je tombe sur cette phrase :
« Le réseau routier est inexistant et limité aux grandes villes. La signalisation est inconnue, les cartes rudimentaires et très souvent inexactes, ne vous mèneront nulle part ! (…) Pour se situer dans l’espace, le chauffeur mongol se repère « à l’ancienne », en observant les différentes bornes naturelles que sont montagnes, forêts et canyons. »
Cette lecture me donne un coup de chaud. Ça me fait des picotements dans le dos…

Expédition dans le désert de Gobi – épisode 1

Même si je sais que c’est vrai, pour l’avoir déjà vécu, ce n’est pas très réjouissant de se le rappeler quand on s’apprête à se rendre dans un des endroits les plus reculés du désert de Gobi, c’est-à-dire un des endroits les plus reculés de Mongolie, c’est-à-dire un des endroits les plus reculés de la planète…

« Hummm… Et encore, m’a lâché Philippe il y a quelques jours, je ne t’ai pas tout dit. »
Ces quelques paroles m’ont déclenché quelques suées nocturnes : « Mais dans quoi me suis-je encore embarquée !? »
Il a fini par me montrer la carte d’un des coins du désert où nous devons aller : toute blanche, sans la moindre route…

Expédition dans le désert de Gobi – épisode 1

Cela dit, je ne suis pas la seule à me faire du souci. Pierre m’a dit à l’aéroport que ça faisait un mois qu’il était mal…
Mais maintenant, plus le choix ! Je suis dans un putain d’avion qui contourne un putain d’orage, en direction de Moscou.

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Publié le par lesbiodiversitaires

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Carnet de voyage d’Élise Rousseau (texte, dessins, photos)

A mes amies voyageuses, Julie,
et Anne (qui aurait tant voulu être avec nous - la prochaine fois !)

Préambule

L’avant-veille de mon départ en Mongolie, je me goinfrais, avec mon amie Julie, naturaliste, de bricks au fromage de chèvre, frites de patates douces et autres douceurs, en refaisant le monde, quand soudain elle m’a dit, en faisant des yeux tout ronds :

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Ce n’était pas la première fois que j’entendais cela… alors, je me suis dit : d’accord. Cette fois-ci, je vais écrire le récit de cette expédition.
D’abord destiné à mes proches, nous avons finalement décidé, au vue des aventures vécues et des infos naturalistes + sur la biodiversité domestique mongole à faire partager, de le publier sur ce blog, comme une parenthèse plus personnelle à nos articles plus sérieux.
Rappelons qu’il y a presque 10 ans (déjà !), nos copains Matthieu et Annaïg ralliaient la Mongolie en camion (voir leur blog). Une entreprise fort audacieuse, quand on sait ce qu’est la Mongolie !
Rappelons aussi le premier épique voyage en Mongolie, en 1998, de Philippe, rapporté dans les Tribulations d’un chercheur d’oiseaux.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Entendre parler de la Mongolie par Matthieu ou Philippe m’avait donné envie de découvrir cet incroyable pays, rêve réalisé une première fois en 2012.

Il s’agit cette fois-ci, en 2016, d’un voyage naturaliste de 17 jours, accompli sous l’égide et grâce au partenariat entre la LPO et Escursia-voyages scientifiques.
Voici à quoi ressemble, au quotidien et en profondeur, l’un de nos voyages, avec aussi toute sa dimension humaine.
Ce sera le feuilleton de l’été sur Les Biodiversitaires, en 27 épisodes. Cette rubrique du blog peut se lire indépendamment du reste, c’est une histoire à part entière.

D’Ju, tu l’auras voulu ! ;-)

Carte de nos différents itinéraires en Mongolie

Bleu : Philippe en 1998. Rouge : Philippe et Elise en 2012. Jaune : Philippe et Elise en 2016.

Bleu : Philippe en 1998. Rouge : Philippe et Elise en 2012. Jaune : Philippe et Elise en 2016.

Très vieux temple bouddhiste, 2012Très vieux temple bouddhiste, 2012Très vieux temple bouddhiste, 2012

Très vieux temple bouddhiste, 2012

Buts scientifiques

Outre le plaisir de se rendre en Mongolie, d’observer sa faune, sa nature et ses paysages fantastiques, et de rencontrer l’extraordinaire peuple mongol, il y avait aussi plusieurs buts scientifiques à cette expédition :

  1. Faire un petit point ornithologique sur les espèces présentes dans le Gobi A et B, très peu connues, comme par exemple la fauvette « babillarde » qui niche ici en plein désert dans des micro-oasis ou encore la bergeronnette printanière leucocephala dont on ne sait quasiment rien.

  2. Suivre dans le Gobi A l’un des gardes s’occupant de la conservation de l’ours de Gobi dans ses relevés de pièges-photo, et vérification des placettes d’alimentation.

  3. Pour moi, plus spécifiquement, approfondir la question d’une étrange marque naturelle à l’épaule présente uniquement chez les chevaux mongols/transbaïkal/yakoutes et Przewalski, en observant sa présence ou non dans les populations de chevaux domestiques de ces régions plus reculées. (Voir mon article sur le sujet publié en 2014 dans le n°94 de la Revue d’Ethnozootechnie).

Chevaux mongols porteurs de la marque réticulée à l'épaule, à Ikh Bogd Uul, 2012.

Chevaux mongols porteurs de la marque réticulée à l'épaule, à Ikh Bogd Uul, 2012.

PDF de l'article ayant servi pour la Revue d'Ethnozootechnie.

Le voyage de 2012 avait permis de découvrir dans la grande vallée de la rivière Tül le roselin brun, très mal connu, ce qui avait donné lieu à un article de Philippe dans la revue de l’Oriental Bird Club – Birding Asia.Le voyage de 2012 avait permis de découvrir dans la grande vallée de la rivière Tül le roselin brun, très mal connu, ce qui avait donné lieu à un article de Philippe dans la revue de l’Oriental Bird Club – Birding Asia.

Le voyage de 2012 avait permis de découvrir dans la grande vallée de la rivière Tül le roselin brun, très mal connu, ce qui avait donné lieu à un article de Philippe dans la revue de l’Oriental Bird Club – Birding Asia.

Les espèces que nous espérons voir :

Côté oiseaux :
Syrrhapte paradoxal, traquets isabelle et du désert, bruant à cou gris, oie à tête barrée, érismature à tête blanche, pélican frisé, mouette relique, goéland de Mongolie, vautour moine, aigle des steppes, podoce de Henderson, moineau des saxauls, pie-grièche des steppes, alouette de Swinhoe, buse de Chine, faucon sacre, roselin de Mongolie, tétraogalle de l’Altaï, accenteurs bruns et de l’Altaï, linotte à bec jaune, pygargue de Pallas, gravelot de Leschenault, pipits de Richard et de Godlewski...

Et côté mammifères :
Bouquetin de Sibérie, hérisson oreillard, renard corsac, pikas (petits lagomorphes proches des lapins) ou argali (le plus grand des mouflons), gazelle à queue blanche, antilope saïga, cheval de Prjevalski, hémione, gazelle à goitre, sousliks à longue queue... et avec un peu de chance, loup, chameaux de Bactriane.

Et enfin, nous espérons trouver des traces du mythique ours de Gobi (le voir est quasi mission impossible).

Mais d’abord, que sont le Gobi A et le Gobi B ?
Superficie du désert de Gobi : 1 300 000 km²
Ce qu’on appelle le Gobi A, c’est la Great Gobi A Strictly Protected Area.
Le Gobi B est la Great Gobi B Strictly Protected Area.
Le Gobi A est beaucoup plus difficile et hostile (très minéral) que le Gobi B.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Présentation de l’équipe : 7 Mongols, 5 Français !

Les Mongols :

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Terbish Khayankhyarvaa : professeur d’écologie à l’Université d’Oulan-Bator, herpétologue, auteur du livre de référence sur les reptiles et amphibiens mongols. En plus de son travail universitaire, il accompagne 1 à 2-3 fois par an des voyages naturalistes/scientifiques.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Nyambayar Yanjin: travaille à la protection de la faune du désert du Gobi A, et notamment l’ours de Gobi. Un des rares êtres humains à bien connaître les pistes du Gobi A.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Myangan (surnom : Myangaa) : chauffeur du camion russe des naturalistes. Conducteur intrépide et globalement très doué.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Galbadrakh (surnom : Galaa) : chauffeur du camion russe de maintenance. Conducteur hors pair et mécanicien également très doué. Capable de bricoler n'importe quoi dans n'importe quelles circonstances.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Tsevgee : cuisinière pendant une bonne partie du voyage. On doit la déposer dans le village de Tonhil où elle nous quittera.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Munkhzul (surnom : Zoulaa) : fille de Galaa, aide-cuisinière jusqu’au départ de Tsevgee puis cuisinière à son tour.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Doshka : doit nous rejoindre au village de Tonhil, pour assister Zoulaa.

Les Français :
Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Philippe : ici dans sa fonction de leader d’expéditions naturalistes, à titre professionnel (a guidé plus de 40 voyages naturalistes dans le monde, pour Destination nature, Wildwings, Birdquest ou Escursia).

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Pierre : naturaliste. Aussi auteur de la fameuse Étymologie des noms d’oiseaux et de la non moins fameuse Étymologie des noms de mammifères.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

R. : photographe nature et passionné d'astronomie.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

S. : également photographe nature.

Expédition dans le désert de Gobi (Gobi A, Gobi B), juin-juillet 2016 – voyage ornithologique et mammalogique

Et moi ! Elise Mazaalai karshan emegtei (vous saurez plus tard ce que cela signifie !!)

A suivre...

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Expédition dans le désert de Gobi. Sommaire

Publié le par lesbiodiversitaires

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Nouvelles rencontres avec les oiseaux et les dauphins

Publié le par lesbiodiversitaires

La Mor braz team a repris la mer samedi, avec de superbes obs de grands dauphins et dauphins communs, ainsi qu'un bon nombre de puffins des Baléares.

Dans l'ordre : dauphins communs, puffin des Baléares, grands dauphins, dauphins communs, fou de bassan, grand labbe.Dans l'ordre : dauphins communs, puffin des Baléares, grands dauphins, dauphins communs, fou de bassan, grand labbe.
Dans l'ordre : dauphins communs, puffin des Baléares, grands dauphins, dauphins communs, fou de bassan, grand labbe.Dans l'ordre : dauphins communs, puffin des Baléares, grands dauphins, dauphins communs, fou de bassan, grand labbe.
Dans l'ordre : dauphins communs, puffin des Baléares, grands dauphins, dauphins communs, fou de bassan, grand labbe.Dans l'ordre : dauphins communs, puffin des Baléares, grands dauphins, dauphins communs, fou de bassan, grand labbe.

Dans l'ordre : dauphins communs, puffin des Baléares, grands dauphins, dauphins communs, fou de bassan, grand labbe.

L'un de nous ayant réalisé une petite vidéo de ces moments, nous la faisons partager (suivre le lien pour la vidéo en grand, sinon ci-dessous) :

Montage vidéo : Yves Blat et Maël, Elouan, Lucie

Publié dans Biodiversité sauvage

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