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64 articles avec biodiversite domestique

Réseau Paysans de nature : quand des agriculteurs protègent l’environnement

Publié le par lesbiodiversitaires

Ils sont quelques dizaines en France, principalement dans l’Ouest. Des pionniers, qui vont bien plus loin que la simple production en « bio ». Naturalistes devenus paysans, surtout, mais aussi paysans devenus gardiens et gestionnaires avisés de la nature. Leur but commun : réconcilier nature et agriculture.

Il est tout aussi connu dans le monde de la protection de la nature que dans celui de la préservation des races agricoles à petits effectifs : Frédéric Signoret, le leader du réseau Paysans de nature, est un naturaliste. Il est même le président de la Ligue pour la protection des oiseaux en Vendée (LPO). Mais c’est également un paysan, éleveur de vaches maraîchines, en bio. Le tout sur l’un des sites naturels les plus riches de l’ouest de la France : le Marais Breton, en Vendée. Ici les animaux paissent sur des prairies humides où nichent vanneaux, barges à queue noire ou chevaliers gambettes.

Barge à queue noire

Barge à queue noire

Frédéric est loin d’être un doux rêveur : c’est un homme de conviction et d’entreprise. Il sait manager sa ferme avec clairvoyance. Ses vaches, de race Maraîchine, appartiennent à une race à petits effectifs. La viande est vendue en circuit court. Les terres sont des espaces naturels sous haute surveillance car incomparables en France. Avec sa méthode douce d’élevage, respectueuse de la biodiversité sauvage, Frédéric Signoret a restauré un équilibre unique entre le domestique et le sauvage. Entre production et conservation. Il vit, il vit bien et se permet même de partir 3 semaines en vacances par an. Qui dit mieux ?

Frédéric Signoret et cobs normands. Crédit photo : ADEAR85

Frédéric Signoret et cobs normands. Crédit photo : ADEAR85

Paysans de nature est donc un réseau de fermes qui prend en compte la biodiversité sauvage comme un élément totalement intégré à la gestion de l’exploitation agricole. Chaque ferme est un conservatoire. Et pas que d’espèces remarquables. Mais aussi de ce que l’on appelle la nature « ordinaire », indispensable à notre vie. L’objectif de ce réseau est la valorisation, la promotion et la diffusion d’expériences agricoles vertueuses.

Crédit photo : Marion Lemonnier

Crédit photo : Marion Lemonnier

Linotte mélodieuse

Linotte mélodieuse

Les associations environnementales sont dépositaires de la charte qui lie les « paysans de nature ». Cette charte engage chacun d’eux à respecter et à valoriser la biodiversité sauvage. En retour, les associations (comme la LPO par exemple) forment les paysans qui en ont besoin à cette démarche et les aident à valoriser leur travail.

Crédit photo : Alain Rétrif à gauche - Tarier pâtre mâle à droiteCrédit photo : Alain Rétrif à gauche - Tarier pâtre mâle à droite

Crédit photo : Alain Rétrif à gauche - Tarier pâtre mâle à droite

On trouve au sein de Paysans de nature des personnalités et des exploitations variées. Ainsi, Jean-Noël Pitaud, saunier sur l’île de Noirmoutier qui exploite un sel de très haute qualité et qui protège en même temps une colonie d’avocettes élégantes ! Sur le rebord de ses marais salants, de temps en temps, il trouve des traces de loutres…

Jean-Noël Pitaud, à Noirmoutier. Crédit photo : Alain Rétrif

Jean-Noël Pitaud, à Noirmoutier. Crédit photo : Alain Rétrif

Crédit photo : Alain Rétrif

Crédit photo : Alain Rétrif

Ailleurs ce sera un travail de conservation d’une population d’orchidées sauvages avec le pâturage raisonné de moutons, là, la protection d’insectes rares avec une gestion intelligente de la fenaison.

Crédit photo : J-L Ronne (à gauche) - Lièvre à droiteCrédit photo : J-L Ronne (à gauche) - Lièvre à droite

Crédit photo : J-L Ronne (à gauche) - Lièvre à droite

Selon Thomas Rabu, paysan-boulanger et éleveur d’ovins, « être paysan-cultivateur, au sens noble du terme, participe de l’entretien et du maintien de la biodiversité ».

Crédit photo :  Michel Etienne

Crédit photo : Michel Etienne

Et ça fonctionne ! Protection de l’environnement, valorisation des produits (bio) en circuit cours, tout cela crée des emplois… et des vocations !  Ce qui différencie les paysans de nature des agriculteurs traditionnels, c’est que chez les premiers, chaque espèce, animale ou végétale, sauvage ou domestique, a sa place. Pour résumer : « on n’exploite pas notre terre, on la cultive », comme aiment à le dire Jean-Louis et Sophie Bonnin, éleveurs dans le Maine-et-Loire.

Crédit photo : Alain Rétrif (à gauche) - Milan royal à droiteCrédit photo : Alain Rétrif (à gauche) - Milan royal à droite

Crédit photo : Alain Rétrif (à gauche) - Milan royal à droite

Face à l’uniformisation que l’on veut imposer à grande échelle à l’agriculture, les paysans de nature veulent retrouver de la diversité, essentielle pour la pérennité cette activité.

Vaches et bergeronnettes printanières

Vaches et bergeronnettes printanières

Car l’agriculture moderne a oublié une chose : elle ne peut vivre sans les bactéries du sol, les plantes des prairies, les insectes pollinisateurs et tout ce qui constitue la biodiversité. Ce n’est pas  une chimère d’écolo idéaliste, c’est du simple bon sens scientifique.

Ludivine Cosson. Crédit photo : ADEAR85

Ludivine Cosson. Crédit photo : ADEAR85

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Des conséquences des renards sur les crêpes

Publié le par lesbiodiversitaires

Des conséquences des renards sur les crêpes

Ce printemps, le renard a encore sévi.
Il a mangé le gros coq de race marans du poulailler, bien dodu !
Bon, l’un dans l’autre, ne plus avoir de coq pour poursuivre la voisine et la factrice, ce n’est pas un mal. Parce que D’jo Coco, pour se taper la honte dans le voisinage, c’était quand même le plus fort !
Ce curieux volatile avait aussi la particularité de pratiquer la mendicité. Il faisait la tournée des voisins, frappant aux vitres jusqu’à ce qu’ils lui donnent quelque chose de bon à manger. En grandissant, il se mit aussi en tête de monter la garde, mission qu’il accomplit avec une grande conscience professionnelle. Alors finir dans le ventre du renard, après une vie aussi courte qu’intense à faire le malin dans tout le quartier, est une mort honorable.

(Décision n°1 : fini les coqs, il n’y aura plus que des poules au poulailler !)

Des conséquences des renards sur les crêpes
Des conséquences des renards sur les crêpes

Tout ça pour dire que le printemps est le moment stratégique dans tous les poulaillers, car les renards, qui ont leurs petits à nourrir, sont prêts à prendre bien plus de risques qu’à l’ordinaire. Ce renard n’est pas venu de nuit, mais de jour, à un moment où tous les êtres humains du coin étaient absents (preuve qu’il observe bien).
La poulette en a réchappé, car elle se trouvait hors du poulailler (décision n°2 : terminé les volières en grillage, en cas d’attaque, les poules s’y trouvent coincées…). Elle a été exfiltrée chez des amis. Parce que quand le renard a trouvé un poulailler intéressant, il revient.

Renardeau gambadant dans le pré des chevaux !Renardeau gambadant dans le pré des chevaux !

Renardeau gambadant dans le pré des chevaux !

Des amours de feu D’jo Coco et sa poule, il y avait 5 œufs dans le frigo, destinés à faire de bonnes crêpes. Miam ! Oui mais voilà, d’un coup, la lignée de ces poules marans venues l’an dernier sous forme d’œufs de chez Victor Couapel allait s’éteindre ! Tous ces efforts pour rien !
Or il y a quelques années, Perrine, une ancienne collègue aussi éleveuse de poules Noire de Challans, avait donné le tuyau suivant : « Même gardés au frigo, les œufs de poule fécondés, si vous les mettez finalement à couver, cela donne sans problème des poussins ! »
Appel fut donc passé à tous les copains éleveurs de cocottes du secteur. Avez-vous une poule qui s’apprête à couver ? « Ah oui, j’en ai une qui se tâte », répondit justement François (les histoires de couvaison, ça tombe toujours sur lui). (Décision n°3 : les œufs de D'jo Coco ne serviront pas à faire des crêpes) Les 5 œufs partirent donc directement du frigo bien froid jusque à Lorient, et furent mis sous le croupion bien chaud d’une brave coucou de Rennes.

Cette dernière fit de bon cœur son devoir, puisque 5 poussins ont éclos. 100 % de réussite. Donc oui, les œufs fécondés, même après un passage de plusieurs jours au frigo, restent utilisables !

Des conséquences des renards sur les crêpes
Merci à François pour les photos des poussins ! On voit déjà les petites plumes sur les pattes, typique des poules marans.Merci à François pour les photos des poussins ! On voit déjà les petites plumes sur les pattes, typique des poules marans.

Merci à François pour les photos des poussins ! On voit déjà les petites plumes sur les pattes, typique des poules marans.

La vie est toujours pleine de surprises et de détours, puisque, finalement, ces 5 petits poussins qui piaillent joyeusement dans l’herbe doivent d'être nés… au renard ! 

Mais que cette histoire ne vous empêche pas de manger des crêpes !! 

Des conséquences des renards sur les crêpes

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Les Biodiversitaires ont 6 ans !

Publié le par lesbiodiversitaires

Les Biodiversitaires ont 6 ans !

Le blog a démarré en 2011. Et on espère avoir contribué, à notre niveau, à créer du lien entre le monde de la biodiversité sauvage et celui de la biodiversité domestique !

Notre idée reste de générer des passerelles entre ces deux univers, de faire découvrir aux naturalistes les races domestiques à petits effectifs, de faire entrevoir aux éleveurs certains aspects de la nature sauvage, de faire partager à tous des émotions, des informations ou des réflexions autour de la nature et d’une certaine idée de l’agriculture.

Actuellement, chaque mois, 4 000 à 5 500 personnes consultent le blog. Près de 200 000 personnes sont venues depuis sa création, consulter les 200 articles déjà publiés, ce qui est encourageant pour des sujets un peu confidentiels sur la biodiversité sauvage et domestique !

C’est un travail bénévole que nous réalisons. Aussi, n’hésitez pas à nous dire quand cela vous plait, pour que cela ait du sens pour nous de continuer.

Par ailleurs, à partir d’aujourd’hui (et pour faire plaisir à une amie qui se reconnaîtra !), les articles du blog seront diffusés aussi sur une page publique Facebook ici.
Philippe sera le contact de cette page. D’anciens articles, pour ceux qui veulent découvrir (ou redécouvrir) le blog, seront diffusés en alternance avec les derniers articles en date. Ainsi que quelques photos qui n'auraient pas fait l'objet d'articles sur le blog, ou qui ont simplement été prises récemment sur le terrain.

A bientôt !

Les Biodiversitaires ont 6 ans !

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Biodiversité domestique sur France 3 Bretagne

Publié le par lesbiodiversitaires

Comme ce n'est pas si commun qu'on parle de biodiversité domestique à la télévision, voici un lien vers une petite interview sur France 3 Bretagne (on a contribué à les mettre en lien !). Jean-Luc Maillard, directeur de l'Ecomusée de Rennes, y donne une bonne définition de la biodiversité domestique.

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Cinquième édition du prix national de la Fondation du patrimoine pour l'agro-biodiversité animale

Publié le par lesbiodiversitaires

Jeudi 2 mars 2017, porte de Versailles. Fine, la vache Bretonne pie noir, mascotte de cette édition du Salon de l’agriculture, en a peut-être marre de se faire caresser par tout ce que la France compte de candidats à l’élection présidentielle à venir. Pendant ce temps, on fête les lauréats du prix de l’agro-biodiversité.

Ce cru « 2016 » est encore de haute tenue et il a été une fois de plus bien difficile de partager les candidats. En dehors de 3 prix, un prix spécial a été décerné cette année.

Prix d’honneur à « Pas bête la fête » !
C’est même un prix d’honneur qui a été décerné cette année à l’association Pas bête la fête qui organise la fameuse fête de la Vache Nantaise dont nous avons déjà parlé ! Un chèque de 25
000 € qui va lui faire du bien et permettre d’assurer une fois de plus la promotion et la valorisation des races locales à faibles effectifs. Cet événement, qui a lieu tous les 4 ans et draine sur 3 jours de septembre près de 45 000 visiteurs, aura lieu en septembre 2018. Cette fête est devenue un lieu de rencontre incontournable pour tous ceux qui promeuvent l’intérêt écologique et économique de l’agrobiodiversité animale et aident à la formation et à l’installation d’éleveurs, sans en ignorer les difficultés.
La 8e édition qui se prépare sera, à n’en pas douter, l'un des grands événements de la biodiversité domestique de 2018. Et on ne peut qu’engager ceux qui le peuvent à aller faire un petit tour, en septembre 2018, du côté de Plessé, Loire-Atlantique, pour ce magnifique moment de partage.

Laurent Chalet, initiateur de la fête de la Vache Nantaise (Pas bête la fête !) reçoit le chèque des mains de François-Xavier Bieuville, directeur de la Fondation du Patrimoine.

Laurent Chalet, initiateur de la fête de la Vache Nantaise (Pas bête la fête !) reçoit le chèque des mains de François-Xavier Bieuville, directeur de la Fondation du Patrimoine.

1er prix – La brebis Sasi Ardi (Pyrénées-Atlantiques)
Peu connue en dehors de sa région, la race Sasi Ardi (ou brebis des broussailles) figure maintenant sur le catalogue du ministère de l’Agriculture qui reconnait officiellement les races françaises du territoire. Elle est particulièrement apte, par sa rusticité, à tirer parti des zones broussailleuses de la moyenne montagne du Pays Basque.
Le projet présenté par l’association Sasi Artalde est particulièrement bien élaboré car basé sur l’accompagnement technique des éleveurs et la promotion des deux produits typiques et de haute qualité (l’agneau de 5 mois et le mâle de 28 mois) qui devraient permettre d’assurer le développement de la Sasi Ardi.
Le 1er prix est doté d’un montant de 10 000 €.

 

Race Sasi Ardu (ou brebis des broussailles).

Race Sasi Ardu (ou brebis des broussailles).

2ème prix – La race bovine Moka (Ile de la Réunion)
Peu connue, la race bovine Moka vit à la Réunion. Elle a été inscrite récemment au catalogue des races officielles du ministère de l’Agriculture. Elle est le fruit de divers croisements d’animaux introduits, originaires d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique et de Madagascar.
Au début du XVIIIe, des animaux de Moka (Yémen) furent introduits en même temps que l’importation de plants de café, d’où leur nom. Cette race rustique et bien adaptée fait merveille dans les milieux agricoles de l’île, souvent difficiles. L’association pour la Promotion du Patrimoine et de l’Ecologie de La Réunion est là pour aider à l’installation de nouveaux éleveurs, valoriser les produits issus directement ou indirectement du bœuf Moka au travers de circuits courts, développer des actions de communication auprès des consommateurs locaux et des agriculteurs. Le prix, d’un montant de 6 000 €, aidera à développer ces actions.

Taureau Moka.

Taureau Moka.

3ème prix – Le mouton Boulonnais (Nord-Pas-de-Calais)
Le mouton Boulonnais est une très ancienne race du littoral de la Manche et de la mer du Nord, qui avait failli disparaître dans les années 1980. Sa rusticité et ses qualités de marcheuse permettent à cette race d’être utilisée dans les nouveaux systèmes d’écopâturage, qui sont en plein développement, et en pâturage itinérant sur des espaces sensibles le long du littoral. Ainsi on peut l’admirer sur les pentes du Mont d’Hubert, attenant au fameux cap Blanc-Nez. Par ailleurs, la qualité de l’agneau Boulonnais est très appréciée localement et sa réputation se conforte.
Le jury a été sensible au dynamisme du candidat ainsi qu’au sérieux du projet bien intégré dans l’environnement local. Le prix, de 4 000 €, a été remis au Centre régional de ressources génétiques du Nord-Pas-de-Calais (CRRG).

 

Moutons Boulonnais.
Moutons Boulonnais.

Moutons Boulonnais.

Le salon la nuit
Mais la vie secrète du Salon de l'agriculture commence le soir, lorsque les derniers visiteurs l'ont quitté et que les portes se referment !
C'est le moment où les agriculteurs et ceux qui travaillent avec eux se retrouvent dans la fameuse « réserve » du Salon de l’agriculture, bien connue pour ses repas gargantuesques et sa bonne humeur. Les agriculteurs heureux de se retrouver année après année, des amitiés se tissant, se font partager et découvrir les meilleurs produits de leur terroir lors de dîners conviviaux.
Et à la réserve des races à petits effectifs, forcément en bio, les soirées sont particulièrement animées, avec cette année un repas bio « bretonne pie noir » avec, en point d’orgue, une glace au gwell mémorable ! Des tablées entières de passionnés, ces résistants qui se battent pour une autre agriculture, à la fois garants des traditions et précurseurs encore souvent solitaires d'un monde qui, si on les écoutait, pourrait bien être meilleur.
Le tout sous une musique d’enfer sur le grand ring où dansaient comme des fous les élèves des lycées agricoles présents au salon !

Cinquième édition du prix national de la Fondation du patrimoine pour l'agro-biodiversité animale
Les gagnants du concours entourés du jury

Les gagnants du concours entourés du jury

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Les chevaux aux yeux d'ambre

Publié le par lesbiodiversitaires

Si les chevaux aux yeux bleus sont relativement connus, saviez-vous qu'il existe des chevaux aux yeux d'ambre, presque verts ? C’est une sorte de vert d’eau aux nuances dorées, très doux, dont les nuances changent en fonction de la lumière.

 

On trouve quelques chevaux aux yeux d'ambre dans le Morbihan, sur la commune de Brech, où notre amie éleveuse Audrey Gory travaille sur des robes originales, les sélectionnant avec passion grâce à une réflexion génétique poussée (voir notre précédent article sur cet élevage ici).

L’œil de Digame et d'une de ses poulinières. Elevage Pemp Heol à Brech.
L’œil de Digame et d'une de ses poulinières. Elevage Pemp Heol à Brech.

L’œil de Digame et d'une de ses poulinières. Elevage Pemp Heol à Brech.

Cette couleur très rare est associée à des animaux portant des noms de robe poétiques : pie champage or… champagne… Elle apparaît quand le cheval est porteur du rare gène champagne.

Les gènes crème ou perle génèrent eux aussi des yeux aux couleurs clairs chez le cheval. 

 

Les chevaux aux yeux d'ambre
Audrey et Digame, jeune étalon de couleur pie champagne or, reproducteur à l'élevage Pemp Heol.

Audrey et Digame, jeune étalon de couleur pie champagne or, reproducteur à l'élevage Pemp Heol.

Cette couleur claire permet de voir que la forme de la pupille chez le cheval n'est pas ronde comme chez l'homme, mais rectangulaire et horizontale, comme les chèvres. Elle permet un champ de vision plus large.

 

Merci à l'élevage Pemp Heol

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Le cheval d'Abaco a disparu

Publié le par lesbiodiversitaires

Voilà, c'est fini pour lui. Le cheval d'Abaco a disparu. Mais qu’est-ce que cela peut bien faire ? Qui le connaissait ? Qui savait qu’il existait ? A qui manquera-t-il ? Oublié avant même d’être connu. A jamais.

Photo : Wild Horses of Abaco Preservation society

Photo : Wild Horses of Abaco Preservation society

Aussi appelé barbe d'Abaco, ce cheval vivait sur l’île de Great Abaco, aux Bahamas, ses ancêtres ayant sans doute été abandonnés là par les Conquistadores. C'était un cheval de type espagnol, aux crins fournis, qui ne vivait plus qu'à l'état sauvage.

Suite à une série d’événements (massacrés par les hommes au XXe siècle puis subissant les conséquences de l’ouragan Floyd, etc.), et malgré de réels efforts de sauvegarde, la dernière jument est morte l’année dernière, en 2015. Les Bahamas ont perdu leur seule race locale.

En écrivant le guide Tous les chevaux du monde, au cours des années 2012, 2013, la question s’était posée, récurrente : fallait-il l’illustrer ? Est-ce que ça en valait la peine ? Il ne restait plus qu’un seul cheval, cette jument, plus toute jeune. Certains nourrissaient l'espoir de l'existence, peut-être, d’un dernier étalon sauvage, quelque part sur l’île… La race avait finalement été illustrée et mise en avant dans le guide, même si c’était une cause perdue. Justement parce que c’était une cause perdue.

Photo : Wild Horses of Abaco Preservation society

Puis le guide paru, le tourbillon de la vie a repris… le cheval d’Abaco n’en avait-il pas encore pour quelques années ? Cet étalon sauvage ne finirait-il pas par être retrouvé ?

Pour préparer une conférence donnée il y a quinze jours sur la biodiversité équine, au Muséum d’Histoire Naturelle, j’ai rouvert les grimoires et le site de l’association… pour apprendre que depuis quelques mois, c’était fini pour lui. Déjà.

Après tout, ce n’était qu’un animal domestique, pire que ça, un animal domestique redevenu sauvage. Un de ceux qui comptent pour rien. C’était d’ailleurs pour cela que je l’aimais bien.

Simplement, à chaque fois qu’une race domestique disparaît, c’est tout un pan génétique de son espèce qui disparaît. En perdant le cheval d’Abaco, l’espèce cheval vient de s’affaiblir d’une partie de sa diversité.

Nous avons déjà eu l’occasion, hélas, de relater la disparition de races bovines comme la vache d’Amsterdam ou, plus près de chez nous, la Bazougers.

Rappelons aussi que, selon la FAO, une race domestique disparaît tous les mois (estimation 2007). Quand on sait que, selon les chercheurs, une espèce sauvage d’animal ou de plante disparaît toutes les 20 minutes (le temps que vous surfiez sur internet, une espèce sauvage au moins aura disparu), on pourrait se dire que les animaux domestiques ne s’en sortent pas si mal… sauf qu’il y a infiniment moins de races domestiques que d’espèces sauvages.

Sauvage ou domestique, ces extinctions massives sont quelque chose de très récent et nouveau dans l’histoire de l’humanité… Dans le cas du sauvage, l’homme détruit la nature (et donc s'auto-détruit). Dans le cas du domestique, l’homme laisse disparaître la biodiversité qu’il a lui-même créée.

A l’échelle mondiale, la majorité des races de chevaux sont en danger. Pour ces races à petits effectifs, tout peut basculer très vite. Quel sera le prochain ? Un de chez nous ? Le poney landais ? Ou le trait poitevin ?

Pour finir sur une note d'espoir, il faut savoir que la France est l'un des pays les plus impliqués au monde dans la sauvegarde des races domestiques menacées, grâce à des éleveurs remarquables, passionnés, passionnants, dont nous saluons encore une fois le travail et la détermination.

Le trait poitevin, un des chevaux français les plus menacés, a besoin de soutien.

Le trait poitevin, un des chevaux français les plus menacés, a besoin de soutien.

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Le chemin mystérieux... Devinette : de quoi s'agit-il ?

Publié le par lesbiodiversitaires

Image prise par M. et Mme Begué, dans un coin perdu de Seine-Maritime

Image prise par M. et Mme Begué, dans un coin perdu de Seine-Maritime

Une amie nous envoie cette photo en nous précisant : « au cours d’une découverte des chemins ruraux organisée par l’association l’A.R.B.R.E (Association rurale brayonne pour le respect de l’environnement), mes parents ont découvert ce chemin. »

Quel étrange chemin... Selon vous, de quoi s'agit-il ? 

Ajout le 20 novembre :
Bravo à Thomas qui a trouvé la bonne réponse !
La réponse exacte transmise par notre amie est la suivante :
« Cette image, nous l’avons appelée « le chemin aux vaches ». C’est un passage très ancien de bovins de la ferme au pré. A force de marcher toujours dans les mêmes empreintes, les sabots ont modelé le terrain humide et boueux (du Pays de Bray), en ornières parallèles. Les creux atteignent la hauteur d'une botte. Patrimoine agricole à conserver. »
Une jolie découverte !

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Corée du Nord : le voile se lève enfin sur un cheval méconnu

Publié le par lesbiodiversitaires

Cette photo toute simple, reçue ce matin, est l’une des plus jubilatoires pour nous en termes de biodiversité domestique depuis bien longtemps…

De retour de voyage, l’écrivain-voyageur Jean-Louis Gouraud a eu la gentillesse de nous l’envoyer, sachant parfaitement la joie qu’elle déclencherait dès sa réception… !

Un kwangok

Un kwangok

C’est un document particulièrement frappant quand on s’intéresse aux races de chevaux. Parce qu’elle a été prise… en Corée du Nord. Et nous sommes très heureux d’être autorisés à la publier ! Cela faisait en effet quelques temps que Jean-Louis Gouraud avait envie de se rendre dans ce pays, pour en savoir plus...

Si vous lisez le guide Tous les chevaux du monde (travail d’Elise illustré par Yann Le Bris), vous vous rendrez compte que rien n’est écrit sur la Corée du Nord. Juste une ligne pour dire qu’on peut supposer que ces animaux doivent sans doute ressembler à ceux de Corée du Sud. Pour une raison simple : jusqu’au retour de Corée du Nord de Jean-Louis, il n’y avait guère d’information disponible. Il y a ainsi quelques lieux dans le monde où, pour des raisons politiques, il est bien compliqué de savoir ce qui se passe au niveau équestre. La Corée du Nord en fait évidemment partie…
Durant l’hiver 2013, en pleine rédaction du guide, nous étions présents en Corée du Sud, à la frontière nord-coréenne. Les petits chevaux sud-coréens étaient là, attelés à des carrioles bariolées pour promener les touristes… Mais à l’horizon, c’était le point d’interrogation : qu'y avait-il, derrière la frontière ? La Corée du Nord, si proche, inquiétante… l’inconnu…
Cette interrogation, Jean-Louis Gouraud vient de lui donner une réponse. Nous savons désormais à quoi ressemblent les actuels chevaux nord-coréens, les kwangoks, avec toutes les infos nécessaires que l’écrivain a pu collecter sur place.

Jean-Louis Gouraud et un kwangok, cheval nord-coréen

Jean-Louis Gouraud et un kwangok, cheval nord-coréen

Jean-Louis Gouraud, c’est un écrivain, mais aussi un véritable aventurier, un explorateur équestre.
Rappelez-vous, en 1993, l’histoire du mystérieux cheval offert à François Mitterrand… en réalité, un superbe akhal téké. C’est Jean-Louis qui avait révélé l’affaire…
Rappelez-vous encore, c’est lui aussi, en 1990, qui avait rallié, tout seul, Paris-Moscou à cheval, accueilli par Gorbatchev… Il a retranscrit cette incroyable aventure dans son livre, Le Pérégrin émerveillé, chez Actes Sud, qui a reçu le prix Renaudot du livre de poche.
Sa vie est un roman, sur les traces des chevaux du monde, dans les pays les plus improbables, les plus reculés, les plus dangereux, parfois.
Il a défendu le barbe, l’akhal téké, le kabardin à une époque où les cavaliers connaissaient à peine leur existence… On ne peut résumer en quelques lignes tout ce qu’il a fait pour les chevaux et leurs cavaliers : il faut lire ses livres !
Ses livres qui apportent du rêve, ont fait naître des vocations, ont semé et continuent de semer au vent des graines de passion équestre, de voyage et d'aventure, qui n’en finissent pas de germer.
Son voyage en Corée du Nord fera l’objet de publications futures, notamment d’un chapitre à paraître de sa Petite géographie amoureuse du cheval en mars prochain, chez Belin.
Alors en attendant de les lire, pour ces photos de chevaux de Corée du Nord et pour tout le reste, merci Jean-Louis Gouraud !

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Poules du monde

Publié le par lesbiodiversitaires

Depuis la sortie de mon livre Tout pour ma poule, je reçois régulièrement de la part des copains voyageurs des photos de poules photographiées dans le monde entier.

Je profite aussi de mes propres voyages pour faire des clichés de poulettes. C'est très amusant de voir les poules dans différents milieux, de voir les races ou types de poules qu'on trouve selon les pays... Ce n'est pas toujours ce à quoi l'on s'attend... Voici quelques éléments de cette petite collection ! 

Coq et cactus. Bolivie, Amérique du Sud. Photo Delphine Cressent

Coq et cactus. Bolivie, Amérique du Sud. Photo Delphine Cressent

Guadeloupe, Pierre CrouzierGuadeloupe, Pierre Crouzier

Guadeloupe, Pierre Crouzier

Egypte, Cyrille Jacobsen

Egypte, Cyrille Jacobsen

Kirghizstan, Jan Dubois

Kirghizstan, Jan Dubois

Népal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. DuboisNépal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. Dubois
Népal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. Dubois

Népal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. Dubois

Madagascar, Benjamin Kabouche

Madagascar, Benjamin Kabouche

De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau
De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise RousseauDe haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau
De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau

De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau

Coq, Inde, Delphine Cressent

Coq, Inde, Delphine Cressent

Et en France mais rigolotes, poule dans la neige qui a froid aux pattes et poule avec un butin dans le bec, photos : Danièle Boone
Et en France mais rigolotes, poule dans la neige qui a froid aux pattes et poule avec un butin dans le bec, photos : Danièle Boone

Et en France mais rigolotes, poule dans la neige qui a froid aux pattes et poule avec un butin dans le bec, photos : Danièle Boone

Je ne peux pas les publier toutes, mais merci à tous ceux qui m’ont envoyé des photos de cocottes de pays lointains ces dernières années ! Vivement les prochaines !

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