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61 articles avec biodiversite domestique

Biodiversité domestique sur France 3 Bretagne

Publié le par lesbiodiversitaires

Comme ce n'est pas si commun qu'on parle de biodiversité domestique à la télévision, voici un lien vers une petite interview sur France 3 Bretagne (on a contribué à les mettre en lien !). Jean-Luc Maillard, directeur de l'Ecomusée de Rennes, y donne une bonne définition de la biodiversité domestique.

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Cinquième édition du prix national de la Fondation du patrimoine pour l'agro-biodiversité animale

Publié le par lesbiodiversitaires

Jeudi 2 mars 2017, porte de Versailles. Fine, la vache Bretonne pie noir, mascotte de cette édition du Salon de l’agriculture, en a peut-être marre de se faire caresser par tout ce que la France compte de candidats à l’élection présidentielle à venir. Pendant ce temps, on fête les lauréats du prix de l’agro-biodiversité.

Ce cru « 2016 » est encore de haute tenue et il a été une fois de plus bien difficile de partager les candidats. En dehors de 3 prix, un prix spécial a été décerné cette année.

Prix d’honneur à « Pas bête la fête » !
C’est même un prix d’honneur qui a été décerné cette année à l’association Pas bête la fête qui organise la fameuse fête de la Vache Nantaise dont nous avons déjà parlé ! Un chèque de 25
000 € qui va lui faire du bien et permettre d’assurer une fois de plus la promotion et la valorisation des races locales à faibles effectifs. Cet événement, qui a lieu tous les 4 ans et draine sur 3 jours de septembre près de 45 000 visiteurs, aura lieu en septembre 2018. Cette fête est devenue un lieu de rencontre incontournable pour tous ceux qui promeuvent l’intérêt écologique et économique de l’agrobiodiversité animale et aident à la formation et à l’installation d’éleveurs, sans en ignorer les difficultés.
La 8e édition qui se prépare sera, à n’en pas douter, l'un des grands événements de la biodiversité domestique de 2018. Et on ne peut qu’engager ceux qui le peuvent à aller faire un petit tour, en septembre 2018, du côté de Plessé, Loire-Atlantique, pour ce magnifique moment de partage.

Laurent Chalet, initiateur de la fête de la Vache Nantaise (Pas bête la fête !) reçoit le chèque des mains de François-Xavier Bieuville, directeur de la Fondation du Patrimoine.

Laurent Chalet, initiateur de la fête de la Vache Nantaise (Pas bête la fête !) reçoit le chèque des mains de François-Xavier Bieuville, directeur de la Fondation du Patrimoine.

1er prix – La brebis Sasi Ardi (Pyrénées-Atlantiques)
Peu connue en dehors de sa région, la race Sasi Ardi (ou brebis des broussailles) figure maintenant sur le catalogue du ministère de l’Agriculture qui reconnait officiellement les races françaises du territoire. Elle est particulièrement apte, par sa rusticité, à tirer parti des zones broussailleuses de la moyenne montagne du Pays Basque.
Le projet présenté par l’association Sasi Artalde est particulièrement bien élaboré car basé sur l’accompagnement technique des éleveurs et la promotion des deux produits typiques et de haute qualité (l’agneau de 5 mois et le mâle de 28 mois) qui devraient permettre d’assurer le développement de la Sasi Ardi.
Le 1er prix est doté d’un montant de 10 000 €.

 

Race Sasi Ardu (ou brebis des broussailles).

Race Sasi Ardu (ou brebis des broussailles).

2ème prix – La race bovine Moka (Ile de la Réunion)
Peu connue, la race bovine Moka vit à la Réunion. Elle a été inscrite récemment au catalogue des races officielles du ministère de l’Agriculture. Elle est le fruit de divers croisements d’animaux introduits, originaires d’Asie, du Moyen-Orient, d’Afrique et de Madagascar.
Au début du XVIIIe, des animaux de Moka (Yémen) furent introduits en même temps que l’importation de plants de café, d’où leur nom. Cette race rustique et bien adaptée fait merveille dans les milieux agricoles de l’île, souvent difficiles. L’association pour la Promotion du Patrimoine et de l’Ecologie de La Réunion est là pour aider à l’installation de nouveaux éleveurs, valoriser les produits issus directement ou indirectement du bœuf Moka au travers de circuits courts, développer des actions de communication auprès des consommateurs locaux et des agriculteurs. Le prix, d’un montant de 6 000 €, aidera à développer ces actions.

Taureau Moka.

Taureau Moka.

3ème prix – Le mouton Boulonnais (Nord-Pas-de-Calais)
Le mouton Boulonnais est une très ancienne race du littoral de la Manche et de la mer du Nord, qui avait failli disparaître dans les années 1980. Sa rusticité et ses qualités de marcheuse permettent à cette race d’être utilisée dans les nouveaux systèmes d’écopâturage, qui sont en plein développement, et en pâturage itinérant sur des espaces sensibles le long du littoral. Ainsi on peut l’admirer sur les pentes du Mont d’Hubert, attenant au fameux cap Blanc-Nez. Par ailleurs, la qualité de l’agneau Boulonnais est très appréciée localement et sa réputation se conforte.
Le jury a été sensible au dynamisme du candidat ainsi qu’au sérieux du projet bien intégré dans l’environnement local. Le prix, de 4 000 €, a été remis au Centre régional de ressources génétiques du Nord-Pas-de-Calais (CRRG).

 

Moutons Boulonnais.
Moutons Boulonnais.

Moutons Boulonnais.

Le salon la nuit
Mais la vie secrète du Salon de l'agriculture commence le soir, lorsque les derniers visiteurs l'ont quitté et que les portes se referment !
C'est le moment où les agriculteurs et ceux qui travaillent avec eux se retrouvent dans la fameuse « réserve » du Salon de l’agriculture, bien connue pour ses repas gargantuesques et sa bonne humeur. Les agriculteurs heureux de se retrouver année après année, des amitiés se tissant, se font partager et découvrir les meilleurs produits de leur terroir lors de dîners conviviaux.
Et à la réserve des races à petits effectifs, forcément en bio, les soirées sont particulièrement animées, avec cette année un repas bio « bretonne pie noir » avec, en point d’orgue, une glace au gwell mémorable ! Des tablées entières de passionnés, ces résistants qui se battent pour une autre agriculture, à la fois garants des traditions et précurseurs encore souvent solitaires d'un monde qui, si on les écoutait, pourrait bien être meilleur.
Le tout sous une musique d’enfer sur le grand ring où dansaient comme des fous les élèves des lycées agricoles présents au salon !

Cinquième édition du prix national de la Fondation du patrimoine pour l'agro-biodiversité animale
Les gagnants du concours entourés du jury

Les gagnants du concours entourés du jury

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Les chevaux aux yeux d'ambre

Publié le par lesbiodiversitaires

Si les chevaux aux yeux bleus sont relativement connus, saviez-vous qu'il existe des chevaux aux yeux d'ambre, presque verts ? C’est une sorte de vert d’eau aux nuances dorées, très doux, dont les nuances changent en fonction de la lumière.

 

On trouve quelques chevaux aux yeux d'ambre dans le Morbihan, sur la commune de Brech, où notre amie éleveuse Audrey Gory travaille sur des robes originales, les sélectionnant avec passion grâce à une réflexion génétique poussée (voir notre précédent article sur cet élevage ici).

L’œil de Digame et d'une de ses poulinières. Elevage Pemp Heol à Brech.
L’œil de Digame et d'une de ses poulinières. Elevage Pemp Heol à Brech.

L’œil de Digame et d'une de ses poulinières. Elevage Pemp Heol à Brech.

Cette couleur très rare est associée à des animaux portant des noms de robe poétiques : pie champage or… champagne… Elle apparaît quand le cheval est porteur du rare gène champagne.

Les gènes crème ou perle génèrent eux aussi des yeux aux couleurs clairs chez le cheval. 

 

Les chevaux aux yeux d'ambre
Audrey et Digame, jeune étalon de couleur pie champagne or, reproducteur à l'élevage Pemp Heol.

Audrey et Digame, jeune étalon de couleur pie champagne or, reproducteur à l'élevage Pemp Heol.

Cette couleur claire permet de voir que la forme de la pupille chez le cheval n'est pas ronde comme chez l'homme, mais rectangulaire et horizontale, comme les chèvres. Elle permet un champ de vision plus large.

 

Merci à l'élevage Pemp Heol

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Le cheval d'Abaco a disparu

Publié le par lesbiodiversitaires

Voilà, c'est fini pour lui. Le cheval d'Abaco a disparu. Mais qu’est-ce que cela peut bien faire ? Qui le connaissait ? Qui savait qu’il existait ? A qui manquera-t-il ? Oublié avant même d’être connu. A jamais.

Photo : Wild Horses of Abaco Preservation society

Photo : Wild Horses of Abaco Preservation society

Aussi appelé barbe d'Abaco, ce cheval vivait sur l’île de Great Abaco, aux Bahamas, ses ancêtres ayant sans doute été abandonnés là par les Conquistadores. C'était un cheval de type espagnol, aux crins fournis, qui ne vivait plus qu'à l'état sauvage.

Suite à une série d’événements (massacrés par les hommes au XXe siècle puis subissant les conséquences de l’ouragan Floyd, etc.), et malgré de réels efforts de sauvegarde, la dernière jument est morte l’année dernière, en 2015. Les Bahamas ont perdu leur seule race locale.

En écrivant le guide Tous les chevaux du monde, au cours des années 2012, 2013, la question s’était posée, récurrente : fallait-il l’illustrer ? Est-ce que ça en valait la peine ? Il ne restait plus qu’un seul cheval, cette jument, plus toute jeune. Certains nourrissaient l'espoir de l'existence, peut-être, d’un dernier étalon sauvage, quelque part sur l’île… La race avait finalement été illustrée et mise en avant dans le guide, même si c’était une cause perdue. Justement parce que c’était une cause perdue.

Photo : Wild Horses of Abaco Preservation society

Puis le guide paru, le tourbillon de la vie a repris… le cheval d’Abaco n’en avait-il pas encore pour quelques années ? Cet étalon sauvage ne finirait-il pas par être retrouvé ?

Pour préparer une conférence donnée il y a quinze jours sur la biodiversité équine, au Muséum d’Histoire Naturelle, j’ai rouvert les grimoires et le site de l’association… pour apprendre que depuis quelques mois, c’était fini pour lui. Déjà.

Après tout, ce n’était qu’un animal domestique, pire que ça, un animal domestique redevenu sauvage. Un de ceux qui comptent pour rien. C’était d’ailleurs pour cela que je l’aimais bien.

Simplement, à chaque fois qu’une race domestique disparaît, c’est tout un pan génétique de son espèce qui disparaît. En perdant le cheval d’Abaco, l’espèce cheval vient de s’affaiblir d’une partie de sa diversité.

Nous avons déjà eu l’occasion, hélas, de relater la disparition de races bovines comme la vache d’Amsterdam ou, plus près de chez nous, la Bazougers.

Rappelons aussi que, selon la FAO, une race domestique disparaît tous les mois (estimation 2007). Quand on sait que, selon les chercheurs, une espèce sauvage d’animal ou de plante disparaît toutes les 20 minutes (le temps que vous surfiez sur internet, une espèce sauvage au moins aura disparu), on pourrait se dire que les animaux domestiques ne s’en sortent pas si mal… sauf qu’il y a infiniment moins de races domestiques que d’espèces sauvages.

Sauvage ou domestique, ces extinctions massives sont quelque chose de très récent et nouveau dans l’histoire de l’humanité… Dans le cas du sauvage, l’homme détruit la nature (et donc s'auto-détruit). Dans le cas du domestique, l’homme laisse disparaître la biodiversité qu’il a lui-même créée.

A l’échelle mondiale, la majorité des races de chevaux sont en danger. Pour ces races à petits effectifs, tout peut basculer très vite. Quel sera le prochain ? Un de chez nous ? Le poney landais ? Ou le trait poitevin ?

Pour finir sur une note d'espoir, il faut savoir que la France est l'un des pays les plus impliqués au monde dans la sauvegarde des races domestiques menacées, grâce à des éleveurs remarquables, passionnés, passionnants, dont nous saluons encore une fois le travail et la détermination.

Le trait poitevin, un des chevaux français les plus menacés, a besoin de soutien.

Le trait poitevin, un des chevaux français les plus menacés, a besoin de soutien.

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Le chemin mystérieux... Devinette : de quoi s'agit-il ?

Publié le par lesbiodiversitaires

Image prise par M. et Mme Begué, dans un coin perdu de Seine-Maritime

Image prise par M. et Mme Begué, dans un coin perdu de Seine-Maritime

Une amie nous envoie cette photo en nous précisant : « au cours d’une découverte des chemins ruraux organisée par l’association l’A.R.B.R.E (Association rurale brayonne pour le respect de l’environnement), mes parents ont découvert ce chemin. »

Quel étrange chemin... Selon vous, de quoi s'agit-il ? 

Ajout le 20 novembre :
Bravo à Thomas qui a trouvé la bonne réponse !
La réponse exacte transmise par notre amie est la suivante :
« Cette image, nous l’avons appelée « le chemin aux vaches ». C’est un passage très ancien de bovins de la ferme au pré. A force de marcher toujours dans les mêmes empreintes, les sabots ont modelé le terrain humide et boueux (du Pays de Bray), en ornières parallèles. Les creux atteignent la hauteur d'une botte. Patrimoine agricole à conserver. »
Une jolie découverte !

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Corée du Nord : le voile se lève enfin sur un cheval méconnu

Publié le par lesbiodiversitaires

Cette photo toute simple, reçue ce matin, est l’une des plus jubilatoires pour nous en termes de biodiversité domestique depuis bien longtemps…

De retour de voyage, l’écrivain-voyageur Jean-Louis Gouraud a eu la gentillesse de nous l’envoyer, sachant parfaitement la joie qu’elle déclencherait dès sa réception… !

Un kwangok

Un kwangok

C’est un document particulièrement frappant quand on s’intéresse aux races de chevaux. Parce qu’elle a été prise… en Corée du Nord. Et nous sommes très heureux d’être autorisés à la publier ! Cela faisait en effet quelques temps que Jean-Louis Gouraud avait envie de se rendre dans ce pays, pour en savoir plus...

Si vous lisez le guide Tous les chevaux du monde (travail d’Elise illustré par Yann Le Bris), vous vous rendrez compte que rien n’est écrit sur la Corée du Nord. Juste une ligne pour dire qu’on peut supposer que ces animaux doivent sans doute ressembler à ceux de Corée du Sud. Pour une raison simple : jusqu’au retour de Corée du Nord de Jean-Louis, il n’y avait guère d’information disponible. Il y a ainsi quelques lieux dans le monde où, pour des raisons politiques, il est bien compliqué de savoir ce qui se passe au niveau équestre. La Corée du Nord en fait évidemment partie…
Durant l’hiver 2013, en pleine rédaction du guide, nous étions présents en Corée du Sud, à la frontière nord-coréenne. Les petits chevaux sud-coréens étaient là, attelés à des carrioles bariolées pour promener les touristes… Mais à l’horizon, c’était le point d’interrogation : qu'y avait-il, derrière la frontière ? La Corée du Nord, si proche, inquiétante… l’inconnu…
Cette interrogation, Jean-Louis Gouraud vient de lui donner une réponse. Nous savons désormais à quoi ressemblent les actuels chevaux nord-coréens, les kwangoks, avec toutes les infos nécessaires que l’écrivain a pu collecter sur place.

Jean-Louis Gouraud et un kwangok, cheval nord-coréen

Jean-Louis Gouraud et un kwangok, cheval nord-coréen

Jean-Louis Gouraud, c’est un écrivain, mais aussi un véritable aventurier, un explorateur équestre.
Rappelez-vous, en 1993, l’histoire du mystérieux cheval offert à François Mitterrand… en réalité, un superbe akhal téké. C’est Jean-Louis qui avait révélé l’affaire…
Rappelez-vous encore, c’est lui aussi, en 1990, qui avait rallié, tout seul, Paris-Moscou à cheval, accueilli par Gorbatchev… Il a retranscrit cette incroyable aventure dans son livre, Le Pérégrin émerveillé, chez Actes Sud, qui a reçu le prix Renaudot du livre de poche.
Sa vie est un roman, sur les traces des chevaux du monde, dans les pays les plus improbables, les plus reculés, les plus dangereux, parfois.
Il a défendu le barbe, l’akhal téké, le kabardin à une époque où les cavaliers connaissaient à peine leur existence… On ne peut résumer en quelques lignes tout ce qu’il a fait pour les chevaux et leurs cavaliers : il faut lire ses livres !
Ses livres qui apportent du rêve, ont fait naître des vocations, ont semé et continuent de semer au vent des graines de passion équestre, de voyage et d'aventure, qui n’en finissent pas de germer.
Son voyage en Corée du Nord fera l’objet de publications futures, notamment d’un chapitre à paraître de sa Petite géographie amoureuse du cheval en mars prochain, chez Belin.
Alors en attendant de les lire, pour ces photos de chevaux de Corée du Nord et pour tout le reste, merci Jean-Louis Gouraud !

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Poules du monde

Publié le par lesbiodiversitaires

Depuis la sortie de mon livre Tout pour ma poule, je reçois régulièrement de la part des copains voyageurs des photos de poules photographiées dans le monde entier.

Je profite aussi de mes propres voyages pour faire des clichés de poulettes. C'est très amusant de voir les poules dans différents milieux, de voir les races ou types de poules qu'on trouve selon les pays... Ce n'est pas toujours ce à quoi l'on s'attend... Voici quelques éléments de cette petite collection ! 

Coq et cactus. Bolivie, Amérique du Sud. Photo Delphine Cressent

Coq et cactus. Bolivie, Amérique du Sud. Photo Delphine Cressent

Guadeloupe, Pierre CrouzierGuadeloupe, Pierre Crouzier

Guadeloupe, Pierre Crouzier

Egypte, Cyrille Jacobsen

Egypte, Cyrille Jacobsen

Kirghizstan, Jan Dubois

Kirghizstan, Jan Dubois

Népal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. DuboisNépal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. Dubois
Népal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. Dubois

Népal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. Dubois

Madagascar, Benjamin Kabouche

Madagascar, Benjamin Kabouche

De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau
De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise RousseauDe haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau
De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau

De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau

Coq, Inde, Delphine Cressent

Coq, Inde, Delphine Cressent

Et en France mais rigolotes, poule dans la neige qui a froid aux pattes et poule avec un butin dans le bec, photos : Danièle Boone
Et en France mais rigolotes, poule dans la neige qui a froid aux pattes et poule avec un butin dans le bec, photos : Danièle Boone

Et en France mais rigolotes, poule dans la neige qui a froid aux pattes et poule avec un butin dans le bec, photos : Danièle Boone

Je ne peux pas les publier toutes, mais merci à tous ceux qui m’ont envoyé des photos de cocottes de pays lointains ces dernières années ! Vivement les prochaines !

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Sauvegarde du chien Berger d’Auvergne, nouvelles 2016

Publié le par lesbiodiversitaires

Le conseil d’administration de l’association de sauvegarde du chien Berger d’Auvergne (ASCBA) s’est réuni samedi 8 octobre à Sériers, dans le Cantal. L’occasion de voir deux chiots de deux mois, nés chez Julien Souvignet, et de prendre quelques décisions de conservation de cette population canine.

Julien, Jade et ses deux chiots, Milo et Miquette

Julien, Jade et ses deux chiots, Milo et Miquette

Après deux ans d’existence, pas mal de chiens recensés et plusieurs portées qui sont nées, la première phase de sauvegarde du berger d’Auvergne est bien avancée. Même s’il est encore trop tôt pour élaborer un standard strict de ce chien, donner un label à chaque chiot apparaît désormais une nécessité, afin d’éliminer les chiots trop éloignés du type Auvergne et de pouvoir partir sur de bonnes bases d’élevage pour la suite du programme.

Jade, fille de Violette, et ses chiots qui devraient être bien dans le type.
Jade, fille de Violette, et ses chiots qui devraient être bien dans le type.Jade, fille de Violette, et ses chiots qui devraient être bien dans le type.

Jade, fille de Violette, et ses chiots qui devraient être bien dans le type.

Labellisation ASCBA
Ne sont labellisés que les chiens aptes à reproduire. Une première liste de chiens a donc été examinée attentivement. Jean-François Courreau, vétérinaire et spécialiste des chiens de berger, a rappelé que la sélection doit s’opérer en fonction : « de la morphologie, de l’ascendance et/ou de la descendance et de l’aptitude au travail de l’animal ». Un chien labellisé doit satisfaire à l’ensemble de ces critères.

Les derniers chiots nés
Deux des chiots de Julien Souvignet (Jade x Jadéo) sont intéressants car ils ne sont pas porteurs du gène merle, ce qui permettra des croisements avec des chiens merle sans aucun souci (pour rappel, dans toute race de chiens, il ne faut pas croiser ensemble deux chiens porteurs du gène merle, sous risque de voir naître dans la portée des chiots présentant des problèmes génétiques). Ces deux chiots ne sont pas à placer mais destinés à devenir des reproducteurs.

Milo, fils de Jade, petit-fils de Violette

Milo, fils de Jade, petit-fils de Violette

Sont à naître chez Sylviane Grébert (Lilas x Chien) une portée fin octobre. Selon le nombre de chiots, certains seront peut-être à placer, mais en priorité pour le travail du bétail chez des éleveurs.

Lilas, à 15 jours de sa mise bas (même si ça ne se voit pas beaucoup !)

Lilas, à 15 jours de sa mise bas (même si ça ne se voit pas beaucoup !)

Du travail, encore du travail…
Rappelons en effet que le chien Berger d’Auvergne est avant tout un chien de travail, fait pour la vie en plein air et un mode de vie très dynamique. Ce n’est pas un chien d’intérieur et il ne peut absolument pas convenir à une vie urbaine ou sédentaire. La sélection va s’opérer sur ses aptitudes au travail et nous souhaitons avant tout qu’il retrouve sa place dans les fermes d’Auvergne ou d’ailleurs, au côté des éleveurs.

Fille de Voyou, Lilas a cette couleur de robe si particulière qu'on appelle merle sur fauve charbonné. Ici avec Sylviane.

Fille de Voyou, Lilas a cette couleur de robe si particulière qu'on appelle merle sur fauve charbonné. Ici avec Sylviane.

« Une bonne nouvelle, explique Julien Souvignet, président de l’association, c’est que j’ai de plus en plus de nouvelles de chiens issus des chiots qui sont nés ces deux dernières années qui travaillent. Et le fait que les propriétaires les mettent ainsi rapidement au travail, c’est une bonne surprise. »

Julien parlera du chien berger d'Auvergne ce dimanche matin sur la radio RMC dans l'émission Nos animaux avec Laëtitia Barlerin !

Pour l'écouter, c'est ici en replay.

+ une chronique sur RTL.

Milo et Jade
Milo et Jade

Milo et Jade

Si vous voulez soutenir la sauvegarde du chien berger d’Auvergne, n’hésitez pas à adhérer !
Le bulletin d’adhésion, ici.
Notre site web
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Lilas

Lilas

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La race bovine canadienne : le retour aux sources

Publié le par lesbiodiversitaires

Cette race de vache menacée se rencontre dans la belle province du Québec. Mais, comme beaucoup de Québécois, elle est, elle aussi, originaire de France. Pays dans lequel elle tente un retour...

Au XVIIe siècle, des Français qui s’embarquent pour le Canada et singulièrement le Québec, à Saint-Malo ou dans d’autres ports de la côte Ouest, emmènent avec eux les animaux domestiques qui leur permettront de subvenir à leurs besoins.
Parmi eux, figure un bétail originaire de Bretagne et sans doute aussi de Normandie. Ces animaux vont alors s’implanter en terre américaine avec leurs propriétaires et ne connaîtront pas beaucoup de brassage, les Canadiens français vivant en autarcie. C’est ainsi qu’au fil des siècles, va se forger ce que l’on appellera plus tard la race Canadienne.
Durant les premiers temps de son existence, cette race pousse sa corne au-delà du Québec et on la trouve ainsi jusqu’en Alberta. C’est une race laitière, mais qui est alors également utilisée au Canada pour le travail (traction).

Vache Canadienne photographiée au Canada dans les années 1930. Noter le cornage important et la tête ici assez volumineuse.

Vache Canadienne photographiée au Canada dans les années 1930. Noter le cornage important et la tête ici assez volumineuse.

Vache primée au Québec, années 1930. Remarquer le pis développé et bien conformé.

Vache primée au Québec, années 1930. Remarquer le pis développé et bien conformé.

Vache de race Canadienne également très bien conformée, années 1940.

Vache de race Canadienne également très bien conformée, années 1940.

Vaches attelées, Québec, années 1930.

Vaches attelées, Québec, années 1930.

Une si jolie vache
Officiellement la Canadienne est rattachée au rameau « irlando-breton » au même titre que la Bretonne pie-noir en France ou la Kerry en Irlande. De conformation, elle possède une taille petite à moyenne, fine, bien charpentée, mais peu musclée. Les attaches sont fines. La tête est longue, la poitrine étroite, le dos droit, les hanches écartées, la queue non saillante, les cuisses peu descendues, le ventre imposant, et les membres fins mais assez courts. Elle rappelle, dans sa conformation, la race de Jersey, les races bretonnes et certaines races irlandaises et norvégiennes.
Elle possède de belles cornes longues et fines, en lyre haute, la pointe légèrement rejetée vers l’arrière ; blanches à bout noir. Cependant les animaux canadiens sont très souvent écornés. Enfin, les muqueuses sont jaune foncé.
La robe de la Canadienne est souvent noire, mais aussi brun foncé ou rouge (tirant même sur le froment vif), plus ou moins charbonnée, avec auréole jaune-brun ou grise autour du mufle. De même il existe fréquemment une ligne plus pâle sur le dos.
La Canadienne est une race vive, éveillée, très résistante aux variations de température et donc d’une grande rusticité.

Hombeline, vache de robe noire. Cette vache a été importée du Canada en 2000. Manche, 2009.

Hombeline, vache de robe noire. Cette vache a été importée du Canada en 2000. Manche, 2009.

Emeraude, vache de robe noire (ou très charbonnée), Ploërdut, Morbihan, 2015. Noter la ligne claire sur le dos.

Emeraude, vache de robe noire (ou très charbonnée), Ploërdut, Morbihan, 2015. Noter la ligne claire sur le dos.

Taureau à robe charbonné, Ille-et-Vilaine, 2016. Bel exemple de taureau de la race, bien conformé.

Taureau à robe charbonné, Ille-et-Vilaine, 2016. Bel exemple de taureau de la race, bien conformé.

Joséphine et son veau, Ille-et-Vilaine, 2016. Cette vache présente une robe froment vif, la plus claire dans la race.

Joséphine et son veau, Ille-et-Vilaine, 2016. Cette vache présente une robe froment vif, la plus claire dans la race.

Heurs et malheurs de la Canadienne
Dans son pays d’origine, la Canadienne qui est donc arrivée vers 1660-1670, domine largement le cheptel, jusqu’au milieu du XIXe siècle. Elle y côtoie la race d’Ayrshire, venue d’Ecosse. A partir de 1860, on importe des races anglaises en grand nombre, si bien qu’en 1880 les pouvoirs publics sont convaincus que la Canadienne n’existe plus. Cependant une enquête menée à cette époque au Québec révèle quand même que 75 % du bétail est bien de race… Canadienne !
Cependant, de façon inexorable, les autres races prennent le pas sur la Canadienne. Si bien qu’en 1932, on considère que 80% des vaches du Québec sont de races autres que la Canadienne… On essaie de maintenir la race, et la ferme-école de Deschambault est créée pour conserver un troupeau de grande valeur.
Malheureusement, ce troupeau est décimé lors d’un incendie survenu en 1983. Dans les années 1970, on pratique une infusion de sang de la Brune (Brown Swiss américaine), mais aujourd’hui, au Québec même, un certain nombre de personnes se battent pour maintenir un noyau d’animaux de race pure.
Les choses ne vont pas bien pour la Canadienne. En 1987 la race est vraiment considérée comme en danger d’extinction, et en 1999, on considère qu’il ne reste plus qu’une centaine de femelles de la race originelle. Elle est alors reconnue « race patrimoniale du Québec », à côté du cheval canadien et de la poule Chantecler. En 2016, il ne reste guère plus de 150 vaches au Canada qui sont 100 % de race canadienne, pour un total de 1 000 vaches plus ou moins croisées…

Défilé d’animaux primés, Québec, années 1950. Du temps où la race était encore bien présente au Canada (photo fonds de la Société d’éleveurs de bovins canadiens).

Défilé d’animaux primés, Québec, années 1950. Du temps où la race était encore bien présente au Canada (photo fonds de la Société d’éleveurs de bovins canadiens).

Vache à robe rouge froment et extrémités charbonnées, Ille-et-Vilaine, 2016. On retrouve un peu la conformation de la Froment du Léon, dont elle partage peut-être une partie de ses origines.

Vache à robe rouge froment et extrémités charbonnées, Ille-et-Vilaine, 2016. On retrouve un peu la conformation de la Froment du Léon, dont elle partage peut-être une partie de ses origines.

Retour sur la terre des ancêtres
C’est à partir de ce moment que la France rentre de nouveau en scène.
En France, une vingtaine d’embryons sont importés, à titre privé, en 1995. Il naîtra en 1996, pour la première fois sur le sol français, trois mâles et une femelle de race Canadienne. En 1999, deux agriculteurs québécois installés en France font venir onze génisses et trois taureaux. Ainsi se crée un petit noyau de population de race Canadienne pure en France et c’est de cette façon que cette race revient sur ses terres d’origine, près de 340 années après son départ vers le Nouveau Monde !
Actuellement (2016), on compte environ 40 vaches de plus de 2 ans, principalement réparties dans l’ouest de la France, une trentaine de génisses et un peu plus de 10 taureaux, soit un total d’environ 80 animaux. Ce qui représente tout de même un pourcentage non négligeable de la population totale de la race !

Hôtesse, vache Canadienne, ayant été importée du Québec dans les années 1990, Mayenne 2006 (photo Serge Chevallier).

Hôtesse, vache Canadienne, ayant été importée du Québec dans les années 1990, Mayenne 2006 (photo Serge Chevallier).

Champlain, superbe taureau, ayant été également importé et dont la semence est aujourd’hui conservée, Mayenne 2006 (photo Serge Chevallier).

Champlain, superbe taureau, ayant été également importé et dont la semence est aujourd’hui conservée, Mayenne 2006 (photo Serge Chevallier).

Ce retour est également l’occasion de s’interroger sur l’origine de cette race. Nous avons déjà publié un post sur la population bovine dite Brune de Guingamp qui semble avoir survécu pendant des décennies, peut-être jusqu’au milieu du XXe siècle… Serait-ce alors sinon l’ancêtre, du moins la cousine de l’actuelle Canadienne ? Si l’on ne peut l’affirmer, les analogies entre ces deux types d’animaux sont troublantes…

Comparaison entre une vache de race Canadienne (à G, photo Laurent Avon) et des animaux de type « Brune de Guingamp » photographiés au début du XXe siècle dans le Finistère. On décèle une analogie de conformation surtout si l’on compare la Canadienne à l’animal au centre de la photo ancienne.

Comparaison entre une vache de race Canadienne (à G, photo Laurent Avon) et des animaux de type « Brune de Guingamp » photographiés au début du XXe siècle dans le Finistère. On décèle une analogie de conformation surtout si l’on compare la Canadienne à l’animal au centre de la photo ancienne.

Quel avenir en France ?
Ainsi la Canadienne aura traversé deux fois l’Atlantique. Ce « retour » se fait dans un contexte paradoxal. D’une part, la production laitière a diminué en France. Et la course effrénée à la productivité croissante fait que la plupart des éleveurs privilégie des races à fort rendement (type Prim’Holstein). D’un autre côté, les consommateurs sont toujours plus nombreux à rechercher des produits de qualité, en circuit court. La Canadienne offre l’avantage de produire un lait de très grande qualité, très riche en taux protéique (assez proche de celui de la Jersiaise ou de la Froment du Léon) et permettre l’élaboration de produits laitiers excellents. Au Québec, il se fait même un fromage élaboré uniquement à partir de son lait. Plusieurs éleveurs se sont lancés dans l’élevage de cette race, à la fois pour valoriser son lait, mais aussi ses veaux qui sont de grande qualité.

Fromage québécois élaborée exclusivement à partir de lait de race Canadienne. Ce fromage a reçu l’appellation contrôlée en 2016 (photo La Presse.ca).

Fromage québécois élaborée exclusivement à partir de lait de race Canadienne. Ce fromage a reçu l’appellation contrôlée en 2016 (photo La Presse.ca).

Reste peut-être le nom de « Canadienne »… Si la volonté est de permettre à cette race de grande valeur de s’ancrer à nouveau sur ses terres d’origine, le nom qu’elle porte actuellement n’est peut-être pas le meilleur pour lui permettre de se faire connaître. En effet, « Canadienne » l’estampille indissolublement de race étrangère, ce qui peut être contreproductif pour faire valoir les atouts d’une race rustique et locale. Et même si la Canadienne est la plus « française » des races américaines, il n’en demeure pas moins que son nom la dessert peut être de ce côté-là de l’Atlantique…
Il y a donc lieu de s’interroger, et nous sommes plusieurs à le faire, sur un nom qui l’assimile davantage à ses origines. Elle pourrait donc porter en France un nom comme « Brune de Guingamp » qui l’assimilerait directement à une population voisine (ou similaire). Ou encore « Brune de Bretagne », voire « Brune de l’Ouest » (même si le nom est moins original). Bref, il ne s’agit là que de pistes de réflexion, mais il est certain qu’allier un nom de terroir à des qualités intrinsèques indiscutables, le tout dans un contexte de valorisation produits locaux, donnerait à cette belle race (d’ailleurs reconnue en France en 2004) une souffle essentiel pour sa survie.

Deux génisses Canadiennes, Ille-et-Vilaine, 2016. Voici l’avenir de la race…

Deux génisses Canadiennes, Ille-et-Vilaine, 2016. Voici l’avenir de la race…

Pour en savoir plus sur la Canadienne au Québec, regardez cette vidéo.

Pour les photos, merci aux éleveurs Mickaël Romé et Aymeric Le Provost de nous avoir ouvert les portes de leurs superbes élevages.

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Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Publié le par lesbiodiversitaires

Qu’est-ce qui nous a poussés, au cœur de l’hiver dernier, à traverser d’abord l’Atlantique puis les États de New York, du New Jersey, de la Pennsylvanie, du Delaware et du Maryland pour nous rendre jusqu’en Virginie ?

Oies des neiges.

Oies des neiges.

Bien sûr, il y avait le plaisir d’aller rendre visite à nos amis ornithogues la peintre Sarah Plimpton et l’historien Robert Paxton, à New York, et à participer avec eux sur Long Island à un fameux Christmas Day américain (journée organisée par la National Audubon Society où il s’agit de compter toutes les espèces vues en une journée - un reportage a été réalisé, à venir pour L'Oiseau magazine). Toujours sur Long Island, nous avons cherché (en vain) l’harfang des neiges.

Central park, au coeur de New York, regorge d'oiseaux. Ici un cardinal rouge et un pic à ventre roux.
Central park, au coeur de New York, regorge d'oiseaux. Ici un cardinal rouge et un pic à ventre roux.Central park, au coeur de New York, regorge d'oiseaux. Ici un cardinal rouge et un pic à ventre roux.

Central park, au coeur de New York, regorge d'oiseaux. Ici un cardinal rouge et un pic à ventre roux.

Et comme tous les ornithos locaux, nous sommes allés voir le passerin nonpareil de passage dans un parc de Brooklyn.

Tous les ornithos new-yorkais sont venus voir le passerin nonpareil, qui cherche ici la nourriture dans les feuilles mortes.
Tous les ornithos new-yorkais sont venus voir le passerin nonpareil, qui cherche ici la nourriture dans les feuilles mortes.Tous les ornithos new-yorkais sont venus voir le passerin nonpareil, qui cherche ici la nourriture dans les feuilles mortes.

Tous les ornithos new-yorkais sont venus voir le passerin nonpareil, qui cherche ici la nourriture dans les feuilles mortes.

Mais il y avait une autre raison.
Étaient-ce les oies des neiges, observées par milliers dans le ciel ou posées, immaculées ?

Oies des neiges...
Oies des neiges...

Oies des neiges...

Étaient-ce les goélands d’Amérique ou à bec cerclé ?

Un goéland à bec cerclé qui prend la pose.
Un goéland à bec cerclé qui prend la pose.

Un goéland à bec cerclé qui prend la pose.

Étaient-ce les pygargues à tête blanche, emblème des États-Unis ?

Pygargues à tête blanche, stoïques.

Pygargues à tête blanche, stoïques.

​Petite vidéo des pygargues.

Ou encore les furtives parulines avec leur petit croupion jaune ?

Paruline à croupion jaune.

Paruline à croupion jaune.

C’était tout cela, bien sûr ! Mais encore autre chose.
En Virginie, nous n’allions pas au hasard.
Nous nous rendions sur une presqu’île, elle-même longée d’une île…

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)


Là-bas, les maisons de bois se succèdent, puis de vastes marécages, des forêts, des étangs couverts d’oies des neiges (avec quelques oies de Ross), et d’immenses plages de sable blanc.
L’un de ces lieux clairs et calmes, irisés, où l’on se dit qu’on aimerait vivre.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Les îles portent des noms indiens. On y trouve une réserve naturelle. Et à intervalles réguliers, le sable ivoire est parsemé de crottins.
Elles ont pour nom : Assateague, et Chincoteague.
Et elles étaient le but le plus extrême, au Sud, de cette échappée américaine.

Car en posant le pied sur Assateague et Chincoteague, on rentre sur les terres des chevaux sauvages.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)
Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Les chevaux sauvages… parias aux États-Unis pendant des décennies, car trop libres, refusant la selle et la bride, et galopant où bon leur semble… parias parce qu’associés aux Indiens…

Cette liberté, les mustangs l’ont cher payée : des dizaines de milliers de chevaux ont été massacrés aux États-Unis au XXe siècle.

Passant entre les mailles de ces massacres, plusieurs troupeaux subsistent sur les îles d’Assateague et de Chincoteague.

Les chevaux de Chincoteague sont du côté des Indiens, et pas de celui des cow-boys. Il y a plusieurs siècles, ils ont repris leur liberté.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)
Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Il faut les chercher dans les bois, dans les prairies d’herbes hautes, dans les marais où ils pâturent. Les plus chanceux les verront galoper sur la plage. Si un troupeau est assez facile à voir au loin dans la forêt après une petite marche à pied, les chevaux qui se trouvent sur la pointe Nord d’Assateague sont presque inaccessibles, dans des zones de la réserve interdites aux voitures et aux vélos. Il faut marcher 7 miles pour arriver sur leurs terres, sans aucune certitude de les trouver.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Ce sont de jolis petits chevaux (pour qui aime les rustiques, bien sûr), d’1,22 à 1,47 m, avec des yeux allongés, de petits sabots, des robes très variées (bai, bai pangaré, pie isabelle clair, pie noir, pie alezan, pie bai, pie alezan crins lavés, etc.). Ils semblent calmes et sûrs d’eux. La crinière est bien fournie, parfois un peu ondulée. Bien que ce soit l’hiver, ils ne sont pas maigres. Il en resterait environ 300 sur les îles et un peu plus sur le continent.
Ils sont bien entendu désormais protégés. De nuisibles par le passé, ils sont devenus une véritable attraction touristique pour l’île en été, où l’on peut prendre le bateau pour aller les voir pâturer le long des berges.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)
Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Une écrivaine, Marguerite Henry, a écrit un roman pour la jeunesse, Misty of Chincoteague (1947), qui a permis à ces petits chevaux de devenir très célèbres. Depuis, les Américains ont su faire de ces sauvageons un trésor. Plus personne ne songe à les abattre. Ceux qui sont en sureffectif sont ramenés sur le continent pour servir de monture. Difficile de ne pas penser à nos propres populations d’animaux domestiques sauvages français, la vache de l’île d’Amsterdam, abattue jusqu’à la dernière en 2010, et la betizu du Pays Basque, dernière vache férale française, et seul animal domestique autorisé à… la chasse

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Un matin, trois chevaux effrontés décident de venir brouter au bord de la route, ce qui crée un embouteillage, les pick-up s’arrêtent, les conducteurs descendent et les prennent en photo. Les chevaux regardent les bipèdes avec dédain et s’éloignent dans la forêt, d’une foulée ample et déterminée.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Le soleil se couche sur les grandes troupes d’oies des neiges, qui surgissent de nulle part dans le ciel, en cancanant bruyamment. Encore un crottin séché sur la plage. Quand sont-ils venus, les derniers chevaux de Chincoteague, se rouler dans le sable et galoper sur la plage claire ?

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)
Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Et quand reviendront-ils humer les embruns, le vent dans les crins emmêlés, libres pour toujours ?

Pour voir notre petite vidéo (avec la longue-vue !) des chevaux de Chincoteague, c'est ici.
Pour en savoir plus sur tous les chevaux du monde, un livre, ici.

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