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Une irrésistible petite chouette : la chevêche d'Athéna

Publié le par lesbiodiversitaires

Photo : Stéphane Gigalkin

Photo : Stéphane Gigalkin

Avec la chouette hulotte et l'effraie des clochers, la chevêche d'Athéna est l'un des rapaces nocturnes les plus régulièrement présents en France. Avec sa bouille ronde, son air renfrogné et ses yeux d'or, il est assez difficile de lui être insensible !

La chevêche d'Athéna (Athene noctua) mesure 22 cm de haut pour une envergure comprise entre 54 et 58 cm, et un poids variant entre 180 et 220 g. Elle est surtout active le crépuscule et la nuit mais peut chasser à l’aube et être visible parfois en plein jour. Elle mange des campagnols, mulots, musaraignes, vers de terre, insectes, oiseaux... Elle est en déclin prononcé en Europe, et strictement protégée.

Une enquête morbihannaise
Une enquête a été menée par des bénévoles et l'association Bretagne Vivante, en 2015 et 2016 dans le Morbihan (56), afin d'en savoir plus sur cette petite chouette dans ce département. En tout, plus de 70 observateurs ont parcouru les nuits morbihannaises, pendant deux hivers et deux printemps, à la recherche de cet oiseau nocturne. Ce fut l'occasion de quelques jolis moments naturalistes.
Chercher la chevêche d'Athéna n'est pas chose facile. La quête est souvent vaine. D'abord, il faut aimer se balader la nuit, sous la lune, et écouter les bruits du soir, attentivement. On se contente, le plus souvent, d'entendre l'oiseau, plus que de le voir. Certaines chevêches sont par contre décomplexées et font leur show. Un couple de chouettes a ainsi animé quelques années un petit lieu-dit d'Erdeven, dans le 56, nichant pile en face d'un gros dolmen très visité par les touristes et surveillant du haut d'une cheminée tout ce qui se passait dans le village, très visible. Les chats du quartier se faisaient régulièrement copieusement engueuler, voire intimider, ce qui donnait des scènes comiques à voir ! Malheureusement, des travaux dans leur ruine de prédilection ont obligé ces deux commères à déménager...

Protégeons-la !
La chevêche est très liée aux milieux agricoles. Amis éleveurs, si elle fréquente votre ferme, préservez-la, laissez-lui son petit coin de ruine où elle se plait. Tout comme les autres chouettes, elle est votre alliée, chassant les petits rongeurs.
Elle est aussi symbole de la sagesse, oiseau emblème d'Athéna, souvent repris dans la philosophie.
Si vous avez la grande chance d'avoir chez vous des chouettes, des hirondelles, des chauves-souris, laissez-les vivre en paix en votre compagnie, et soyez tolérants envers leurs quelques petites crottes ! Soyez heureux d'être choisis : cela prouve que votre maison est attirante, et c'est bon signe. Si vous avez des travaux à faire, prenez grand soin de les faire en bonne intelligence avec ces espèces protégées, en déclin partout dans le monde. Les associations de protection de la nature pourront vous donner des conseils pour aménager au mieux votre maison.

Ce petit zoom sur la chevêche est aussi l'occasion de présenter ici une série sur l'espèce du photographe Stéphane Gigalkin, que nous remercions de nous avoir envoyé ces magnifiques photos. Il nous autorise à partager ces instants magiques avec vous :

Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin
Photos : Stéphane Gigalkin

Photos : Stéphane Gigalkin

Pour en savoir plus sur l'espèce :
Pour les Bretons, intervention sur la chevêche d'Athéna, par Martin Diraison et Elise Rousseau, samedi 3 décembre, aux prochaines Rencontres Ornithologiques Bretonnes, organisées par l'association Bretagne Vivante à Concarneau.
Pour retrouver les photos de Stéphane Gigalkin, voici le lien.
Le site du réseau national Chevêche ici.

Publié dans Biodiversité sauvage

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Le chemin mystérieux... Devinette : de quoi s'agit-il ?

Publié le par lesbiodiversitaires

Image prise par M. et Mme Begué, dans un coin perdu de Seine-Maritime

Image prise par M. et Mme Begué, dans un coin perdu de Seine-Maritime

Une amie nous envoie cette photo en nous précisant : « au cours d’une découverte des chemins ruraux organisée par l’association l’A.R.B.R.E (Association rurale brayonne pour le respect de l’environnement), mes parents ont découvert ce chemin. »

Quel étrange chemin... Selon vous, de quoi s'agit-il ? 

Ajout le 20 novembre :
Bravo à Thomas qui a trouvé la bonne réponse !
La réponse exacte transmise par notre amie est la suivante :
« Cette image, nous l’avons appelée « le chemin aux vaches ». C’est un passage très ancien de bovins de la ferme au pré. A force de marcher toujours dans les mêmes empreintes, les sabots ont modelé le terrain humide et boueux (du Pays de Bray), en ornières parallèles. Les creux atteignent la hauteur d'une botte. Patrimoine agricole à conserver. »
Une jolie découverte !

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Corée du Nord : le voile se lève enfin sur un cheval méconnu

Publié le par lesbiodiversitaires

Cette photo toute simple, reçue ce matin, est l’une des plus jubilatoires pour nous en termes de biodiversité domestique depuis bien longtemps…

De retour de voyage, l’écrivain-voyageur Jean-Louis Gouraud a eu la gentillesse de nous l’envoyer, sachant parfaitement la joie qu’elle déclencherait dès sa réception… !

Un kwangok

Un kwangok

C’est un document particulièrement frappant quand on s’intéresse aux races de chevaux. Parce qu’elle a été prise… en Corée du Nord. Et nous sommes très heureux d’être autorisés à la publier ! Cela faisait en effet quelques temps que Jean-Louis Gouraud avait envie de se rendre dans ce pays, pour en savoir plus...

Si vous lisez le guide Tous les chevaux du monde (travail d’Elise illustré par Yann Le Bris), vous vous rendrez compte que rien n’est écrit sur la Corée du Nord. Juste une ligne pour dire qu’on peut supposer que ces animaux doivent sans doute ressembler à ceux de Corée du Sud. Pour une raison simple : jusqu’au retour de Corée du Nord de Jean-Louis, il n’y avait guère d’information disponible. Il y a ainsi quelques lieux dans le monde où, pour des raisons politiques, il est bien compliqué de savoir ce qui se passe au niveau équestre. La Corée du Nord en fait évidemment partie…
Durant l’hiver 2013, en pleine rédaction du guide, nous étions présents en Corée du Sud, à la frontière nord-coréenne. Les petits chevaux sud-coréens étaient là, attelés à des carrioles bariolées pour promener les touristes… Mais à l’horizon, c’était le point d’interrogation : qu'y avait-il, derrière la frontière ? La Corée du Nord, si proche, inquiétante… l’inconnu…
Cette interrogation, Jean-Louis Gouraud vient de lui donner une réponse. Nous savons désormais à quoi ressemblent les actuels chevaux nord-coréens, les kwangoks, avec toutes les infos nécessaires que l’écrivain a pu collecter sur place.

Jean-Louis Gouraud et un kwangok, cheval nord-coréen

Jean-Louis Gouraud et un kwangok, cheval nord-coréen

Jean-Louis Gouraud, c’est un écrivain, mais aussi un véritable aventurier, un explorateur équestre.
Rappelez-vous, en 1993, l’histoire du mystérieux cheval offert à François Mitterrand… en réalité, un superbe akhal téké. C’est Jean-Louis qui avait révélé l’affaire…
Rappelez-vous encore, c’est lui aussi, en 1990, qui avait rallié, tout seul, Paris-Moscou à cheval, accueilli par Gorbatchev… Il a retranscrit cette incroyable aventure dans son livre, Le Pérégrin émerveillé, chez Actes Sud, qui a reçu le prix Renaudot du livre de poche.
Sa vie est un roman, sur les traces des chevaux du monde, dans les pays les plus improbables, les plus reculés, les plus dangereux, parfois.
Il a défendu le barbe, l’akhal téké, le kabardin à une époque où les cavaliers connaissaient à peine leur existence… On ne peut résumer en quelques lignes tout ce qu’il a fait pour les chevaux et leurs cavaliers : il faut lire ses livres !
Ses livres qui apportent du rêve, ont fait naître des vocations, ont semé et continuent de semer au vent des graines de passion équestre, de voyage et d'aventure, qui n’en finissent pas de germer.
Son voyage en Corée du Nord fera l’objet de publications futures, notamment d’un chapitre à paraître de sa Petite géographie amoureuse du cheval en mars prochain, chez Belin.
Alors en attendant de les lire, pour ces photos de chevaux de Corée du Nord et pour tout le reste, merci Jean-Louis Gouraud !

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Poules du monde

Publié le par lesbiodiversitaires

Depuis la sortie de mon livre Tout pour ma poule, je reçois régulièrement de la part des copains voyageurs des photos de poules photographiées dans le monde entier.

Je profite aussi de mes propres voyages pour faire des clichés de poulettes. C'est très amusant de voir les poules dans différents milieux, de voir les races ou types de poules qu'on trouve selon les pays... Ce n'est pas toujours ce à quoi l'on s'attend... Voici quelques éléments de cette petite collection ! 

Coq et cactus. Bolivie, Amérique du Sud. Photo Delphine Cressent

Coq et cactus. Bolivie, Amérique du Sud. Photo Delphine Cressent

Guadeloupe, Pierre CrouzierGuadeloupe, Pierre Crouzier

Guadeloupe, Pierre Crouzier

Egypte, Cyrille Jacobsen

Egypte, Cyrille Jacobsen

Kirghizstan, Jan Dubois

Kirghizstan, Jan Dubois

Népal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. DuboisNépal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. Dubois
Népal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. Dubois

Népal, Thierry Quélennec ; Cuba, Jan Dubois ; Cambodge, Philippe J. Dubois

Madagascar, Benjamin Kabouche

Madagascar, Benjamin Kabouche

De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau
De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise RousseauDe haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau
De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau

De haut en bas et de gauche à droite : Japon, Estonie, Afrique du Sud, Tunisie, Elise Rousseau

Coq, Inde, Delphine Cressent

Coq, Inde, Delphine Cressent

Et en France mais rigolotes, poule dans la neige qui a froid aux pattes et poule avec un butin dans le bec, photos : Danièle Boone
Et en France mais rigolotes, poule dans la neige qui a froid aux pattes et poule avec un butin dans le bec, photos : Danièle Boone

Et en France mais rigolotes, poule dans la neige qui a froid aux pattes et poule avec un butin dans le bec, photos : Danièle Boone

Je ne peux pas les publier toutes, mais merci à tous ceux qui m’ont envoyé des photos de cocottes de pays lointains ces dernières années ! Vivement les prochaines !

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La danse du satanig

Publié le par lesbiodiversitaires

Parmi les espèces qui nous fascinent le plus lors de nos sorties en mer figure le petit océanite tempête. Toujours entre deux vagues, il joue à cache-cache avec les observateurs.

L’océanite tempête est un petit Procellariiformes, c’est-à-dire qu’il appartient à la famille des puffins, des pétrels, mais aussi des albatros, les géants des mers.
Guère plus gros qu’une hirondelle, l’océanite tempête, niche dans les excavations des îlots les plus perdus de l’Atlantique Nord. En Bretagne, une petite population d’environ 850 couples niche chaque année, de même qu’une autre, d’environ 50 couples, le fait en Méditerranée. Ce n’est rien en regard des centaines de milliers de couples que l’on trouve plus au nord de la France. C’est pourquoi nos petits effectifs sont probablement renforcés, dès l’été, par ces oiseaux plus septentrionaux, avant que tout ce petit monde ne file ensuite beaucoup plus au sud, pour passer l’hiver.
Noir, avec son croupion blanc, l’océanite tempête rappelle en effet l’hirondelle de fenêtre (laquelle a cependant le dessous blanc). Les marins bretons l’appellent satanig ou satanik, parce qu’il se montre surtout par gros temps, lors des tempêtes. C’est peut-être alors un envoyé du diable qui se joue de la mer démontée ?
Quelques photos de ces parties de cache-cache...

La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig
La danse du satanig

Publié dans Biodiversité sauvage

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Sauvegarde du chien Berger d’Auvergne, nouvelles 2016

Publié le par lesbiodiversitaires

Le conseil d’administration de l’association de sauvegarde du chien Berger d’Auvergne (ASCBA) s’est réuni samedi 8 octobre à Sériers, dans le Cantal. L’occasion de voir deux chiots de deux mois, nés chez Julien Souvignet, et de prendre quelques décisions de conservation de cette population canine.

Julien, Jade et ses deux chiots, Milo et Miquette

Julien, Jade et ses deux chiots, Milo et Miquette

Après deux ans d’existence, pas mal de chiens recensés et plusieurs portées qui sont nées, la première phase de sauvegarde du berger d’Auvergne est bien avancée. Même s’il est encore trop tôt pour élaborer un standard strict de ce chien, donner un label à chaque chiot apparaît désormais une nécessité, afin d’éliminer les chiots trop éloignés du type Auvergne et de pouvoir partir sur de bonnes bases d’élevage pour la suite du programme.

Jade, fille de Violette, et ses chiots qui devraient être bien dans le type.
Jade, fille de Violette, et ses chiots qui devraient être bien dans le type.Jade, fille de Violette, et ses chiots qui devraient être bien dans le type.

Jade, fille de Violette, et ses chiots qui devraient être bien dans le type.

Labellisation ASCBA
Ne sont labellisés que les chiens aptes à reproduire. Une première liste de chiens a donc été examinée attentivement. Jean-François Courreau, vétérinaire et spécialiste des chiens de berger, a rappelé que la sélection doit s’opérer en fonction : « de la morphologie, de l’ascendance et/ou de la descendance et de l’aptitude au travail de l’animal ». Un chien labellisé doit satisfaire à l’ensemble de ces critères.

Les derniers chiots nés
Deux des chiots de Julien Souvignet (Jade x Jadéo) sont intéressants car ils ne sont pas porteurs du gène merle, ce qui permettra des croisements avec des chiens merle sans aucun souci (pour rappel, dans toute race de chiens, il ne faut pas croiser ensemble deux chiens porteurs du gène merle, sous risque de voir naître dans la portée des chiots présentant des problèmes génétiques). Ces deux chiots ne sont pas à placer mais destinés à devenir des reproducteurs.

Milo, fils de Jade, petit-fils de Violette

Milo, fils de Jade, petit-fils de Violette

Sont à naître chez Sylviane Grébert (Lilas x Chien) une portée fin octobre. Selon le nombre de chiots, certains seront peut-être à placer, mais en priorité pour le travail du bétail chez des éleveurs.

Lilas, à 15 jours de sa mise bas (même si ça ne se voit pas beaucoup !)

Lilas, à 15 jours de sa mise bas (même si ça ne se voit pas beaucoup !)

Du travail, encore du travail…
Rappelons en effet que le chien Berger d’Auvergne est avant tout un chien de travail, fait pour la vie en plein air et un mode de vie très dynamique. Ce n’est pas un chien d’intérieur et il ne peut absolument pas convenir à une vie urbaine ou sédentaire. La sélection va s’opérer sur ses aptitudes au travail et nous souhaitons avant tout qu’il retrouve sa place dans les fermes d’Auvergne ou d’ailleurs, au côté des éleveurs.

Fille de Voyou, Lilas a cette couleur de robe si particulière qu'on appelle merle sur fauve charbonné. Ici avec Sylviane.

Fille de Voyou, Lilas a cette couleur de robe si particulière qu'on appelle merle sur fauve charbonné. Ici avec Sylviane.

« Une bonne nouvelle, explique Julien Souvignet, président de l’association, c’est que j’ai de plus en plus de nouvelles de chiens issus des chiots qui sont nés ces deux dernières années qui travaillent. Et le fait que les propriétaires les mettent ainsi rapidement au travail, c’est une bonne surprise. »

Julien parlera du chien berger d'Auvergne ce dimanche matin sur la radio RMC dans l'émission Nos animaux avec Laëtitia Barlerin !

Pour l'écouter, c'est ici en replay.

+ une chronique sur RTL.

Milo et Jade
Milo et Jade

Milo et Jade

Si vous voulez soutenir la sauvegarde du chien berger d’Auvergne, n’hésitez pas à adhérer !
Le bulletin d’adhésion, ici.
Notre site web
Notre page Facebook

Lilas

Lilas

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Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Publié le par lesbiodiversitaires

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Quand on pense au brame du cerf, on imagine souvent les forêts brumeuses et enchevêtrées du centre de la France. Mais l’écouter en montagne offre des ambiances très différentes.

Devant nous rendre à un conseil d’administration de l’association de sauvegarde du chien Berger d’Auvergne, nous nous sommes dits il y a quelques jours : et pourquoi ne pas aller écouter le brame du cerf dans le Cantal ?
En effet, dans cette région encore préservée, ces grands mammifères sont bien présents, et le brame est toujours un moment intense de la vie de ces animaux d’ordinaire discrets.
Les cerfs élaphes, quand ils sont en rut, brament de mi-septembre à mi-octobre environ, pour draguer les femelles et intimider les autres mâles, et leur brame s’entend à plusieurs kilomètres.

Après nous être renseignés sur les bons endroits pour l’écouter, nous voilà donc partis. Un petit village reculé dans la montagne. Nous devons passer une ferme à notre gauche, une maisonnette à notre droite, puis prendre le chemin caillouteux qui mène à une vieille ruine. La petite voiture de location (nous sommes venus en train), poussive, n’aime pas trop ça, elle, les chemins caillouteux… Nous avançons quand même, puis le chemin est coupé par une barrière à vaches. Nous l’ouvrons puis passons, sous les yeux interloqués de quelques Salers, dont une décoche une ruade de protestation en direction de la voiture.

Vaches Salers.

Vaches Salers.

Mais à nouveau, plus loin, des barrières… les vaches ont pris possession du chemin. Nous décidons donc d’abandonner la petite voiture toute seule sous un arbre.
« Les vaches, elles ne risquent pas de s’y frotter ?, dis-je, soupçonneuse, en pensant à ma plus jeune jument camargue qui adore frotter son gros derrière aux voitures, tirer sur les essuie-glaces avec ses dents et faire mine d’arracher les rétroviseurs avec son nez, quand elle ne se met pas à lécher les vitres de sa langue baveuse.
- Mais non ! », répond Philippe, toujours beaucoup plus optimiste que moi envers les intentions prétendument inoffensives des animaux.

Vaches de race Aubrac

Vaches de race Aubrac

Bref, nous laissons la voiture, fourrons le pique-nique (pain, fromage Cantal et pounti) dans un sac à dos, et continuons à pied le chemin.
C’est une petite vallée, et, comme dirait Robert Redford, au milieu coule une rivière. Une vraie rivière à truite, qui glougloute entre les rochers.
Le brame de plusieurs cerfs raisonne déjà dans les montagnes. Ici, ils sont tranquilles, et commencent à bramer tôt.
Les vaches nous regardent passer. Des Salers au look d’auroch, des Aubracs aux yeux de biches. Le fond de la vallée est un cirque herbeux. En bas, les pâtures des vaches. En haut, la montagne sauvage, et les cerfs. Nous arrivons à une vieille bergerie abandonnée et nous nous installons à l’abri du vent. Un premier cerf est vite repéré au loin, accompagné de quatre biches.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagneLe brame du cerf, le soir, dans la montagne

Une petite vidéo de la course des nuages... et du brame ce soir-là.

L’avantage d’observer le brame du cerf en montagne, c’est qu’il est assez facile de repérer les animaux, qui se déplacent lentement dans les pentes. Ils ne sont pas dissimulés par les arbres, à l’horizontale, comme en plaine. Nous restons loin d’eux, tranquillement cachés derrière un muret.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagneLe brame du cerf, le soir, dans la montagne

« Sur la crête, il y a un mâle solitaire qui surveille les autres ! », précise tout à coup un vieux bonhomme qui vient de sortir des buissons et de descendre dans notre direction. « Puis un autre, là-bas, sous l’arbre rond, qui vient de se cacher ! » Nous ne les avions pas encore vus.
« Ah ! ben vous avez le coup d’œil, vous !, dis-je innocemment.
- Hé hé, c’est normal ! Je suis chasseur, répond-il fièrement, en bombant le torse. Ça aide. »
Je réponds par un genre de grommèlement pâteux et dénué de sens, mi-poli mi-outré, tandis que le chasseur, fort satisfait, quitte les lieux.
« Un cerf, un cerf… il a peut-être confondu avec une vache », marmonne ensuite Philippe, d’une mauvaise foi irréelle.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Il fait froid.

La brume commence à tomber sur le sommet des montagnes.
Sur la bergerie, un artiste anonyme s’est amusé à taguer la faune locale, dont une tête de cerf.
Le brame s’intensifie.

Nous comptons 8 mâles et 5 biches.
D’autres doivent être cachés dans la forêt.
Le vent fait bruisser les feuilles, les vaches font tinter leurs cloches et poussent quelques meuglements, et les cerfs brament tout ce qu’ils peuvent, par vagues.

Pour avoir un aperçu de l'échelle...

Pour avoir un aperçu de l'échelle...

Le crépuscule tombe de plus en plus. Sorti d’on ne sait où, on voit rentrer un photographe, en habit de camouflage, descendant à grandes enjambées la montagne. Il n’a plus assez de lumière pour faire de belles photos. Nous écoutons encore.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Puis le froid devient plus mordant, la nuit tombe et il est temps de partir, tandis que le ciel se teinte d’une brume rosée et que de petites chauves-souris commencent à tournoyer sous la lune, entre les montagnes noires qui raisonnent de l’appel retentissant des grands cervidés.

Le brame du cerf, le soir, dans la montagneLe brame du cerf, le soir, dans la montagneLe brame du cerf, le soir, dans la montagne
Le brame du cerf, le soir, dans la montagne

Suite du brame...

Le surlendemain, en descendant d'une montage située sur les lieux du brame, rencontre par hasard, nez à nez, avec un cerf plus jeune que ceux observés jusqu'ici...

Le surlendemain, en descendant d'une montage située sur les lieux du brame, rencontre par hasard, nez à nez, avec un cerf plus jeune que ceux observés jusqu'ici...

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La race bovine canadienne : le retour aux sources

Publié le par lesbiodiversitaires

Cette race de vache menacée se rencontre dans la belle province du Québec. Mais, comme beaucoup de Québécois, elle est, elle aussi, originaire de France. Pays dans lequel elle tente un retour...

Au XVIIe siècle, des Français qui s’embarquent pour le Canada et singulièrement le Québec, à Saint-Malo ou dans d’autres ports de la côte Ouest, emmènent avec eux les animaux domestiques qui leur permettront de subvenir à leurs besoins.
Parmi eux, figure un bétail originaire de Bretagne et sans doute aussi de Normandie. Ces animaux vont alors s’implanter en terre américaine avec leurs propriétaires et ne connaîtront pas beaucoup de brassage, les Canadiens français vivant en autarcie. C’est ainsi qu’au fil des siècles, va se forger ce que l’on appellera plus tard la race Canadienne.
Durant les premiers temps de son existence, cette race pousse sa corne au-delà du Québec et on la trouve ainsi jusqu’en Alberta. C’est une race laitière, mais qui est alors également utilisée au Canada pour le travail (traction).

Vache Canadienne photographiée au Canada dans les années 1930. Noter le cornage important et la tête ici assez volumineuse.

Vache Canadienne photographiée au Canada dans les années 1930. Noter le cornage important et la tête ici assez volumineuse.

Vache primée au Québec, années 1930. Remarquer le pis développé et bien conformé.

Vache primée au Québec, années 1930. Remarquer le pis développé et bien conformé.

Vache de race Canadienne également très bien conformée, années 1940.

Vache de race Canadienne également très bien conformée, années 1940.

Vaches attelées, Québec, années 1930.

Vaches attelées, Québec, années 1930.

Une si jolie vache
Officiellement la Canadienne est rattachée au rameau « irlando-breton » au même titre que la Bretonne pie-noir en France ou la Kerry en Irlande. De conformation, elle possède une taille petite à moyenne, fine, bien charpentée, mais peu musclée. Les attaches sont fines. La tête est longue, la poitrine étroite, le dos droit, les hanches écartées, la queue non saillante, les cuisses peu descendues, le ventre imposant, et les membres fins mais assez courts. Elle rappelle, dans sa conformation, la race de Jersey, les races bretonnes et certaines races irlandaises et norvégiennes.
Elle possède de belles cornes longues et fines, en lyre haute, la pointe légèrement rejetée vers l’arrière ; blanches à bout noir. Cependant les animaux canadiens sont très souvent écornés. Enfin, les muqueuses sont jaune foncé.
La robe de la Canadienne est souvent noire, mais aussi brun foncé ou rouge (tirant même sur le froment vif), plus ou moins charbonnée, avec auréole jaune-brun ou grise autour du mufle. De même il existe fréquemment une ligne plus pâle sur le dos.
La Canadienne est une race vive, éveillée, très résistante aux variations de température et donc d’une grande rusticité.

Hombeline, vache de robe noire. Cette vache a été importée du Canada en 2000. Manche, 2009.

Hombeline, vache de robe noire. Cette vache a été importée du Canada en 2000. Manche, 2009.

Emeraude, vache de robe noire (ou très charbonnée), Ploërdut, Morbihan, 2015. Noter la ligne claire sur le dos.

Emeraude, vache de robe noire (ou très charbonnée), Ploërdut, Morbihan, 2015. Noter la ligne claire sur le dos.

Taureau à robe charbonné, Ille-et-Vilaine, 2016. Bel exemple de taureau de la race, bien conformé.

Taureau à robe charbonné, Ille-et-Vilaine, 2016. Bel exemple de taureau de la race, bien conformé.

Joséphine et son veau, Ille-et-Vilaine, 2016. Cette vache présente une robe froment vif, la plus claire dans la race.

Joséphine et son veau, Ille-et-Vilaine, 2016. Cette vache présente une robe froment vif, la plus claire dans la race.

Heurs et malheurs de la Canadienne
Dans son pays d’origine, la Canadienne qui est donc arrivée vers 1660-1670, domine largement le cheptel, jusqu’au milieu du XIXe siècle. Elle y côtoie la race d’Ayrshire, venue d’Ecosse. A partir de 1860, on importe des races anglaises en grand nombre, si bien qu’en 1880 les pouvoirs publics sont convaincus que la Canadienne n’existe plus. Cependant une enquête menée à cette époque au Québec révèle quand même que 75 % du bétail est bien de race… Canadienne !
Cependant, de façon inexorable, les autres races prennent le pas sur la Canadienne. Si bien qu’en 1932, on considère que 80% des vaches du Québec sont de races autres que la Canadienne… On essaie de maintenir la race, et la ferme-école de Deschambault est créée pour conserver un troupeau de grande valeur.
Malheureusement, ce troupeau est décimé lors d’un incendie survenu en 1983. Dans les années 1970, on pratique une infusion de sang de la Brune (Brown Swiss américaine), mais aujourd’hui, au Québec même, un certain nombre de personnes se battent pour maintenir un noyau d’animaux de race pure.
Les choses ne vont pas bien pour la Canadienne. En 1987 la race est vraiment considérée comme en danger d’extinction, et en 1999, on considère qu’il ne reste plus qu’une centaine de femelles de la race originelle. Elle est alors reconnue « race patrimoniale du Québec », à côté du cheval canadien et de la poule Chantecler. En 2016, il ne reste guère plus de 150 vaches au Canada qui sont 100 % de race canadienne, pour un total de 1 000 vaches plus ou moins croisées…

Défilé d’animaux primés, Québec, années 1950. Du temps où la race était encore bien présente au Canada (photo fonds de la Société d’éleveurs de bovins canadiens).

Défilé d’animaux primés, Québec, années 1950. Du temps où la race était encore bien présente au Canada (photo fonds de la Société d’éleveurs de bovins canadiens).

Vache à robe rouge froment et extrémités charbonnées, Ille-et-Vilaine, 2016. On retrouve un peu la conformation de la Froment du Léon, dont elle partage peut-être une partie de ses origines.

Vache à robe rouge froment et extrémités charbonnées, Ille-et-Vilaine, 2016. On retrouve un peu la conformation de la Froment du Léon, dont elle partage peut-être une partie de ses origines.

Retour sur la terre des ancêtres
C’est à partir de ce moment que la France rentre de nouveau en scène.
En France, une vingtaine d’embryons sont importés, à titre privé, en 1995. Il naîtra en 1996, pour la première fois sur le sol français, trois mâles et une femelle de race Canadienne. En 1999, deux agriculteurs québécois installés en France font venir onze génisses et trois taureaux. Ainsi se crée un petit noyau de population de race Canadienne pure en France et c’est de cette façon que cette race revient sur ses terres d’origine, près de 340 années après son départ vers le Nouveau Monde !
Actuellement (2016), on compte environ 40 vaches de plus de 2 ans, principalement réparties dans l’ouest de la France, une trentaine de génisses et un peu plus de 10 taureaux, soit un total d’environ 80 animaux. Ce qui représente tout de même un pourcentage non négligeable de la population totale de la race !

Hôtesse, vache Canadienne, ayant été importée du Québec dans les années 1990, Mayenne 2006 (photo Serge Chevallier).

Hôtesse, vache Canadienne, ayant été importée du Québec dans les années 1990, Mayenne 2006 (photo Serge Chevallier).

Champlain, superbe taureau, ayant été également importé et dont la semence est aujourd’hui conservée, Mayenne 2006 (photo Serge Chevallier).

Champlain, superbe taureau, ayant été également importé et dont la semence est aujourd’hui conservée, Mayenne 2006 (photo Serge Chevallier).

Ce retour est également l’occasion de s’interroger sur l’origine de cette race. Nous avons déjà publié un post sur la population bovine dite Brune de Guingamp qui semble avoir survécu pendant des décennies, peut-être jusqu’au milieu du XXe siècle… Serait-ce alors sinon l’ancêtre, du moins la cousine de l’actuelle Canadienne ? Si l’on ne peut l’affirmer, les analogies entre ces deux types d’animaux sont troublantes…

Comparaison entre une vache de race Canadienne (à G, photo Laurent Avon) et des animaux de type « Brune de Guingamp » photographiés au début du XXe siècle dans le Finistère. On décèle une analogie de conformation surtout si l’on compare la Canadienne à l’animal au centre de la photo ancienne.

Comparaison entre une vache de race Canadienne (à G, photo Laurent Avon) et des animaux de type « Brune de Guingamp » photographiés au début du XXe siècle dans le Finistère. On décèle une analogie de conformation surtout si l’on compare la Canadienne à l’animal au centre de la photo ancienne.

Quel avenir en France ?
Ainsi la Canadienne aura traversé deux fois l’Atlantique. Ce « retour » se fait dans un contexte paradoxal. D’une part, la production laitière a diminué en France. Et la course effrénée à la productivité croissante fait que la plupart des éleveurs privilégie des races à fort rendement (type Prim’Holstein). D’un autre côté, les consommateurs sont toujours plus nombreux à rechercher des produits de qualité, en circuit court. La Canadienne offre l’avantage de produire un lait de très grande qualité, très riche en taux protéique (assez proche de celui de la Jersiaise ou de la Froment du Léon) et permettre l’élaboration de produits laitiers excellents. Au Québec, il se fait même un fromage élaboré uniquement à partir de son lait. Plusieurs éleveurs se sont lancés dans l’élevage de cette race, à la fois pour valoriser son lait, mais aussi ses veaux qui sont de grande qualité.

Fromage québécois élaborée exclusivement à partir de lait de race Canadienne. Ce fromage a reçu l’appellation contrôlée en 2016 (photo La Presse.ca).

Fromage québécois élaborée exclusivement à partir de lait de race Canadienne. Ce fromage a reçu l’appellation contrôlée en 2016 (photo La Presse.ca).

Reste peut-être le nom de « Canadienne »… Si la volonté est de permettre à cette race de grande valeur de s’ancrer à nouveau sur ses terres d’origine, le nom qu’elle porte actuellement n’est peut-être pas le meilleur pour lui permettre de se faire connaître. En effet, « Canadienne » l’estampille indissolublement de race étrangère, ce qui peut être contreproductif pour faire valoir les atouts d’une race rustique et locale. Et même si la Canadienne est la plus « française » des races américaines, il n’en demeure pas moins que son nom la dessert peut être de ce côté-là de l’Atlantique…
Il y a donc lieu de s’interroger, et nous sommes plusieurs à le faire, sur un nom qui l’assimile davantage à ses origines. Elle pourrait donc porter en France un nom comme « Brune de Guingamp » qui l’assimilerait directement à une population voisine (ou similaire). Ou encore « Brune de Bretagne », voire « Brune de l’Ouest » (même si le nom est moins original). Bref, il ne s’agit là que de pistes de réflexion, mais il est certain qu’allier un nom de terroir à des qualités intrinsèques indiscutables, le tout dans un contexte de valorisation produits locaux, donnerait à cette belle race (d’ailleurs reconnue en France en 2004) une souffle essentiel pour sa survie.

Deux génisses Canadiennes, Ille-et-Vilaine, 2016. Voici l’avenir de la race…

Deux génisses Canadiennes, Ille-et-Vilaine, 2016. Voici l’avenir de la race…

Pour en savoir plus sur la Canadienne au Québec, regardez cette vidéo.

Pour les photos, merci aux éleveurs Mickaël Romé et Aymeric Le Provost de nous avoir ouvert les portes de leurs superbes élevages.

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Lectures biodiversitaires d'automne

Publié le par lesbiodiversitaires

Lectures biodiversitaires d'automne

Le Guide des chevaux d’Europe, Elise Rousseau, illustrations de Yann Le Bris
Il s’agit de la déclinaison européenne de Tous les chevaux du monde, le gros guide sorti en 2014 et déjà traduit en Allemagne et bientôt aux USA. Sous un format plus compact, le Guide des chevaux d’Europe reprend le précédent guide mais se concentre sur les races européennes, avec les infos mises à jour et adaptées à notre continent. Car l’Europe compte une très grande diversité de races de chevaux, dont certaines mythiques pour les cavaliers. Mais ce guide est aussi l’occasion de parler des races à petits effectifs, comme le poney des îles Féroé par exemple.
Toujours avec les superbes dessins de Yann Le Bris.

Une analyse du livre sur France inter, ici, par Allain Bougrain Dubourg.

Lectures biodiversitaires d'automne

Le Koala tueur et autres histoires du bush, Kenneth Cook
Pour tous ceux qui ne connaîtraient pas l’écrivain australien Kenneth Cook : courez jusque chez votre petit libraire (les p’tits libraires, c’est comme les p’tits cinémas, faut en prendre soin !) pour acheter Le Koala tueur.
Le narrateur, plutôt méfiant envers les animaux (et envers les humains !) et pas vraiment militant, se retrouve toujours à traîner avec ces satanés naturalistes, et fait d’eux un portrait hilarant (et assez juste, il faut bien l’avouer). Un accouplement de crocodiles absolument effrayant, des montreurs de serpents complètement inconscients, des koalas pervers... Tous les déboires qui arrivent au héros sont à pleurer de rire.
On ne voit plus du tout les koalas du même œil !

Les oiseaux de Paul Géroudet, ses plus beaux textes illustrés par Jean Chevallier
Présenté par Philippe J. Dubois avec la participation d’Elise Rousseau, Marcel S. Jacquat, Bertrand Posse, Laurent Vallotton et François Vuilleumier

Lectures biodiversitaires d'automne

Il y a quelques années, nous nous sommes rendus en Suisse, à Genève, pour passer quelques heures avec le grand ornithologue Paul Géroudet, pour lequel Philippe avait une grande affection. Ce fut l’occasion de faire une interview de lui, sans savoir alors que ce serait sa dernière. Cette interview, publiée à l’époque dans l’Oiseau magazine, est restituée en préambule, dans les pages de ce livre.
Mais ce sont les textes de Paul Géroudet et les dessins de Jean Chevallier qu’il faut découvrir ou redécouvrir ici. Ce livre est un choix des plus beaux textes de Paul, illustrés par de magnifiques dessins de Jean. Paul Géroudet n’était pas qu’un ornithologue : c’était aussi un écrivain remarquable. Sa façon incroyablement juste, mais aussi poétique, d’évoquer les oiseaux a marqué durablement des générations de naturalistes. Intemporels, ces textes méritent d’être lus et relus.
Mais ce livre peut s’acquérir également rien que pour les dessins du dessinateur naturaliste Jean Chevallier. Nous découvrons ici les œuvres plus intimes de l’artiste, lui-même ornithologue et qui voit les oiseaux et ressent les ambiances sans doute avec le même œil qu’un Géroudet pouvait les ressentir. Ce qui crée une osmose particulière entre les textes et les dessins.
Ce mélange de poésie, de tendresse parfois, de Paul Géroudet et de Jean Chevallier envers la gent ailée fait de cet ouvrage un livre auquel nous sommes fiers d’avoir participé.
Sortie le 13 octobre

Et Parlez-moi de vous...
Et enfin, chouette, on parle des Biodiversitaires et de l'expédition dans le Gobi sur le blog Parlez-moi de vous, pour illustrer le fait qu'on peut vivre et travailler hors des sentiers battus ! Un blog humaniste par une spécialiste de l'orientation professionnelle et des bilans de compétences, avec des analyses très intéressantes, notamment sur la surconsommation.

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Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Publié le par lesbiodiversitaires

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

« En mer, on a parfois la sensation de vivre une semaine en une seule journée. »
Ellen MacArthur

De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.
De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.

De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.

Ces propos de la navigatrice britannique Ellen MacArthur sont très vrais. Lorsqu’on sort une journée en mer, dans le Mor Braz, avec la bande de copains naturalistes, pour étudier les oiseaux marins et les dauphins avec l’association Bretagne Vivante, le temps s’étire ou file curieusement, prenant des circonvolutions insolites tout au long de la journée.

Dauphins communs.

Dauphins communs.

Quand la mer forme une méchante houle, que les yeux deviennent vitreux et les teints verdâtres, alors les minutes paraissent des heures, et la terre ferme semble se trouver loin, si loin… à l’autre bout du monde… On est alors prêt à tout lâcher, et à aller se réfugier sur l’île d’Hoedic !
Par contre, quand, surgis de nulle part, apparaissent les dauphins, les océanites et les mouettes de Sabine, alors les visages irradient de lumière, les yeux brillent et les heures deviennent des minutes.

Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...
Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...
Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...
Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...

Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...

Massif, le fou de Bassan n'est pas non plus dénué de grâce.
Massif, le fou de Bassan n'est pas non plus dénué de grâce.

Massif, le fou de Bassan n'est pas non plus dénué de grâce.

Et quand un océanite de Wilson vient traîner ses longues pattes sous les yeux des ornithologues, alors la mer raisonne de cris, heu, assez bizarres :
« Youhouhouhouhouhouhouhouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu »
« Putain d’putain d’putain d’putain on l’a vuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu ! »
« Rharharahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ah ahahahahah ! »

Océanite de Wilson.

Océanite de Wilson.

Bref, y’a des jours où ça vaut le coup de vomir son p’tit déj.
Ce qui, soit dit en passant, n’est encore JAMAIS arrivé à l’un des membres fondateurs de la Mor Braz Team. Certains ont parfois le teint pâle, m’enfin, jusqu’ici, on tient le coup.

Grand labbe et labbe parasite. Quand ces terreurs de la mer arrivent, les autres oiseaux décollent !Grand labbe et labbe parasite. Quand ces terreurs de la mer arrivent, les autres oiseaux décollent !

Grand labbe et labbe parasite. Quand ces terreurs de la mer arrivent, les autres oiseaux décollent !

Quelques nouvelles, donc, des sorties de cet été.
Samedi, les mouettes de Sabine, les océanites tempêtes et un océanite de Wilson étaient au rendez-vous.

Océanite tempête (en mue).
Océanite tempête (en mue).Océanite tempête (en mue).

Océanite tempête (en mue).

Puffin des Baléares indécis. S'envoler ou pas ?

Puffin des Baléares indécis. S'envoler ou pas ?

Par contre, les dauphins, que l’on a observés parfois en groupe d’une centaine sautant et jouant autour de notre zodiac, étaient timides lors des deux dernières sorties. Juste quelques ailerons ici et là.

Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...
Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...
Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...

Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...

Zoom sur les mouettes de Sabine
La mouette de Sabine est l’une des espèces les plus emblématiques des amateurs d’oiseaux marins. En effet, son plumage sobre – noir, gris et blanc – dessine des triangles du plus bel effet, rehaussés par un bec noir à pointe jaune. C’est en réalité, à notre avis du moins, le plus beau des laridés européens (mouettes et goélands).
Elle niche dans le Haut-Arctique et fait de très longues migrations qui la mènera dans les eaux subantarctiques.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Le Mor Braz est probablement le lieu où l’espèce est la plus régulièrement vue à l’automne. Cependant, pour des raisons mal élucidées, les effectifs de mouette de Sabine semblent avoir (fortement) diminué dans les eaux françaises, à l’automne, et ce depuis une bonne dizaine d’années…

Il y a 15 jours, la plupart des oiseaux que nous avons vus étaient des adultes en parfait plumage nuptial (cette espèce a la particularité de ne muer qu’arrivée sur ses lieux d’hivernage, soit au large de… l’Afrique du Sud !).

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor BrazQuelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Cette fois-ci, les adultes ont commencé à muer au niveau de la tête. Le gris soutenu se pique de blanc.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Certains oiseaux sont d’ailleurs déjà en plumage très hivernal au niveau de la tête comme celui-ci.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Il y a peut-être dans le lot des oiseaux de 2ème année mais ils sont très difficiles à distinguer de ces adultes avec la calotte en grande partie muée.
En revanche pas de jeune de l’année, contrairement à la précédente sortie d’il y a 15 jours.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Septembre est donc, pour le large du Morbihan, la saison de l'océanite de Wilson et des mouettes de Sabine. Mais le Mor Braz recèle encore bien des mystères...

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz
A gauche, océanite tempête, à droite, océanite de Wilson (les pattes dépassent de la queue).A gauche, océanite tempête, à droite, océanite de Wilson (les pattes dépassent de la queue).

A gauche, océanite tempête, à droite, océanite de Wilson (les pattes dépassent de la queue).

Photos prises dans le Mor Braz, lors des sorties de juin à septembre.

Publié dans Biodiversité sauvage

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