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Lectures biodiversitaires d'automne

Publié le par lesbiodiversitaires

Lectures biodiversitaires d'automne

Le Guide des chevaux d’Europe, Elise Rousseau, illustrations de Yann Le Bris
Il s’agit de la déclinaison européenne de Tous les chevaux du monde, le gros guide sorti en 2014 et déjà traduit en Allemagne et bientôt aux USA. Sous un format plus compact, le Guide des chevaux d’Europe reprend le précédent guide mais se concentre sur les races européennes, avec les infos mises à jour et adaptées à notre continent. Car l’Europe compte une très grande diversité de races de chevaux, dont certaines mythiques pour les cavaliers. Mais ce guide est aussi l’occasion de parler des races à petits effectifs, comme le poney des îles Féroé par exemple.
Toujours avec les superbes dessins de Yann Le Bris.

Une analyse du livre sur France inter, ici, par Allain Bougrain Dubourg.

Lectures biodiversitaires d'automne

Le Koala tueur et autres histoires du bush, Kenneth Cook
Pour tous ceux qui ne connaîtraient pas l’écrivain australien Kenneth Cook : courez jusque chez votre petit libraire (les p’tits libraires, c’est comme les p’tits cinémas, faut en prendre soin !) pour acheter Le Koala tueur.
Le narrateur, plutôt méfiant envers les animaux (et envers les humains !) et pas vraiment militant, se retrouve toujours à traîner avec ces satanés naturalistes, et fait d’eux un portrait hilarant (et assez juste, il faut bien l’avouer). Un accouplement de crocodiles absolument effrayant, des montreurs de serpents complètement inconscients, des koalas pervers... Tous les déboires qui arrivent au héros sont à pleurer de rire.
On ne voit plus du tout les koalas du même œil !

Les oiseaux de Paul Géroudet, ses plus beaux textes illustrés par Jean Chevallier
Présenté par Philippe J. Dubois avec la participation d’Elise Rousseau, Marcel S. Jacquat, Bertrand Posse, Laurent Vallotton et François Vuilleumier

Lectures biodiversitaires d'automne

Il y a quelques années, nous nous sommes rendus en Suisse, à Genève, pour passer quelques heures avec le grand ornithologue Paul Géroudet, pour lequel Philippe avait une grande affection. Ce fut l’occasion de faire une interview de lui, sans savoir alors que ce serait sa dernière. Cette interview, publiée à l’époque dans l’Oiseau magazine, est restituée en préambule, dans les pages de ce livre.
Mais ce sont les textes de Paul Géroudet et les dessins de Jean Chevallier qu’il faut découvrir ou redécouvrir ici. Ce livre est un choix des plus beaux textes de Paul, illustrés par de magnifiques dessins de Jean. Paul Géroudet n’était pas qu’un ornithologue : c’était aussi un écrivain remarquable. Sa façon incroyablement juste, mais aussi poétique, d’évoquer les oiseaux a marqué durablement des générations de naturalistes. Intemporels, ces textes méritent d’être lus et relus.
Mais ce livre peut s’acquérir également rien que pour les dessins du dessinateur naturaliste Jean Chevallier. Nous découvrons ici les œuvres plus intimes de l’artiste, lui-même ornithologue et qui voit les oiseaux et ressent les ambiances sans doute avec le même œil qu’un Géroudet pouvait les ressentir. Ce qui crée une osmose particulière entre les textes et les dessins.
Ce mélange de poésie, de tendresse parfois, de Paul Géroudet et de Jean Chevallier envers la gent ailée fait de cet ouvrage un livre auquel nous sommes fiers d’avoir participé.
Sortie le 13 octobre

Et Parlez-moi de vous...
Et enfin, chouette, on parle des Biodiversitaires et de l'expédition dans le Gobi sur le blog Parlez-moi de vous, pour illustrer le fait qu'on peut vivre et travailler hors des sentiers battus ! Un blog humaniste par une spécialiste de l'orientation professionnelle et des bilans de compétences, avec des analyses très intéressantes, notamment sur la surconsommation.

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Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Publié le par lesbiodiversitaires

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

« En mer, on a parfois la sensation de vivre une semaine en une seule journée. »
Ellen MacArthur

De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.
De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.

De gauche à droite et de haut en bas : puffins des Anglais, fuligineux, des Baléares, cendré.

Ces propos de la navigatrice britannique Ellen MacArthur sont très vrais. Lorsqu’on sort une journée en mer, dans le Mor Braz, avec la bande de copains naturalistes, pour étudier les oiseaux marins et les dauphins avec l’association Bretagne Vivante, le temps s’étire ou file curieusement, prenant des circonvolutions insolites tout au long de la journée.

Dauphins communs.

Dauphins communs.

Quand la mer forme une méchante houle, que les yeux deviennent vitreux et les teints verdâtres, alors les minutes paraissent des heures, et la terre ferme semble se trouver loin, si loin… à l’autre bout du monde… On est alors prêt à tout lâcher, et à aller se réfugier sur l’île d’Hoedic !
Par contre, quand, surgis de nulle part, apparaissent les dauphins, les océanites et les mouettes de Sabine, alors les visages irradient de lumière, les yeux brillent et les heures deviennent des minutes.

Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...
Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...
Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...
Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...

Qui danse le mieux ? Le dauphin commun ? Le puffin des Baléares ? La mouette de Sabine ? L'océanite tempête ? Remarquez les nuances dans la couleur de la mer, au fil des sorties et des heures de la journée...

Massif, le fou de Bassan n'est pas non plus dénué de grâce.
Massif, le fou de Bassan n'est pas non plus dénué de grâce.

Massif, le fou de Bassan n'est pas non plus dénué de grâce.

Et quand un océanite de Wilson vient traîner ses longues pattes sous les yeux des ornithologues, alors la mer raisonne de cris, heu, assez bizarres :
« Youhouhouhouhouhouhouhouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu »
« Putain d’putain d’putain d’putain on l’a vuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu ! »
« Rharharahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh ah ahahahahah ! »

Océanite de Wilson.

Océanite de Wilson.

Bref, y’a des jours où ça vaut le coup de vomir son p’tit déj.
Ce qui, soit dit en passant, n’est encore JAMAIS arrivé à l’un des membres fondateurs de la Mor Braz Team. Certains ont parfois le teint pâle, m’enfin, jusqu’ici, on tient le coup.

Grand labbe et labbe parasite. Quand ces terreurs de la mer arrivent, les autres oiseaux décollent !Grand labbe et labbe parasite. Quand ces terreurs de la mer arrivent, les autres oiseaux décollent !

Grand labbe et labbe parasite. Quand ces terreurs de la mer arrivent, les autres oiseaux décollent !

Quelques nouvelles, donc, des sorties de cet été.
Samedi, les mouettes de Sabine, les océanites tempêtes et un océanite de Wilson étaient au rendez-vous.

Océanite tempête (en mue).
Océanite tempête (en mue).Océanite tempête (en mue).

Océanite tempête (en mue).

Puffin des Baléares indécis. S'envoler ou pas ?

Puffin des Baléares indécis. S'envoler ou pas ?

Par contre, les dauphins, que l’on a observés parfois en groupe d’une centaine sautant et jouant autour de notre zodiac, étaient timides lors des deux dernières sorties. Juste quelques ailerons ici et là.

Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...
Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...
Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...

Tandis que lors des sorties estivales précédentes, nous avons eu droit à un florilège de sauts...

Zoom sur les mouettes de Sabine
La mouette de Sabine est l’une des espèces les plus emblématiques des amateurs d’oiseaux marins. En effet, son plumage sobre – noir, gris et blanc – dessine des triangles du plus bel effet, rehaussés par un bec noir à pointe jaune. C’est en réalité, à notre avis du moins, le plus beau des laridés européens (mouettes et goélands).
Elle niche dans le Haut-Arctique et fait de très longues migrations qui la mènera dans les eaux subantarctiques.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Le Mor Braz est probablement le lieu où l’espèce est la plus régulièrement vue à l’automne. Cependant, pour des raisons mal élucidées, les effectifs de mouette de Sabine semblent avoir (fortement) diminué dans les eaux françaises, à l’automne, et ce depuis une bonne dizaine d’années…

Il y a 15 jours, la plupart des oiseaux que nous avons vus étaient des adultes en parfait plumage nuptial (cette espèce a la particularité de ne muer qu’arrivée sur ses lieux d’hivernage, soit au large de… l’Afrique du Sud !).

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor BrazQuelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Cette fois-ci, les adultes ont commencé à muer au niveau de la tête. Le gris soutenu se pique de blanc.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Certains oiseaux sont d’ailleurs déjà en plumage très hivernal au niveau de la tête comme celui-ci.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Il y a peut-être dans le lot des oiseaux de 2ème année mais ils sont très difficiles à distinguer de ces adultes avec la calotte en grande partie muée.
En revanche pas de jeune de l’année, contrairement à la précédente sortie d’il y a 15 jours.

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz

Septembre est donc, pour le large du Morbihan, la saison de l'océanite de Wilson et des mouettes de Sabine. Mais le Mor Braz recèle encore bien des mystères...

Quelques nouvelles des oiseaux et des mammifères marins du Mor Braz
A gauche, océanite tempête, à droite, océanite de Wilson (les pattes dépassent de la queue).A gauche, océanite tempête, à droite, océanite de Wilson (les pattes dépassent de la queue).

A gauche, océanite tempête, à droite, océanite de Wilson (les pattes dépassent de la queue).

Photos prises dans le Mor Braz, lors des sorties de juin à septembre.

Publié dans Biodiversité sauvage

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Expédition dans le désert de Gobi - Postface

Publié le par lesbiodiversitaires

Suite aux demandes de plusieurs lecteurs, j'ai ajouté un sommaire de l’expédition dans le désert de Gobi, avec les liens renvoyant à chaque épisode, avant le préambule. Pour aller au sommaire, cliquez ici.
Par ailleurs, le rapport de voyage strictement naturaliste (liste complète des espèces vues) est disponible sur demande.

Expédition dans le désert de Gobi - Postface

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 27

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 27

Dix-septième jour. Lundi 4 juillet.
Ça y est. Nous allons quitter Oulan-Bator, Ulaanbataar, le « héros rouge ». Direction Moscou.
Hier soir, Terbish nous a emmenés dîner tout en haut d’une tour, pour qu’on admire la ville, aux allures soviétiques.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 27

Comment cela est-il venu ? Nous avons parlé littérature. Terbish nous a dit que Victor Hugo, Alexandre Dumas, Jules Verne étaient traduits en mongol.
Cela nous faisait vraiment étrange d’être en ville, et dans un restaurant, avec une table à notre hauteur, tout le confort…
Puis l’hôtel, pouvoir prendre un bain – divin -, se coucher dans un vrai lit, et pas sur des cailloux.
Sans moustique, sans tique, sans poussière, mais sans le vent dans la steppe, sans les cavaliers qui passent, sans Galaa et Zoulaa qui rient au loin.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 27

Le souffle d’un baiser
Nous avons dit au revoir à Terbish.
Il a pris Philippe puis moi dans ses bras, il m’a posé des baisers mongols sur les joues, des baisers soufflés, et non aspirés comme les nôtres.
Cela en dit long, cette façon d’embrasser. En aspirant, nous prenons, en soufflant, les Mongols donnent, ils donnent un souffle d’air, un brin de vent, la liberté.
Les cœurs étaient un peu serrés, les yeux un peu humides.
« You are my friend », lui disait Philippe.
« Good bye, Crazy French Man ! »
Nous voulons revenir. Il y a l’Est de la Mongolie, le pays des loups, et le Nord, celui des rennes.
« Very much mosquitos ! », prévient Terbish, à fond partant pour nous y accompagner.
« Envoyez-moi les photos où j’attrape les lézards ! », nous demande-t-il encore en anglais, avant de partir. Même Mongol, tout naturaliste reste un peu monomaniaque !

Bayarta… au revoir !
L’ami mongol s’en va, chéckant une dernière fois avec nous tous. « Elise ! », me dit-il, en riant et en tapant dans ma main.
Parce que putain quand même, au fin fond du Gobi A, entre des collines minérales, au crépuscule, au vent léger, dans le silence et la solitude, il était là, au loin, qui marchait dans la plaine, il était là, lui qu’on ne voit pas, lui l’invisible, lui dont on est content de ne trouver qu’une trace, qu’une crotte, qu’une touffe de poils, lui qui vit au plus reculé des plus reculés des déserts du monde, lui qui nous a donné ce cadeau, cette chance, ce moment magique, lui, qui a daigné se montrer quelques instants et faire bondir nos cœurs, lui…
Sa majesté le « Gobi Bear ».

FIN

Terminé d'écrire le 4 juillet 2016, à Oulan-Bator

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 27
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 27

Merci à la LPO et à Escursia d'avoir rendu cette expédition possible, merci aux coriaces et insubmersibles compagnons de voyage pour leur bonne humeur constante, merci à Philippe de nous avoir guidés tout là-bas ainsi que pour l’identification de nombreuses espèces et les précisions scientifiques, merci à Patrick Masure, spécialiste des roses sauvages, pour l’identification du rosier trouvé au lac Alag, merci à Pierre Le Maréchal pour l'identification de la libellule Aeshna serrata, et un grand merci à vous tous, les naturalistes et les non-naturalistes, pour tous les chaleureux emails, sms, appels et commentaires reçus au cours de la mise en ligne de ce récit et qui m’ont fait chaud au cœur.
Merci particulièrement aux remarquables coéquipiers Mongols, pour leur humour, leur courage et leur humanité.

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Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26

Les lamas insistent pour que je les suive tout en me parlant beaucoup, en mongol. Dans quoi ai-je mis les pieds ?

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26

Je ne parviens pas à me faire comprendre et tente de leur expliquer, en vain, que je ne parle pas mongol, mais c'est alors que Terbish et les autres arrivent, à point nommé, par l'arrière du temple.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26

Ce que veut le lama, c’est savoir d’où je viens, et Terbish répond à sa curiosité en le lui expliquant.
Malgré son air austère, ce moine est super cool, rigole, met mon appareil photo autour de son cou, regarde dedans.
Et il demande qu'on le prenne en photo avec moi, tandis que je suis encore mi-figue mi raisin, un peu ébahie de me retrouver ainsi à côté d'un moine bouddhiste.

Mais il ne démord pas de son idée : il faut absolument que je le suive dans le second temple.
Nous le suivons, tout en faisant tourner les moulins à prières.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26

Et je comprends alors ce que le lama, dans sa gentillesse, souhaitait me montrer. Il avait vu que j’écoutais les chants… il voulait m’en faire écouter de dix fois plus beaux.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26

Le chant des lamas mongols
Dans le petit temple, une vingtaine de lamas sont rassemblés, et chantent des prières. Mon lama va les rejoindre, et se met à chanter aussi. L’un d’eux tape dans un tambour. C’est magnifique, poignant… Je ressens le même sentiment de sérénité que dans le silence pur du désert de Gobi.
Quelle religion/philosophie cool ! Les lamas sont super relax, se fichent qu’une femme soit là, qu'elle soit étrangère. Ils causent, chantent leurs chants profonds qui prennent aux tripes. Ils ont des thermos de thé mongol à côté d’eux (« du thé mongol, du thé mongol, qui te dit que ce n’est pas de la vodka ? », me demande Pierre).
J’ai rarement entendu d’aussi beaux chants, et mes petites vidéos n’en retracent presque rien.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26

Mais il faut partir. Notre avion de ligne intérieure décolle bientôt, pour le trajet Khovd-Oulan-Bator.

La banlieue de la ville est constituée de yourtes.

La banlieue de la ville est constituée de yourtes.

A l’aéroport, nous faisons nos adieux à Myangaa. Adieu, extraordinaire et courageux chauffeur, adieu, Roi des Burgondes !
A son tour, il va rentrer en camion, tout seul et en plusieurs étapes, jusqu'à Oulan-Bator.

Trouille aérienne
La sérénité procurée pas les moines aura été de courte durée. Le petit coucou que l’on prend pour rallier Oulan-Bator a une prise au vent assez aléatoire, et on est pas mal secoué ! Je me remémore les mises en garde lues à l'aller, sur les petits avions de ligne mongols... Je flippe grave, à côté d’un Mongol qui roupille : je suis à deux doigts de lui sauter dans les bras et de ne plus le lâcher jusqu’à l’atterrissage.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 26

Je fais ma prière dans mon coin (conversion instantanée à je ne sais quelle religion !!!), j’essaie de respirer profondément, je me prends la tête entre les mains… Spectacle lamentable mais heureusement, personne ne me voit ! Rarement eu une trouille pareille, alors que les autres passagers ne mouftent pas.
La steppe s’éloigne par le hublot, un lac immense, les nuages… Nous quittons la Mongolie profonde, cet autre monde où les cavaliers galopent encore à l'horizon.

Nous laissons derrière nous les petits chevaux mongols, avec leur grosse tête...
Nous laissons derrière nous les petits chevaux mongols, avec leur grosse tête...Nous laissons derrière nous les petits chevaux mongols, avec leur grosse tête...

Nous laissons derrière nous les petits chevaux mongols, avec leur grosse tête...

...ainsi que les étonnants mammifères du désert de Gobi... (piège-photo : jeune antilope à goitre, bouquetin de Sibérie, chameaux sauvages)
...ainsi que les étonnants mammifères du désert de Gobi... (piège-photo : jeune antilope à goitre, bouquetin de Sibérie, chameaux sauvages)...ainsi que les étonnants mammifères du désert de Gobi... (piège-photo : jeune antilope à goitre, bouquetin de Sibérie, chameaux sauvages)
...ainsi que les étonnants mammifères du désert de Gobi... (piège-photo : jeune antilope à goitre, bouquetin de Sibérie, chameaux sauvages)

...ainsi que les étonnants mammifères du désert de Gobi... (piège-photo : jeune antilope à goitre, bouquetin de Sibérie, chameaux sauvages)

Tout voyage nous change, tout voyage, par essence, est un peu initiatique. Celui-ci peut-être un peu plus que les autres. Je sais qu’au retour en France, le plus difficile ne sera pas le décalage horaire, mais le décalage humain, le choc du retour à la société de consommation. J’aurai dans le cœur et dans la tête ces espaces immenses, le roulement de tambour des lamas, l’amble rapide des derniers chameaux sauvages, et il faudra retrouver en Europe cet événement capital et attendu de notre vie consumériste : les Soldes !
Comme des mouches engluées dans un pot de miel, qui en crèvent de surabondance, nous ne nous rendons même plus compte à quel point l’inutile, le superflu, l’obsolescent nous tuent.

Suite au prochain épisode…

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Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 25

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Goélands ichthyaètes.

Goélands ichthyaètes.

Ce matin, autour du lac, j’ai trouvé un vieux fer à cheval. Terbish m’explique qu’en Mongolie, trouver un fer à cheval, ça porte bonheur. Nous lui disons qu’en France aussi et nous extasions d’avoir cette superstition en commun !

Bande de moineaux friquets.

Bande de moineaux friquets.

Retour à la civilisation
Nous continuons la route, vers la « ville » où nous devrons ensuite reprendre un petit avion intérieur pour rallier Oulan-Bator. Nous finissons par retrouver une route goudronnée… et des voitures ! Ça fait très, très bizarre !

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 25Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 25

Nous mangeons près d’une rivière. Dans les rochers, Terbish nous montre des gravures paléolithiques fantastiques, qui représentent des chevaux, et un ibex.

Chevaux, gravures paléolithiques, je montre l'échelle.
Chevaux, gravures paléolithiques, je montre l'échelle.Chevaux, gravures paléolithiques, je montre l'échelle.

Chevaux, gravures paléolithiques, je montre l'échelle.

Voir ces chevaux gravés il y a si longtemps, après avoir observé les chevaux de Przewalski quelques jours auparavant dans le Gobi B, c’est particulièrement émouvant.

Ibex
Ibex

Ibex

Plus surprenant, il y a, près des gravures, une tête de cheval, posée là... Un rite étrange ?

Plus surprenant, il y a, près des gravures, une tête de cheval, posée là... Un rite étrange ?

Un peu plus loin, gorgebleue à miroir roux, mâle chanteur...

Un peu plus loin, gorgebleue à miroir roux, mâle chanteur...

... et une orchidée.

... et une orchidée.

Perdue dans l’oasis
Puis nous arrivons à une oasis, avec des peupliers, et nous montons un peu plus loin le camp sur… de l’herbe ! De la belle herbe verte, près d’un ruisseau ! Quel bonheur !
Nous partons explorer l’oasis. Un aigle botté de forme claire, un traquet pie, des libellules à gogo, bien grosses… c’est le royaume des odonates.

Aigle botté de forme claire, libellule Aeschne denticulée (Aeshna serrata)
Aigle botté de forme claire, libellule Aeschne denticulée (Aeshna serrata)

Aigle botté de forme claire, libellule Aeschne denticulée (Aeshna serrata)

En suivant les papillons, j’ai fini par me perdre dans l’oasis et commence à me faire des scénarios catastrophes (titres supposés des journaux : « Une Française capturée par des bandits mongols » ; « Elle disparut et ils ne la revirent jamais », etc.), quand au détour d'un buisson je tombe sur S. qui me demande : « Alors, t’as pas encore trouvé une chevêche ? »

Traquet pie, mâle.

Traquet pie, mâle.

La montagne chamane
Plus tard, à la longue-vue, Philippe repère des ibex dans la montagne.
Nous partons les voir de plus près.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 25
Ibex
IbexIbex

Ibex

Sur un rocher, une tête de yak est posée là, sanguinolente. Comme, tout à l’heure à côté des gravures paléolithiques, il y avait une tête de cheval, toute seule. Rites chamaniques ?
Depuis la fin du communisme, le chamanisme revient en force en Mongolie.

Rite chamanique.

Rite chamanique.

Je m’éloigne du groupe, explore les rochers, suis un argus, un traquet pie… A la jumelle, je scanne la montagne, dans l’espoir de quelques mammifères…
Nous trouvons aussi une aire de cigognes noires, magnifiques, avec trois petits, dans les rochers.

Cigogne noire

Cigogne noire

Lichens

Lichens

Mondanités
Terbish de son côté reçoit la visite de deux collègues géographes, qui arrivent de la ville voisine spécialement pour le voir, et nous serrent chaleureusement la main. Puis d’étudiants à lui, plus tard dans la nuit.
Un peu avant, nous avons reçu la visite au campement d’un berger et de son troupeau de moutons et de chèvres.
Les Mongols ont un sens aigu de l’hospitalité, de la convivialité, des liens humains. Ce sont des gens cools. Ils s’en foutent de ne pas parler la même langue que nous, de ne pas avoir les mêmes codes. Ça ne nous empêche pas de bien rigoler. Et c’est notre dernière soirée tous ensemble.

Le camp est envahi par un berger et ses chèvres.Le camp est envahi par un berger et ses chèvres.

Le camp est envahi par un berger et ses chèvres.

C’était la dernière séance
Même si les montagnes sont magnifiques, nous ne verrons plus de loup, ni de panthère des neiges, nous sommes désormais trop près de la ville. Mais nous avons déjà eu tellement de chance dans nos observations mammalogiques !

Piège-photo, désert de Gobi. Ce n'est pas encore cette fois que nous verrons la mystérieuse et fascinante panthère des neiges.

Piège-photo, désert de Gobi. Ce n'est pas encore cette fois que nous verrons la mystérieuse et fascinante panthère des neiges.

Le vent tiède de la plaine sèche mes cheveux mouillés. Je suis bien ici. Ni tique ni moustique ce soir, juste ce vent tiède, si agréable. Et les conversations et les rires des Mongols à côté de la tente.
J’aime la langue mongole, expressive, aux belles sonorités, comme si le vent et le bruit des sabots des chevaux s’y étaient mêlés.

Autoroute mongole.
Autoroute mongole.

Autoroute mongole.

J’aime définitivement les Mongols et la Mongolie, là où l’horizon est tellement plus vaste, où le silence existe encore, le calme de la steppe, l’humanité sereine de ses habitants.
Quant au désert de Gobi, merci les tiques, merci les moustiques, continuez d’être grouillants et redoutables, protégez le désert, rendez-le inhospitalier, difficile, inconfortable, vive les parasites infernaux, cerbères du désert !

La date du Naadam approche et, près de la ville, les chevaux de course mongols sont rassemblés et font leurs derniers entraînements avant le grand jour.
La date du Naadam approche et, près de la ville, les chevaux de course mongols sont rassemblés et font leurs derniers entraînements avant le grand jour.La date du Naadam approche et, près de la ville, les chevaux de course mongols sont rassemblés et font leurs derniers entraînements avant le grand jour.

La date du Naadam approche et, près de la ville, les chevaux de course mongols sont rassemblés et font leurs derniers entraînements avant le grand jour.

La nouvelle assistante cuisinière n’arrête pas de siffler, une vraie marmotte. Terbish nous explique qu’en Mongolie on fait ça pour éloigner les moustiques.
Ce soir, vodka ! Tournée générale. Pour les Crazy French men et pour les Maîtres de la Boue.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 25

Seizième jour – Dimanche 3 juillet
Le vent est tombé durant la nuit, et des hordes de moustiques voraces sont revenues.
A ce stade, nous estimons que nous avons chacun environ 200 piqûres de moustiques.
En allant remplir une seconde fiole de sable pour la collection de Gwénaël, je trouve un second fer à cheval près de la rivière. Quelle chance !

Bergeronnette grise personata, adulte et jeune.
Bergeronnette grise personata, adulte et jeune.

Bergeronnette grise personata, adulte et jeune.

Il pleut trop, aujourd’hui, pour faire de l’ornitho, et l’avion décolle dans l’après-midi. Nous faisons nos adieux à Galaa, Zoulaa et Doshka, qui vont retourner (en plusieurs jours) à Oulan-Bator en camion. Puis Terbish nous emmène faire un tour au marché noir, où en cherchant bien, et par bouche à oreille mongol, j’arrive à dénicher des étriers et un mors mongol. Je n’ai pas l’intention de me servir du mors (mes juments, habituées à la douceur, seraient bien trop outrées !), mais il sera une documentation intéressante pour mes études sur les chevaux. Les Mongols semblent surpris de voir une étrangère chercher des étriers et un mors ! Myangaa s’en étonne, il ne s'attendait pas du tout à me voir revenir avec ça. « Mor », lui dis-je, ce qui veut dire « cheval », en mongol.

En ville, tag de panthère des neiges !

En ville, tag de panthère des neiges !

Les tags mongols, d'ours, de panthère et de Gengis Khan, sont étonnants !
Les tags mongols, d'ours, de panthère et de Gengis Khan, sont étonnants !
Les tags mongols, d'ours, de panthère et de Gengis Khan, sont étonnants !
Les tags mongols, d'ours, de panthère et de Gengis Khan, sont étonnants !

Les tags mongols, d'ours, de panthère et de Gengis Khan, sont étonnants !

Le temple mystérieux
La pluie cesse. Terbish nous ramène dans un coin de nature, faire un peu d’ornitho.
Mais il y a un gros temple bouddhiste à côté, aussi je fausse compagnie aux naturalistes et je décide d’aller, toute seule, l’explorer.
J’entre.

Entrée du temple.

Entrée du temple.

Moulins à prières, clochettes…
J’approche du temple principal, et j’entends chanter, à l’intérieur. Je n’ose pas entrer. Je me mets à la fenêtre, pour écouter. C’est beau…
Mais dedans, quelqu’un me fait signe de venir. J’entre, mais je suis très intimidée. Il y a des statues de bouddhas partout, des moines, et j’ai peur de commettre un geste qu’ils jugeraient impie ! J’observe comment font les autres : faire le tour, sortir en reculant…

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 25

Partout, des photos du dalaï-lama sont accrochées : c’est du bouddhisme d’influence tibétaine (école des Bonnets jaunes). Autrefois, les lamas mongols allaient se former au Tibet. Finalement, je préfère sortir.
Mais un lama me suit et me rattrape, me parle, me fait des signes. J’ai peur qu’il me sermonne d’être là et d’avoir pris des photos. Lui et un acolyte veulent m’entraîner vers un autre temple, plus petit. Ils insistent. Je suis seule et je ne comprends rien... Que me veulent-ils ?

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 25

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Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24

« Une antilope ! », crie Pierre.
C’est notre première saïga. Quelle étrange bestiole ! Elles ne courent pas comme des antilopes classiques, elles ont une façon de se déplacer qui évoque effectivement un canidé !
En tout, nous en observerons 14, dont une avec deux petits.

La surprenante course de la saïga.La surprenante course de la saïga.

La surprenante course de la saïga.

Autour du lac salé
Nous arrivons au lac salé Ikhes, où nous devrions trouver une colonie de mouettes reliques découverte en 2012. Mais les mouettes ne sont pas là.
Philippe pense qu’elles se sont déplacées au lac Tsetseg, où nous les avons vues (et qui n’est donc pas une troisième colonie, mais juste une colonie qui s’est déplacée).

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24

Ici, nous observons de magnifiques groupes de gravelots de Leschenault, des bergeronnettes citrines partout, ainsi que deux bécasseaux à longs doigts.

Gravelots de Leschenault.

Gravelots de Leschenault.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24
A gauche, gravelot à collier interrompu, à droite, gravelot de LeschenaultA gauche, gravelot à collier interrompu, à droite, gravelot de Leschenault

A gauche, gravelot à collier interrompu, à droite, gravelot de Leschenault

Et on a droit à une douche ! Une fois qu'ils sont lavés, je donne à tous les gars un peu de crème (à la rose) pour le visage, histoire qu'ils ne rentrent pas complètement décrépits chez eux. Bonnes pâtes, ils acceptent tous de se tartiner la couenne, y compris Terbish qui rigole mais qui y passe.

Argus.Argus.

Argus.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24
Alouette de Swinhoe et mérione (ou gerbille) de Mongolie.Alouette de Swinhoe et mérione (ou gerbille) de Mongolie.

Alouette de Swinhoe et mérione (ou gerbille) de Mongolie.

Une carte dans la steppe...
Une carte dans la steppe...

On fête nos observations à la vodka mongole (qui arrache autant que la chinoise).
Myangaa et Galaa sont proclamés « Maîtres de la Boue ».
Le soir, à la longue-vue, je cherche le loup… et je trouve une saïga.

Goéland de Mongolie et avocette élégante. Cette dernière défend âprement son territoire et chasse l’intrus !
Goéland de Mongolie et avocette élégante. Cette dernière défend âprement son territoire et chasse l’intrus !

Goéland de Mongolie et avocette élégante. Cette dernière défend âprement son territoire et chasse l’intrus !

Quatorzième jour. Vendredi 1er juillet.
Nous repartons dans la steppe, à la recherche des saïgas. Nous rencontrons un vieux cavalier montant un cheval qui a 18 ans, manquons de nous embourber, et faisons demi-tour sous les cancanements scandalisés de plusieurs tadornes casarcas.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24

En allant faire pipi derrière le seul buisson à des kilomètres à la ronde, je tombe sur un syrrhapte qui roupille, et qui me voyant s’envole avec des cris indignés de vieille perdrix outrée…
Décidément, on ne passe pas inaperçu dans ce coin-là !

Syrrhapte.

Syrrhapte.

Terre de la steppe.Terre de la steppe.

Terre de la steppe.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24

Nous commençons à être vraiment fatigués. Nous dormons peu la nuit, en dehors de la caillasse qui nous fait mal partout, car on dresse le camp souvent tard et on se lève tôt, au lever du soleil.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24
Aigle des steppes.

Aigle des steppes.

Poésie du soir, bonsoir
En 15 jours, j’ai entendu tellement de blagues et de calembours que ça fait longtemps que je n’écoute plus que d’une oreille, les gars ne cessant une seule seconde (assez stupéfiant).
Ce que je préfère, ce sont des vers holorimes, dits par Pierre, citant Alphonse Allais :
Proposition folichonne d’un peintre un peu loufoc voulant entraîner une jeune femme dans ses cryptes à seule fin de lui peindre le dos avec de la couleur verte
Je dis : mettons, vers mes passages souterrains,
Jeudi, mes tons verts, mais pas sages, sous tes reins.

Le lac des moustiques sanguinaires
Aujourd’hui, deux belles observations de gypaète barbu. L’un en compagnie de vautours moines et de vautours de l’Himalaya, sur une carcasse, l’autre tombant du ciel et traçant sa route au-dessus de nos têtes.

Gypaète barbu.

Gypaète barbu.

Gypaète barbu du désert de Gobi, au piège-photo. En sortant de la fac, j'ai travaillé pour la Mission FIR (Fonds d'intervention pour les rapaces) à la préservation de cette espèce en Europe, ce qui m'a convaincue à jamais que cet animal menacé est l'un des plus fabuleux rapaces de la Terre.

Gypaète barbu du désert de Gobi, au piège-photo. En sortant de la fac, j'ai travaillé pour la Mission FIR (Fonds d'intervention pour les rapaces) à la préservation de cette espèce en Europe, ce qui m'a convaincue à jamais que cet animal menacé est l'un des plus fabuleux rapaces de la Terre.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24

Le soir, nous voilà à Har Us Nuur, le fameux lac des terribles moustiques dont nous parle avec horreur Terbish depuis le début du voyage ! C’est vrai qu’ils sont teigneux. Nos mains sont boursouflées de piqûres, ils piquent à travers les vêtements et se fichent pas mal des produits répulsifs. Nous avons déjà facilement 100 piqûres chacun sur tout le corps (environ 25 à chaque main, + une trentaine cou-visage-nuque + une autre trentaine sur les fesses quand on baisse le pantalon…). Mais à côté des tiques cauchemardesques du désert du Gobi, cela me semble supportable.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24
Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24

Puis il y a de superbes bergeronnettes printanières leucocephala, une bécassine qui parade, des papillons… J’ai aussi trouvé deux chevêches, que je montre aux autres.

Chevêche.
Chevêche.

Chevêche.

Le soir, je me cache dans la tente bien avant les gars, que j’entends gémir dehors « ahhhh c’est l’horreur ! je viens de me faire piquer 50 fois en 3 minutes ! », et qui finissent par battre en retraite devant l’assaut crépusculaire.
Dans la tente, d’autres insectes rampants ont élu domicile, mais comme ils n’ont pas l’air de piquer, je m’en fous. Au pire, ils nous rentreront dans la bouche pendant qu’on dort…

Une mouette rieuse, la même que chez nous, veille sur nos tentes.

Une mouette rieuse, la même que chez nous, veille sur nos tentes.

Quinzième jour. Samedi 2 juillet.
Lever avec les moustiques.
J’ai les jambes pleines de bleus à cause des secousses dans le camion, le corps plein de piqûres, et particulièrement les fesses, forcément, les moustiques guettant chaque moment pour sévir. Quant aux gars, ils se font piquer une autre partie tendre de leur anatomie… Uriner est un défi.

Bruant des roseaux femelle, de la sous-espèce pyrrhuloides caractérisée par un gros bec, explique Philippe.

Bruant des roseaux femelle, de la sous-espèce pyrrhuloides caractérisée par un gros bec, explique Philippe.

Bref, le cauchemar promis par Terbish s’avère assez vrai…
Depuis hier, les Mongols font brûler de la bouse de vache séchée à l’entrée de leur tente. C’est leur anti-moustique traditionnel. Ils préfèrent être enfumés que piqués…
Nos vêtements collent, les pantalons sont si boueux et crasseux que S. constate : « ils tiennent debout tous seuls ».
A ce stade du voyage, on peut le dire : c’est la déglingue.

Expédition dans le désert de Gobi (Mongolie), épisode 24

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23

Mais nous n’avons pas fait 500 m que… paf, nous nous embourbons à nouveau !
Et cette fois, encore plus profondément que la veille.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23

La terre est un mélange d’argile et de sable. Nous sommes prisonniers d’une grande nappe d’argile. J’en prends une motte et commence à faire un pot sommaire, en pensant à ma copine potière Véronique. Il tient parfaitement et quand nous réussirons à dégager le camion, 4 h plus tard, il sera toujours là à sécher au soleil, d’une tenue parfaite.

La terre autour du lac
La terre autour du lacLa terre autour du lac

La terre autour du lac

Car il nous faudra 4 h pour sortir de là, avec l’aide du second camion et de Galaa, en poussant comme des brutes, en cassant plusieurs fois le câble reliant les deux camions.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23

Les gars étant occupés à pelleter la boue, et mon aide étant inutile, j’ai le temps d’aller explorer seule une bergerie vide, que j’aperçois au loin dans la steppe, pour voir ce qui s’y cache.

Ici, les Mongols n'ont pas besoin de faire sécher la bouse pour construire leur mur, l'argile leur permet de faire de vraies briques.
Ici, les Mongols n'ont pas besoin de faire sécher la bouse pour construire leur mur, l'argile leur permet de faire de vraies briques.Ici, les Mongols n'ont pas besoin de faire sécher la bouse pour construire leur mur, l'argile leur permet de faire de vraies briques.

Ici, les Mongols n'ont pas besoin de faire sécher la bouse pour construire leur mur, l'argile leur permet de faire de vraies briques.

Dans cette bergerie déserte, un moineau soulcie semble construire un nid. Un traquet motteux nourrit ses jeunes avec des insectes qu’il va chercher dans un lieu… original.
Dans cette bergerie déserte, un moineau soulcie semble construire un nid. Un traquet motteux nourrit ses jeunes avec des insectes qu’il va chercher dans un lieu… original.Dans cette bergerie déserte, un moineau soulcie semble construire un nid. Un traquet motteux nourrit ses jeunes avec des insectes qu’il va chercher dans un lieu… original.
Dans cette bergerie déserte, un moineau soulcie semble construire un nid. Un traquet motteux nourrit ses jeunes avec des insectes qu’il va chercher dans un lieu… original.

Dans cette bergerie déserte, un moineau soulcie semble construire un nid. Un traquet motteux nourrit ses jeunes avec des insectes qu’il va chercher dans un lieu… original.

Enfin sortis de là !

Enfin sortis de là !

Sur la tourbière
Mais nous n’avons pas dit notre dernier mot. Nous repartons par un autre chemin chercher les mouettes reliques. Nous nous arrêtons à distance de l’argile, et marchons à pied, deux bonnes heures en tout. Le paysage est somptueux, les marais plein d’oiseaux.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23
En haut, silhouettes de syrrhaptes paradoxaux, libellule, bergeronnette citirine mâle.
En haut, silhouettes de syrrhaptes paradoxaux, libellule, bergeronnette citirine mâle.
En haut, silhouettes de syrrhaptes paradoxaux, libellule, bergeronnette citirine mâle.

En haut, silhouettes de syrrhaptes paradoxaux, libellule, bergeronnette citirine mâle.

Mais nous sommes obligés de passer sur une tourbière, ce qui me fait bien peur !!! Le sol tremble, s’enfonce… ce n’est pas rassurant du tout ! Je ne suis pas fière…
Nous revoyons les mouettes reliques, mais de très loin.

Tourbière.

Tourbière.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23

Bzzzzzzzzzz
Ceux qui ne font pas que nous observer, par contre, ce sont les moustiques. Je compte 25 boutons sur chacune de mes mains, que je cache, pourtant. Terbish me soigne à mon tour avec son petit engin qui semble faire des mini-décharges : « Aïe ! Aïe ! », je proteste, ce qui fait marrer les Mongols.
Ce matin, les gars se sont foutus de ma poire à cause de mon look, car je me suis recouverte la tête de foulards. Mais se couvrir de pied en cap est le seul moyen de lutter contre les moustiques. Aussi, ce midi, les voilà tous enrubannés à leur tour !

Philippe. De dos, il fait peur...

Philippe. De dos, il fait peur...

...mais de face aussi !

...mais de face aussi !

Les moustiques se cachent dans les herbes et s'envolent quand on marche.

Les moustiques se cachent dans les herbes et s'envolent quand on marche.

Ainsi couverts, sous le soleil et la chaleur, on transpire tout ce qu’on peut. C’est un choix : la transpiration ou les moustiques. Le résultat, c’est beaucoup de transpiration, et pas mal de moustiques quand même !
Heureusement que tous les compagnons de voyage sont des coriaces, car il y aurait de quoi craquer plus d’une fois.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23
Tadorne de Belon, alouette de Swinhoe.
Tadorne de Belon, alouette de Swinhoe.

Tadorne de Belon, alouette de Swinhoe.

Nouvelle invitation dans une yourte
Nous avons repris la route depuis un moment, quand nous arrivons au village de Tonhil, où nous allons laisser Tsevgee (qui profite de ce long voyage pour aller voir de la famille dans cette région) et récupérer Doshka (qui aidera Zoulaa pour la suite).
Une gentille dame nous invite dans sa yourte. Elle a la ferme intention de nous faire ingurgiter toutes sortes de choses, et en grande quantité. Du thé mongol salé au lait, différents pains dont un qui est un peu rance, comme souvent en Mongolie.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23

Pierre, qui ne supporte pas le lait (« rien que l’odeur, ça me fait vomir »), commence à avoir l’œil fou au fond de la yourte. On élabore un plan stratégique pour le sauver sans faire preuve d’impolitesse. Dès que l’hôtesse a le dos tourné, Philippe lui échange son bol vide contre son bol plein. Et hop !
Terbish nous explique que le thé salé est plus typique ici que celui qu’ils font au camp…
En effet… Il est agrémenté de petits grumeaux gras qui me donnent des hauts le cœur.
« Goûte ça, me dit Philippe, pris d’un enthousiasme culinaire qui me sidère, et ça, et ça !
-Mais tais-toi, j’essaie de me faire oublier… me fais pas repérer ! »

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23

La yourte est plutôt riche, décorée. Notre hôtesse veut nous recevoir dignement. Elle se met à nous préparer des nouilles mongoles à la viande… Elle nous en sert des portions copieuses, qu’il faut avaler sans ciller. J’arrive à éviter de justesse, bien que Galaa tente de me forcer la main, le dernier plat : de la panse de mouton farcie, servie froide et épicée…
Cachée derrière un cadre, notre hôtesse sort une bouteille de vodka.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23Expédition dans le désert de Gobi, épisode 23

Un animal bizarre
On repart, je suis toujours barbouillée… le goût des petits grumeaux gras reste en bouche de façon insistante. Les papilles déprimées, je suis en train de méditer à la bonne gastronomie française, quand tout à coup un canidé indéterminé est signalé, puis disparaît.
Plus loin, je vois à mon tour quelque chose que je n’ai jamais vu jusqu’ici : un animal qui court en rasant le sol, tête baissée… qu’est-ce donc que cela ?

Suite au prochain épisode...

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Terbish...

Terbish...

Ce cri est vraiment bizarre, je n’en ai jamais entendu de pareil.
Philippe fronce les sourcils, il réfléchit. Puis il finit par dire : « Si !... c’est un plongeon arctique. »

Plongeon arctique.

Plongeon arctique.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

En effet, c’est un superbe plongeon arctique en plumage nuptial. Philippe le trouve et nous le montre à la longue-vue : « Et il est accompagné d’un autre adulte et d’un jeune en duvet. Étrange de voir cet oiseau ici, il est plus habituel de l'observer dans la toundra arctique ! »

Zoulaa et Tsevgee, rangeant un câble.

Zoulaa et Tsevgee, rangeant un câble.

Le courageux Galaa, qui essaie de reprendre forme humaine.

Le courageux Galaa, qui essaie de reprendre forme humaine.

Nous sommes sortis du bourbier, mais Myangaa a l’air totalement abattu, comme s’il était vidé de l’intérieur. Il nettoie frénétiquement son camion, couvert de boue.
Philippe se pose des questions, il a vu passer en vol 93 mouettes reliques. Nichent-elles ici ?

Mouette relique adulte. L’espèce a été découverte très récemment et elle est très rare (seulement quelques milliers d'individus dans le monde et 2 colonies connues en Mongolie).
Mouette relique adulte. L’espèce a été découverte très récemment et elle est très rare (seulement quelques milliers d'individus dans le monde et 2 colonies connues en Mongolie).

Mouette relique adulte. L’espèce a été découverte très récemment et elle est très rare (seulement quelques milliers d'individus dans le monde et 2 colonies connues en Mongolie).

Une nouvelle colonie de mouettes reliques ?
Épuisés par l’embourbement, nous décidons de dresser le camp sur place. Puis nous partons arpenter les marais, à la recherche de l’hypothétique colonie de mouettes reliques, qui n’est pas connue à cet endroit.
C’est difficile de se déplacer dans les marais. Il nous manque des bottes, ou un cheval, et je mets le pied, encore une fois, dans un trou d’eau. Plouf.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

Les moustiques nous assaillent, par centaines. Je me couvre la tête. Philippe récolte 35 boutons, juste sur le visage, que Terbish soigne avec un petit appareil qui semble envoyer une sorte de décharge électrique. Boursoufflé, il m’évoque Coluche dans Banzaï !

Les sprays anti-moustiques sont aussi efficaces que se mettre de l'eau de Cologne face à un crocodile affamé...

Les sprays anti-moustiques sont aussi efficaces que se mettre de l'eau de Cologne face à un crocodile affamé...

Mais ça valait le coup. Les marais sont fabuleux, et les mouettes reliques semblent bien présentes, sur un îlot du lac. Finalement, cet embourbement nous a permis de mieux explorer ce fantastique marais ! De bonnes choses arrivent parfois après les épreuves.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

Miam miam !
Enfin, il est l’heure de dîner.
« Tiens, un grillon dans ma boulette de viande », constate stoïquement S., qui, s’il a accepté de manger quelques moucherons dans sa salade, n’est pas encore tout à fait prêt à des expériences culinaires de plus grande envergure.
« Il est pris par une patte », précise-t-il, d’un ton détaché.
Cela me déclenche un irrépressible fou rire. Je ne peux plus m'arrêter.
Pour ma part, je trouve un cheveu. Et sans doute pas un cheveu propre, vu le nombre de fois où l’on a pu se laver depuis 12 jours !
« Terbish a dû lui aussi trouver quelque chose, il vient de jeter un truc discrètement », indique Philippe.

Loup, y es-tu ? (Tchonne bi yu ???)
Pendant que ce qu’il reste des gars fait le compte-rendu naturaliste (log) de la journée, je vais chercher le loup à la longue-vue dans la steppe. C’est un bon coin pour les loups, nous a dit Terbish. Mais le problème des loups, c’est comme de voir un renard chez nous. Ils sont partout présents, mais encore faut-il tomber dessus ! Très chassés, en voir un relève du coup de chance.
Je ne vois rien, seulement une buse de Chine, un grand corbeau, et les alouettes qui chantent dans le ciel.
Le soleil est de plus en plus bas à l’horizon.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

Sur Mars
Un arc-en-ciel se forme, complet, sur toute la steppe. Les lumières sont irréelles.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

On se croirait sur Mars…

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

Les montagnes s’embrasent de rose, la lumière devient de plus en plus dorée, rasante, l’arc-en-ciel se densifie.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

Cet embourbement nous a permis de découvrir un lieu d’une beauté telle que ni les mots ni les photos ne pourront la transcrire. Féérique.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22
Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

Nous nous couchons dans le froid (le retour des chaussettes !), la fine pluie de l’arc-en-ciel s’abattant doucement sur nos tentes, et nous nous endormons à quelques centaines de mètres des mouettes reliques.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 22

13e jour. Jeudi 30 juin.
Au matin, nous repartons en camion pour essayer d’aller voir de plus près la colonie de mouettes reliques.
Mais nous n’avons pas fait 500 m que…

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Expédition dans le désert de Gobi, épisode 21

Publié le par lesbiodiversitaires

Carnet de voyage d’Élise Mazaalai karshan emegtei

Terbish...

Terbish...

Le second camion est appelé à la rescousse, en espérant que Galaa ne s’embourbe pas à son tour.
Myangaa, lui, semble prêt à se pendre.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 21

Vautré dans la boue, son camion est tout pourri de l’extérieur, et de l’intérieur aussi, avec la boue collante qu’on y ramène… Son visage exprime un désespoir profond.
Lui qui avait arrêté de fumer depuis le départ d’Oulan-Bator se grille une clope, morne.
Preuve qu’il va très mal, je me cogne la tête au camion et ça ne le fait même pas rigoler. Il me lance seulement un regard désespéré.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 21
Dans ce sens, ça marche pas...

Dans ce sens, ça marche pas...

...mais tout compte fait, dans celui-là non plus !

...mais tout compte fait, dans celui-là non plus !

Dans la boue
Les efforts pour sortir le camion n’aboutissent qu’à le faire s’enfoncer un peu plus. Tout repose maintenant sur Galaa : va-t-il pouvoir nous sortir de là, ou bien va-t-il s’embourber à son tour ?

C'est de pire en pire...

C'est de pire en pire...

Je ne cesse de me dire : ouf !!! Heureusement que cela n’est pas arrivé dans le Gobi ! Nous sommes sortis du désert, et nous avons passé un village à quelques kilomètres. Mais si c’était arrivé dans le Gobi A, où ça a été parfois limite dans le sable, sans téléphone et à 250 km des premières yourtes, ça aurait été bien plus grave. Il faut savoir qu’on ne roule qu’à 30-40 km/heure, on ne peut pas aller plus vite sur les pistes mongoles.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 21

Il pleut. Au moins, on ne mourra pas de soif ! Puis j’ai des barres de céréales plein le sac photo.
Pendant qu’on reste à l’abri dans le camion, Pierre tourne dehors, sous la pluie, préoccupé. Je crains qu’il ne finisse par attraper froid !

Certains y sont restés... Squelette de cheval à quelques pas du camion...

Certains y sont restés... Squelette de cheval à quelques pas du camion...

Surréalisme mongol
Tout à coup, Terbish se met à renifler un flacon, puis il se tourne vers nous et nous le tend. Il s’agit du petit flacon de bienvenue des Mongols (ils se le font renifler en se disant bonjour).
« C’est quoi, lui dis-je, de la cocaïne ? »
Non qu’il dit, c’est pour dire bonjour !
« Je pense qu’il essaie de nous droguer pour nous détendre », dis-je aux autres, en plaisantant à moitié.
Bon, on ne sait pas pourquoi il se sniffe ça, ni pour quoi il nous le fait sniffer, là tout à coup, dans le camion, sous la pluie, embourbés, en pleine steppe…
Je renifle le flacon du bout du nez, à moitié méfiante.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 21

Puis le voilà, après ça, qui se met à se raser avec son rasoir électrique à piles !
« C’est surréaliste », dis-je.
« Le problème, répond quelqu’un derrière, c’est que plus il pleut, et plus ça va s’embourber.
- Il n’est pas amphibie son camion ?, demande un autre.
- L’eau va stagner, ça commence à remplir le fossé qu’on a fait.
- Va falloir chercher un tracteur dans un village, ah oui mais y’a pas de tracteur. C’est des éleveurs, pas des cultivateurs. Alors va falloir taper à toutes les yourtes. Pour trouver une dizaine de chevaux. Ou des yaks. »

Oui enfin, si tous les chevaux et les yaks sont dans cet état-là... (crânes trouvés autour du lac)Oui enfin, si tous les chevaux et les yaks sont dans cet état-là... (crânes trouvés autour du lac)

Oui enfin, si tous les chevaux et les yaks sont dans cet état-là... (crânes trouvés autour du lac)

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 21

Terbish, continuant sur sa lancée, nous dit en rigolant qu’il va aller nager dans le lac. Et il sort du camion... Mais en fait, il va voir Pierre qui continue à marcher sous la pluie.
On craint que Galaa ne s’embourbe à son tour. Terbish nous a déjà dit qu’on risquait bien de dormir ici…
Pierre finit par rentrer, totalement trempé, le chapeau dégoulinant, et prononce, le regard éteint, la phrase du jour :
« Y a des gambettes. »

Il y a des chevaliers gambettes, et il a aussi une panure à moustaches...
Il y a des chevaliers gambettes, et il a aussi une panure à moustaches...Il y a des chevaliers gambettes, et il a aussi une panure à moustaches...

Il y a des chevaliers gambettes, et il a aussi une panure à moustaches...

Embourbements en série
3 heures plus tard. Il a cessé de pleuvoir. Le camion s’est embourbé une seconde fois.
Le second camion, celui de Galaa, s’est quant à lui légèrement embourbé deux fois. Il a fallu pousser 5 ou 6 fois. Et j’ai réveillé une horde de moustiques affamés, qui séchaient dans les herbes mouillées, en allant photographier une pie-grièche.

Galaa...

Galaa...

Le camion de Galaa tracte le nôtre avec un câble...

Le camion de Galaa tracte le nôtre avec un câble...

Mais grâce à l’ingénieux Galaa, qui s’est déchaussé, les pieds dans la boue (« on pourrait faire une séance de catch », dis-je à Pierre), on a enfin réussi à s’extraire.

Expédition dans le désert de Gobi, épisode 21
On lave les chaussures dans une petite mare...

On lave les chaussures dans une petite mare...

...tandis qu'un rayon de soleil éclaire le marais.

...tandis qu'un rayon de soleil éclaire le marais.

Plantes du lac Tsetseg Nuur Plantes du lac Tsetseg Nuur
Plantes du lac Tsetseg Nuur
Plantes du lac Tsetseg Nuur Plantes du lac Tsetseg Nuur

Plantes du lac Tsetseg Nuur

C’est alors qu’un cri étrange monte dans la steppe, en provenance du lac.

Suite au prochain épisode...

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