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Les grands dauphins du Mor Braz

Publié le par lesbiodiversitaires

Aujourd'hui dans le Mor Braz, une cinquantaine de grands dauphins nous a fait un petit festival, accompagnant pendant de longs moments le bateau.

Notamment une mère et son petit, qui sont venus nous dire bonjour.

Les grands dauphins du Mor BrazLes grands dauphins du Mor Braz
Les grands dauphins du Mor BrazLes grands dauphins du Mor Braz

C'est l'occasion de rappeler que la population de grands dauphins est en décroissance. Ces si sympathiques animaux sont encore chassés au Japon et dans les îles Féroé... et souvent victimes accidentelles des filets de pêche dérivants. Ainsi que de pollutions diverses.

Les grands dauphins du Mor Braz

Partager des moments avec ces animaux sauvages si curieux de l'homme est toujours magique.

Les grands dauphins du Mor Braz

Publié dans Biodiversité sauvage

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Brandissez le Petit Manuel climatique pour ceux qui ne veulent pas finir grillés comme des sardines !

Publié le par lesbiodiversitaires

Brandissez le Petit Manuel climatique pour ceux qui ne veulent pas finir grillés comme des sardines !

À l’occasion du sommet mondial sur le climat, à Paris, le changement climatique est sur le devant de la scène plus encore que jamais. Cette réalité et ces interrogations sur le devenir de la planète ne peuvent plus être esquivées.

Ce "Petit livre bleu" dit tout sur le climat et comment changer nos vies pour enrayer le réchauffement climatique.

Face aux discours, parfois alarmistes, des scientifiques et au mutisme des politiques et du monde économique, j’ai écrit ce Petit Manuel.

Parce que la clef de la réussite pour contenir ce réchauffement est d’abord citoyenne, j’essaie de mon­trer, avec humour et optimisme, que nous pouvons agir directement et je donne des solutions concrètes pour que chacun puisse contribuer à ralentir significativement la “ma­chine à chauffer”.

Car, oui, il faut nous réveiller rapi­dement, ne serait-ce que pour nos descendants, afin qu’ils bénéficient d’une terre aussi belle et vivante que celle que nous connaissons. Cela de­mande évidemment des efforts, sans doute de “changer de disque dur” dans notre vie quotidienne, mais c’est la seule solution pour ne pas finir grillés comme des sardines.

Ce Petit Manuel répond de façon claire et concise aux questions simples que chacun se pose sur le réchauffement climatique. Car nous y sommes tous confrontés, partout, à tout moment, dans toutes nos activités. Pourtant, il y a (encore) des so­lutions pour, non pas arrêter, mais ralentir la machine infernale.

Points Seuil

144 PAGES (se lit en une heure) • 5,90 € (seulement !)

 

Brandissez le Petit Manuel climatique pour ceux qui ne veulent pas finir grillés comme des sardines !

En librairie le 1er octobre.

CONTACT PRESSE :
JÉRÔME LAMBERT - jerome.lambert@seuil.com
01 41 48 84 09

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Aventures naturalistes dans le Mor Braz

Publié le par lesbiodiversitaires

Avec une bande de copains ornithologues, nous avons décidé d’aller à la rencontre des oiseaux et des mammifères marins qui fréquentent, en fin d’été, les eaux du Mor Braz, entre Belle-Île, Hoedic, l’estuaire de la Vilaine et la pointe du Croisic. Trois sorties en mer que l’on vous fait partager.

Océanites tempêtes.

Océanites tempêtes.

L’idée qui a germé, c’est de voir ce qu’il y a en mer à quelques milles des côtes et des îles du Morbihan. Il y a déjà eu des travaux effectués, mais sous protocole strict, ne permettant pas une grande souplesse quant à l’observation des espèces. Si les observations d’oiseaux marins sont souvent décevantes à partir de la côte morbihannaise, il n’en est pas de même dès que l’on prend la mer.

Pas de gros bateau, pas de yacht, pas de chalutier ni de bateau pour la pêche au gros. Non, un zodiac pour une douzaine de personnes. Pas non plus du grand confort, c’est-à-dire une petite banquette à l’arrière et le reste posé sur les boudins du bateau.

Nous sommes partis à chaque fois au matin de Port Haliguen dans la presqu’île de Quiberon, Morbihan. Après avoir dépassé la Teignouse et ses rochers, on file, soit vers le sud-ouest pour rejoindre le secteur de la pointe des Poulains à Belle-Ile, ou le phare des Birvideaux, soit on se dirige vers le sud-est pour passer Houat, puis Hoedic et faire route vers la plateau du Four, au large des Cardinaux.

Nous avons opté pour deux stratégies afin d’observer les oiseaux et les dauphins dans de bonnes conditions. D’une part rechercher les bateaux en pêche (chalutiers) que nous avons préalablement repérés les jours précédents sur un site internet dédié, soit en pratiquant la très odorante activité du chumming (voir ci-dessous).

Lorsqu’ils sont en pêche, et notamment lorsqu’ils relèvent les filets, les chalutiers attirent de grandes quantités d’oiseaux. Ainsi, le 5 septembre 2015, il y avait près de 4 000 goélands, 2 000 puffins des Baléares et plus de 110 dauphins (surtout communs et quelques grands dauphins) autour d’un chalutier.

Posté à l’arrière du chalutier, pour ne pas le gêner, moteur coupé, nous nous laissons dériver tandis que le flot des goélands et des puffins, auxquels se mêlent des océanites tempêtes, suit le chalutier qui avance.

Ambiance derrière les chalutiers...
Ambiance derrière les chalutiers...

Ambiance derrière les chalutiers...

Spectacle inouï quand c’est au tour des dauphins de frôler notre étrave et rejoindre les oiseaux en nous gratifiant de bonds et de sauts.

Le ballet des dauphins communs.
Le ballet des dauphins communs.Le ballet des dauphins communs.
Le ballet des dauphins communs.

Le ballet des dauphins communs.

C’est l’occasion de voir de tout près le puffin des Baléares. Cette espèce, dont la quasi-totalité de la population mondiale se rassemble dans les eaux bretonnes en été, est en danger critique d’extinction. Difficile de le penser quand on voit tous ces oiseaux. Sauf que l’on a devant nous peut-être 15 ou 20 % de la population mondiale !

Le rare puffin des Baléares.
Le rare puffin des Baléares.Le rare puffin des Baléares.

Le rare puffin des Baléares.

Par dizaines, les puffins des Baléares suivent le chalutier.

Par dizaines, les puffins des Baléares suivent le chalutier.

Survolant la masse, quelques fous de Bassan patrouillent dans le ciel.

Aventures naturalistes dans le Mor Braz
Aventures naturalistes dans le Mor BrazAventures naturalistes dans le Mor Braz

Avec, en prime, le grand labbe (jusqu’à 5 ensemble) qui vient, comme à son habitude, pirater les goélands lorsqu’ils ont attrapé un bout de poisson.

Oiseaux de première année (le premier et le cinquième) et plus âgés.
Oiseaux de première année (le premier et le cinquième) et plus âgés.Oiseaux de première année (le premier et le cinquième) et plus âgés.
Oiseaux de première année (le premier et le cinquième) et plus âgés.Oiseaux de première année (le premier et le cinquième) et plus âgés.

Oiseaux de première année (le premier et le cinquième) et plus âgés.

Aventures naturalistes dans le Mor Braz

L’autre technique pour voir les oiseaux dans de bonnes conditions est la pratique du chumming. Qu’est-ce que le chumming ? Il s’agit d’une mixture faite d’abats et de morceaux de poissons, d’huile de foie de morue (ou de poissons), de morceaux de calmars et, éventuellement d’un peu de graisse animale que l’on fait macérer dans un récipient pendant plusieurs jours (voire, pour les « puristes », plusieurs semaines), puis que l’on congèle. Ainsi obtient-on un bloc de glace dans lequel se trouve enfermée cette mixture qui sera ensuite mise à la mer et qui diffusera lentement. La forte odeur de poissons (odeur, il faut le dire, re-dou-ta-ble) attirera les oiseaux, qui viendront se régaler de cette gourmandise - certains pouvant sentir l’odeur à une ou deux dizaines de kilomètres.

Hum, le bon chum !Hum, le bon chum !

Hum, le bon chum !

Le but premier est d’attirer les océanites, ces minuscules oiseaux marins noirs, que les pêcheurs bretons appellent parfois satanigs car ils ont le plumage noir et seraient annonciateurs de tempêtes (ce qui est loin d’être systématiquement le cas). Il faut vraiment être en mer pour les voir correctement car leur taille est à peu près celle d’une hirondelle.

Le Mor Braz est connu pour en accueillir beaucoup en été, et nous avons pu voir jusqu’à 300 oiseaux posés ensemble, en radeau sur l’eau, au milieu de nulle part.

Aventures naturalistes dans le Mor Braz
Aventures naturalistes dans le Mor Braz

Mais, attirés par le chum, les oiseaux peuvent venir à quelques mètres du bateau tandis qu’ils picorent, de leur vol papillonnant, les petits morceaux qui se détachent du gros bloc.

Aventures naturalistes dans le Mor Braz
Aventures naturalistes dans le Mor BrazAventures naturalistes dans le Mor Braz

L’un des buts de nos prospections était de mettre en évidence la présence du très rare océanite de Wilson. Cette espèce niche dans les contrées de l’hémisphère Sud, notamment dans les îles subantarctiques. Après la reproduction (australe), les oiseaux remontent vers les côtes d’Amérique du Nord, mais la présence de l’espèce de ce côté-ci de l’Atlantique a été mis en évidence depuis une vingtaine d’années, singulièrement au large des îles Britanniques. En France, l’espèce reste cependant occasionnelle.

A la faveur de notre chum et sans doute attirés par quelques océanites tempêtes qui s’y nourrissaient, nous avons pu observer deux oiseaux de plus d’un an, fortement en mue, le 19 septembre. Et ce, à quelques mètres du bateau. Ce fut LE grand moment de nos sorties que de voir ces oiseaux aux pattes démesurées marcher littéralement sur l’eau tout en pratiquant un sorte de vol bondissant. De vrais « diables », décidément !

Les deux oiseaux observés le 19 septembre 2015.
Les deux oiseaux observés le 19 septembre 2015.
Les deux oiseaux observés le 19 septembre 2015.
Les deux oiseaux observés le 19 septembre 2015.

Les deux oiseaux observés le 19 septembre 2015.

Océanite de Wilson (à gauche) et océanite tempête (à droite), pour comparaison.

Océanite de Wilson (à gauche) et océanite tempête (à droite), pour comparaison.

On peut également ajouter les observations d’espèces peu fréquentes comme le labbe pomarin...

Oiseau de 2 ans.

Oiseau de 2 ans.

...ou de la mouette de Sabine, venue de l’Arctique canadien ou russe.

Oiseau de 2 ans.

Oiseau de 2 ans.

Sans oublier le poisson lune (môle) que l’on croit toujours à moitié mort, jusqu’à ce qu’il nous gratifie d’un bond soudain en dehors de l’eau !

Au cours des sorties, nous avons croisé trois môles. Quand ils flottent à la surface, c'est en réalité pour se réchauffer au soleil après des plongées en eaux profondes.

Au cours des sorties, nous avons croisé trois môles. Quand ils flottent à la surface, c'est en réalité pour se réchauffer au soleil après des plongées en eaux profondes.

Merci à nos compagnons de virée et singulièrement à notre « capitaine-ornithologue » Baptiste Sinot. L’aventure continue !

Aventures naturalistes dans le Mor Braz

Publié dans Biodiversité sauvage

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Halte à l'obsolescence programmée

Publié le par lesbiodiversitaires

Nous voulons vous faire partager une nouvelle qui nous réjouit, la création d'une association qui va lutter contre l'obsolescence programmée.

Dans cette association, il n'y a pas de cotisation mais "nous avons besoin d'un maximum de membres/soutiens pour être agréé et pouvoir agir en justice par la suite", nous explique Laetitia Vasseur, la présidente.
Nous vous faisons suivre le communiqué qu'ils viennent de publier sur la sortie du nouvel iPhone.
Une bonne nouvelle, ça fait du bien !

Voir nos articles à ce sujet : Obsolescence programmée, Petit Papa Noël ou encore Porno, Smartphones et écologie.

Lancement de l’association HOP// Halte à l’Obsolescence Programmée : l’iPhone 6S, un cas d’école?

 

Paris, le 24 septembre 2015 – L’association HOP// Halte à l’Obsolescence Programmée réagit à la sortie de l’iPhone 6S d’Apple.

 

HOP : de nouveaux moyens pour de nouvelles actions 

HOP// Halte à l’obsolescence programmée est une association 1901 dont la mission est d’agir pour  construire une société sans obsolescence programmée. Pratique courante, l’obsolescence programmée désigne les techniques visant à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter son taux de remplacement. Elle peut prendre plusieurs formes : un produit cesse de fonctionner quelques jours après la fin de la garantie, les pièces détachées sont indisponibles ou encore les nouveaux logiciels sont incompatibles.

 

HOP a été créée à un moment historique dans la lutte contre cette pratique, nuisible à la fois à l’environnement et aux droits des consommateurs : l’inscription, dans la loi, d’un délit d’obsolescence programmée. Grâce à cette disposition, HOP pourra mener des  actions de classe, c’est-à-dire des recours collectifs en justice, à partir d’enquêtes sur les cas répétés, en collectant les informations sur les produits défaillants auprès des consommateurs. Pensée comme une plateforme de crowdsourcing, HOP se met au service des citoyens dans une démarche collaborative et constructive.

 

Au-delà des actions en justice, HOP a pour missions de :

-          -Sensibiliser et informer les citoyens et décideurs à travers une expertise législative et scientifique,

-          -Dénoncer les pratiques frauduleuses par le biais d’actions médiatiques et citoyennes,

-          -Être force de proposition grâce à des actions de plaidoyer et de conseils,

-          -Fédérer autour d’initiatives innovantes en proposant des modèles alternatifs.

 

« L’obsolescence programmée est le symbole d’une surconsommation et surproduction tout simplement insoutenable : c’est un modèle qui creuse les inégalités, dégrade l’environnement et augmente le prix des matières premières. La bonne nouvelle, c’est qu’on peut faire autrement !», affirme Laetitia Vasseur, présidente et co-fondatrice de l’association.

 

HOP// Halte à l’obsolescence programmée représente ainsi le nouvel acteur de référence sur l’obsolescence programmée et les modes de consommation et production responsables.

 

L’iPhone 6S : un cas typique d’obsolescence programmée ?

La sortie ce jour du nouvel iPhone 6S est emblématique. Comme nombre de smartphones, l’iPhone est conçu pour limiter sa durée d’usage et renouveler l’achat. Tout le monde en  fait l’amère expérience : la batterie ou la mémoire interne inchangeable, la nouvelle mise à jour logicielle trop gourmande pour le téléphone qui ralentit tellement qu’on ne peut plus l’utiliser, l’ancien câble dont le connecteur n’est plus adapté…

 

A l’obsolescence technique et logicielle, s’ajoutent également l’obsolescence esthétique qui jouent sur les effets de mode pour accélérer la consommation d’un produit neuf. Or, cette course au renouvellement pose des problèmes écologiques graves. Recyclés, revendus ou tout simplement jetés, l’accumulation des téléphones contribuent à la raréfaction des terres rares, la surconsommation d’énergie et la pollution des sols, des eaux, de l’air. Les téléphones portables peuvent contenir jusqu’à 12 métaux différents à hauteur de 25 % du poids total des appareils. A ce rythme, nous pourrions voir les réserves de cuivre, plomb, nickel, argent, étain et zinc s’épuiser d’ici 30 ans.

 

HOP s’engage à lutter contre cette pratique, mais propose aussi des modèles économiques alternatifs basés sur la circularité et le recyclage. L’association informe ainsi les citoyens sur les initiatives existantes, les  bonnes pratiques et les actions innovantes à portée de tous.

  

Contact presse

Laetitia Vasseur - +33 7 78 80 22 53 - contact@halteobsolescence.org

Site web http://www.halteobsolescence.org 

Twitter @HalteOP

Facebook : https://www.facebook.com/halteobsolescenceprogrammee15

 

Le délit d’obsolescence programmée a été défini par la loi du 22 juillet 2015 sur la transition énergétique par un nouvel article L.213-4-1 du Code de la consommation qui dispose que :

I- L’obsolescence programmée se définit par l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement.

II- L’obsolescence programmée est punie d’une peine de deux ans d’emprisonnement et de 300 000 € d’amende.

III- Le montant de l’amende peut être porté, de manière proportionnée aux avantages tirés du manquement, à 5% du chiffre d’affaires moyen annuel, calculé sur les trois derniers chiffres d’affaires annuels connus à la date des faits.

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Continuons de chercher les chiens bergers d’Auvergne !

Publié le par lesbiodiversitaires

Message à l’adresse des lecteurs auvergnats...

L’association de sauvegarde du chien de berger d’Auvergne continue de faire passer des avis de recherche de chiens, à la fois à travers la presse vétérinaire (le Point Vétérinaire en a fait la Une de son site web, le 1er septembre dernier), mais aussi en direct, par bouche à oreille.

Nous avons pour cela conçu la petite affichette suivante. Elle est téléchargeable ici sur le site web du chien ou bien ci-dessous en haute définition. Merci à tous les Auvergnats qui le veulent de l’imprimer et de l’afficher par exemple dans les boulangeries ou dans les cabinets vétérinaires après autorisation de leur propriétaire.

Et n'hésitez pas à la faire circuler (en Auvergne uniquement) !

Continuons de chercher les chiens bergers d’Auvergne !

Pour télécharger l'affichette, cliquez ici.

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Vivre autrement à la ferme : c’est possible

Publié le par lesbiodiversitaires

Nous poursuivons nos visites dans des exploitations agricoles qui ont fait le choix de promouvoir des races à petits effectifs, de pratiquer le circuit court et, souvent, de le faire dans le cadre de l’agriculture biologique.
Aujourd’hui visites en Bretagne dans les fermes de Kérourinet et du Kleuz.

Karine et Bruno Guérin ont une exploitation à Ploërdut, dans le cœur du Morbihan. Ici, on n’est guère ennuyé par les voisins. Dans ce paysage vallonné, assez boisé, Karine et Bruno ont fait le choix de conduire une exploitation sur une vingtaine d’hectares, en bio, centrée sur l’élevage de la chèvre des fossés.
La chèvre des fossés est une race à petits effectifs. Autrefois présente dans une grande partie de l’ouest de la France, cette race rustique ne compte aujourd’hui qu’un peu plus de 730 femelles. Ici, 65 chèvres vivent en pleine nature, broutant les légumineuses qui parsèment la prairie que nous visitons.

Une partie du troupeau.

Une partie du troupeau.

Vivre autrement à la ferme : c’est possible
Vivre autrement à la ferme : c’est possible

Les animaux sont splendides. Le poil est brillant et les pis gonflés de lait. C’est un superbe troupeau, où l’immense majorité des femelles sont cornues. Ce qui frappe également, c’est la diversité (et la beauté) des robes. Karine et Bruno ont choisi de maintenir cette diversité et l’on retrouve des robes particulièrement rares comme la « mantelée inversée ». Parmi les robes, on retrouve celle des chèvres des fossés « historiques », c’est-à-dire celles qui peuplait les environs du cap de la Hague, dans le Cotentin, et dont un troupeau quasiment sauvage a subsisté pendant longtemps en complète liberté. Ce troupeau, redécouvert en 1989, a permis à la race de se reconstituer, car elle était au bord de l’extinction, fortement concurrencée par la chèvre alpine.

Chez les éleveurs de races à petits effectifs, les animaux, bien traités, sont souvent très amicaux envers l'homme. Comme en témoignent ces chèvres qui ne manifestent que de la sympathie pour des inconnus découverts quelques minutes plus tôt. Chez les éleveurs de races à petits effectifs, les animaux, bien traités, sont souvent très amicaux envers l'homme. Comme en témoignent ces chèvres qui ne manifestent que de la sympathie pour des inconnus découverts quelques minutes plus tôt.

Chez les éleveurs de races à petits effectifs, les animaux, bien traités, sont souvent très amicaux envers l'homme. Comme en témoignent ces chèvres qui ne manifestent que de la sympathie pour des inconnus découverts quelques minutes plus tôt.

Un jeune bouc s’occupe de tout ce petit monde. Karine, ingénieur agronome recyclée dans l’élevage, gère la fromagerie et produit des fromages de très grande qualité. C’est un plaisir de goûter ses fromages bio et l’on ne peut qu’inciter les personnes de la région à le faire.

Vivre autrement à la ferme : c’est possible
Vivre autrement à la ferme : c’est possible

A côté des chèvres, le couple Guérin élève un petit troupeau de vaches laitières où l’on trouve des bretonnes pie-noir, quelques froment du Léon, des jersiaise (croisées) et une superbe vache canadienne, issue des meilleures lignées, apportées voici plus de 20 ans du Québec, par la famille Brunet. Rappelons ici, que, malgré son nom, la canadienne a de pures origines françaises. Elle a suivi les émigrants qui partirent de Normandie et de Bretagne pour l’Amérique du Nord, à la fin du XVIIe siècle. Sa sœur, ou sa cousine, a perduré pendant quelques siècles en Bretagne de façon tout à fait méconnue et cryptique : il s’agit de la population appelée « brune de Guingamp » qui a disparu au début du XXe siècle. D’ailleurs cette canadienne devrait s’appeler chez nous « brune de Guingamp » ; cela serait plus juste. La valorisation est faite par l’intermédiaire de fromage et de viande de veau.

Vache Canadienne (Emeraude, c'est son nom).

Vache Canadienne (Emeraude, c'est son nom).

Vache Froment du Léon : une beurrière méconnue mais de très haut de gamme.

Vache Froment du Léon : une beurrière méconnue mais de très haut de gamme.

Pour en savoir plus sur la ferme de Kérourin : ici (Kérourin 56160 Ploërdut).
Karine Guérin est présidente de l’Association de Sauvegarde et de Promotion de la Chèvre des Fossés. En 2014, cette association a reçu le 2ème prix agro-biodiversité de la Fondation du Patrimoine.

Karine Guérin (à gauche), lors de la remise du prix.

Karine Guérin (à gauche), lors de la remise du prix.

Des bretonnes pie-noir avec des cloches !

Plus au nord, au cœur des Monts d’Arrée finistériens, se loge la ferme du Kleuz de Gabriel et Véronique Le Hir. On est ici à Plounéour-Menez et le couple possède un petit troupeau de bretonnes pie-noir. Bien cachées dans un pré en pente, on les entend avant de les voir. Gabriel a en effet muni quelques-unes d’entre elles de cloches rapportées des Alpes ou d’Auvergne. C’est étonnant de voir ainsi des « BPN » avec des cloches, mais, en même temps que l’herbage pentu sur lequel elles se trouvent, le bruit des sonnailles donne à l’ensemble des airs de montagne. Après tout, ne sommes-nous pas dans les Monts d’Arrée ?

Deux superbes Bretonnes pie-noir.Deux superbes Bretonnes pie-noir.

Deux superbes Bretonnes pie-noir.

Gabriel s’occupe du troupeau constitué de vaches laitières mais aussi de velles pour la reproduction et de veaux ainsi que quelques bœufs pour la viande (la viande de bretonne pie-noir est succulente).

Boeuf pie-noir d'environ 2 ans.

Boeuf pie-noir d'environ 2 ans.

Véronique, elle, s’attache à la confection des fromages frais ou affinés et notamment une fameuse tomme. Ces fromages ont tellement de succès qu’à la fin de l’été, ils ferment boutique, faute de pouvoir fournir assez de produits !

Source : Télégramme de Brest

Source : Télégramme de Brest

A les écouter, autour d’une tarte à la rhubarbe et du cidre local, on sent toute la passion qui anime l’ensemble de la famille, à faire vivre cette race de vache hautement emblématique de l’agriculture bretonne. Trois chiffres la résument : il y avait 1,4 million de têtes en 1860 en France (c’était la race la plus commune), et… 435 vaches en 1985. Aujourd’hui on est proche des 1 500 femelles. C’est dire si la race revient de loin.

La salle d'affinage.

La salle d'affinage.

Vivre autrement à la ferme : c’est possible

Pour en savoir plus sur la ferme de Kleuz : Gabriel et Véronique Le Hir, Le Kleuz, 29410 Plounéour-Menez. 02 98 78 00 25.

Retrouvez-les en vidéo ici :

Et ici :

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Enquête : chat domestique et biodiversité

Publié le par lesbiodiversitaires

Nous avons déjà évoqué le problème que posent les chats domestiques à la faune sauvage, dans notre article Trop de chats : un problème pour la biodiversité.

Enquête : chat domestique et biodiversité

Une enquête du Muséum national d'Histoire naturelle et de la Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères vient de paraître justement à ce propos, qu'il nous semble intéressant de relayer.

Voici le communiqué :
" Malgré quelques études, le chat domestique reste un prédateur de la petite faune sauvage dont nous ne connaissons que peu les habitudes.
Nous savons que la nourriture donnée par l’Homme ne l’empêche pas de chasser, car cette activité constitue pour lui un exercice, voire un jeu.
Dans le cadre de leur programme « Chat domestique et biodiversité », le Muséum national d'Histoire naturelle et la Société Française pour l’Étude et la Protection des Mammifères lancent, en lien avec la LPO et d’autres associations, une enquête participative à destination des propriétaires (ou non) de chats.
Ce projet d’observatoire n’est pas mené pour mettre en cause la place de l'animal de compagnie dans nos vies quotidiennes.
Il vise à étudier la prédation opérée par le chat domestique et à comprendre les relations de cet animal avec la petite faune sauvage.
Une nécessaire compréhension pour adapter les mesures de prévention et de conser
vation de cette petite faune sauvage.
Participez à la collecte d’informations sur le site http://www.chat-biodiversite.fr/ "

Cette initiative devrait vraiment être utile.
Il serait peut-être temps, en effet, de réfléchir plus sérieusement à limiter l'impact des matous sur la faune sauvage.

Jouez beaucoup avec vos chats ! Un bouchon attaché à une ficelle remplace avantageusement la petite mésange... Et ne les laissez pas trainer au printemps, en pleine période de reproduction des oiseaux.

Enquête : chat domestique et biodiversité

Les protecteurs des chats rejoignent d'ailleurs les naturalistes puisqu'eux aussi demandent aux propriétaires d'être plus responsables avec leurs animaux (ne pas les laisser divaguer, les stériliser, bien réfléchir avant d'acquérir un chat pour limiter les risques d'abandon, etc.).

Miaou !

Enquête : chat domestique et biodiversité

(Les dessins sont extraits du livre Tout pour mon chat - où ce problème de la prédation et de la biodiversité est abordé).

Publié dans Biodiversité sauvage

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Madère : au cœur de la biodiversité marine

Publié le par lesbiodiversitaires

Il y a deux types de foule à Madère : celle, souvent grasse et blanche, qui se presse autour des piscines (faute de plages), et celle qui hante les falaises escarpées, les îles rocheuses et désertes, les plus hauts sommets comme l’étendue immense de l’Atlantique. C’est à la rencontre de cette dernière que nous sommes partis.

Madère : au cœur de la biodiversité marine

Madère et ses dépendances – Porto Santo, les Desertas et plus loin encore, les Salvages – sont parties intégrantes de ce que l’on appelle les îles de Macaronésie, qui comportent également les archipels des Açores et des Canaries et aussi les îles du Cap Vert. D’un point de vue biologique, ce sont de hauts-lieux de l’endémisme, tant pour la faune que pour la flore.
L’idée était ici d’aller à la rencontre des oiseaux et des mammifères marins de Madère, mais aussi des espèces terrestres endémique. Ne dit-on pas que Darwin s’est inspiré en partie de Madère pour forger sa théorie de l’évolution ?
C’est pourquoi nous avons privilégié les sorties en mer, soit à bord d’un Zodiac, soit sur un bateau à voile de 15m, pour rejoindre les îles Desertas – qui portent si bien leur nom.

Madère : au cœur de la biodiversité marine

A la poursuite des voiliers et des voyageurs

Pétrel de Bulwer
Pétrel de Bulwer

D’abord, fuir les grands catamarans bourrés de monde qui croisent devant Funchal, la capitale de Madère, pour montrer quelques dauphins et une baleine quand il y en a. Ensuite, aller le plus au large possible, pour rejoindre la faune pélagique à 15 milles nautiques. En route, on croise bientôt les grands puffins cendrés ou les impétueux pétrels de Bulwer qui se jouent du vent de façon incroyable. Ils viennent parfois vers nous, rasant l’eau devant l’étrave et, d’un simple coup d’aile, effectuent un ressaut qui les projette à 15m de hauteur et 30 de longueur en une fraction de seconde. Ces deux oiseaux constituent l’essentiel de l’avifaune dans les parages de Madère et ils nichent ici surtout aux Desertas.

Puffin cendré.

Puffin cendré.

Devant nous, une bande de puffins va et vient avec de lents battements d’ailes. Nous nous approchons prudemment car c’est bien souvent le signe de la présence d’un banc de poissons. Et qui dit puffins et poissons dit aussi dauphins. Bientôt, une troupe de dauphins tachetés, fréquents dans ces eaux, entourent le bateau, alternant sauts au-dessus des flots et course folle sous l’étrave. A qui sera le premier à devancer l’embarcation !

Dauphins tachetés.
Dauphins tachetés.Dauphins tachetés.

Dauphins tachetés.

Dauphins tachetés. Au fil des jours, nous avons croisé une bonne centaine de dauphins, animaux aussi joueurs que le veut leur légende et qui aiment venir jeter un coup d’œil aux humains.Dauphins tachetés. Au fil des jours, nous avons croisé une bonne centaine de dauphins, animaux aussi joueurs que le veut leur légende et qui aiment venir jeter un coup d’œil aux humains.Dauphins tachetés. Au fil des jours, nous avons croisé une bonne centaine de dauphins, animaux aussi joueurs que le veut leur légende et qui aiment venir jeter un coup d’œil aux humains.

Dauphins tachetés. Au fil des jours, nous avons croisé une bonne centaine de dauphins, animaux aussi joueurs que le veut leur légende et qui aiment venir jeter un coup d’œil aux humains.

Autres reines des lieux : les baleines. Ici, c’est le rorqual de Bryde ou rorqual tropical qui est présent à cette époque. L’espèce se rencontre le long des côtes ou en haute mer dans les eaux tropicales et subtropicales de tous les océans qui sont à une température d’au moins 20°C. D’abord un souffle (que l’on peut entendre si on est suffisamment proche de l’animal), puis un dos qui glisse au-dessus de la surface, une nageoire dorsale, et l’arrière de l’animal qui s’enfonce enfin, tel un sous-marin. Ainsi 3 ou 4 fois de suite, puis l’animal sonde pendant de longues minutes. Par quatre fois, en toute fin de journée, nous avons pu assister au saut complet de deux baleines au-dessus des flots. Elles retombent alors dans une énorme gerbe d’écume !

Rorqual de Bryde. Les baleines nagent paisiblement, mais quand elles sautent, leurs bonds sont impressionnants.Rorqual de Bryde. Les baleines nagent paisiblement, mais quand elles sautent, leurs bonds sont impressionnants.

Rorqual de Bryde. Les baleines nagent paisiblement, mais quand elles sautent, leurs bonds sont impressionnants.

On croise aussi en mer des tortues. C'est principalement la tortue caouanne Caretta caretta qui est vue le plus régulièrement dans les eaux de Madère, davantage que la grosse tortue luth, même si elle est en diminution importante.

Une tortue emmêlée dans un bout de filet de pêche à la dérive est repérée. Marco, notre skipper, aura toutes les peines du monde à la sortir de l'eau : une tortue, c'est dense ! Il coupe le filet et relâche l'animal. Ouf ! Une tortue emmêlée dans un bout de filet de pêche à la dérive est repérée. Marco, notre skipper, aura toutes les peines du monde à la sortir de l'eau : une tortue, c'est dense ! Il coupe le filet et relâche l'animal. Ouf !
Une tortue emmêlée dans un bout de filet de pêche à la dérive est repérée. Marco, notre skipper, aura toutes les peines du monde à la sortir de l'eau : une tortue, c'est dense ! Il coupe le filet et relâche l'animal. Ouf !

Une tortue emmêlée dans un bout de filet de pêche à la dérive est repérée. Marco, notre skipper, aura toutes les peines du monde à la sortir de l'eau : une tortue, c'est dense ! Il coupe le filet et relâche l'animal. Ouf !

Mais il y a encore du boulot avant que la mer soit propre... en terme d'environnement, on aurait bien besoin d'un super héros, mais pas d'un qui prend l'eau...

Mais il y a encore du boulot avant que la mer soit propre... en terme d'environnement, on aurait bien besoin d'un super héros, mais pas d'un qui prend l'eau...

Tortue caouanne. Nous avons croisé quatre tortues au fil des jours.

Tortue caouanne. Nous avons croisé quatre tortues au fil des jours.

A côté des bandes innombrables des puffins cendrés, nous avons recherché le pétrel de Bulwer. Entièrement brun-noir, les ailes tendues comme un arc, l’espèce se joue du vent et des vagues, rasant la surface et virant de bord tout aussi soudainement, puis il reprend de la hauteur en deux ou trois battements d’ailes. Déjà, il est loin.

Pétrels de Bulwer.Pétrels de Bulwer.

Pétrels de Bulwer.

Rien à voir avec le vol chaloupé du puffin cendré, le plus grand de la troupe, surtout quand la mer est calme et que l’oiseau, ramant dans les airs, vient nous voir à quelques mètres, nous fixant de son petit œil noir.

Puffin cendré.

Puffin cendré.

Mais si le vent monte, alors lui aussi arque ses ailes et devient un véritable avion de chasse, en faisant de grandes orbes, ailes rigides au-dessus de l’écume blanche.

Puffin cendré.

Puffin cendré.

Quand la mer est plate, on peut voir des radeaux d’oiseaux posés à la surface, tranquilles comme des mouettes sur un plan d’eau.

Puffins cendrés.

Puffins cendrés.

Parmi eux, on trouve parfois un puffin majeur, qui a peut-être niché à Tristan da Cunha pendant l’été austral et qui remonte à cette époque dans l’Atlantique Nord.

Puffin majeur.

Puffin majeur.

Nous avons aussi recherché le rare puffin de Barolo, bien différent des autres puffins de la région. C’est le plus petit, il vole au ras des flots, tel un chevalier guignette, ailes raides et battements rapides et saccadés. Il a un peu de gris sur les rémiges secondaires et son œil se détache bien sur le haut de la joue blanche, ce qui le distingue du puffin des Anglais, espèce répandue sur les côtes européennes. Nous n’en avons observé qu’un seul, en toute fin de journée

Puffin de Barolo.Puffin de Barolo.

Puffin de Barolo.

Plus petits encore sont les océanites – que les pêcheurs bretons appellent satanigs car ils sont annonciateurs, selon eux, de tempêtes. Il faut de bons yeux pour les repérer à moins de leur proposer du chum.
Le chum est un mélange infâme d’intestins de poissons, de morceaux de calamars, d’huile de foie de morue, bien mixés, auxquels on ajoute de l’eau et que l’on congèle (bonjour les odeurs) pour ensuite le balancer par-dessus bord. Il flotte ainsi et permet une dispersion lente.
Sur une mer totalement vide d’oiseaux, nous avons fait l’expérience. En quelques minutes, venus de nulle part, un puis deux, puis quatre océanites de Castro, bientôt accompagnés de deux océanites de Wilson, originaires, eux aussi, de l’Hémisphère Sud. C’est leur odorat, infiniment plus puissant que le nôtre, qui leur permet, à des kilomètres, de sentir la mixture. Superbe spectacle que ces petits oiseaux, à peine plus gros qu’une hirondelle, virevoltant autour du bateau, chevauchant les vagues, se posant quelques secondes à la surface et même, pour l’océanite de Wilson, « pédalant » sur l’eau !

Océanite de Wilson (les trois premiers), océanite de Castro (le quatrième) et les deux ensemble...
Océanite de Wilson (les trois premiers), océanite de Castro (le quatrième) et les deux ensemble...
Océanite de Wilson (les trois premiers), océanite de Castro (le quatrième) et les deux ensemble...
Océanite de Wilson (les trois premiers), océanite de Castro (le quatrième) et les deux ensemble...
Océanite de Wilson (les trois premiers), océanite de Castro (le quatrième) et les deux ensemble...

Océanite de Wilson (les trois premiers), océanite de Castro (le quatrième) et les deux ensemble...

Dans la série « pétrels », deux espèces étaient l’objet de toute notre attention. Elles sont en effet pour l’une en danger d’extinction – le pétrel de Madère – et pour l’autre « vulnérable » - le pétrel des Desertas – selon la classification de l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature).
La première niche que sur Madère (voir ci-dessous) et ne compte guère plus de 80 à 85 couples, ce qui fait d’elle l’oiseau de mer européen le plus rare.
La seconde niche essentiellement sur Bugio, l’une des trois îles des Desertas, et ne compte pas plus de 120 à 150 couples.
Elles sont extrêmement difficiles à distinguer l’une de l’autre et quand on le peut, ce sont de bonnes photos qui permettront, mais pas toujours, de dire s’il s’agit de l’une ou l’autre espèce…

Pétrel de Madère et pétrel des Desertas.Pétrel de Madère et pétrel des Desertas.

Pétrel de Madère et pétrel des Desertas.

Les îles Desertas… pas si désertes
Trois (très) gros rochers volcaniques qui émergent de l’océan, au sud/sud-est de Madère. Voilà les Desertas. Des falaises avec des à-pics considérables, une végétation quasi inexistante, un soleil de plomb et pas l’ombre d’un humain, hormis les deux gardes de cette réserve nationale et, la journée seulement, un ou deux très rares voiliers en escale.

Iles Desertas. Des araignées tarentules de bonne taille vivent à leur sommet, mais nous n'avons pas pu les voir.
Iles Desertas. Des araignées tarentules de bonne taille vivent à leur sommet, mais nous n'avons pas pu les voir.Iles Desertas. Des araignées tarentules de bonne taille vivent à leur sommet, mais nous n'avons pas pu les voir.

Iles Desertas. Des araignées tarentules de bonne taille vivent à leur sommet, mais nous n'avons pas pu les voir.

C’est là, avec l’accord de la réserve, que nous avons décidé de débarquer pour aller au plus près des… milliers d’oiseaux marins qui nichent ici. Car si, dans la journée, les îles semblent en effet désertes, l’arrivée du crépuscule voit aussi celle des puffins cendrés, pétrels de Bulwer et océanites de Castro qui reviennent nourrir leurs jeunes à la nuit. Et là, tout change. Des ombres de plus en plus nombreuses tournoient dans le ciel qui s’enténèbre, fantômes d’abord silencieux puis, avec la nuit qui vient, entamant alors un concert incroyable de cris étranges. Ecoutez plutôt :

Chant puffin cendré.

A la lueur de lampes frontales, nous parcourons doucement, en suivant le sentier de la réserve, le chaos rocheux où les oiseaux se reproduisent.
Ici deux puffins cendrés posés à même le minuscule chemin qui circule entre les blocs de basalte.
Là un pétrel de Bulwer, l’avant du corps à moitié enfoncé dans une fissure et qui pousse son aboiement sourd, comme un chien lointain.
Une ombre noire dans le ciel noir et juste l’éclat d’un croupion blanc : c’est un océanite de Castro qui rejoint son nid. Une petite boule de duvet noir attend quelque part son parent qui vient, toute les nuits le nourrir jusqu’à son envol.
Les oiseaux ne craignent pas les ombres humaines et volent à nous frôler : ni en mer, ni sur terre, nous ne faisons partie de leurs prédateurs.
C’est le grand chambardement nocturne loin, très loin, de la cohue estivale qui se presse dans les grands hôtels de Funchal. On se couche vers 1h du matin, à la belle étoile, la lune se levant au-dessus de la falaise et finalement bercé par les oiseaux qui volent tout près et les clameurs nocturnes de ce monde inconnu.

Serin des Canaries.
Serin des Canaries.

Aux premières heures du jour, c’est le silence. Les visiteurs du soir sont déjà repartis en haute mer. Restent les rares espèces d’oiseaux terrestres de l’île, au nombre de… deux : le serin des Canaries et le pipit de Berthelot. Le premier n’est rien moins que l’ancêtre de nos canaris domestiques!

Le second n’est connu que des ornithologues. Mais ici, c’est une vedette. Moins farouche que lui, ce n’est pas possible. Comme en témoigne les photos ci-dessous, où un jeune oiseau s’est épris d’Elise !

Les pipits de Berthelot des îles Desertas n'ont aucune peur de l'homme, surtout quand il s'agit de glaner quelques miettes !Les pipits de Berthelot des îles Desertas n'ont aucune peur de l'homme, surtout quand il s'agit de glaner quelques miettes !
Les pipits de Berthelot des îles Desertas n'ont aucune peur de l'homme, surtout quand il s'agit de glaner quelques miettes !Les pipits de Berthelot des îles Desertas n'ont aucune peur de l'homme, surtout quand il s'agit de glaner quelques miettes !

Les pipits de Berthelot des îles Desertas n'ont aucune peur de l'homme, surtout quand il s'agit de glaner quelques miettes !

Exemple vivant de ce que devrait être les rapports entre l’homme et le monde animal. Si le premier ne s’était acharné, depuis qu’il est bipède, à vouloir détruire le second.

Phoque moine. Photo : Marine Bio
Phoque moine. Photo : Marine Bio

En parlant de destruction, s’il est un mammifère marin qui pourrait en témoigner, c’est bien le phoque moine. Bien présent autrefois en Méditerranée, il en a été extirpé par la chasse (il vivait autrefois en Corse, jusqu’en 1970) et ne se trouve plus qu’en Grèce et en Turquie. Sur la façade atlantique, il ne subsiste que quelques individus au Maroc et en Mauritanie, 150 sur la côte du Sahara occidental et 30 à 35 à Madère, sur les Desertas. Soit un total d’environ 500 individus ! C’est dire si nous avons été heureux d’en observer 3 aux Desertas – un adulte et deux immatures qui jouaient ensemble.

Tout autre mammifère, mais aussi intéressant du point de vue de la biodiversité, domestique cette fois, la chèvre qui vit sur Deserta Grande et Bugio.
Ces animaux ont été introduits voici plusieurs siècles sur ces îles où ils ont fait souche sans aucun échange génétique avec les chèvres domestiques actuelles. Elles ressemblent fort à la fameuse chèvre aegagre de Crète, domestiquée il y a très longtemps et retournée à l’état sauvage.
Ces animaux, comme ceux des Desertas sont proches de ce qui était l’ancêtre des chèvres domestiques, vivant quelque part au Moyen-Orient.
Il s’agit donc d’animaux remarquables, ayant gardé des caractéristiques phénotypiques ancestrales, un patrimoine génétique unique et une incroyable adaptation aux conditions environnementales drastiques puisqu’il n’y a tout simplement pas d’eau douce sur les Desertas ! Les animaux lèchent la rosée déposée sur les plantes dont elles se nourrissent également.

Madère : au cœur de la biodiversité marineMadère : au cœur de la biodiversité marine

On a bien tenté de les éliminer, à l’instar des chats et des rats, grands prédateurs d’oiseaux, mais visiblement sans succès. Il n’est pas certain qu’elles aient un impact sur la faune sauvage. Certes, elles mangent des plantes… Il ne faudrait pas qu’elles soient totalement éliminées, sans, au préalable, en capturer pour les conserver ailleurs, ou bien, au minimum, en prélever des ovocytes et de la semence pour la garder et l’utiliser ultérieurement pour améliorer les races de chèvres domestiques. L’exemple de la vache d’Amsterdam, totalement décimée sans aucun discernement, ne doit pas être renouvelé.

Madère endémique

Sur l’île de Madère, l’endémisme est également présent chez les plantes (nombreuses), les insectes, les papillons, les lézards (lézard de Madère, omniprésent et par endroit tout aussi effronté que le pipit de Berthelot), les chauves-souris (une espèce endémique) et les oiseaux avec, notamment, le pigeon trocaz et le minuscule roitelet de Madère, sans compter les sous-espèces.

Certains lézards de Madère sont familiers.
Certains lézards de Madère sont familiers.Certains lézards de Madère sont familiers.

Certains lézards de Madère sont familiers.

Et puis au-dessus du lot, l’incontournable pétrel de Madère (ou pétrel de Zino) redécouvert en 1969, alors qu’on le croyait disparu. Cet oiseau de haute mer a une particularité incroyable : il niche sur l’une des plus hautes montagnes de Madère – le Pico do Arieiro à 1818m -, sur ces parois escarpées et accessibles uniquement en rappel. Comme les autres oiseaux marins, il vient à la nuit pour nourrir son unique jeune. C’est un moment incroyable quand vers 22h, nous nous sommes retrouvés près du sommet, sur un petit chemin étroit bordé par des à-pics vertigineux (mais heureusement sécurisés), sous un ciel étoilé et que nous avons entendu le premier chant d’un oiseau revenant de l’océan. Lugubre, étrange, rappelant un peu une chouette hulotte. On dit ici que c’est la voix des bergers morts qui se fait entendre la nuit venue.

Pour terminer ce tour de Madère biodiversitaire, on ne peut passer sous silence le monarque. Ce magnifique papillon orange et noir est bien connu des Américains. Chaque année il entreprend une migration d’automne qui le mène du nord-est de l’Amérique du Nord au Mexique. Ayant fortement diminué du fait de la déforestation, l’emploi des insecticides et du changement climatique, il est devenu le symbole d’une biodiversité fragile et menacée.
Ce grand migrateur est parfois déporté par des tempêtes et se retrouve alors de ce côté de l’Atlantique. Nous en avons déjà vus sur les îles d’Ouessant et de Sein. Or, des individus sont arrivés aussi à Madère, où l’espèce est signalée dès 1860. Et visiblement elle a fait souche (dans les années 1980 ?), si bien que l’on peut voir, en étant attentif, un monarque voleter sur des fleurs plus ou moins tropicales.

Parmi les papillons de Madère, le monarque (celui de couleur orange) est le plus spectaculaire.
Parmi les papillons de Madère, le monarque (celui de couleur orange) est le plus spectaculaire.Parmi les papillons de Madère, le monarque (celui de couleur orange) est le plus spectaculaire.

Parmi les papillons de Madère, le monarque (celui de couleur orange) est le plus spectaculaire.

On comprend, en quittant Madère, que Darwin ait pu être inspiré par cette île où la biodiversité, sans être exubérante, est toujours riche d’enseignements et de réflexion sur nos écosystèmes et les espèces qui les composent. Encore faut-il avoir envie de quitter le bord de la piscine des grands hôtels…

Madère : au cœur de la biodiversité marine
Photo : Gilles Hervé
Photo : Gilles Hervé

Une partie de l'équipe, à la sortie du bateau, encore plein d'eau de mer et de sel !
Au cours du périple, nous rencontrons Hugh Harrop, le fameux photographe d'oiseaux écossais des îles Shetland, avec qui nous sortons en mer (Hugh est le second en partant de la gauche). Ses conseils techniques pour photographier les oiseaux marins ont été les bienvenus !
L'occasion de vous faire découvrir son blo
g photo.

Merci également au reste de l'équipe (Jean-Yves, Valérie, Théo et Gilles !) et aux naturalistes portugais Filipe, Louis, et Marco.

Publié dans Biodiversité sauvage

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Primates

Publié le par lesbiodiversitaires

Jean-Jacques Petter (Auteur) - François Desbordes (Illustration) - Yves Coppens (Préface) - Paru en novembre 2010 – éditions Nathan.

Couverture de Primates.
Couverture de Primates.

Couverture de Primates.

Avec François Desbordes, nous avions convenu d’un troc : Tous les chevaux du monde contre son livre sur les singes, Primates.
Nous nous sommes échangés nos pavés au Jardin des Plantes, à l’occasion de l’expo sur les grands singes et d’une interview sur le dessin (à paraître dans un futur numéro de L’Oiseau magazine).
Faire un tour dans la Grande galerie de l’évolution et la salle des espèces disparues avec l’un des dessinateurs qui a réalisé un vélin du Muséum, l’un des maîtres actuels du dessin animalier, travailleur acharné, la passion du dessin tellement chevillée au corps qu’il ne peut vivre sans ses 10 heures de travail par jour (dont plusieurs heures de pur dessin) chaque jour de l’année, c’est un beau moment !
Et voilà enfin ce fameux livre, dont nous avions tellement entendu parler. Nous savions par ouïe dire que les primatologues américains avaient été estomaqués par son travail.
9 années de labeur acharné, concentrant toute une vie de passion pour les singes, et nous voici en face d’un des plus beaux livres naturalistes réalisés ces dernières décennies.

Planche des ouistitis, reproduite avec l'aimable autorisation de François Desbordes. Il faut voir ces incroyables dessins sur papier !

Planche des ouistitis, reproduite avec l'aimable autorisation de François Desbordes. Il faut voir ces incroyables dessins sur papier !

Bravo à François, au primatologue Jean-Jacques Petter (†), mais aussi à Michèle Reby, l’éditrice de Nathan aujourd’hui à la retraite qui a défendu ce livre des années durant.
« Ce livre sur les singes, admet François Desbordes, était une idée déraisonnable. Mais c’est pour ça qu’elle était bonne ! »

Primates

Le texte, écrit par un grand primatologue, vous apportera une foule de connaissances. Quant aux prodigieux dessins, tous ceux qui aiment la nature et les animaux devraient les avoir vus au moins une fois dans leur vie. Une œuvre de référence, à avoir dans toutes les bibliothèques naturalistes !

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Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes

Publié le par lesbiodiversitaires

Comme l’année dernière, nous avons eu la chance d’être invités cette année au château de la Javelière (Loiret), au cœur d’un des Jardins Remarquables de France. Ce jardin est une œuvre d’art vivante, toujours en mouvement, avec sa part d’éphémère. C’est ce qui en fait la beauté.

Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Photos du chateau et de la haie : site de la Javelière. Notez la zone de friche derrière la haie.

Photos du chateau et de la haie : site de la Javelière. Notez la zone de friche derrière la haie.

Les maîtres des lieux, Patrick Masure, partisan convaincu de la protection de la nature, grand spécialiste des roses, et son épouse Anne-Marie, l’entretiennent de façon naturelle, secondés par deux jardiniers, dont un qui est un véritable militant écologiste.
Et cela se voit.
Car ce qui nous frappe à chacun de nos séjours dans cet endroit magique, c’est l’extraordinaire densité d’insectes ! Par exemple, nous y avons vu plus de moro-sphynxs en quelques heures qu’au cours de toute une vie.

Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes

Sans parler des tritons, de la hulotte qui chante le soir dans le parc quand la lune scintille entre les feuilles des grands arbres, du pic mar, du faucon hobereau qui fait crier les hirondelles…
La biodiversité domestique est présente aussi : poules, canards, et moutons d’Ouessant.
Dans ce Jardin Remarquable, on trouve non seulement des variétés rarissimes de roses, des fleurs étranges aux parfums envoûtants, des haies surprenantes qui pourraient être sorties de l’imagination d’un Magritte, mais également de longs et vastes espaces en friche… des centaines de mètres carrés d’herbes folles dédiées aux papillons, aux araignées, au lièvre qui s’y cache… Ces zones de friches, totalement réfléchies et intégrées dans l’architecture du jardin, en renforcent la beauté.

Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectesLes jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes

Une œuvre d’art, mais qui non seulement respecte le sauvage, mais lui permet de s’y déployer. Car parmi toutes ces fleurs, ces arbres, ces eaux et ces ombres, les insectes ont bien l’air de penser qu’ils sont au paradis !

Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes

Pour ceux qui ont l’occasion de passer par le Loiret, nous recommandons la visite des jardins. Pour plus de renseignements, rendez-vous sur la page du site.

Les jardins du château de la Javelière, un paradis pour les insectes
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