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L’art le plus naturel

Publié le par lesbiodiversitaires

Faire de l’art avec la nature, sans abîmer la nature, en la sublimant pour accrocher le regard du passant surpris ?

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C’est possible, grâce au land’art, cet art fugitif, art d’un instant, rapidement dispersé par les vents. Notre ami Sébastien Provost, ornithologue, naturaliste, conteur à ses heures, fait régulièrement ses « petites installations », comme il dit, en baie du Mont Saint-Michel. On ne peut résister à l’envie de faire partager ces quelques photos de pure poésie.
Nous lui avons demandé si le land-art peut permettre aux passants de prendre conscience de l’importance de protéger la nature. Voici sa réponse :
« Lorsque les touristes viennent en baie du Mont, leur regard est immédiatement absorbé par le Mont-Saint-Michel... Pourtant, le Mont et sa baie forment un tout indissociable. Mes petites installations s'orientent irrémédiablement vers le Mont car c'est une source d'inspiration permanente. Les photos veulent immortaliser ces instants éphémères et montrer la grandeur et la beauté du site, comme un hommage. En prenant un peu de retrait, j'observe ensuite les réactions du public. Beaucoup prennent des photos et semblent intrigués et même touchés par ces installations, comme si leur regard croisait le mien, celui de la baie et du Mont-Saint-Michel...

 IMGP7736bis[1] 
janv 2010 (28)[1]
Interpeler, toucher et sensibiliser avec les vertus de la nature, réhabituer le public à observer et contempler son environnement (trop souvent considéré comme un espace récréatif). Un peu de land'art pour poser le regard et de se laisser imprégner par la poésie de la nature... »
Rochetorin 
IMGP7733[1] 
(photos © Sébastien Provost)
 
 

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Et si le cheval camargue devenait « à la mode » ?

Publié le par lesbiodiversitaires

 
cheval camargue ER - Copie 
Les cavaliers français dépensent des fortunes pour acheter de superbes quarter horses, le cheval des cow-boys, le cheval américain par excellence, et qui est aussi la race la plus répandue au monde. Un cheval de très grande qualité bien sûr mais… C’est oublier un peu vite que nous aussi avons un cheval de tri du bétail, celui des gardians de Camargue. Vous savez, ce cheval blanc à la crinière ébouriffée qui vit dans les marais… Or notre joli Camargue est une race à petits effectifs, qui aurait bien besoin d’un peu plus d’acheteurs.
Rustique, maniable, facile, équilibré, c’est un cheval génial, qui comprend vite, et qui par sa taille moyenne peut convenir à toute la famille… Quand on connait la vivacité du bétail Camargue ou Raço di Biou (ces petites vaches noires au regard vif), on devine que les gardians ne peuvent pas se permettre d’avoir une monture médiocre. Leur cheval doit être excellent. Et il l’est. Mais voilà, notre Crin-Blanc national se résume trop souvent aux cartes postales où il prend la pose avec les flamants roses.
 ER cheval camargue
En Camargue, les chevaux continuent d'être élevés en semi-liberté.
Alors un peu ras-le-bol du snobisme des races « à la mode » pendant que de supers races locales sont quasi oubliées. Et encore, le cheval Camargue n’est pas le plus à plaindre, protégé qu’il est par la tradition gardianne (en 2009, 1070 juments saillies et 157 étalons en activité). Mais d’autres races de chevaux à petits effectifs ont vraiment du souci à se faire (poney landais, cheval d’Auvergne, etc.). Dans un contexte où les Haras Nationaux (ou ce qu’il en reste) ne sont pas au top de leur forme, ces races ne survivraient pas sans la mobilisation de quelques passionnés.
Sauf exceptions, la biodiversité des centres équestres se résume bien souvent aux races selle français/trotteur, avec parfois un ou deux pur-sang réformés des courses. Il est dommage de ne pas y trouver un peu plus de chevaux de tous horizons. Les Camargues blancs, si doux avec les débutants, si agiles avec les cavaliers confirmés, y auraient pourtant toute leur place.
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Vaches du Maroc

Publié le par lesbiodiversitaires

Un rapide séjour sur la côte atlantique du Maroc, autour d’Essaouira, m’a permis de (re)découvrir quelques races locales de ce pays. 
 
Origine débattue
L’origine du bétail marocain reste débattue. Selon certain auteurs, il descendrait d’animaux apportés de Mésopotamie par les Berbères au IIe siècle avant Jésus-Christ. Mais il se peut également qu’il soit plus ancien encore, et qu’il provienne d’animaux ayant évolué au Sahara, eux-mêmes issus d’Aurochs domestiqués. Le bétail brun de l’Atlas dérive donc principalement de bétail d’Afrique ou d’Asie. Plus récemment, il a reçu un apport génétique d’animaux européens et proches-orientaux (Hanotte et al. 2002).
Quoiqu’il en soit, les bovins marocains sont rattachés au bétail à courtes cornes. Ils appartiennent au type Brun d’Afrique du Nord et sont rattachés à la race dite Brune de l’Atlas.
 
Description générale de la Brune de l’Atlas
 Les animaux de race Brune de l'Atlas se rapprochent d'un type subconcave possédant une tête forte, un profil droit et des arcades orbitaires peu saillantes. Les cornes sont en croissant faiblement inclinées vers le haut, avec des extrémités noires. Le tronc présente une poitrine descendue. Le bassin est un peu étriqué. La cuisse est plate. La fesse est mince. Les membres sont fins sans être grêles. Les onglons sont de coloration noire sans trace de blond. La peau est souple et onctueuse. La robe est de coloration fauve foncée, renforcée de noir au niveau de la tête et des membres. Elle est souvent plus claire le long de la ligne du dos, avec le toupillon de la queue noire. Le mufle est entouré d'une bordure de poils blancs (extrait de Races bovines au Maroc, Boujenene 2002).
 
                       taureau-BA-2.jpg 
                               Jeune taureau Brune de l'Atlas - mars 2011
 
Les différentes races
 En réalité, la Brune de l’Atlas est subdivisé en plusieurs races distinctes qui sont : la Brune de l’Atlas proprement dite, la race Oulmès-Zaër (ou Oulmès-Zear), la Pie-Noir de Meknès et la Tidili. Il s’agit bien là de 4 races locales. A côté de ces races indigènes (les vaches beldi), on trouve des races importées, principalement d’Europe. Il s’agit en premier lieu de la race Holstein, mais aussi de la Montbéliarde, la Fleckvieh et enfin de la Tarentaise. Historiquement, d’autres races ont été importées en Afrique du nord (et au Maroc), comme la Bordelaise par exemple (voir encadré).
Depuis le XIXe siècle, des croisements ont été opérés entre ces races européennes et les races marocaines.
La répartition des bovins marocains est fortement liée aux zones irriguées ou qui possèdent une humidité annuelle correcte, même s’il s’agit de zones semi-arides ou montagneuses. On peut donc citer les régions suivantes : Gharb, Doukkala, Tadla, Haouz, Sous-Massa, Moulouya, Loukkos, Abda, Chaouia, bordures du Rif, Zemmour, Saïs et, pour la montagne Rif, Moyen Atlas, Haut Atlas.
 
 Brune de l’Atlas
La description type de cette race est présentée ci-dessus. C’est une vache mixte mais qui produit assez peu de lait. Elle est en revanche très bien adaptée au milieu sec et aride du pays.
 
 taureau-bA.jpg
                     Jeune taureau de race Brune de l'Atlas - mars 2011
 
          Brune-de-l'Atlas---vache---
          Vache de race Brune de l'Atlas - mars 2011 (noter les cornes fortement en couronne).
            
Oulmès-Zaër (ou Oulmès-Zear)
Son origine est mal connue. Elle est peut-être issue de croisements d’animaux locaux avec des races ibériques importées, mais l’influence de la Brune des Alpes n’est pas non plus exclue.
C’est une race plutôt à vocation bouchère.
Selon Boujenene (2002), les bovins de race Oulmès-Zaër ont une tête assez longue, un front large et convexe, des cornes bien plantées, de grandeur moyenne, de couleur claire à extrémités foncées. Le mufle est assez large et les naseaux, de couleur rose, sont bien ouverts. Le tronc présente une poitrine bien descendue. Le bassin est assez large. Les onglons sont de coloration blonde ou marron.
La couleur de la robe est acajou chez taureau, le froment foncé chez la vache et elle s'éclaircit avec l'âge.
 RACE VIANDE G
   Taureau Oulmès-Zaër
 
Pie-Noir de Meknès

Elle est d’origine étrangère indéterminée. Pour Boujene (op. cit.), elle est probablement le résultat d’un métissage à partir des animaux importés de la péninsule Ibérique ou bien une variété de la race Brune de l’Atlas (il y aurait dans le bétail de cette dernière des familles de robes pie). Les bovins de cette race ont une tête moyennement courte, à front plutôt haut. Les cornes de couleur noirâtre sont dirigées en avant et légèrement relevées à l'extrémité. La poitrine est très développée surtout chez le taureau. Le bassin est large. Les membres sont assez longs. Les aplombs sont réguliers et les onglons sont de couleur noirâtre. La peau est souple et fine. Les poils sont très noirs ou blancs purs. La robe est pie-noir, le blanc s'étend largement sur la partie inférieure du corps, de l'inter-ars jusqu'à la mamelle. L'écusson et la mamelle sont blancs parsemés de petites pigmentations circulaires noirâtres. La queue est blanche et noire ou complètement blanche. Enfin la croupe présente, sur la médiane, une tâche blanche en forme de losange qui peut s'étendre jusqu'à la base de la queue (Races bovines au Maroc, Boujenene 2002).

 meknes
 
Tidili (ou Ouzguitia)
Ella a été identifiée en 1981 dans la région de Ouarzazate. Elle pourrait être juste d’une variante de la race Brune de l’Atlas ayant subi depuis longtemps une sélection pour améliorer sa production laitière qui reste sa spécialité. Elle possède un pis plus développé que cette dernière.
 
Tidili make Tidili femelle
Taureau (à gauche) et vache Tidili (source : http://www.vulgarisation.net/elevage/bovin/local4.htm)
 
La tête est relativement forte portant des cornes courtes, asymétriques, horizontales et recourbées. La peau est fine et souple. Les membres sont fins avec des onglons noirs. Les naseaux, la vulve, l'anus et la langue sont noirs. La couleur de la robe est variable : la plus fréquente est la brune (68%), suivie de la noire (25%), tandis que les mélanges de couleurs sont rares (7%) (Races bovines au Maroc, Boujenene 2002).
 
Aptitudes

Les races locales précitées sont caractérisées par une grande rusticité et par des aptitudes exceptionnelles d’adaptation au milieu difficile, dont la résistance à la chaleur et aux amplitudes thermiques, l’aptitude à l’utilisation d’aliments pauvres et la sous-alimentation, la résistance à certaines maladies et la facilité de déplacement en milieu difficile et accidenté.

Evidemment ces races locales sont presque 10 fois moins laitières que les races européennes importées…
 
Effectifs
Les effectifs de bovins au Maroc sont les suivants selon les statistiques du Ministère de l’Agriculture de 2004 : 1 415 000 têtes pour les races locales, un peu plus de 547 000 têtes pour les races allochtones (européennes) et 765 000 animaux croisés. La race « allochtone » la plus représentée est aujourd’hui la Holstein (85% des effectifs).
La place des animaux dit améliorés (races européennes ou croisés) n’a cessé de croître comme le montrent les deux diagrammes ci-dessous, respectivement de 1975 et 2004.
 
                               
                                  sect1.gif
 
                                  sect2.gif
     
 
 En cela les races locales marocaines sont en diminution et deviennent menacées, au moins pour celles qui possèdent les effectifs les plus faibles. Leur conservation est tributaire des éleveurs qui continuent à les exploiter, dans des milieux qui, de toute façon, auraient bien du mal à accueillir autre chose que des animaux adaptés à ces conditions le plus souvent arides. Mais même dans ces milieux difficiles, on assiste à une augmentation d’installations en stabulation libre où l’on élève des vaches laitières comme la Holstein.

 

              troupeau.jpg              Troupeau mixte avec animaux de différentes races (probables) :Brune, Oulmès possible, Tidili - mars 2011

 

 Encadré : des Bordelaises au Maroc ?
 
Du temps où la race Bordelaise était en vogue en France, des exportations d’animaux ont eu lieu vers l’Asie et l’Afrique du Nord (Dubois 2011). On ignore s’il s’agissait de vaches pigaillées ou bayrettes. Ces exportations ont dû avoir lieu entre les deux guerres.
 
            Bordelaise---vache-en-Indoc
           Vache bordelaise importée en Indochine (années 1920)
 
Qu’en est-il resté ? Sans doute pas grand-chose car les exportations ne devaient pas concerner un grand nombre d’animaux.
J’ai été cependant surpris de voir des animaux assez proches des Bordelaises « bayrettes » lors de mon séjour autour d’Essaouira en mars 2011. Un vieil agriculteur marocain à qui j’en parlais, se souvenait d’animaux « pies » venus du sud de la France. Le lendemain, j’ai croisé sur la route une vache qui ressemblait à s’y méprendre à une « bayrette », possédant même un grand nombre de mouchetures. Je n’ai pu la photographiée… Plus tard, j’ai revu plusieurs animaux pie-rouge ou pie-noir possédant ces fortes mouchetures. Leur conformation montrait des animaux de taille moyenne, sans doute croisés avec des Brunes de l’Atlas ou des animaux déjà croisés avec des races européennes.
 
        bordelaise-maro
                Génisse de type "bayrette" (mais du blanc à la tête) - quelle origine
pour ce type d'animaux ? - avril 2011
 
Rappelons que la race Bordelaise a disparu et que, grâce à quelques animaux croisés retoruvés dans les années 1990, Régis Ribereau-Gayon et son équipe ont entamé un programme de reconstitution de « nouvelles » Bordelaises. Alors, y aurait-il encore des vestiges de cette race au Maroc ? Sachant, par ailleurs, que ce pays a été moins touché qu’en France par les croisements et la perte des races ou populations, et maintient du bétail en endogamie, il serait intéressant de mener une enquête dans cette région au moins pour voir s’il existerait des animaux ayant une origine bordelaise.
 
                                             bordelaise-maro-2

  Génisse pie-rouge de type "bayrette" - hormis la couleur (pie-rouge), elle ressemble à la Bordelaise (pie-noire) disparue. Est-ce un reliquat de la présence de cette race importée autrefois en Afrique du Nord ?

 
 
Bibliographie
Boujenane I. (2002). - Les Races bovines au Maroc. Actes Editions (Rabat), 144 p.
Dubois Ph. J. (2011). – A nos vaches… Inventaire des races bovines disparues et menacées de France. Delachaux & Niestlé. 448p.
Hanotte, O., Bradley D.G., Ochieng J.W., Verjee Y., Hill E.W. et  Rege J.E.O (2002). - African Pastoralism: Genetic Imprints of Origins and Migrations. Science 296 : 336-339.
Voir également : Vulgarisation agricole. L'élevage bovin et ovin au Maroc.

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La fouine ou la poule ?

Publié le par lesbiodiversitaires

peur de la fouine - ER-copie-1Miel, le lapin des voisins, qui vivait dans le jardin, est mort dans un cri déchirant, par une nuit sans lune.

Quelques jours plus tard, des amis qui ont dormi dans notre bureau nous informent qu’un petit animal cavale dès la nuit tombée dans les combles de notre toiture. Quelques jours passent, et le dit animal lâche traitreusement une immonde odeur de musc dans la partie du mur qui surplombe notre salle de bain. Nous n’avons pas de preuves, mais les indices s’accumulent.

Une fouine aurait-elle aménagé sous notre toit ?

En tant que naturalistes, et une fois nous être recueilli à la mémoire de feu Miel le lapin, nous devrions nous réjouir que la faune sauvage vienne ainsi loger chez nous. Une fouine, Martes foina, c’est joli, c’est un génial petit prédateur. Ça rend plein de services, en faisant la chasse aux souris. 

Oui mais.

 

Oui mais il y a nos poules. Nos deux cocottes qui pourraient finir rapidement en chicken burger pour fouine. Et l’une d’elle, la bien-nommée Grosse Cott, est une pure Noire de Challans, une race fort rare de poules. Plus rare encore que les fouines !

Il faut l’avouer, un certain atavisme paysan reprend le dessus : merde, on ne va quand même pas se faire bouffer nos poules par une fouine ! On aime les fouines mais…  la présence de celle-ci ne nous réjouit pas du tout. Constat cruel !

Voilà comment l’on peut toucher, très rapidement, à nos limites de l’écologie et se retrouver en totale contradiction avec soi-même. Voilà comment la biodiversité sauvage se heurte parfois à la biodiversité domestique.

 

Alors on aimerait bien que la fouine aille crécher ailleurs. De façon pacifique, bien entendu.

 

Sur Internet, on a trouvé plein de moyens légaux de pourrir la vie d’une fouine. Mettre la radio à fond la caisse toute la journée pour l’empêcher de dormir. Imprégner un maximum d’endroits d’eau de Cologne, car Madame déteste le parfum et les odeurs humaines en général.

Histoire qu’elle aille voir si les greniers des voisins sont aussi confortables que le nôtre !

Suite à ces hostilités, elle n'a bien sûr nullement déménagé. Mais elle a arrêté de lâcher son musc.

Irions-nous vers une trêve ?  

 

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Un pommier sur le gratte-ciel, une vache dans le jardin

Publié le par lesbiodiversitaires

L’autre jour, Elise parlait du livre A nos vaches… à sa grand-mère âgée de 90 ans. Son commentaire : « t’en fais pas, on y reviendra à toutes ces races menacées. Avec tout ce qui se passe actuellement, les gens seront peut-être obligés de reprendre des animaux chez eux ».

 

La vieille femme n’a sans doute pas tort. On voit ainsi fleurir, dans les maisons de banlieue et jusqu’en ville, les clapiers et les poulaillers (surtout les poulaillers d’ailleurs). Les gens, par plaisir, mais aussi par nécessité, ont envie d’avoir des poules dans leurs quelques dizaines de mètres carrés de jardin. Des poules qui ne passeront pas à la casserole, mais qui donneront de bons œufs. Avec du goût. Par ce qu’on a de plus en plus envie de manger bon, et sain. Peut-être qu’aussi, on aura même une chèvre ou un ou deux moutons pour avoir aussi du lait. Alors pourquoi pas une vache Bretonne pie-noir et un mouton d’Ouessant, tous deux de petit gabarit qui donnerait du lait ou tondrait le gazon ?

  

 

             Chèvre-des-fossés-1---Avran

               Allez ! Et pourquoi pas une bonne chèvre des fossés pour tondre sa pelouse et donner du lait ?

 

Et pendant qu’on remet quelques poules de race menacée dans son jardin ou qu’on plante une variété oubliée de tomates, des ingénieurs, des architectes et des agronomes pensent à la ferme urbaine de demain. De grands immeubles dans lesquels on fera de l’agriculture verticale : pommiers, poiriers, salades et fraises qui pousseront à lumière, humidité et température constantes, avec recyclage du méthane et du gaz carbonique pour l’énergie du bâtiment. Economie d’eau et culture hors-sol, pour parer à toute gourmandise. En évitant enfin les OGM et les pesticides (puisque les insectes peuvent être interdits de séjour), loin du réchauffement climatique. On pourrait même faire du bio…

 

Alors, science-fiction ou réalité ? On y travaille dur aux Etats-Unis, en Chine et ailleurs. Des gratte-ciel agricoles, des poules et des moutons dans le jardin. Voilà les agriculteurs prévenus : il va y avoir de la concurrence !

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Des révolutions pour UNE révolution

Publié le par lesbiodiversitaires

Les événements actuels dans les pays du Maghreb comme dans ceux du Moyen-Orient doivent nous porter à l’optimisme. S’il est clair, aujourd’hui, que personne n’a idée de ce que sera la future gouvernance dans ces pays en ébullition, chacun peut se réjouir en constatant que les régimes les plus autoritaires, les plus installés dans une autocratie ou une dictature, finissent tous, un jour, par tomber. Et tomber sous l’assaut de la rue aux mains nues, portée par un ras-le-bol tellement fort, qu’il est incontrôlé (et incontrôlable).

 

Mais il n’y a pas de révolution linéaire. Il n’y a pas de révolution sans versement de sang. Il n’y a pas de révolution sans douleur. Toute révolution est un accouchement. Et comme l’accouchement, la révolution donne la vie. Une autre vie où l’on change complètement de logiciel. Et pour rester dans le vocabulaire informatique, la révolution va plus loin : elle reformate le disque dur.

 

C’est bien ce qui nous manque à nous, dans le monde occidental, c’est la capacité de se révolter. S’indigner, oui, on sait faire. Mais se révolter, on ne sait plus guère. Pourtant le monde consumériste dans lequel nous vivons, dirigé par cette oligarchie à bout de souffle - si bien décrite et démontée par Hervé Kempf dans son dernier livre (L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie, Le Seuil, 2011) -, aurait bien besoin lui aussi de reformater son disque dur. Nous ne pouvons plus continuer à vivre sur la terre en faisant fi des manifestations de son épuisement et de son capacité à produire des ressources à l’infini qu’elle nous donne chaque jour. Nous ne pouvons pas plus laisser un petit nombre piller notre héritage commun. Pas plus que nous ne pouvons laisser à ce même clan d’oligarques le soin de nous diriger, par-dessus la tête des dirigeants politiques devenus muets et manchots. Et continuer à croire que le jetable est bien mieux pour notre confort que le durable. Et afficher sur les murs que les grandes entreprises se battent pour une terre meilleure, une vie plus verte, une économie plus durable… Les balivernes du green washing ne dupent que ceux qui ne veulent rien voir d’autre que leur confort immédiat, matériel et intellectuel (enfin, intellectuel, c’est assez vite dit ; c’est plutôt du washing de cerveau télévisuel…).

 

Mais l’alternative à tout ça, c’est quoi ? L’altermondialisme ? Les écologistes ? Les tiers-mondistes ? Les mouvements de consommateurs ? C’est peut-être tout ça, en effet, et rien de ça non plus… Comment se fait-il, par exemple, que les discours des uns et des autres précités n’aient qu’aussi peu d’échos auprès des populations occidentales ? Sans doute la voix libérale du monde marchand est-elle plus forte que la petite musique de ceux qui voudraient vivre autrement. Autrement que de façon marginale. Il serait illusoire de penser aujourd’hui que ceux qui veulent changer de mode de vie et de consommation va grossir de façon exponentielle et que bientôt ils pourront faire entendre leurs arguments pour que l’on cesse de vivre les yeux fermés sur notre avenir. Non, ce n’est pas la bonne hypothèse, car cela fait désormais trop de temps (trois décennies) que ces voix se perdent dans le désert.

 

Il serait sans doute nécessaire qu’une révolution verte éclate dans le monde occidental.

 

Pas la révolution « verte » de Kadhafi, évidemment ! Celle-là, on l’oublie ! Une révolution menée par les classes moyennes qui, confrontées au chômage, à l’impossibilité de consommer davantage (trop endettées), à de pathologies liées à cette consommation (qu’avons-nous dans notre assiette ? Et que respirons-nous ?), descendront dans la rue pour crier leur colère contre ceux qui, dans leurs bureaux panoramiques auront passé leur temps à nous faire croire aux chimères de la consommation intensive, à l’infini des ressources naturelles et l’inintérêt de la biodiversité pour notre propre bien-être. Il y aura un temps où le monde occidental se révoltera. Et voudra revenir à une consommation plus simple, à une sobriété nécessaire pour vivre bien. Mais l’effondrement de notre société telle qu’elle est aujourd’hui est inéluctable. C’est peut-être de la jeunesse que viendra le « reformatage du disque ». Il n’y aura pas de dictature, pas plus que d’ordre écologico-autoritaire ou de communautés babacoolo-verdâtres. De cette révolution doit naître une société qui consomme toujours, mais mieux, qui ne tourne pas le dos au progrès mais qui en fait bon usage, qui échange sur un mode marchand, mais ni à sens unique, ni dans un but uniquement tourné vers le profit immédiat, qui remet enfin chaque acteur de la terre à sa juste place en tenant compte des réalités économiques et environnementales locales. Bref une société qui aura décidé de prendre en main son destin et celui de sa planète de manière sobre, cohérente et durable.

 

Alors il faut sans doute encore des révolutions comme celles d’aujourd’hui pour que vienne LA révolution.

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Plus de miroir pour les alouettes

Publié le par lesbiodiversitaires

Il y a quelques jours j’étais sur une petite route tranquille du Vexin (Val d’Oise), non loin du village d’Epiais-Rhus. Il faisait beau, une de ces toutes premières journée de printemps (oui, le printemps débute le 15 février pour la nature, et non le 21 mars), qui voit chanter les oiseaux. Et là, sur cette route, le silence… Seules quelques noires corneilles vagabondaient dans le jeune blé d’hiver. Au loin, un vol de pigeons ramiers s’abattait au sol. Mais autour de moi, pas un chant. Pas une alouette. Il y a encore deux ans, il restait quelques chanteurs…

 

Je me souviens qu’ici même, gamin, je me promenais avec mon père. Il me disait « il n’y a plus d’alouettes ». Pourtant le jeune ornithologue que j’étais lui répondait que si, il y en avait une bonne quinzaine sur le parcours que nous empruntions. Mais non, pour lui qui en entendait « des dizaines » au sortir de la Seconde guerre mondiale, l’espèce avait (quasiment) disparu.

Quand mes garçons étaient encore petits, sur cette même route, je me lamentais de la lente disparition de l’alouette des champs. Et eux, qui en avaient entendu 2 ou 3 me disait que non, il y en avait encore…

 

Aujourd’hui, les corneilles vêtues de noir, ont-elles pris le deuil des alouettes ?

 

Il n’empêche. Chacun voit la disparition de la biodiversité à sa porte. Chacun à son référentiel, qui diffère évidemment de la génération qui le suit (et souvent dans le sens du moins bien). Les scientifiques et les sociologues anglo-saxons appellent cela le Shifting baseline syndrome, en gros le « syndrome du référentiel changeant ». En clair notre référence propre est celle de notre enfance (ou notre jeunesse), à partir de laquelle nous allons pouvoir élaborer une échelle de changement dans notre environnement. L’ennui, est qu’elle ne tient pas compte de ce qu’était cet environnement une, deux ou plusieurs générations avant nous. Et donc notre vision de son évolution est tronquée. Dans le cas de notre alouette devenue silencieuse, mon père en entendait des dizaines au printemps, mois une bonne quinzaine, mes enfants 4 ou 5, et les leurs ne sauront même pas qu’il y en avait ici…

 

Le problème est que les « anciens » ont bien du mal à transmettre leur connaissance de ce qu’ils ont connu. Cette amnésie personnelle se transforme en amnésie générationnelle et ainsi oublie-t-on, en 2 ou 3 générations ce que l’on a connu. C’est dramatique pour l’environnement, car sans référence « historique », on oublie l’état véritable de la biodiversité il y a quelques décennies. Du coup, on nivelle par le bas et l’on s’habitue à un environnement sans cesse appauvri. C’est un phénomène dramatique qui complexifie un peu plus notre réaction face à cet appauvrissement et nous rend moins efficace quand il s’agit de prendre des mesures conservatoires. N’attendons pas que les dernières alouettes (dont les populations européennes ne sont pas florissantes) aient totalement disparu…

 

J’écris actuellement un essai sur ce sujet qui paraîtra à l’automne prochain.

 

 

Publié dans Biodiversité sauvage

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A nos vaches !

Publié le par OverBlog

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Après trois ans de travail, il est enfin sorti. Depuis le 17 février 2011, A nos vaches est en librairie !

C’est le premier livre qui traite de l’ensemble des races ou populations bovines de France menacée ou disparues.

Jamais ces dernières n’avaient été traitées et les informations que l’on avait jusqu’à présent sur elles étaient éparpillées dans la littérature agricole ou zootechnique de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

Pour réaliser cet ouvrage, il a fallu des mois de recherches, surtout pour l’iconographie, dans des arrière-salles de bibliothèques, des greniers poussiéreux de laboratoires, pour extraire de véritables trésors qui dormaient là depuis des décennies. Comme par exemple des plaques photos des années 1900-1910 de concours agricoles avec des animaux de races aujourd’hui disparues.

 

Pour en savoir plus, regardez cette vidéo.

 

Pour commander le livre :

(448p., 34,90€)

Amazon

Fnac Com

 

L'éditeur : Delachaux et Niestlé

 

 

Quelques pages du livre....

 

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