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Dialogue avec une fouine

Publié le par lesbiodiversitaires

00 h 10, branle-bas de combat dans le grenier… ça cavale… ça joue… ça fait n’importe quoi…
 
« Eh bien la fouine, te voilà revenue ?
-          Pit pit pataclop boum boum
-          Et tu ne pourrais pas faire ton ramdam autrement qu’en pleine nuit ? comment veux-tu qu’on t’apprécie si t’empêches tout le monde de dormir ?
-          Pchiiiiiiiiiiiiii tac tac tac tac
-          Mais tu fais quoi là ? Un nid pour l’hiver ? et nos poulettes, nos orpingtons dodues, tu vas les laisser tranquilles au moins ?
-          Sbloum
-          On pensait que tu avais déménagé… pas de chance… c’est le froid qui te fait reprendre tes aises dans le grenier ? C’était moins bien chez les voisins ?
-          Ti ti ti ti frouuummmm
-          Bon ben OK. Demain matin je te fous la radio à fond la caisse toute la journée… y’a pas de raison que toi tu dormes bien après avoir réveillé tout le monde... ça t’apprendra à être plus discrète la fois prochaine.
-          Pataclop clop clop… boum… ti ti pchiiiiiiiii fuuuuuuitttt, ramdam boum zig ! »

 

Fouine ER

Publié dans Biodiversité sauvage

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Chiens de Syrie

Publié le par lesbiodiversitaires

 Dans le village de Mheimideh, près de Deir ez zor, sur l’Euphrate, perdu hors des sentiers battus de la Syrie, les vaches paissent dans les marais, les pattes dans l’eau jusqu’au ventre. Ici volent les guifettes leucoptères, les sarcelles marbrés et les aigrettes garzettes. Près des habitations, plusieurs chiens circulent.

 

Dans une petite cour, une boule de poil âgé de seulement quelques semaines joue à tirer sans relâche la queue de sa mère. La chienne, un peu lasse, s’en va nonchalamment. Le chiot reste à jouer, avec le même entrain, en attaquant le tapis de laine rouge qui sèche sur un fil à linge. Amira, petite gardienne de vaches d’une dizaine d’années, appelle son grand frère Kama, ainsi que deux sœurs rieuses, Mariam et Maria, à la rescousse : une dame étrangère photographie leurs chiens ! Cette incongruité d’une drôlerie sans pareille pour Amira la fera rechercher tous les cabots du hameau pour leur heure de gloire : une grande chienne grise et blanche, un petit chiot crème qui jappe avec mauvaise humeur, un chien brun et ébouriffé, mais aussi l’âne placide, la cane et le canard – assez mécontents d’avoir été capturés pour prendre la pose, et même les vaches et les moutons… Seul le premier chiot, celui du tapis rouge, aura échappé à la razzia – sans doute bien caché derrière un tas de linge !

 

chien Syrie 2 ER

 

« Si tu es perdu au milieu du désert,

le chien ne te quittera jamais ! »



Chien du désert, chien de poussière

En Syrie, le chien, que l’on appelle « kalb » en langue arabe classique, ou encore « al thari » en langue bédouine, est présent au détour de chaque village. Il ne porte ni collier, ni laisse. Il dort à la belle étoile, la truffe dans la poussière, bien loin des niches et des joujoux en plastique des Occidentaux. Son poil est souvent sale, emmêlé. Il ne sait pas faire le beau, ni même donner la patte. Mais la dignité qu'il dégage est frappante. Là-bas, on ne touche pas les chiens – la religion ne l’autorise pas. Ils n’ont pas de caresses, ils n’ont pas de gamelle remplis de la dernière boîte de viande vitaminée à la mode. Mais ils ont le vent, ils ont la liberté d’aller où bon leur semble, ils ont le sable chaud sous les pattes, bien loin du bitume des villes. D’ailleurs, dans les villes syriennes, à Damas ou à Alep, on ne croise pas de chiens. Pourquoi ? Parce que les Syriens n’ont pas d’animaux de compagnie. L’âne, le dromadaire, le cheval ou le chien sont des animaux de travail, utiles et nécessaires. Mais infiniment plus respectés que beaucoup de nos animaux occidentaux, trop souvent considérés comme de simples objets de consommation, abandonnés aux premières vacances de leur maître. Nidal Issa, biologiste français d’origine libano-syrienne, en témoigne : « En Syrie, la proportion de personnes qui ont des chiens chez eux est sans commune mesure avec ce qu'on peut trouver en Europe. Dans les villes, il y a très peu de chien de compagnie. En règle générale, les chiens se trouvent dans les campagnes, les semi désert... donc plus répandus chez les populations villageoises, bédouines, que chez les citadins. Il n'existe pas, par exemple, de chiens dans les maisons, qu'on sort le matin et le soir pour qu'il fasse ses besoins dans la rue. Il est admis qu'avoir un chien signifie le laisser traîner dehors ou avoir un grand jardin. En ville, les quelques détenteurs de chiens appartiennent en général à la bourgeoisie, et il s’agit alors de chiens de races, souvent de garde : bergers allemands, dobermans, parfois labradors. »

 

 

chien Syrie ER

 

chien Syrie 1 ER

 

Quelque chose du chien originel

Ces chiens de Syrie ont quelque chose du chien « originel », le chien qui ne ressemble à aucune race, dont on retrouve la silhouette indéterminée en Afrique, en Asie… Un chien qui n’a l’air de rien, tout en étant tout de suite identifiable : c’est un chien. Ces chiens du désert sont plutôt grands et athlétiques. De couleur généralement pie, la queue tombante, une tête d’ours, de « hyène » selon certains, il toise bien les 60 cm au garrot. Peu agressif, plutôt indifférent à l’homme, voire craintif, sa corpulence dissuade cependant d’aller lui chercher querelle. Ce chien de bédouin ressemble à l’Aïdi, ou chien de l’Atlas, qui garde les campements berbères au Maroc et que l’on trouve un peu partout en Afrique du Nord. On voit pourtant qu’il n’est nullement question, pour les bédouins syriens, de race et encore moins de standard. Nidal Issa nous explique que « ces chiens sont pour la plupart des animaux n'appartenant à aucune race mais issus de croisements aléatoires à l'infini. Il n'y en a pas deux pareils ». Les chiens domestiqués se trouvent essentiellement chez des populations qui les utilisent comme gardiens, que ce soit chez les bédouins, les bergers, ou encore les villageois ayant des bêtes (poulailler...). Beaucoup de chiens vivent également à l'état semi sauvage. Il n'est pas rare de rencontrer des chiens errants, se débrouillant par eux-mêmes, vivant en périphérie de l'homme ou en meutes. 

 

  chien Syrie 3 ER

 

Des chiens qu’on ne touche pas

Dans tout le désert, nulle part nous n’avons vu un homme toucher un chien, ou même un chien venir de façon significative vers l’homme. Les chiens ne s’approchent pas : ils restent à distance. Au mieux, l’on peut obtenir d’eux un regard amical et quelques battements de queue. Mais ils restent sur leur réserve : on ne les approche pas. Si l’on s’avance, ils s’éloignent. La seule exception fut un petit garçon et son chiot, croisé sur le bord d’une route, près d’un troupeau de moutons. Les Syriens sont très surpris que l’on puisse s’intéresser à leurs chiens. Ce peuple à la gentillesse et au sens de l’hospitalité légendaires fait tout pour montrer à l’étranger de passage les chiens du village, lorsque l’animal familier intéresse l’Occidental… Mais difficile de faire venir un chien sans pouvoir le toucher, l’attraper ! On l’appelle donc. Il vient un peu mais ne reste guère. Une petite fille court jusqu’à sa maison couleur sable et en ramène une galette de pain. En lançant des morceaux de nourriture au chien, on finit par le faire approcher suffisamment près pour prendre une photographie… Mais l’animal ne s’attarde pas et s’esquive à la première occasion.

Dans les montagnes, plus près de la Turquie, à Kassab, chez les Arméniens, les choses sont bien différentes. En effet, les Arméniens ne sont pas musulmans. Rien ne les empêche donc de toucher les chiens. Dans cette région de la Syrie, les chiens ressemblent à ceux que l’on croise en Europe : ici un berger allemand, là un braque. Ceux-là viennent vers l’homme, ils se laissent caresser, reniflent les poches, lèchent la main. Il faut dire qu’à Kassab beaucoup d’Arméniens ont vécu en Occident, et possèdent la double nationalité. L’un vient des Etats-Unis, l’autre de France, et le style vestimentaire est très loin des cheichs et des djellabas des bédouins. Un soulagement cependant : ces chiens n’ont, malgré tout, pas de collier !

Allongé dans les roseaux qui bordent l’Euphrate, le chien dort. Si profondément qu’on le croirait mort. La tempête de sable qui sévit depuis plusieurs heures ne le dérange pas. Ni le ciel, devenu d’un rouge profond, ni la poussière sur ses poils et dans les yeux. C’est un chien du désert, de la tribu des bédouins.

 

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« Nos chiens, ce sont comme les sonneries

dans vos maisons »



Interview d’Ahmed Abdullah Bani Khaled

Ahmed Abdullah exerce une profession encore atypique en Syrie, celle de guide nature. Mais il reste d’abord un bédouin, très fier de sa tribu, les Bani Khaled. Il parle avec passion de cet animal indissociable de la vie pastorale des bédouins, le chien.

 

Quel est le rôle du chien dans la société syrienne ?

Ahmed : actuellement, les Syriens ont besoin d’avoir un chien, notamment les bédouins. Il s’agit d’une nécessité, et non pas d’un plaisir. Les chiens servent à garder les chevaux ou les moutons, mais aussi à se protéger. Ils surveillent les tentes. Par contre, ils ne gardent pas les dromadaires, qui savent très bien se défendre tous seuls ! Les bédouins considèrent le chien comme un honnête gardien : il est très fidèle et il ne leur demandera jamais d’argent ! Les bédouins élèvent aussi des chiens très fins et très rapides – les lévriers – pour la chasse.

 

Existe-il des histoires syriennes à propos des chiens ?

Ahmed : Oui, beaucoup ! Par exemple, si tu es perdu au milieu du désert, le chien ne te quittera jamais ! La vie est très dure dans le désert pour les bédouins, et, de ce fait, elle est dure également pour les chiens. Ils n’ont pas beaucoup à manger.

 

Pourtant, les chiens que l’on croise en Syrie ne sont pas maigres ?

Ahmed : C’est vrai, car ils sont respectés. On leur donne les restes. Ils mangent du pain, du lait, du yaourt. Moi, j’aime mon chien. Je vais vous raconter une histoire qui m’est arrivée. Un jour, j’étais parti dans le désert pour chercher mes moutons. Je mangeais un très bon morceau de viande, et, dans un moment d’inattention, je l’ai oublié sur une pierre. Et qu’est-ce que j’ai vu venir vers moi ? Mon chien, avec le morceau de viande dans la gueule, qui venait me l’apporter. Il ne l’avait pas mangé !

 

Que dit la religion musulmane à propos des chiens ?

Ahmed : La croyance dit qu’il n’est pas bien de toucher les chiens.

 

Les chiens que l’on rencontre se ressemblent tous. Est-ce une race spéciale ?

Ahmed : non, il n’y a pas une véritable race, excepté les lévriers. Ce sont des chiens de troupeau.

 

Est-ce qu’il y a beaucoup de chiens errants en Syrie ?

Ahmed : Oui. Ils vivent souvent près des villages. Le gouvernement intervient s’il y a un problème, comme un animal qui devient agressif par exemple.

 

Comment vivent les chiens du désert ? Où dorment-ils ?

Ahmed : Ils dorment dehors. Mais ils dorment en réalité beaucoup le jour, quand il fait chaud, et peu la nuit. Car la nuit, ils surveillent les renards et les loups ! Mais les loups n’attaquent pas les chiens : ils les évitent. Les loups s’intéressent aux moutons. Les chiens sont vraiment nécessaires. Quand un groupe de bédouins voyage de nuit au milieu du désert, ils ne risquent pas de rencontrer un hôtel ou un restaurant (rires). C’est pourquoi, dans le désert, tout le monde a besoin de tout le monde pour vivre. Dans la nuit, on écoute alors bien s’il n’y a pas de chiens, au loin, qui aboient. Car on sait que là où il y a des chiens, il y a des êtres humains. Et un aboiement, cela veut dire qu’il se passe quelque chose. En fait, nos chiens, ce sont comme les sonneries dans vos maisons !  

 

 

chien Syrie 4 ER

chien Syrie 5 ER

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La Syrie, fabuleux pays en pleine tourmente

Publié le par lesbiodiversitaires

Alors que la Syrie vit actuellement les terribles épreuves que l’on connait, difficile de ne pas penser avec beaucoup d'émotion à ce fabuleux pays et aux gens à la gentillesse extraordinaire que nous avions rencontrés…
 
Nous avons envie de faire partager un peu de ce pays, désormais replié sur lui. En espérant que les choses aillent rapidement mieux, que le sang cesse de couler, et que ce peuple si accueillant, si merveilleusement hospitalier, souffre le moins possible de tout ce qui lui arrive.
 
Les photos parlent d’elles-mêmes de ce pays sublime.
 
désert Syrie ER   
Le désert occupe une grande partie du pays.
 
Palmyre Syrie ER
Palmyre, célèbre site archéologique situé dans une oasis à 210 km de Damas.
 
    dans le krach des chevaliers, Syrie ER 
Un détail du Krak des chevaliers, extraordinaire château fort du temps des croisades.
 
   Paysage Syrie ER 
L'Euphrate
 
  terre Syrie ER
 
  
Biodiversité sauvage
 Les reptiles et les batraciens y sont fascinants, certains étant exactement de la même couleur que le sable.
 
  Syrie crapaud ER
  Crapaud vert Bufo viridis
 
agame Syrie ER 
Agame pâle du Moyen-Orient Trapelus pallidus agnetae
 
  grenouille Syrie ER
  Rainette de Savigny Hyla savignyi
 
grenouilles Syrie ER   
Rainette de Savigny Hyla savignyi
 
 
Les oiseaux...
    cratéropes d'Irak, Syrie ER
  Cratérope d'Irak Turdoides altirostris, espèce endémique à la région de l'Euphrate.
   
Bruant-mélanocéphale-dans-l
    Bruant mélanocéphale Emberiza melanocephala mâle en halte migratoire.
 
Epervier-à-pieds-courts
Epervier à pieds courts Accipiter brevipes mâle
 
GOB-à-demi-collierTalila-SY
  Gobemouche à demi-collier Ficedula semitorquata mâle
 Serin-syriaque
Serin syriaque Serinus syriacus, espèce menacée à l'échelle mondiale.
 
 
Biodiversité domestique
  âne Syrie ER
    Les ânes sont très communs en Syrie, encore utilisés pour de nombreux travaux.
 
 cheval syrien ER
  Les magnifiques chevaux syriens sont plus rares. 
Ce bel alezan appartenait à un bédouin qui semblait beaucoup l'aimer. 
 
mouton syrie 3 ER    
mouton Syrie ER 
Moutons syriens.
   
vaches Syrie ER
 
vaches dans l'eau Syrie ER 
Vaches syriennes (croisées holstein) à Mheimideh. Elles n'hésitent pas à pâturer... dans l'eau.
 
 
Tempête de sable à Deir ez Zor
Les tempêtes de sable, cela existe en vrai. Et voici à quoi cela ressemble (photos non retouchées, prises en début d'après-midi !)…
L'atmosphère devient rouge, les gens balayent le sable devant leur maison, et le sable s'infiltre partout, dans les cheveux, les oreilles, le nez...
   
tempête de sable 2, Syrie ER
 
tempête de sable, Syrie, ER
 
Les oiseaux volent encore tempête sable ER 
Un courageux milan noir brave la tempête !

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Retour sur l’île de Sein (Finistère)

Publié le par lesbiodiversitaires

île de Sein PJD Elle se découpe à l’horizon, l’île des druidesses d’autrefois, au large de la pointe du Raz, plate comme un galet posé sur l’océan. Pas de brume, pas la moindre corne trompetant, pas de bruine, pas une   
goutte… le soleil d’octobre chauffe doucement l’île, l’enveloppant d’une lumière dorée. On est très loin de l’île des tempêtes et des naufrages.
 
Et en posant le pied sur le quai glissant, dans un parfum de goémons, on se demande comment l’on a pu faire pour vivre éloignés d’elle si longtemps.
 
L’île de Sein… Enez Sun… petite île rase battue par les vents. Les voitures n’y existent pas, pas plus que les vélos. Tout se passe à pied.
 
Pendant la migration d’automne, d’étonnants oiseaux viennent s’y poser. Ils viennent du bout du monde. Sont-ils perdus ? Viennent-ils prospecter de nouvelles contrées ? Les ornithologues n’ont pas encore toutes les réponses.
 
Ils sont là, d’ailleurs, les ornithologues. Une petite dizaine, qui sillonne l’île, du lever du soleil jusqu’aux derniers rayons, sous le regard accueillant des habitants. Ces derniers ne s’offusquent pas de voir chaque buisson de leur jardin exploré à la jumelle. Ils savent que s’y cachent des trésors à plumes. Les ornithologues ne sont présents que pour quelques semaines. Bientôt, comme les oiseaux, ils partiront, et ne reviendront qu’à l’automne suivant. L’île retrouvera, pour les longs mois d’hiver, sa tranquillité, et sa solitude.
 
Pouillot à grands sourcils Sein ER
Pouillot à grands sourcils, Sein, octobre 2011
 
Environ 120 habitants vivent à l’année sur cette petite île de 56 ha (2,5 x 0,8 km), dont le relief est en moyenne de 1,50 mètre seulement au-dessus de la mer. Quand les océans gonfleront, sous l’effet du réchauffement climatique, Sein sera-t-elle submergée ? Le scénario n’est pas impossible.
 
Où se percheront alors les gobemouches nains qui voletaient hier dans les tamaris ? Et le jeune étourneau roselin, venu de si loin ? Et l’immense pygargue à queue blanche, posé sur les rochers, qui regarde les vagues ?
 
Sous le phare, des hiboux des marais volent silencieusement, tandis que les tournepierres à collier font cliqueter les cailloux sur la plage. Trois grands dauphins sont passés, sautant dans les vagues.
 
D’anciennes légendes disent que des sirènes vivent dans les rochers autour de l’île. N’essayez pas de les rattraper. De colère, elles déclencheraient de terribles tempêtes…
 
 
Hibou des marais Sein ER
Hibou des marais sous le phare, Sein, octobre 2011
 
île de Sein ER
Sur le port.
 
rocher Le sphynx, île de Sein, PJD
Rocher le Sphynx, île de Sein.

Publié dans Biodiversité sauvage

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La selle Camargue : un artisanat lié à une race à petits effectifs

Publié le par lesbiodiversitaires

La biodiversité domestique, complètement liée à l’homme, s’associe à des produits du terroir et à un artisanat local. Encourager cet artisanat contribue à la protection de cette biodiversité.
 
Le superbe coq de pêche du Limousin offre quelques-unes de ses plumes (épilées chaque année) pour la préparation d’appâts pour la pêche à la truite (mouches de pêche).
Les vaches, les brebis et les chèvres produisent les nombreux fromages de terroir (bleu de Sassenages, Bethmale, Roquefort…).
Et en France, nos jolis petits chevaux Camargue sont associés à un harnachement très particulier, et très ancien (XIIIe siècle), dont quelques excellents selliers perpétuent la tradition.
Le lasso des gardians, c’est le seden, une corde tressée à partir du crin de jument. Il sert aussi de licol.
 
tapis de selle camargue
 Tapis de selle aux motifs traditionnels (jument camargue).
 
Le mors Camargue n’est, selon les Camarguais eux-mêmes, pas à mettre entre toutes les mains (car mal utilisé, il est très dur pour la bouche du cheval). La selle traditionnelle gardianne au contraire convient à tous : le débutant comme le gardian le plus aguerri. Elle se caractérise par son troussequin et son pommeau hauts, qui maintiennent bien le cavalier.
C’est avant tout une selle de travail, conçue pour passer des heures dans le bétail et les marais, et franchir toutes les difficultés possibles.
Complètement adaptée au cheval Camargue, elle reste utilisée par les gardians dans toutes leurs activités.
Faite à la main par des artisans, elle a un coût (compter plus de 2000 euros) mais elle s’utilise une vie entière et peut se transmettre à ses enfants (s’ils sont cavaliers !). Elle peut bien sûr s’adapter à d’autres races que le Camargue.
 
Photo selle camargue sellerie Pujolas 
Selle gardianne traditionnelle, sellerie Pujolas (30132 Caissargues)
 
Pour les cavaliers n’habitant pas en Camargue, il faudra faire preuve d’un peu de pédagogie envers ceux, qui, en plus de nous questionner sur le « poney blanc », un peu hirsute il est vrai, qui nous sert de monture, ne manqueront pas de s’étonner devant cette selle pas commune.
Elle n’est pourtant qu’une facette de la diversité équestre mais aussi de l’histoire de notre pays. En 2012, la Confrérie des gardians fêtera ses... 500 ans.
 

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La vache Picarde : race ou population bovine ?

Publié le par lesbiodiversitaires

Coincée entre deux grandes races laitières, la Picarde est une vache qui a su résister à ses grandes voisines jusqu’aux abords de la Seconde guerre mondiale. Ensuite, et comme beaucoup d’autres, elle a disparu, emportant avec elle ses mystères…
 
Jusqu’au milieu du XXe siècle, le nord de la France est peuplé principalement par la race Flamande, considérée alors comme la meilleure laitière. Cette race, dont le berceau se situe autour de Bergues, Cassel et Hazebrouck, Nord. C’est la vache de la région des moëres et de wateringues de la Flandre maritime et de la Flandre intérieure. On la rencontre aussi dans le Pas-de-Calais et dans une bonne partie de la Picardie.
 
Une race, plusieurs populations
Autrefois cette grande race laitière était subdivisée en plusieurs populations, très semblables et qui n’avaient de différent que le nom qu’on leur donnait dans telle ou telle région. Ainsi, distingue-t-on au XIXe siècle les variétés Berguenarde, Casseloise et Bailleuloise qui ne sont en fait que des synonymes de la Flamande dite « originelle ». Elles forment le « noyau dur » de la race.
 
photo-1
Type de vache Flamande « originelle », années 1920.
 
photo-2
Type de vache Flamande actuelle. L’immense majorité des animaux ont entre 20 et 30% de sang Rouge danois. On appelle d’ailleurs aujourd’hui la race Rouge flamande.
 
 
Plus on s’éloigne de cet épicentre, plus les animaux ne sont plus tout à fait dans le standard de la Flamande. Ainsi parle-t-on de la Saint-Polaise (ou Saint-Poloise) de la Boulonnaise, de la Namponnaise, de la Bournaisienne, la Guisarde ou encore de l’Artésienne. Nous ne rentrerons pas dans le détail de ces variétés (ou sous-races ou encore populations) dont nous avons parlé dans le livre A nos vaches. Elles sont toutes assez proches de la Flamande « originelle », bien que souvent, moins bien conformées, plus petites, et d’un pelage un peu différent.
Deux populations se distinguent pourtant de la grande sœur flamande. D’une part la Maroillaise, belle vache originaire de la région de Maroilles, et la Picarde qui nous intéresse aujourd’hui.
 
photo-3
Type de vache Maroillaise (années 1920).
 
 
La Maroillaise était plus fine, un peu moins laitière mais plus beurrière que la Flamande. Elle a été anéantie par la Première guerre mondiale et remplacée ensuite par la Flamande, la Bleue du Nord et la Hollandaise (l’ancêtre de la Prim’Holstein actuelle).
La plupart de ces variétés ont disparu à l’aube du XXe siècle, fondues dans la race Flamande.
 
 
Picarde : carte d’identité
La Picarde se rencontrait dans la région comprise entre les vallées de l'Oise et de la Somme, de Compiègne à Amiens, de Beauvais à Abbeville. Elle est de taille moins élevée que la Flamande, le dos un peu vouté, les hanches peu saillantes, la cuisse peu musclée, la queue attachée bas. La concavité du profil est plus prononcée. La tête plus grossière. Les cornes sont de taille moyenne, plutôt courtes, dirigées régulièrement en avant et disposées en couronne, jamais en crochets, plus relevées et « ouvertes » que celles de la Flamande.
 
photo-4
Type de vache Picarde, dite (déjà) « améliorée ». Somme 1903. La conformation rappelle celle de la flamande. On note la présence de blanc au front et à la base de la joue.
 
C’est la robe qui est intéressante. Elle n’est totalement acajou comme chez la Flamande (à ce propos, cette dernière a longtemps possédé du blanc à la tête, aux ars et au ventre. Ces vaches étaient dites "barrées" et on a cherché à éliminer cette robe dès le début du XXe siècle). La robe est donc en général d’un rouge plus clair, plus ou moins envahie de blanc, pouvant aller jusqu’à un pie-rouge ou un rouge-pie.
Généralement le blanc sur la tête forme une marque frontale assez étendue et deux marques allongées sur les joues. Chez certains animaux, les taches sont formées d'un mélange de poils blancs et rouges inégalement répartis rappelant la robe "fleur de pêcher" de la race Durham. On a donc des animaux qui se distinguent nettement de la Flamande.
 
photo-5
Vache Picarde assez caractéristique. Le blanc est visible au front et aux joues (sous formes de marques allongées).La conformation est celle d’une Flamande et non d’une Normande.
 
photo-6V
ache Picarde au pelage pie(-rouge).La robe est dite « pigaillée » (comme chez la Bordelaise) ou encore en « fleur de pêcher » comme chez la Durham (Shorthorn).
 
 
Comme les autres populations autour de la Flamande, la Picarde est moins bonne laitière que cette dernière.
 
Prise en étau
Si l’aire de répartition de la Picarde est bordée au nord par celle de la Flamande, elle est en contact au sud avec une autre grande race laitière, la Normande. La concurrence est donc rude pour cette population bovine. D’autant que, dès la seconde moitié du XIXe siècle la Normande progresse vers la Picardie et l’Ile-de-France. L’importation de taureaux flamands « purs » est importante au début du XXe  siècle, notamment pour l’amélioration du cheptel picard. Dès les premières décennies de ce nouveau siècle, apparaît également la Hollandaise, si bien que la Picarde se trouve confrontée à non plus 2, mais 3 races concurrentes. Les croisements d’absorption s’accélèrent ; la Picarde diminue rapidement et l’on peut considérer que les animaux de ce type sont devenus très rares à l’aube de la Seconde guerre mondiale. Celle-ci achèvera de la faire disparaître et les derniers animaux picards ont probablement disparu au plus tard dans les années 1950.
Il n’y a jamais eu de recensement particulier de cette population bovine picarde.
 
photo-7
Groupe de génisses Picardes. On note l’hétérogénéité du troupeau. L’animal au premier plan à gauche a peut-être du sang « Hollandais », tandis que l’avant-dernier à droite, a une tête dont le motif rappelle celui de la Normande.
 
 
Mais qu’était donc la Picarde ?
Avec sa disparition, la Picarde a emporté avec elle ses secrets. En effet, la littérature zootechnique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe est assez ambiguë et souvent paradoxale à son sujet.
Pour certains auteurs, la Picarde s’inscrit dans une sorte de cline au sein d’une seule et même population flamande. La transition est insensible entre cette population et l’Artésienne puis la Berguenarde. Il doit en être d’ailleurs de même avec la Saint-Polaise ou la Boulonnaise.
Pour d’autres, la Picarde serait un type transitionnel entre la Flamande pure et la Normande. Il est vrai que l’on voit, sur d’anciens documents, des animaux qui présentent à la fois des caractéristiques de la Flamande, mais aussi de la Normande, notamment avec une tête courte, épaisse et une conformation générale qui rappelle cette race. De même, il y a une tendance au croisement entre Picarde et Normande vers le nord de Soissons et autour de Laon, dans l’Aisne. Même chose autour de la baie de Somme, mais aussi dans l'Oise. Et sans doute jusqu’aux portes de Paris. D’anciens documents montrent, une fois encore, des animaux de type « Picard » au nord de la capitale et notamment en Seine-et-Marne.
 
photo-8
Sur cette carte postale ancienne prise en Seine-et-Marne, on distingue un vache Picarde (à gauche) et un animal sans doute croisé Hollandais, à la robe mouchetée comme certaines Picardes (et la Bordelaise actuelle).
 
 
A un type intermédiaire fixé depuis longtemps entre Normande et Flamande sont peut-être venus s’ajouter, au passage au XXe  siècle, des croisements intentionnels directement entre ces deux races, conduisant à des animaux de première génération, ressemblant peu ou prou à des Picardes. Dans le même temps se sont produits des croisements d’absorption de ces deux races avec la Picarde. Ainsi le type fixé « Picard » s’est-il dilué dans les deux races dominantes.
 
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Au marché aux bestiaux d’Amiens, en 1917, on distingue bien des animaux flamands, des Normands, sans doute une Hollandaise, tandis qu’il est probable que d’autres soient de type « Picard ».
 
   
Enfin, il ne faut pas perdre de vue que la Hollandaise fait une entrée en force dans le nord de la France dès les premières décennies du XXe siècle. C’est elle qui va peu à peu se substituer à la Flamande (et plus tard, en partie, à la Normande). Là encore des croisements se produisent et quelques animaux, sur d’anciennes photographies, laissent à penser qu’il y a eu un métissage complexe entre les 3 races (et aussi avec la Picarde locale).
 
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Les croisements se produisent à grande échelle au début du XXe siècle. Sur cette photo, on voit des Flamandes (ou animaux proches), mais aussi ce qui est sans doute un croisement entre Flamande (Picarde) et Hollandaise (au centre) ainsi qu’un animal visiblement croisé Flamande (Picarde) x Normande (à droite) avec une tête massive, typique de cette dernière race.
 
 
Aujourd’hui la Picarde est reconnue historiquement comme une population locale de la race Flamande. De toutes les variétés connues de cette race, elle était sans nul doute la plus différenciée. C’est aussi celle qui a disparu la dernière. Se serait-elle maintenue qu’elle aurait peut-être pu prétendre au statut de « race ». Mais le destin en a voulu autrement.
 
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Vaches Picardes, Somme, vers 1895.Le type « Picard » se distingue bien de la Flamande « originelle ».
 
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Vache de type « Picard » (fin du XIXe siècle). On retrouve chez tous ces animaux une similitude de conformation et de pelage qui plaide sinon pour le statut de race, du moins pour celui de population bovine bien fixée.
   
 
À quoi ressemblerait la Picarde en 2011 ?
Les photos anciennes nous donnent une idée de ce qu’était la Picarde. Mais ce ne sont que des documents en noir-et-blanc. Voici, ci-dessous quelques photos d’animaux croisés Prim’Holstein et Normand, pas tous de première génération. Elles ressemblent, pour quelques animaux, à ce que devaient être certaines Picardes. On ne reconstitue pas de races disparues, évidemment, puisque leurs gènes disparaissent avec elles, mais on peut parfois, et avec un peu d’imagination, avoir une idée de ce à quoi ressemblaient des animaux disparus.
 
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Comparaison entre une vache Picarde (à droite) et un animal croisé Normand x Holstein actuel (sans doute pas de première génération). Il y a tout de même une certaine similitude !
 
 
Bibliographie
    
- Avon L. (2008). La race bovine Flamande. Fiche technique, Institut de l'Elevage, Paris.
- de Lapparent H. (1914). Etude sur es races bovines. Variétés et croisements de l'espèce bovine en France. Extrait du Bull. mens. De l'Office des Renseignements agricoles,136pp.
- Dechambre  P. (1922). Traité de zootechnie - tome III : les bovins. Ch. Amat, Paris, 634pp.
- Diffloth P. (1908). Races bovines - France et Etranger. Librairie J-B Baillière et fils, Paris.
- Fanica O. (2007). Mutations de l'élevage bovin en Gâtinais et en Brie. Ethnozootechnie 79 : 167-185.
- Felius M. (1995). Cattle Breeds : an encyclopedia. Misset, Doetinchem, 800p.
- Joigneaux P. (1863). Le Livre de la Ferme et des maisons de campagne, tome 1, Agriculture proprement dite - Zootechnie. Librairie Agricole de la Maison Rustique, 1012p.
- Jumel M. (1903). La sous-race picarde de la race bovine flamande. Rapport de zootechnie, Ecole d'agronomie de Grignon, np.
- Lefour M. (1857). Race Flamande in Description des espèces bovine, ovine et porcine de la France - tome I - espèce bovine. Imprimerie impériale,  216p.
 

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Biodiversité parasitaire : puces, moustiques, tiques et autres taons…

Publié le par lesbiodiversitaires

attaque de moustique - ER - CopieAlors que nous pestions après des piqûres de puce, un ami nous rappelait que les parasites ont le droit de vivre, et qu’ils font aussi partie de la biodiversité.
 
Biodiversité que nous connaissons bien, puisque les tiques, moustiques, puces, acariens, aoûtats, taons et autres suceurs de sang font régulièrement partie de nos balades dans la nature ou dans les fermes, un peu trop d’ailleurs à notre goût.
Bien sûr, les parasites font partie intégrante de la biodiversité. Le souci reste leur petite propension à nous refiler leurs sordidités, plus ou moins graves (peste pour la puce du rat – il en reste des foyers en Afrique et en Asie -, maladie de Lyme pour les tiques, paludisme pour les moustiques, etc.).
 
D’où l’importance de nous en protéger (en voyage comme chez soi) et de nous en tenir éloigner au maximum.
Pour cela, deux options : leur balancer de façon radicale un maximum de produits chimiques hyper polluants, ce qui reste indispensable, quoi qu’on en dise, dans les zones d’Afrique où sévit le paludisme, ou bien, quand le problème est plus anecdotique, recourir aux méthodes naturelles.
Pour les puces, il faut savoir deux choses :
1. Les puces détestent l’odeur des chevaux (la bonne nouvelle !). Et c’est bien vrai, il n’y a pas de puces dans les écuries. Certains cavaliers font dormir leurs chiens sur des tapis de selle pour qu’ils n’aient pas de puces.
 
barbexespagnol Maroc ER
Le cheval a une odeur anti-puces ! (entier croisé barbe-espagnol)
 
2. Les puces détestent l’odeur de la lavande. Quelques gouttes d’huile essentielle de lavande sur des vêtements ou de la literie les font décamper, et en plus ça sent bon !
L’aspirateur et le cirage des parquets sont également des moyens de lutte éprouvés.
Pour les insectes volants, moustiques ou taons, la prévention est plus facile, car les bestioles sont moins discrètes. Un bon oreiller claqué contre un mur est un remède universel, mais il existe aussi des moustiquaires et des parfums naturels (citronnelle) permettant de passer des nuits à peu près tranquilles. Le moustique et son bzzzzzz tellement énervant a beau être sournois, il reste un adversaire contre lequel on peut lutter.
 
  boutons de puces
  Aïe aïe aïe (boutons de puce)
 
Les aoûtats sont déjà plus difficiles à cerner, mais des mesures de précaution (ne pas marcher pied nu dans l’herbe durant l’été, essayer de ne pas s’asseoir par terre, enfiler ses chaussettes sur son pantalon, ou mieux, des bottes) permettent de limiter le problème. Il faut aussi bien laver les vêtements infestés, à plus de 60°C (idem pour les puces). Les mêmes précautions sont à prendre contre les tiques, surtout quand on se balade en forêt. Toute morsure de tique doit être attentivement surveillée car la maladie de Lyme, très grave, est en progression en France.
 
Pour finir, un parasite de plus en plus fréquent aujourd’hui est la punaise de lit. Elle se répand dans notre pays et dans toutes les grandes villes (réchauffement climatique). Nous en avions malencontreusement ramenées d’un voyage en Syrie (elles adorent les valises). Elles nous ont mystérieusement piqué la nuit durant des mois (quel était cet ennemi invisible ?) jusqu’à ce qu’une amie naturaliste nous mette sur la piste des punaises. On les a trouvées à la lampe frontale, bien cachées dans des interstices du lit.
Face à ce genre de bestioles ultra-résistantes (ne s’écrasent pas, ne s’affament pas, survivent quoi qu’il arrive…), on est bien obligé, pour sauver sa peau, d’y aller à l’arme lourde achetée en pharmacie (bombe insecticide). Car ce n’est pas un peu de citronnelle ou de lavande qui leur font peur… et mieux vaut agir très vite avant que ces petites dames ne se reproduisent.
 
Conclusion : la biodiversité parasitaire oui, les boutons, non (comment ça il y a une contradiction ?). Ces petites bêtes ont le droit de vivre mais on préfère qu’elles se fassent le plus discrètes possible quand même !
 
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  Sac à puces en action (chien errant marocain)

Publié dans Biodiversité sauvage

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Le coq Denizli, super chanteur

Publié le par lesbiodiversitaires

Ce n'est pas un trucage !

 

 

Il existe une race de coq qui pousse des cocoricos pouvant atteindre facilement les 30 secondes.

C'est un coq turc, le Denizli. La race est spécialement élevée pour cela et les Turcs en sont très fiers.

Sur le site du Ministère de la Culture et du Tourisme de Turquie, on peut lire : « Chaque coq chante dans son propre poulailler, mais le coq de Denizli chante partout. »

Vaste programme !

 

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Les oiseaux des milieux agricoles en danger

Publié le par lesbiodiversitaires

Dans un post de février dernier, nous faisions état de la baisse alarmante des alouettes dans le Vexin français où nous vivons. Un récent rapport scientifique confirme que les oiseaux des milieux agricoles vont bien mal.
 
Les chercheurs du Pan-European Common Bird Monitoring Scheme viennent de produire le résultat d’une étude conduite en Europe entre 1980 et 2009, effectuée sur 145 espèces d’oiseaux communs, afin de déterminer comment se comportaient ces populations. Ce sont les oiseaux des milieux agricoles qui souffrent le plus, avec 20 des 36 espèces en nette diminution et un déclin global qui atteint… 48% (!!) depuis 1980.
 
 
Parmi les espèces les plus touchées figurent la perdrix grise (-82%), le bruant proyer (-66%), la linotte mélodieuse (-62%) et l’alouette des champs (-46%).
 
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Poussin de perdrix grise – un survivant ?
 
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Le bruant proyer, dans sa livrée modeste, n’en reste pas moins une espèce à part entière au même titre que les plus colorés et les plus beaux des oiseaux. Il ne doit pas disparaître !
 
 
Les plaines céréalières notamment –ce que l’on appelle l’openfield – sont en train de devenir un désert. Pire qu’un désert d’ailleurs, car pour qui a voyagé dans un désert, ce milieu est finalement plein de vie(s). Voilà que, sur des milliers d’hectares il n’y a plus âme animale ou végétale qui vive. Adieu les coquelicots et les bleuets (sans même parler des plantes dite messicoles – liées aux moissons – comme les adonis, les silènes ou les tulipes sauvages qui ont disparu depuis belle lurette). Adieu les insectes – bourdons, carabes, abeilles et sauterelles. Adieu les oiseaux, les sus-nommés et bien d’autres comme les cailles, les outardes et les busards. Les lièvres et les chevreuils semblent avoir mieux résisté pour l’heure…
 
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Le bleuet résiste encore dans les zones méridionales
et de montagne mais ailleurs il a fortement diminué, voire disparu.
  
La nouvelle Politique agriculture commune (PAC) qui se mettra en place en 2013 devra, on nous le promet, prendre en compte des mesures de conservation pour ménager un peu ce déclin catastrophique de la biodiversité. Mais les experts pensent, d’ores et déjà, que les mesures ne seront pas suffisantes (du saupoudrage ?).
 
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Cette petite route vexinoise qui va nulle part n’est-elle pas finalement le symbole de l’avenir
de la biodiversité agricole.
 
 On ne peut plus rester les bras croisés et la bouche ouverte (de surprise) devant le spectacle d’un paysage aussi mort que la surface lunaire. On ne peut pas, après avoir raté le rendez-vous de 2010 avec la biodiversité (souvenez-vous, c’était son année mondiale), rater celui de 2020. Le Vivant n’attendra pas encore des années avant de définitivement tirer sa révérence de ces milieux agricoles qui, voici encore quelques décennies étaient grouillants de vies.
 
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A l’infini, le « désert », comme à la surface de la lune. Rien, pas une trace de sauvage…

Publié dans Biodiversité sauvage

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Au pays des chèvres du Rove heureuses

Publié le par lesbiodiversitaires

Annaïg Servain et Matthieu Vaslin vivent au bout du monde… en France. Dans les Hautes-Corbières, ils élèvent des chèvres du Rove en agriculture biologique.
 
Pour accéder à la ferme de Borde Grande, sur la commune de Laroque de Fa, dans l’Aude, il faut savoir prendre son temps. La route en lacets semble ne jamais devoir vous amener à bon port. Il faut dire qu’on est ici dans le canton d’Europe le moins peuplé. Autant d’habitants au km2 que dans le Sahel !
C’est là qu’ils ont posé leurs valises et leurs yourtes ramenées d’un fabuleux périple en Mongolie (voir http://temujin.over-blog.com/). Depuis un an, ils se sont lancés en agriculture biologique avec des chevrettes de la race du Rove. Les chèvres ont grandi, ont fait leur premiers jeunes et les voici traites tous les matins pour fabriquer des fromages.
 
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La chèvre du Rove est une race originaire de Provence. Après avoir failli disparaître, elle est redécouverte dans les années 70, et cette race à petits effectifs compte aujourd’hui plus de 5 000 chèvres. Rustique, pouvant se contenter de peu, elle est parfaitement adaptée au climat et à la végétation du Sud de la France.
 
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Une fois la traite passée, il faut préparer le lait et faire les fromages, puis, en tout début d’après-midi, les animaux partent en libre parcours, sous la houlette de Matthieu ou d’Annaïg et avec la complicité vigilante de Feta, la patou des Pyrénées, Mosca, une chienne de race berger de Crau (race de chien extrêmement rare, reconnue depuis 2009 par la Société centrale canine) et Gobi, le pacha canin, rapporté, comme les yourtes, de Mongolie.
 
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Le berger de Crau, menacé de disparition, est un chien très endurant.
 
Le milieu n’est pas facile. Les boisements ont gagné une grande partie des cultures et des champs qui ont été peu à peu abandonnés. Borde Grande, situé à 475 m d’altitude, est entourée de petites montagnes qui culminent à 900 m. Partout les bois sont présents, et les parcelles en herbe se font rares. Mais la chèvre du Rove est une rustique. C’est devenue même, en certains lieux, la « débroussailleuse » de la forêt méditerranéenne. Aussi, se contente-t-elle de peu, cherchant sa nourriture de façon parcimonieuse.
 
La traite est le moment privilégié pour se retrouver, chèvres et hommes. Les amis traient à la main, même si le matériel pour la traite mécanisée est là. Mais c’est vrai que le contact avec la chèvre, la pression sur le trayon gorgé de lait, et la libération de ce dernier, sont des moments fantastiques. Evidemment, il n’y a qu’une soixantaine de chèvres à traire actuellement, mais quand le troupeau s’étoffera, il faudra bien passer à la cadence supérieure. Pour l’heure, c’est le dialogue entre la chèvre et le berger qui ponctue ce moment de traite.
 
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Vers 13 h, le troupeau s’élance, guidé par sa bergère, vers l’immense parcours où les chèvres vont brouter et folâtrer pendant plusieurs heures. Au son des clochettes, des jappements des chiens et des appels chantant de la bergère, comme depuis la nuit des temps. Moment de simplicité volé à la société de consommation.
 
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Autant de liberté dans de si beaux paysages, et de si jolies petites chèvres, cela fait rêver. Mais il ne faudrait pas oublier la difficulté de ce métier : 14 heures de travail par jour, 7 jours sur 7. Les chèvres ne connaissent ni week-ends, ni vacances, ni RTT… Et quand, le soir venu, la chèvrerie est enfin fermée, ce sont des montagnes de papiers administratifs qui attendent nos bergers. Métier physique, endurant, courageux, engagé, il n’est réservé qu’à de vaillants passionnés. Les autres se contenteront d’une chèvre naine dans leur jardin (ou bien adopteront une chèvre du Rove à la retraite !).
 
Annaig-1.jpg  
Annaïg
 
Matth
  Matthieu
 
 
Pour en savoir plus :
Association de défense des caprins du Rove http://caprinsrove.free.fr/
Une interview d’Annaïg sur le lien suivant http://bordegrande.com/spip.php?article76
 
Vente de fromage de chèvre et de viande bio
Ferme de Borde Grande
11330 Laroque-de-Fa
06 87 11 74 19
 
On trouve aussi leurs délicieux fromages à l’adresse suivante :
Esprits de garrigue
11330 Villerouge-Termenès
04 30 64 70 32

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