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Ours à Sinaïa, Roumanie

Publié le par lesbiodiversitaires

Partis à la recherche de la chouette de l’Oural, nous avons rencontré à Sinaïa pas moins de 12 ours dans les forêts neigeuses… Voici les notes, retrouvées dans un carnet de terrain. Rencontre avec les ours.

Ours à Sinaïa, Roumanie

Carnet de terrain de Philippe J. Dubois, mars 2008 ; photos Élise Rousseau.

29 mars : Les ours… L’un des buts de notre voyage. En arrivant nous avons eu très peur. Notre hôte, Lucia Popescu nous a expliqué de but en blanc « il n’y plus d’ours à Sinaïa. Depuis l’accident de l’été dernier, les forestiers ont capturé les ours et les ont transportés dans une réserve à 60 km d’ici ». Voilà déjà un mythe qui s’effondre...

Ours à Sinaïa, RoumanieOurs à Sinaïa, Roumanie
Ours à Sinaïa, Roumanie

Peu après, nous avons passé la fin de journée autour de Cota 1400. En redescendant, entre chien et loup, et peu après un virage en épingle à cheveu, sous la station, nous tombons sur un ours qui s’échine sur une bouteille plastique, au pied d’un talus, sur la droite de la route ! Un ours, un vrai, à 5 m de la voiture qui se fiche complètement de nous. L’animal doit avoir 3 ou 4 ans au plus. Il présente quelques marques beige clair sur le pelage et une grosse bosse dorsale. Nous nous garons un peu en retrait pour le laisser tranquille. Quelques instants après une autre voiture se gare… devant nous et le type fait des photos avec son téléphone portable. Une 3ème voiture, montant vers Cota 1400, se gare également à 5 m de l’ours, puis klaxonne pour faire bouger l’animal qui semblait jusqu’alors se contrefiche de nous. Cette fois-ci il bouge et se retire en courant dans le bois à côté, d’autant que des personnes viennent de sortir d’une maison voisine.

Cette première observation d’un ours complètement désinhibé est frustrante mais elle nous redonne espoir. S’il y a un ours ici, il y en peut-être ailleurs…

30 mars : après être montés par un beau soleil jusqu’à Cota 2000, nous reprenons notre voiture à Cota 1400 vers 16h et redescendons. Nous retrouvons l’ours de la veille un peu plus haut, fourrageant de dos sur le bas côté. Cette fois encore nous sommes seuls et nous garons à quelque distance de lui. Seuls mais pas longtemps. Là encore, tandis que nous faisons des photos une puis 2 puis 3 voitures se garent et les conducteurs prennent des photos avec leur portable en s’approchant parfois bien près de l’animal. Celui-ci finit par s’asseoir sur son séant et nous regarde de ses yeux un peu inexpressifs.

On se croirait à Thoiry… Nous ne restons pas davantage, ce n’est pas le type d’ours que nous sommes venus chercher.

Ours à Sinaïa, Roumanie
Ours à Sinaïa, Roumanie
Ours à Sinaïa, Roumanie

Plus bas, nous prenons alors la piste qui monte vers Poiana Strana Regala et le site de Poiana Stânei où se trouvent quelques chalets. La piste, en partie enneigée monte à travers une hêtraie-sapinière séculaire. Vers le haut, elle traverse une superbe hêtraie pure, sur la gauche. Nous nous arrêtons et cherchons le pic à dos blanc. En effet, un couple tambourine de concert, mais disparaît assez vite un peu plus haut. Tandis que nous les recherchons, Élise s’exclame « un ours devant ! ». Un peu plus haut, dans la pente un jeune ours se nourrit au sol. Tout près de lui un deuxième, du même âge. Sans doute des jeunes nés l’année dernière. L’un est brun avec une tache plus claire (beige) sur l’épaule, l’autre nettement brun, mais avec quand même cette même tache, estompée. Ils sont tout occupés à rechercher des faînes (ou du moins les cupules) dont ils semblent se nourrir. Étonnant que deux jeunes de cet âge soit seuls… Nous pensons que la mère ne doit pas être loin.

Ours à Sinaïa, Roumanie

Quelques minutes plus tard nous avons la réponse : une ourse est là, près d’eux. Cachée par les fûts, elle nous avait échappé. Elle mange aussi mais régulièrement lève sa tête vers nous et nous regarde. Nous sommes à moins de 100 m d’eux, silencieux, à côté de la voiture. On observe, en retenant notre souffle ; Élise fait quelques photos et je ne cherche même plus les pics à dos blanc dont on entend encore parfois un tambourinage…

Ours à Sinaïa, Roumanie

Nous laissons enfin cette famille paisible pour monter jusqu’aux chalets. Il n’y a que quelques merles à plastron et pipits spioncelles dans une prairie, aussi reprenons-nous la piste dans le sens opposé. La lumière décline. Soudain, Élise me chuchote « des ours là bas ». En effet, plusieurs formes noires se détachent dans les arbres sans feuillage, un peu en contrebas du chemin qui fait un grand lacet, mais sur le flanc montant du vallon.

Ours à Sinaïa, Roumanie

Nous découvrons alors qu’il y a cette fois 3 oursons et leur mère ! Ils sont à 50 ou 60 m de nous. C’est une autre famille, à environ 200 m de la première ! Les jeunes, tous très bruns, sont du même âge que les autres (2ème année). La femelle également très brun noir, est plus grosse que l’autre et plus foncée de pelage, notamment sur la tête. Soudain, la femelle nous fixe, se redresse un peu, et nous charge sur une quinzaine de mètres ! Élise n’a pas vu le début de la charge mais a photographié un jeune qui fait un bond, et décampe, sans doute ayant entendu sa mère souffler et effrayé par la charge ! Heureusement que nous sommes dans la voiture, car, sans être couard, on reste quand même prudent face à cet animal.

Ours à Sinaïa, Roumanie

Du coup, nous ne demandons pas notre reste et quittons la famille encore tout remués par la scène qui n’a duré que quelques secondes.

Le soir, après le dîner, nous décidons de remonter à Cota 1400m où Matthieu Vaslin nous a indiqué que les ours venaient se nourrir des reliefs de repas de la station qui sont mis en contrebas de cette dernière. Arrivés à la nuit, nous ne distinguons rien et il n’y a pas les poubelles dont parlait Matthieu. Mais tout à coup, nous voyons trois ours ! Des animaux déjà gros, mais sans doute pas totalement adultes. Hélas, une fois encore, une voiture arrive et s'approche. L’un des ours se retire dans la forêt, un second semble gêné par la lumière, tandis que le troisième continue à fouiller consciencieusement dans ce qui semble être des déchets. Nous ne dérangeons pas plus les animaux. Décidément les ours de la piste forestière sont plus tranquilles !

En redescendant vers Sinaïa, un renard.

31 mars : le temps est bouché, il tombe une neige fondue à Sinaïa. Il n’y a pas grand-chose à faire. Nous partons pour le nord. Après avoir rebroussé chemin sur la piste forestière d’Azouga pour cause de travaux - « drum calamiţa » (!) dit le panneau – nous poussons jusqu’à Predeal et prenons la route de Râşnov. Peu avant Pârâul Rece nous trouvons une piste forestière, assez fortement enneigée. Ici l’ours est partout. Les traces dans la neige abondent. Nous trouvons même une voie sur laquelle il y a eu au moins trois ours qui semblent avoir cheminé ensemble. Ce qui est impressionnant c’est que l’on ne voit rien mais que l'on devine sa présence en permanence…

Ours à Sinaïa, Roumanie

1er avril : au sud de la ville se trouve le camping. Juste après celui-ci, une piste forestière s’élève en altitude en traversant une hêtraie-sapinière. Nous nous y promenons le matin. Ici aussi et sans neige, l’ours signe son omniprésence. Des grattis sont notés partout montrant que l’animal retourne les feuilles, creuse un peu dans le sol à la recherche sa pitance qui semble modeste. Une belle crotte assez fraîche témoigne d’un passage récent. Et puis l’odeur de « bête fauve » - qui n’est pas celle d’un renard, mais plus forte… Là encore la sensation de présence de l’animal est exacerbée par son absence.

En fin de matinée, nous retournons sur la piste de Poiana Strana Regala où nous avions vu les ourses suitées. Évidemment pas d’animaux (les ours ne semblent sortir qu’à partir de 16h-17h). En revanche, au site exact des observations, nous remarquons des traces fraîches d’ours de grande taille, manifestement tout seul. Nous suspectons alors qu’un grand mâle traîne dans le coin, ce qui a eu peut-être pour conséquence de faire déguerpir les femelles. L’animal a longuement longé la piste enneigée en descendant.

Nous revenons sur le site vers 17h tandis qu’il neige dans le but de chercher à voir l’énorme animal à qui appartiennent ces traces. Nous montons jusqu’aux prairies de Poiana sans rien voir. Puis nous abordons la descente, prudemment, car la neige tient au sol et notre micro-voiture est tout sauf adaptée au type de pistes que nous empruntons. Tout à coup, devant nous à 60m, nous distinguons une grosse masse brune, sur le bas côté gauche du chemin. Je coupe le moteur et nous regardons à la jumelle : c’est lui ! Un mâle énorme (au moins 350kg) gratte doucement le sol, sans doute à la recherche de cupules de hêtre. Il gratte avec précaution de la patte droite (parfois de la gauche) et relève fréquemment la tête et hume l’air dans toutes les directions. Il regarde parfois dans la nôtre, mais sans s’arrêter, comme s’il ne nous voyait pas. Il a une grosse bosse sur le dos, des griffes immenses. Nous restons là longuement à l’observer. Il « dérive » lentement en remontant le chemin vers nous, tout en s’enfonçant dans la forêt. Le silence est total et la neige tombe doucement, enveloppant le paysage dans une étoffe cotonneuse. Nous avons l’impression de voir un tableau de Robert Hainard prendre vie. Puis le mâle s’éclipse de façon quasi fantomatique, tout en reculant dans la pente. C’est le moment le plus fort du voyage avec sans doute, la découverte de la première femelle suitée.

Ours à Sinaïa, Roumanie

2 avril : n’ayant toujours pas vu la chouette de l’Oural, nous tentons une recherche diurne. Nous empruntons la piste appelée « Calea Codrului » qui passe devant la décharge et rejoint la route de Targoviste (signalée par Matthieu Vaslin). Le temps est aujourd’hui particulièrement brouillardeux…

Nous trouvons au sol bon nombre de grattis qui sont sans nul doute le fait de l’ours. On est toujours frappé par le côté « mesuré » du travail de recherche, sans remue-ménage de la terre comme chez le sanglier. Un travail « d’épluchure » soigné, méthodique. Peut-être également un grattis sur un tronc de conifère, mais sans doute ancien, car la résine a coulé depuis. En bordure du chemin, nous trouvons un long tuyau métallique rouillé sur lequel figurent de belles empreintes boueuses d’ours. Un animal qui a joué (au sens propre) les équilibristes sur quelques mètres ! Sur le même tuyau, des traces boueuses de martre et une crotte du petit carnivore.

Ours à Sinaïa, Roumanie
Ours à Sinaïa, Roumanie

Le bord du chemin est très boueux, si bien que les empreintes sont multiples. Outre l’ours et la marte, nombreuses traces de canidés (chiens), mais encore plusieurs d’un animal qui doit être particulièrement gros. Il n’y a officiellement pas de loup dans le secteur, mais l’empreinte fait nettement plus de 9cm et semble fort allongée…

Nous tombons sur un couple de pics tridactyles qui inspectent consciencieusement des troncs de pins sylvestres et d’épicéas. Puis ils tambourinent de concert et se répondent, tandis qu’un des oiseaux poussent des kut, plus doux que ceux de l’épeiche.

Le soir, nous remontons à Cota 1400 pour voir si des ours fréquentent les abords de la station, mais rien : les animaux doivent venir essentiellement le week-end, lorsqu’il y a du monde. Un grognement entendu en bordure de route nous rappelle que l’Ours n’est pas loin…

Et pour protéger les ours en France, voici le lien de l’Association Pays de l’Ours-Adet :
http://www.paysdelours.com/

Publié dans Biodiversité sauvage

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Poules marans et compagnie

Publié le par lesbiodiversitaires

Dimanche dernier, en allant chercher des œufs fécondés de poule marans chez l’éleveur Victor Couapel, à Plessé (Loire-Atlantique) et faire un peu d’ornitho dans les marais de Redon, nous sommes allés de hasard en hasard et de rencontre en rencontre :

Régis Fresneau, ancien animateur du CRAPAL, qui faisait pâturer ses moutons landes de Bretagne en écopâturage, une chienne berger d’Auvergne, deux organisateurs de la Fête de la vache nantaise (prochaine édition en 2018, à ne pas louper !), un ami soutenant les races à petits effectifs, de passage lui aussi dans la région, etc.

Marans saumon doré

Marans saumon doré

Si on croyait en l’astrologie, on se dirait : quel bel alignement d’étoiles !
Mais comme nous a dit l'éleveur de vaches nantaises, il y a des hasards qui n’en sont pas. Finalement, tous les chemins mènent à l’étable !

Poules marans et compagnie Poules marans et compagnie

Où sont les œufs ?
Commençons par le commencement. Les œufs de Victor… Ce ne sont pas des œufs, mais de véritables obus qu’il nous a mis de côté ! On n’arrive même pas à fermer la boîte à œufs !
« Bah, explique Victor, habitué au problème, les boîtes à œufs, c’est vraiment pas fait pour les œufs de marans ! »

Poules marans et compagnie

Ensuite, l’éleveur nous montre des œufs très foncés qu’il garde en souvenir. Impressionnant !

L'oeuf de la marans varie du foncé au... très foncé.
L'oeuf de la marans varie du foncé au... très foncé.

L'oeuf de la marans varie du foncé au... très foncé.

Présentation de ses poules, de ses coqs. La variété marans saumon dorée est reconnue depuis novembre dernier. Bravo Victor !

Marans saumon doré

Marans saumon doré

Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)
Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)

Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)

En partant de chez lui, on se rappelle que Laurent Chalet, éleveur de vaches nantaises et organisateur de la Fête de la vache nantaise, une des figures de la biodiversité domestique, habite lui aussi dans le coin. Petit crochet à l’improviste pour aller le saluer.
En effet, il a adopté une jeune chienne berger d’Auvergne, Louna (la seule de Loire-Atlantique), qu’on aimerait bien voir.
Coup de chance, on le trouve !

Quelques images de ses animaux :

Vaches nantaises
Vaches nantaises

Vaches nantaises

Chèvres des fossés
Chèvres des fossés

Chèvres des fossés

Et Louna, jeune chienne berger d'Auvergne, arrivant tout droit du Cantal !Et Louna, jeune chienne berger d'Auvergne, arrivant tout droit du Cantal !
Et Louna, jeune chienne berger d'Auvergne, arrivant tout droit du Cantal !

Et Louna, jeune chienne berger d'Auvergne, arrivant tout droit du Cantal !

Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)
Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)

Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)

Après cette journée bien remplie, on rentre par les marais, où chevreuil, cigognes et hiboux finissent de nous faire rêver. Biodiversité domestique, biodiversité sauvage…

Poules marans et compagnie
Poules marans et compagnie
Poules marans et compagnie

Mais le lendemain, François, en charge de la couvaison des marans, nous ramène à la réalité :
« Dis donc, tes œufs, ils sont tellement gros, ils ne rentrent pas tous dans la couveuse ! »
Bon, heureusement, une de ses poules avait justement envie de couver ! L’œuf en rab' finit sous son ventre. Sans doute le plus gros œuf qu'elle ait jamais vu !
Rendez-vous dans 21 jours pour l’éclosion !

Un trésor...

Un trésor...

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Destination : Mongolie

Publié le par lesbiodiversitaires

Cette fois, c’est décidé, c’est confirmé : nous repartons à la mi-juin en Mongolie, pays des espaces immenses et des nomades !

Destination : Mongolie

Philippe, qui s’est déjà rendu dans le pays deux fois lors d’expéditions mémorables (voir Les Tribulations d’un chercheur d’oiseaux), accompagnera le groupe dans le désert de Gobi, à la recherche des oiseaux et des mammifères.

Destination : MongolieDestination : Mongolie

Nous aurons le plaisir de retrouver là-bas notre ami mongol le Dr Terbish Khayankhyarvaa, professeur d’écologie à l’université nationale de Mongolie et spécialiste des amphibiens, naturaliste passionné et chevronné, et aussi une des personnes les plus sympathiques, cools et débrouillardes de notre connaissance ! Il sera une nouvelle fois notre guide mongol.

Terbish !Terbish !

Terbish !

La biodiversité domestique ne sera pas en reste, la Mongolie abritant le plus fantastique des peuples cavaliers que la Terre ait jamais porté ! Les chevaux et les cavaliers mongols sont présents partout, tout le temps. Sans compter les vaches, yaks, chiens, chèvres...

Destination : Mongolie

Parmi toutes les espèces que nous allons chercher et que nous espérons voir, en voici quelques-unes :

Côté oiseaux :
Syrrhapte paradoxal, traquets Isabelle et du désert, bruant à cou gris, oie à tête barrée, érismature à tête blanche, pélican frisé, mouette relique, goéland de Mongolie, vautour moine, aigle des steppes, podoce de Henderson, moineau des saxauls, niverolle du père David, pie-grièche des steppes, alouette de Swinhoe, buse de Chine, faucon sacre, roselin de Mongolie et de David, tétraogalle de l’Altaï, accenteurs bruns et de l’Altaï, linotte à bec jaune, pygargue de Pallas, gravelot de Leschenault, pipits de Richard et de Godlewski...

Et côté mammifères :
bouquetin de Sibérie, hérisson oreillard, renard corsac, pikas (petits lagomorphes proches des lapins) ou argali (le plus grand des mouflons), gazelle à queue blanche, antilope saïga, cheval de Prjevalski, hémione, gazelle à goitre, sousliks à longue queue... et avec un peu de chance, loup, chameaux de Bactriane et ours de Gobi.

Destination : MongolieDestination : MongolieDestination : Mongolie
Destination : MongolieDestination : MongolieDestination : Mongolie

Escursia, qui organise tous les aspects logistiques du voyage en Mongolie (ici pour plus d'infos) nous demande de faire savoir qu’il reste encore une ou deux places, si certains sont intéressés. Départ le 18 juin !

Voyage pour naturalistes passionnés et prêts pour l’aventure !

Destination : Mongolie

Philippe parlait entre autres de la Mongolie ce matin sur France culture, émission "Un autre jour est possible", Profession ornithologue.

Destination : MongolieDestination : MongolieDestination : Mongolie

Publié dans Biodiversité sauvage

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Écolo en herbe pour une planète au top

Publié le par lesbiodiversitaires

Écolo en herbe pour une planète au top

Il est sorti aujourd’hui !
Avec des illustrations de Dorothée Jost.

Quelques titres en vrac :
-Es-tu le pro du tri ?
-Ordures !
-Le jardinage sans ravages
-Quel type de consommateur es-tu ?
-Moins de gadgets, plus de liens
-Abécédaire des énergies durables
-Quel rapport entre un steak et une forêt ?
-Une banque propre, ça existe ?
-Les changements sont en route

Il s’agit d’un documentaire sur l’écologie pour les 9-13 ans, avec plein de conseils pratiques.
L’idée ? Leur parler des problèmes environnementaux, mais en cherchant des solutions ! Surpopulation, surconsommation, obsolescence programmée, trucs et astuces pour passer au vert à la maison, pour changer un peu sa façon de penser, pourquoi c’est important d’adhérer aux associations de protection de la nature, etc.
Quand l’éditrice m’a demandé si j’étais d’accord pour écrire ce livre, j’ai d’abord pensé que traiter ce sujet de façon optimiste était mission impossible.
Puis j’ai pensé à tous ceux qui font changer les choses dans le bon sens. A tous ceux qui résistent, vaillamment, qui osent ne pas « rentrer dans le moule », qui osent la différence, qui supportent le regard des autres, leur téléphone pourri dans la poche et leurs idées non-conformistes dans la tête.

Écolo en herbe pour une planète au top

Alors en terminant ce livre, j’ai réalisé qu’aussi difficile que soit le contexte environnemental actuel, ce n’est pas une fatalité. L’être humain oublie toujours à quel point il est… libre. On peut résister. Si on arrête de consommer à outrance, si on privilégie l'être au paraître, les choses changeront. On a le choix, et les jeunes lecteurs ont aussi le choix dès maintenant de contribuer à faire changer les choses. L’océan est constitué de gouttes d’eau. Se lamenter ne sert à rien : il faut agir. Alors, au boulot !

Écolo en herbe pour une planète au top.
Collection Bulle d’Air, De La Martinière Jeunesse, 80 p., 9,95 euros.

Emission H20 Ecolo en herbe, France bleu.

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Chevaux pantaneiros et cavaliers peoes

Publié le par lesbiodiversitaires

Au fin fond du Pantanal (Brésil, Etat du Mato Grosso), un peuple cavalier élève le bétail et continue de se déplacer dans ces zones marécageuses grâce aux chevaux. Partis dans cette région pour un voyage naturaliste, nous avons pu les rencontrer.

Chevaux pantaneiros et cavaliers peoes

Au Brésil, le cheval garde une place essentielle, puisque le pays possède une des plus importantes populations de chevaux au monde.
Au Pantanal, le cheval reste indispensable pour garder le bétail dans les marécages. D'immenses propriétés terriennes (les fazendas) pratiquent l'élevage de vaches ou de zébus.
Les cow-boys du Pantanal s'appellent les peoes, et leurs chevaux sont les pantaneiros.

Les chevaux vivent entre la forêt tropicale et les zones humides. Ils supportent l'assaut des moustiques et des chaleurs accablantes.

Les chevaux vivent entre la forêt tropicale et les zones humides. Ils supportent l'assaut des moustiques et des chaleurs accablantes.

Contrairement aux chevaux de Camargue, adaptés depuis l'Antiquité au delta du Rhône, les chevaux du Pantanal ne sont présents en Amérique du Sud que depuis l'arrivée des colons, il y a quelques siècles seulement.
Des chevaux, certainement ibériques et barbes, et plus tard criollo, ont été importés dans ces marécages, où seuls les plus résistants ont survécu. La race a été forgée par une sélection naturelle drastique.

Chevaux pantaneiros et cavaliers peoes
Les tapis colorés en orange vif sont très appréciés.

Les tapis colorés en orange vif sont très appréciés.

Transport de chevaux par voie... fluviale !

Transport de chevaux par voie... fluviale !

Les chevaux pantaneiros sont de couleurs variées : gris, bai, bai foncé, pie, mais aussi beaucoup d'isabelles.

Les robes isabelles avec marques primitives (zébrures aux jambes, raie dorsale...) sont courantes.
Les robes isabelles avec marques primitives (zébrures aux jambes, raie dorsale...) sont courantes.Les robes isabelles avec marques primitives (zébrures aux jambes, raie dorsale...) sont courantes.
Les robes isabelles avec marques primitives (zébrures aux jambes, raie dorsale...) sont courantes.

Les robes isabelles avec marques primitives (zébrures aux jambes, raie dorsale...) sont courantes.

Quelques chevaux sont de couleur pie.

Quelques chevaux sont de couleur pie.

Ce ne sont pas de grands chevaux. Ils mesurent entre 1,35 et 1,40 m. Ils possèdent des sabots particulièrement résistants aux zones humides. Les Brésiliens disent que seul ce cheval résiste au climat chaud et humide du Pantanal. Et il est vrai qu'il est particulièrement solide face aux maladies. Dans cet environnement extrême, ce cheval reste donc indispensable à l'élevage du bétail.

Les cavaliers peoes ne sont pas forcément les plus rassurants que l'on trouve sur la planète... Regard ténébreux, machette dans le dos, ils n'ont pas le côté riant et débonnaire des Mongols !

Bon, lui, de face, on n'ira pas l'embêter... Mais de dos non plus ! Tous les cavaliers peoes portent dans le dos des couteaux, machettes...Bon, lui, de face, on n'ira pas l'embêter... Mais de dos non plus ! Tous les cavaliers peoes portent dans le dos des couteaux, machettes...

Bon, lui, de face, on n'ira pas l'embêter... Mais de dos non plus ! Tous les cavaliers peoes portent dans le dos des couteaux, machettes...

Le patron !Le patron !

Le patron !

Ouvrir et fermer des portails, rassembler les vaches, c'est le quotidien des peoes.Ouvrir et fermer des portails, rassembler les vaches, c'est le quotidien des peoes.

Ouvrir et fermer des portails, rassembler les vaches, c'est le quotidien des peoes.

Les cavaliers du Pantanal aiment quand ça réagit vite...

Les cavaliers du Pantanal aiment quand ça réagit vite...

Les chevaux pantaneiros sont réputés vifs et intelligents, ce qui vaut toujours mieux quand on vit dans un pays où traîne le jaguar et où il y a trois caïmans dans la moindre flaque ! Bien sûr, comme le quarter horse des cow-boys nord-américains ou le camargue des gardians du sud de la France, la race a également le "sens du bétail", qualité indispensable aux chevaux qui aident à garder les vaches.

Après l'effort, les cavaliers douchent leurs chevaux.Après l'effort, les cavaliers douchent leurs chevaux.

Après l'effort, les cavaliers douchent leurs chevaux.

Chevaux pantaneiros et cavaliers peoes

Une des caractéristiques locales est la selle très rembourrée, en peau de mouton, dans laquelle on a l'impression de s'enfoncer comme dans un fauteuil. C'est une sensation assez étonnante ! Pour le coup, les peoes ont plus le sens du confort que les Mongols avec leur selle en bois !

Chevaux pantaneiros et cavaliers peoes

La faune sauvage est toujours plus facile à approcher à dos de cheval, le cheval masquant notre statut de prédateur. Après une excursion à cheval dans la forêt et des zones impraticables autrement, à la recherche des oiseaux et des mammifères locaux, le cow-boy brésilien me propose d'essayer sa propre monture. Chez tous les cavaliers du monde, on se sent toujours honoré quand un autre cavalier vous fait essayer son propre cheval. L'animal est particulièrement réactif, je le lance au petit galop mais j'ose à peine toucher les rênes à cause du mors très sévère qu'il porte. On est loin de l'équitation éthologique !

Ambiance à la fazenda.Ambiance à la fazenda.
Ambiance à la fazenda.Ambiance à la fazenda.

Ambiance à la fazenda.

Même si ces chevaux sont incroyablement résistants, la vie dans les marécages n'est pas de tout repos, entre les tiques, les moustiques, etc.

Cheval à l'oreille cassée.

Cheval à l'oreille cassée.

La race a été menacée par le passé, du fait de croisements. Mais par chance, ce cheval reste le plus résistant de la région, ce qui le sauvera sans doute toujours dans ce lieu reculé de la planète !

Chevaux pantaneiros et cavaliers peoes
Chevaux pantaneiros et cavaliers peoes

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Des korrigans plein la tourbière

Publié le par lesbiodiversitaires

Communiqué de presse
Vendredi 1er avril 2016

Un rassemblement de korrigans signalé en Loire-Atlantique
Bretagne Vivante craint des débordements
à la Réserve Naturelle Régionale de la tourbière de Logné

Le travail de protection de la nature de Bretagne Vivante dans les réserves naturelles a un effet inattendu : si la flore et la faune profitent de ces havres de paix, voici qu’une espèce anciennement bien connue des Bretons, Korrigan brittonensis, prolifère en Loire-Atlantique. Ce qui n’est pas sans poser problème.

La Réserve Naturelle Régionale de la tourbière de Logné étant l’un des lieux les plus préservés de Loire-Atlantique, il n’est pas surprenant qu’un groupe de korrigans y ait trouvé refuge - même si l’aire de répartition est particulièrement méridionale pour l’espèce.
C’est Charles Martin, chargé de mission faune à Bretagne Vivante, qui a découvert avec stupeur leur arrivée.
« J'ai mis du temps à me rendre compte de leur présence, explique le naturaliste encore abasourdi. C'est vrai que la nuit, sur la tourbière, il y a toutes sortes de bruits d’animaux : les sangliers qui grognent, des courtilières qui stridulent, les grillons des marais. Mais là c'était autre chose... »
C’est lors d’une sortie crépusculaire que Charles Martin les a surpris. « Certains soirs, la brume s'installe sur la tourbière. Elle étouffe un peu le bruit mais laisse percevoir des sons : des petits craquements sur les branches, des touffes d'herbes qui crissent. Mais là, je me sentais… observé. Une impression diffuse que quelque chose tournait autour de moi. Alors, je me suis assis sur un touradon et j'ai attendu. Il a fallu se rendre à l’évidence : il y avait une musique, des silhouettes… »
Problème : les korrigans se sont d’emblée révélés très énervés.

Pertes des habitats, dégradation des milieux : des revendications légitimes
A force de négociations, Charles Martin a fini par rencontrer une petite délégation. Il ressort de cette entrevue historique que les korrigans sont très fâchés par ce qui se passe en Bretagne, de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes aux dégradations rapides que subit la biodiversité. Comme de nombreuses espèces bretonnes, ils souffrent de la perte de leurs habitats. « Ils disent que si ça continue, ils pourraient bien faire parler d’eux… et qu’ils savent très bien pourrir la vie des gens au quotidien : un lacet défait, des clés perdues, un voiture enlisée, un réveil qui oublie de sonner...».
Le naturaliste est inquiet : « Je leur ai expliqué qu’à Bretagne Vivante on est de leur côté, du côté de la nature. Mais ils sont tellement irrités qu’ils n’écoutent rien et ne font aucune distinction ! »

Des manifestations à prévoir ?
Charles Martin redoute des débordements le 27 mai prochain, lors d’une importante animation dans la réserve. « La sortie est une immersion dans ce milieu fabuleux qu'est la tourbière, explique-t-il. Elle se terminera au début de la nuit. J’espère que les korrigans ne nous joueront pas de tours ! »
Pour éviter cela, Bretagne Vivante demande solennellement au Syndicat des Korrigans de Loire-Atlantique de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la sortie se déroule sans encombre.
Nous les assurons formellement de notre engagement sans faille pour la protection de la nature bretonne. Vous aussi, aidez-nous à rassurer les korrigans. Aujourd’hui 1er avril, comme tous les autres jours de l’année, nous avons besoin de votre soutien et de vos adhésions.

Jean-Luc Toullec,
Président de Bretagne Vivante

Selon nos sources, des avertissements seraient déjà apparus dans le Finistère (Trégunc),  avec la découverte sur la plage de ce poisson créé avec des déchets.* Photo © Nathalie Delliou

Selon nos sources, des avertissements seraient déjà apparus dans le Finistère (Trégunc), avec la découverte sur la plage de ce poisson créé avec des déchets.* Photo © Nathalie Delliou

Participez à la sortie du 27 mai prochain à la tourbière de Logné !
« Découvrir une tourbière est une expérience à ne pas manquer, assure Charles Martin. Dans un premier temps, on évite les quelques petits pièges : des trous dans la tourbe, une branche qui tient mal. Mais après, on découvre qu'on se trouve sur un véritable matelas flottant. Le moindre pas sur le sol fait trembler tout le reste sur 3 mètres aux alentours. La rencontre avec les droseras, les plantes carnivores, est toujours un moment extraordinaire. L'osmonde royale, une fougère qui peut faire 2 m de haut, offre des frondes magnifiques. La loutre présente sur l'étang nous observe sûrement, les libellules volent encore. »
Inscriptions auprès du Musée de l'Erdre (Carquefou) : 02 28 22 24 45
Nombre de places limité : 20 personnes
Attention : la sortie n'est pas adaptée aux enfants de moins de 12 ans pour des questions de sécurité.
Bottes obligatoires.
Durée de la sortie : 2 h 30 - 3 h
D’autres sorties sont régulièrement prévues sur la réserve.

Photos : vue aérienne de la Réserve Naturelle Régionale de la tourbière de Logné et une plante carnivore, Drosera rotundifolia © Charles MartinPhotos : vue aérienne de la Réserve Naturelle Régionale de la tourbière de Logné et une plante carnivore, Drosera rotundifolia © Charles Martin

Photos : vue aérienne de la Réserve Naturelle Régionale de la tourbière de Logné et une plante carnivore, Drosera rotundifolia © Charles Martin

Pour en savoir plus sur la Réserve naturelle régionale de la tourbière de Logné, cliquez ici.
*Merci aux élèves de maternelle de l’école René Daniel de Trégunc pour la création du poisson avec des déchets récoltés sur la plage. Cette œuvre éphémère réalisée lors d’une animation Bretagne Vivante a bien sûr fini dans un grand sac poubelle !

Publié dans Biodiversité sauvage

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Du houblon bio en circuit court !

Publié le par lesbiodiversitaires

Du houblon bio en circuit court !

Manger bio et local c'est bien, boire bio et local c'est bien aussi !

Alors on relaie l'initiative d'un copain, Matthieu Cosson, qui lance un financement participatif.

L'association Le Champ du Houblon souhaite relocaliser une production agricole et ancrer une production de houblon bio de qualité pour des brasseurs locaux et artisanaux en amorçant une nouvelle filière en circuit court en Pays de la Loire.

Si vous voulez soutenir ce projet de micro-houblonnière bio en France (au sud de Nantes), suivez le lien !

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Un albatros dans le Mor Braz : quand les mers du Sud viennent jusqu’à nous

Publié le par lesbiodiversitaires

Ce dimanche de Pâques, Yves Blat et Philippe ont observé un albatros à sourcils noirs à la pointe du Vivier, sur la presqu’île de Quiberon, Morbihan.

Ce grand voilier des mers du Sud n’est guère fréquent dans les eaux tempérées européennes. En France, on en connait à peine une douzaine de mentions. Il niche principalement du cap Horn aux îles Malouines et jusqu’aux îles Antipodes.

C’est à l’occasion d’un bon coup de vent de sud/sud-ouest que l’oiseau a été découvert, lors d’un passage très important de plusieurs milliers de fous de Bassan.

Le Mor Braz, notre lieu privilégié pour l’observation des oiseaux et mammifères marins, confirme, s‘il en était besoin, l’intérêt qu’il présente pour la faune pélagique (du grand large).

Le changement climatique à l’œuvre va-t-il modifier la répartition de cette faune dans l’Atlantique avec des remontées d’espèces vers le Nord, comme c’est déjà le cas pour certains poissons ? L’avenir nous le dira.

Dans le flot des fous de Bassan...

Dans le flot des fous de Bassan...

...l'albatros à sourcils noirs (photo: Yves Blat)

...l'albatros à sourcils noirs (photo: Yves Blat)

Publié dans Biodiversité sauvage

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Laisser passer la brume

Publié le par lesbiodiversitaires

Laisser passer la brume

Dans la vie ou dans la nature, on aime quand tout est clair, la transparence pure des petits matins. Les brumes extérieures et intérieures donnent souvent envie de se remettre au fond du lit, bien au chaud sous la couette. Mais sortir affronter le brouillard permet de regarder, d'écouter, de sentir différemment.

C'était la semaine dernière, la forêt de Camors (Morbihan) dans la brume. A première vue, cela peut sembler un peu lugubre.

Laisser passer la brumeLaisser passer la brume
Laisser passer la brumeLaisser passer la brume

Ou simplement un peu mystérieux.

Laisser passer la brume

Mais à y regarder de plus près, cette forêt brumeuse est habitée...

Pigeon colombin, pic mar, roitelet huppé, grimpereau des jardins
Pigeon colombin, pic mar, roitelet huppé, grimpereau des jardins
Pigeon colombin, pic mar, roitelet huppé, grimpereau des jardins
Pigeon colombin, pic mar, roitelet huppé, grimpereau des jardins

Pigeon colombin, pic mar, roitelet huppé, grimpereau des jardins

Et à y regarder d'encore plus près, cette brume révèle des secrets merveilleux...

Laisser passer la brume
Laisser passer la brumeLaisser passer la brume
Laisser passer la brume

Gouttelettes de brume sur toiles fragiles...

Laisser passer la brume

Prêtes à s'effondrer au premier souffle d'air...

Laisser passer la brume

Éphémères œuvres de brume, invisibles et secrètes, perdues au fond de la forêt...

Mais bientôt le soleil réchauffe les arbres et les cœurs. La brume s'envole, comme si elle n'avait jamais existé, et les oiseaux fous d'amour à cette saison nous rappellent que cette fois, ça y est. C'est le printemps.

Laisser passer la brume

Publié dans Biodiversité sauvage

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Quatrième édition du prix national de la Fondation du patrimoine pour l'agro-biodiversité animale

Publié le par lesbiodiversitaires

A l’occasion du salon international de l’agriculture à Paris, la Fondation du patrimoine a de nouveau récompensé des projets qui mettent en avant la biodiversité domestique. Cette année, un dindon, un mouton et un canard ont été les lauréats…

Il est toujours difficile de choisir parmi les projets soumis à ce prix tant le niveau de dossiers est élevé et les races à soutenir… nombreuses !

Le dindon rouge des Ardennes

Après la poule noir du Berry en 2012, c’est un autre gallinacé qui a remporté le prix cette année. Le Dindon rouge des Ardennes. Plus exactement c’est l’association des producteurs de dinde rouge des Ardennes qui, depuis le milieu des années 1990, s’attelle à développer et faire connaître cette race. Elle est connue depuis bien longtemps puisque l’on dit que c’est l’un de ces ancêtres qui fut servi au mariage du roi de France Charles IX (1550-1574) avec Élisabeth d'Autriche (1554-1592), célébré le 27 novembre 1570 à Mézières.

Mais à la fin des années 1980, du Dindon rouge des Ardennes, il n’y en avait plus guère. La race allait s’éteindre, silencieusement, comme bien d’autres. C’est grâce à Roland Dams, vétérinaire passionné par les volailles anciennes et grand défenseur de la biodiversité domestique ainsi qu’à Jean-Michel Devresse, que ce dindon qui peut peser jusqu’à 10kg chez le mâle, a été sauvé in extremis. La race reste encore fragile et les éleveurs pas assez nombreux. Le prix de 10 000€ est donc là pour aider à pérenniser ce beau travail de sauvegarde.

Elevage de dindons des Ardennes (source : APDRA)

Elevage de dindons des Ardennes (source : APDRA)

Le dindon primé, pas très rassuré sur le ring central du salon de l'agriculture, nous regarde du coin de l'oeil.

Le dindon primé, pas très rassuré sur le ring central du salon de l'agriculture, nous regarde du coin de l'oeil.

Le mouton raïole

La Raïole, elle, est une race de mouton également menacée. Avec seulement 2 000 brebis, rien n’est encore gagné, là non plus. Elle a d’ailleurs failli disparaître dans les années 1960. Et Adrian Rigal, jeune éleveur de brebis Raïole dans l'Aveyron, qui souhaite développer un projet d'agropastoralisme et augmenter son cheptel a bien du mérite. C’est une excellente débroussailleuse naturelle, rustique, bonne marcheuse. En été, des troupeaux de raïoles occupent toujours les pentes des monts Lozère et Aigoual. Ce mouton est utilisé principalement dans la filière viande.

En 1994, une association commune a été formée avec les éleveurs des races Rouge du Roussillon et Caussenarde des garrigues. En 2008, celle-ci s'est rapprochée de la Lacaune (à l’origine du roquefort) pour constituer un organisme de sélection commun et favoriser la diversité génétique de la Raïole.

Les Raïole primées au salon de l'agriculture.

Les Raïole primées au salon de l'agriculture.

Le canard de Duclair

C’est le parc naturel régional des Boucles de la Seine normande qui a reçu le 3ème prix pour son implication dans la sauvegarde du canard de Duclair. C’est pourquoi, dès 1994, il a fondé un conservatoire pour sauver la race et la développer. D’autant que la chair de ce canard est réputée excellente et peu grasse.

Celui que l’on surnomme « l’avocat » à cause de son plumage noir et sa bavette blanche, est connu depuis le XIXe siècle. Il existe aussi un plumage « bleu ».

L’avenir de ce canard ne dépend donc que de la ténacité d’éleveurs, souvent amateurs, qui sont les remarquables gardiens de la biodiversité domestique.

Canards Duclair (source : PNR des boucles de la Seine normande)

Canards Duclair (source : PNR des boucles de la Seine normande)

L’occasion de partager

Après la remise des prix, ce fut l’occasion, de manière informelle, de voir ou revoir des éleveurs engagés dans la conservation des races à petits effectifs. Des connaissances devenues des amis, de belles personnes qui courageusement, vont à contre-sens de la politique agricole actuelle. Mais qui, en même temps, sont probablement les précurseurs d’une nouvelle façon de la pratiquer.

Des leaders dans le domaine de la conservation des races à petits effectifs. De gauche à droite : Laurent Chalet (éleveur de vaches Nantaises et fondateur de la fête du même nom), Guy Chautard (éleveur de vaches Ferrandaises), soutenus par André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme.

Des leaders dans le domaine de la conservation des races à petits effectifs. De gauche à droite : Laurent Chalet (éleveur de vaches Nantaises et fondateur de la fête du même nom), Guy Chautard (éleveur de vaches Ferrandaises), soutenus par André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme.

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