Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Publié le par lesbiodiversitaires

Qu’est-ce qui nous a poussés, au cœur de l’hiver dernier, à traverser d’abord l’Atlantique puis les États de New York, du New Jersey, de la Pennsylvanie, du Delaware et du Maryland pour nous rendre jusqu’en Virginie ?

Oies des neiges.

Oies des neiges.

Bien sûr, il y avait le plaisir d’aller rendre visite à nos amis ornithogues la peintre Sarah Plimpton et l’historien Robert Paxton, à New York, et à participer avec eux sur Long Island à un fameux Christmas Day américain (journée organisée par la National Audubon Society où il s’agit de compter toutes les espèces vues en une journée - un reportage a été réalisé, à venir pour L'Oiseau magazine). Toujours sur Long Island, nous avons cherché (en vain) l’harfang des neiges.

Central park, au coeur de New York, regorge d'oiseaux. Ici un cardinal rouge et un pic à ventre roux.
Central park, au coeur de New York, regorge d'oiseaux. Ici un cardinal rouge et un pic à ventre roux.Central park, au coeur de New York, regorge d'oiseaux. Ici un cardinal rouge et un pic à ventre roux.

Central park, au coeur de New York, regorge d'oiseaux. Ici un cardinal rouge et un pic à ventre roux.

Et comme tous les ornithos locaux, nous sommes allés voir le passerin nonpareil de passage dans un parc de Brooklyn.

Tous les ornithos new-yorkais sont venus voir le passerin nonpareil, qui cherche ici la nourriture dans les feuilles mortes.
Tous les ornithos new-yorkais sont venus voir le passerin nonpareil, qui cherche ici la nourriture dans les feuilles mortes.Tous les ornithos new-yorkais sont venus voir le passerin nonpareil, qui cherche ici la nourriture dans les feuilles mortes.

Tous les ornithos new-yorkais sont venus voir le passerin nonpareil, qui cherche ici la nourriture dans les feuilles mortes.

Mais il y avait une autre raison.
Étaient-ce les oies des neiges, observées par milliers dans le ciel ou posées, immaculées ?

Oies des neiges...
Oies des neiges...

Oies des neiges...

Étaient-ce les goélands d’Amérique ou à bec cerclé ?

Un goéland à bec cerclé qui prend la pose.
Un goéland à bec cerclé qui prend la pose.

Un goéland à bec cerclé qui prend la pose.

Étaient-ce les pygargues à tête blanche, emblème des États-Unis ?

Pygargues à tête blanche, stoïques.

Pygargues à tête blanche, stoïques.

​Petite vidéo des pygargues.

Ou encore les furtives parulines avec leur petit croupion jaune ?

Paruline à croupion jaune.

Paruline à croupion jaune.

C’était tout cela, bien sûr ! Mais encore autre chose.
En Virginie, nous n’allions pas au hasard.
Nous nous rendions sur une presqu’île, elle-même longée d’une île…

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)


Là-bas, les maisons de bois se succèdent, puis de vastes marécages, des forêts, des étangs couverts d’oies des neiges (avec quelques oies de Ross), et d’immenses plages de sable blanc.
L’un de ces lieux clairs et calmes, irisés, où l’on se dit qu’on aimerait vivre.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Les îles portent des noms indiens. On y trouve une réserve naturelle. Et à intervalles réguliers, le sable ivoire est parsemé de crottins.
Elles ont pour nom : Assateague, et Chincoteague.
Et elles étaient le but le plus extrême, au Sud, de cette échappée américaine.

Car en posant le pied sur Assateague et Chincoteague, on rentre sur les terres des chevaux sauvages.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)
Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Les chevaux sauvages… parias aux États-Unis pendant des décennies, car trop libres, refusant la selle et la bride, et galopant où bon leur semble… parias parce qu’associés aux Indiens…

Cette liberté, les mustangs l’ont cher payée : des dizaines de milliers de chevaux ont été massacrés aux États-Unis au XXe siècle.

Passant entre les mailles de ces massacres, plusieurs troupeaux subsistent sur les îles d’Assateague et de Chincoteague.

Les chevaux de Chincoteague sont du côté des Indiens, et pas de celui des cow-boys. Il y a plusieurs siècles, ils ont repris leur liberté.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)
Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Il faut les chercher dans les bois, dans les prairies d’herbes hautes, dans les marais où ils pâturent. Les plus chanceux les verront galoper sur la plage. Si un troupeau est assez facile à voir au loin dans la forêt après une petite marche à pied, les chevaux qui se trouvent sur la pointe Nord d’Assateague sont presque inaccessibles, dans des zones de la réserve interdites aux voitures et aux vélos. Il faut marcher 7 miles pour arriver sur leurs terres, sans aucune certitude de les trouver.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Ce sont de jolis petits chevaux (pour qui aime les rustiques, bien sûr), d’1,22 à 1,47 m, avec des yeux allongés, de petits sabots, des robes très variées (bai, bai pangaré, pie isabelle clair, pie noir, pie alezan, pie bai, pie alezan crins lavés, etc.). Ils semblent calmes et sûrs d’eux. La crinière est bien fournie, parfois un peu ondulée. Bien que ce soit l’hiver, ils ne sont pas maigres. Il en resterait environ 300 sur les îles et un peu plus sur le continent.
Ils sont bien entendu désormais protégés. De nuisibles par le passé, ils sont devenus une véritable attraction touristique pour l’île en été, où l’on peut prendre le bateau pour aller les voir pâturer le long des berges.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)
Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Une écrivaine, Marguerite Henry, a écrit un roman pour la jeunesse, Misty of Chincoteague (1947), qui a permis à ces petits chevaux de devenir très célèbres. Depuis, les Américains ont su faire de ces sauvageons un trésor. Plus personne ne songe à les abattre. Ceux qui sont en sureffectif sont ramenés sur le continent pour servir de monture. Difficile de ne pas penser à nos propres populations d’animaux domestiques sauvages français, la vache de l’île d’Amsterdam, abattue jusqu’à la dernière en 2010, et la betizu du Pays Basque, dernière vache férale française, et seul animal domestique autorisé à… la chasse

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Un matin, trois chevaux effrontés décident de venir brouter au bord de la route, ce qui crée un embouteillage, les pick-up s’arrêtent, les conducteurs descendent et les prennent en photo. Les chevaux regardent les bipèdes avec dédain et s’éloignent dans la forêt, d’une foulée ample et déterminée.

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Le soleil se couche sur les grandes troupes d’oies des neiges, qui surgissent de nulle part dans le ciel, en cancanant bruyamment. Encore un crottin séché sur la plage. Quand sont-ils venus, les derniers chevaux de Chincoteague, se rouler dans le sable et galoper sur la plage claire ?

Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)
Sur la route, jusqu’à l’île de Chincoteague (Virginie, USA)

Et quand reviendront-ils humer les embruns, le vent dans les crins emmêlés, libres pour toujours ?

Pour voir notre petite vidéo (avec la longue-vue !) des chevaux de Chincoteague, c'est ici.
Pour en savoir plus sur tous les chevaux du monde, un livre, ici.

Partager cet article

Pluies et inondations : quoi de neuf sous le soleil ?

Publié le par lesbiodiversitaires

Pluies et inondations : quoi de neuf sous le soleil ?

Il pleut, il pleut, bergère… Voici qui fait la « une » des journaux, devant même, à présent, la loi Travail et les pompes à sec (joli paradoxe). Alors la faute à qui ?

En regardant les journaux ce 31 mai et, quelque soit la chaîne, le discours était le même : il n’a jamais autant plu en mai depuis un siècle et demi. Alors, comme d’habitude, on braque les caméras sur les pauvres personnes exténuées à pomper, en larmes devant l’eau qui monte et qui noie le rez-de-chaussée, résignées devant leur voiture « roues-dans-l’eau ». La voix prise, ils nous expliquent qu’ils risquent de tout perdre, qu’ils n’en peuvent plus de toute cette eau. On s’attend à quelque chose comme « mais que fait le gouvernement ? » ou bien « c’est la faute à la CGT », mais non, rien.

Et puis, des images, encore des images. Un « expert » vient alors en plateau nous montrer une carte météo et nous dire que l’anticyclone devrait être ici au lieu d’être là. Pour ceux qui dormiront en bottes et en ciré ce soir, ça leur fait une belle jambe. Alors ça vient les explications ? Non…

Depuis près de 20 ans, les climatologues nous disent que, changement climatique aidant, le nombre des épisodes météorologiques extrêmes n’augmentera peut-être pas, mais leur intensité, si. Il faut être scientifique, sans doute, pour comprendre les modifications complexes qu’entraîne le réchauffement climatique dans la circulation atmosphérique terrestre et océanique. N’empêche que tout ça est bien déréglé et qu’il ne faut pas être surpris de voir autant d’eau fin mai qu’en plein hiver, autant d’eau s’abattre en quelques jours qu’en un mois entier. Car si les sécheresses et les canicules s’invitent de plus en plus en été, les inondations sont aussi de la partie.

Cela peut paraître paradoxal, mais non : la grande roue de la circulation atmosphérique, le positionnement des anticyclones protecteurs, la stagnation de dépressions et leur cortège de pluies, tout ceci s’explique. La température s’emballe (et ce de façon très nette depuis 2 ou 3 ans : chaque mois bat un nouveau record de chaleur, par exemple, depuis janvier 2016) selon les prévisions des climatologues (souvenez-vous : le GIEC et la COP21 ; c’est si loin…). Pas étonnant qu’il pleuve dru comme maintenant, que les rivières et les fleuves débordent. Et cela ne nous prémuni pas d’une canicule possible cet été. Mais on les aura oubliés quand viendra l’automne et que l’on sera en bras de chemise jusqu’à la Toussaint. Et on sera totalement amnésique en hiver – sans hiver – sauf s’il n’y a pas de neige dans les stations de ski…

Ils nous font de la peine les pauvres bougres qui pleurent dans leur rue transformée en rivière. Mais pourquoi aucun n’a fait l’allusion à ce climat malade dont la température s’emballe ? Et pourquoi les médias n’ont-ils pas dit un mot là-dessus ? Doit-on uniquement n’en parler qu’au moment d’une « COP » ? Alors au-delà des images, pourquoi pas un début de réflexion et d’analyse ? Parce qu’il n’y a pas besoin d’être grand devin pour dire qu’à ce rythme, ça ne va pas s’arranger et que des villes et des villages transformés en marécages, on risque d’en avoir de plus en plus. Et nous n’aurons que nos larmes faire monter un peu plus le niveau de l’eau.

Partager cet article

Nos ours des Pyrénées

Publié le par lesbiodiversitaires

Nos ours des Pyrénées

Contactés suite à notre article sur les ours roumains par l’Association Pays de l’Ours-Adet (association pour la protection de l’Ours dans les Pyrénées) qui a apprécié notre post et suite à quelques échanges avec eux, nous rappelons qu’en France aussi, il y a des ours… enfin, quelques-uns…

Alors que les Roumains vivent avec leurs ours sans histoire, et qu’en seulement quelques jours dans une seule forêt nous en avons vu plus de 12 (ce qui laisse imaginer la densité…), dans les Pyrénées (où il n’y en a que 29, Espagne comprise !) la présence de ces gros mammifères est une source sans fin de polémiques…

Quand on voit comment les Roumains tolèrent leurs ours, on se dit qu’il y a quand même beaucoup de fantasmes autour de nos quelques malheureux ours français…

Si la protection des ours vous intéresse, vous pouvez recevoir la lettre d’info de l’association. N’hésitez pas à vous inscrire ! Il suffit de cliquer sur le bouton de la page d’accueil : http://www.paysdelours.com/

Pour voir la tête de nos ours, voici le trombinoscope des ours pyrénéens : http://www.paysdelours.com/fr/ours/ours-pyrenees/trombinoscope-ours-pyrenees.html

Et pour le plaisir, une petite vidéo d’une de nos ourses pyrénéennes et de ses trois oursons :

Publié dans Biodiversité sauvage

Partager cet article

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !

Publié le par lesbiodiversitaires

Mécènes, contribuez à la mise en place d’un suivi de la faune marine au large des côtes morbihannaises. Et si vous le souhaitez, embarquez avec nous !
Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !
Science et aventure, un projet plein de promesses

Durant l’été 2015, un petit groupe de naturalistes a décidé, par curiosité, de partir dans le Mor Braz, afin de voir ce qui se passait en mer. Mais plutôt que d’apporter des réponses, la rencontre avec de fortes densités d’oiseaux et de dauphins a fait naître de nombreuses questions !
Les dauphins présents sont-ils sédentaires ou migrateurs ? Pouvons-nous observer des impacts du changement climatique sur les espèces marines du Mor Braz ? Certaines espèces ne sont-elles pas plus régulièrement présentes sur le site que ce que l’on pensait ? Etc.
Car si des études ont déjà été réalisées par le passé sur cette zone, les connaissances restent à approfondir.
C’est ainsi qu’est née l’envie d’étudier plus précisément le milieu marin du Morbihan, afin de pouvoir par la suite promouvoir ces richesses naturelles auprès du public et ainsi contribuer à protéger cette faune marine.
Cette étude comprend deux volets qui seront réalisés sur le même temps de prospection : « Connaissance des oiseaux marins » et « Suivi des Grands dauphins par photo-identification ».

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !
Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !

Les enjeux sont les suivants :
Augmenter les connaissances sur les oiseaux migrateurs présents dans la zone
-Régularité de présence des migrateurs.
-Phénologie de présence des espèces migratrices peu communes.
-Intérêt du site dans la migration des oiseaux (stationnement pour l’alimentation ou la mue, ou simple passage)
-Connaître le statut des groupes de dauphins présents sur le site.
-Population migratrice ou sédentaire.
-Augmenter les connaissances sur les mammifères marins présents sur le site.
-Actualiser la liste des espèces.
-Connaitre la phénologie de présence des espèces.

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !

Le Mor Braz : une merveille marine à côté de chez nous
Le projet s’étend sur une zone comprise sur deux secteurs marins du Nord Gascogne : le Mor Braz, et le large de l’ile de Groix, au sud de la Bretagne.
Cette zone présente la particularité d’être enrichie toute l’année par les apports nutritifs des eaux de la Loire et de la Vilaine, qui favorisent ainsi une production planctonique lors de la rencontre entre ces eaux douces et les eaux marines. De plus sa position stratégique dans l’atlantique Nord, entre les mers boréales et tropicales en fait un lieu de passage essentiel pour la faune migratrice : oiseaux marins, cétacés et tortues marines.

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !
Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !

Des espèces mythiques !
- Les oiseaux marins
Le Mor Braz accueille une grande diversité d'oiseaux marins.
Les espèces nicheuses sont composées notamment des goélands (marin, brun et argenté), du Grand cormoran, du Cormoran huppé, du Fulmar boréal et occasionnellement d’Eider à duvet. L'Océanite tempête a aussi niché sur quelques îlots.
Un des enjeux du site est le stationnement des puffins et les océanites qui s’y regroupent par milliers. C’est le cas notamment du Puffin des Baléares, dont la population est estimée en danger critique d’extinction. Or ce sont plusieurs milliers d’oiseaux qui se rassemblent, chaque année, dans le Mor Braz !
En outre, le Mor Braz constitue aussi une halte migratoire pour le Grand labbe, les Labbes pomarin et parasite, les Puffin des anglais, des Baléares, fuligineux, majeur et cendré, les Mouettes de Sabine, trydactyle et pygmée, les Océanites tempête et culblanc...

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !

- Dauphins et baleines
Il semblerait que le Grand dauphin et le Dauphin commun soient présents toute l’année sur la zone. Cependant, le statut biologique de ces individus y est inconnu. En effet, il pourrait s'agir d'une population côtière sédentaire ou d'une population pélagique migratrice.
Les connaissances actuelles ne permettent pas d’avoir une phénologie précise des espèces présentes sur le site de manière occasionnelle. Toutefois, les observations récentes de Baleine à bosse et de rorquals faites dans la zone montrent qu’il y a beaucoup à espérer des observations qui pourraient être faites prochainement.

Comment allons-nous faire ?
Connaissance des oiseaux marins
-Quelles sont les espèces présentes ?
-Quand et où sont-elles sur le site ?
-Que font-elles sur le site ? simple passage, alimentation, site de mue ?
-Y a-t-il des menaces vis-à-vis de ces espèces sur le site ?

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !

Afin d’optimiser les sorties effectuées, deux méthodes sont mises en place pour observer les oiseaux.
La première vise à repérer les oiseaux lorsqu’ils se nourrissent derrière les chalutiers en manœuvre. Cette méthode offre l’avantage d’observer une grande diversité d’espèces et de grands effectifs.
La seconde consiste en la préparation d’un « chum », macération d’abats de poissons et d’huile. Cette méthode permet d’attirer les oiseaux marins par l’odeur.

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !

Suivi des Grands dauphins par photo-identification
La méthode de photo-identification se base sur un catalogue des photographies des nageoires dorsales de dauphins faites sur la zone. Ces photos, enregistrées dans une base de données avec la date, le lieu et le code de chaque individu. La récurrence ou non de l’observation des mêmes dauphins permet à terme d’obtenir les informations suivantes :

-Présence de groupes sédentaires ou non.
-Nombre d’individus sur zone.
-Nombre de groupes de Grand dauphins.
-L’évolution démographique.
-Les parcours de migrations.
-Les traits de vie de chaque individu.

Bien que l’espèce à cibler en priorité soit le Grand dauphin, le Marsouin commun pourra aussi faire partie de cette étude.


Un suivi annuel
Le nombre de sorties effectuées sur l’année doit à la fois permettre de connaitre la présence ou non des Grands dauphins sur le site tout au long de l’année. Toutefois le nombre de sorties est aussi très soumis aux conditions de navigation.

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !
Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !

Pour en savoir plus, téléchargez le document suivant :

Présentation du projet Mor Braz

Vous vous sentez une âme de mécène ? Vous considérez que la cause de la biodiversité du Mor Braz est juste ? Vous aimez les dauphins, les baleines et les oiseaux marins ? Vous aimeriez aussi, si vous nous aidez, nous accompagner en mer ? Alors contactez-nous vite ! On vous attend.

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !
La Mor Braz Team : qui sommes-nous ?

Nous sommes un groupe de naturalistes fascinés par le Mor Braz et sa richesse.
Sous l'égide de l'association Bretagne Vivante, nous cherchons des mécènes.
Ce que nous avons en commun ? La passion de la nature, le goût de l'aventure... et le pied marin !
Dans le bateau, nous nous répartissons en 3 : les « capitaines » du navire, qui tracent la route, les observateurs purs, qui cherchent les animaux, les photographes, dont la mission est notamment de photographier les dauphins pour photo-identification.
Voici ci-dessous le noyau dur et les porteurs de projet, mais de nombreux autres naturalistes se joignent à nous régulièrement !

Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !
Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !Appel à mécénat. Aidez-nous à étudier et à protéger les oiseaux et les dauphins du Mor Braz !
Yves Blat
Yves Blat

Yves Blat

Mérite sans conteste la médaille de l'ornithologue le plus actif sur le terrain du Morbihan !

Son métier : professeur d'écologie dans un lycée agricole du Morbihan ; il forme ainsi la relève !

Gaëtan Brindejonc
Gaëtan Brindejonc

Gaëtan Brindejonc

Héros de la Mor Braz Team, c'est notre blessé de guerre ! Il porte encore à la main la cicatrice (peut-être à vie ?) d'une arrête de poisson qui l'a blessé et pas qu'un peu, lors de la conception d'un chum particulièrement redoutable.

Dans le civil, Gaëtan est garde du littoral.

François Bégué
François Bégué

François Begué.

« Cap'tain Begué » est l'un des courageux navigateurs de notre vaillante frégate !

Quand il peut donner la barre à un autre capitaine, c'est aussi l'un des photographes de l'équipage.

Il a travaillé toute sa vie dans le social.

Philippe J. Dubois
Philippe J. Dubois

Philippe J. Dubois

Son rôle à bord ? faire partie des sentinelles qui cherchent les animaux.

Dans le civil : biologiste responsable de programme sur "oiseaux et changement climatique" à la LPO, écrivain naturaliste, éditeur, directeur de la revue Ornithos.

Véronique Landais
Véronique Landais

Véronique Landais

Soutient le moral des troupes et photographe.

Dans la vie, institutrice et potière pour le plaisir, on espère la convaincre de nous faire une collection de pots estampillés Mor Braz !

Elise Rousseau
Elise Rousseau

Elise Rousseau

Une des photographes de l'équipe.

Dans la vie, écrivain naturaliste, et aussi attachée de presse de l'association Bretagne Vivante.

Baptiste Sinot
Baptiste Sinot

Baptiste Sinot

Alias « Cap'tain Sinot ». Capable de se mettre sans hésiter à l'eau (froide) pour sauver son équipage, nous saluons tous son abnégation devenue légendaire.

Fabriquant de chum (le pire qui soit, mais le plus efficace !).

Dans le civil, garde du littoral.

Anthony Stoquert
Anthony Stoquert

Anthony Stoquert

Ambition : étudier toutes les mers de la planète. Mais bon, en attendant, on se contentera du Mor Braz !

Dans la vie, Anthony étudie les abeilles avec le CNRS.

Publié dans Biodiversité sauvage

Partager cet article

Poussins de poules marans

Publié le par lesbiodiversitaires

Poussins de poules marans

Et voilà, les poussins de marans sont nés. Il y en a de différentes lignées, d'où les diverses couleurs. Voici à quoi ils ressemblent !

Pour rappel : aussi mignons soient-ils, l'élevage des poussins ne s'improvise pas ! Le mieux est de laisser faire la mère poule. Mais si pour une raison ou une autre ce n'est pas possible, il faut une lampe chauffante conçue pour réchauffer ces petits messieurs-dames pendant plusieurs semaines, sans quoi ils périraient. Il leur faut aussi de la nourriture adaptée, de l'eau toujours propre dans une petit coupelle où ils ne peuvent pas se noyer... C'est toute une histoire que d'élever ces petits volatiles, à la fois très solides et très fragiles... Quand on a peu d'expérience en aviculture, mieux vaut acheter des poulettes déjà démarrées, pour débuter, c'est bien plus simple.

On remarque les petites pattes déjà bien emplumées de la marans. Ce gris sera peut-être un marans saumon argenté ? mais il faut attendre que ses petites plumes sortent pour le savoir...On remarque les petites pattes déjà bien emplumées de la marans. Ce gris sera peut-être un marans saumon argenté ? mais il faut attendre que ses petites plumes sortent pour le savoir...
On remarque les petites pattes déjà bien emplumées de la marans. Ce gris sera peut-être un marans saumon argenté ? mais il faut attendre que ses petites plumes sortent pour le savoir...On remarque les petites pattes déjà bien emplumées de la marans. Ce gris sera peut-être un marans saumon argenté ? mais il faut attendre que ses petites plumes sortent pour le savoir...

On remarque les petites pattes déjà bien emplumées de la marans. Ce gris sera peut-être un marans saumon argenté ? mais il faut attendre que ses petites plumes sortent pour le savoir...

Poussins de la variété saumon cuivré. Les reflets roux sont déjà bien présents.
Poussins de la variété saumon cuivré. Les reflets roux sont déjà bien présents.Poussins de la variété saumon cuivré. Les reflets roux sont déjà bien présents.

Poussins de la variété saumon cuivré. Les reflets roux sont déjà bien présents.

C'est la java chez les poussins...Puis tout à coup tout le monde s'écroule et dort en même temps sous la lampe chauffante. Ils sont si petits, on dirait un tas de crousti'miels pour renard...C'est la java chez les poussins...Puis tout à coup tout le monde s'écroule et dort en même temps sous la lampe chauffante. Ils sont si petits, on dirait un tas de crousti'miels pour renard...

C'est la java chez les poussins...Puis tout à coup tout le monde s'écroule et dort en même temps sous la lampe chauffante. Ils sont si petits, on dirait un tas de crousti'miels pour renard...

Petits, tendres et dodus, ces friandises pour renard peuvent aussi régaler n'importe quel prédateur qui passe par là ! Il faut donc bien mettre à l'abri les poussins et bien les surveiller... (ce poussin-là adore le journal de Bretagne Vivante !)

Petits, tendres et dodus, ces friandises pour renard peuvent aussi régaler n'importe quel prédateur qui passe par là ! Il faut donc bien mettre à l'abri les poussins et bien les surveiller... (ce poussin-là adore le journal de Bretagne Vivante !)

Pour comparaison, un poussin de marans noir cuivré de 2 jours d'une couvée précédente.

Pour comparaison, un poussin de marans noir cuivré de 2 jours d'une couvée précédente.

Poussins de poules marans

Mais dans le lot, combien y aura-t-il de poules ? et combien de coqs ? Il va falloir attendre quelques semaines pour le savoir. Des sexages à la naissance sont possibles par mesure des plumettes, mais c'est compliqué... et pas envie de manipuler ces petits pépères déjà bien étourdis d'avoir éclos !

Puis les connaissant, ils nous casseront les oreilles déjà bien assez tôt...

Dessins extraits de Tout pour ma poule.

Partager cet article

Écologie : petites infos de derrière les fagots

Publié le par lesbiodiversitaires

Écologie : petites infos de derrière les fagots

En écrivant nos derniers livres sur l’écologie, il y a des infos (parmi tant et tant d’autres !) qu’on n’a pas pu développer mais qu’on a quand même envie de faire partager. On fait quasi tous certaines de ces choses, mais ça vaut le coup d’y réfléchir.

Êtes-vous au courant que vous mâchez du pétrole ?

Eh oui, un chewing-gum, c’est quoi d’après vous ? C’est de la gomme synthétique conçue avec des dérivés du pétrole. Miam ! Et on en consomme des milliards chaque année (surtout en France, second pays consommateur après les USA). C’est un déchet bien dégueu car pas biodégradable (suffit de voir le temps que ça reste collé sur un trottoir ou sous une chaussure pour s’en rendre compte : on estime à 5 ans le temps nécessaire à un chewing-gum pour se dégrader).

La bonne résolution : mangez autre chose, sucez votre pouce, n’importe quoi mais arrêter de boulotter du pétrole enfin !

Les bijoux, c’est pas précieux pour la planète

Si dans une station service, l’odeur de l’essence et les tâches poisseuses rappellent tout de suite le côté crade de l’affaire, on ne pense jamais, en regardant la vitrine d’une jolie bijouterie, aux côtés sales de l’or, des diamants… N’achetez pas de matières précieuses. Les mines, c’est une misère pour l’environnement, sans compter toutes les pratiques illégales que génère l’attrait de l’or (déforestations, utilisation du mercure pour l’extraire, pollutions graves, destructions de biotopes, consommation excessive d’eau, etc.).

Écologie : petites infos de derrière les fagots

La bonne résolution : Il existe des bijoux en papier recyclé, en graines, en terre cuite, originaux et fabriqués par des créateurs…
Pour les hommes : si votre dulcinée ne comprend pas, et trouve que vous l’arnaquez avec un bracelet en graines, emmenez-la à la place dans un resto, à un concert… c’est immatériel mais cela compensera… Le temps qu’elle s’habitue aux petites graines… ;-) vive les cadeaux immatériels !
Pour les femmes : vous avez peut-être de vieux bijoux en or ou en argent que vous ne mettez plus, qui traînent dans une vieille boîte. Sachez que cela peut se faire fondre et retravailler à votre idée chez un bijoutier, cela coûte moins cher que du neuf puisque vous apportez déjà la matière première. Et c’est écolo ! Vous recyclez vos bijoux sans détruire la planète ni votre porte-monnaie.

Une menace pour la Terre au bout des lèvres

Quel est le produit agricole qui nécessite 11 fois plus d’azote qu’une culture alimentaire, 36 fois plus de phosphore et 24 fois plus de potassium, nécessitant des apports énormes en engrais et pesticides ? Qui est responsable de la perte annuelle de 20 000 à 40 000 km² de forêts ? Dont la culture met les sols à nu, génère érosion et risque d’inondation dans les zones tropicales. Et accroît l’effet de serre…

Écologie : petites infos de derrière les fagots

Réponse : le tabac. Par ailleurs, le bois est le combustible indispensable au séchage du tabac : un arbre brûlé pour 300 cigarettes fabriquées. Pour le traitement d’un hectare de tabac, un hectare de forêt disparaît. (Chiffres extraits de Planète attitude santé, WWF, 2006) Sans compter qu’il faut un à deux ans à un mégot pour se dégrader… Eh oui, on nous informe de plein de choses sur la cigarette (maladies, déprime ou troubles du sommeil qu’elle entraîne, etc.). Mais il y a un truc qu’on n’entend quasiment jamais, c’est qu’elle contribue à détruire la Terre. Et ça, pourquoi on ne le met pas sur les paquets de cigarettes ? L’e-cigarette, quant à elle, serait un peu moins polluante (finalement moins génératrice de déchets, etc.).

La bonne résolution : pour les fumeurs, arrêter ou au moins réduire réellement sa consommation. Lucky Luke y est bien arrivé ;-)

Les végétariens sont les plus écolos

Les végétariens parlent souvent de leur amour des animaux, mais ils devraient dire plus souvent qu'ils sont surtout très écolos. En effet, non seulement élever des animaux pour la viande est extrêmement polluant mais on déforeste massivement les forêts primaires pour des plantations destinées à nourrir le bétail… Et 65 milliards d’animaux sont abattus chaque année.

Écologie : petites infos de derrière les fagots

La bonne résolution : Et si on oubliait définitivement l’infâme viande industrielle ? Plusieurs options s’offrent alors. Si on n'est pas prêt à être 100 % végétarien, on peut déjà devenir semi-végétarien (flexitarien), ou ne manger que la viande d’animaux dont on connait l’éleveur (circuit court). Ces éleveurs locaux, souvent bios, qui élèvent des races à petits effectifs, sont dans un mode d’élevage complètement différent, incomparable avec l'élevage industriel. Leurs animaux ont de l’espace, broutent de l’herbe. Quelle que soit l’option choisie, la planète vous remerciera, votre santé également (manger trop de viande n’est pas bon), mais aussi votre porte-monnaie ! La viande ça coûte très cher, alors autant en acheter peu, mais de la très bonne, et encourager les éleveurs qui font des efforts pour élever leurs animaux dans des conditions naturelles. N'oubliez pas que l'alimentation occidentale est beaucoup trop protéinée... (PS : les œufs frais du jardin sont parmi les meilleures sources de protéines !)

Pour finir : ensemble contre l'obsolescence programmée

Parmi les bonnes nouvelles de 2015, nous avons déjà signalé la création de l'association HOP (Halte à l'obsolescence programmée). Elle vient de mettre à disposition un site web qui permet de signaler les produits durables et les produits fragiles.

La bonne résolution : Si votre radio ou votre machine à laver rend l'âme précocement, n'hésitez pas à le signaler ici : http://www.produitsdurables.fr/ La consommation n'existe pas sans le consommateur, et nous avons un énorme pouvoir : rien ne nous oblige à acheter. Puis rappelez-vous, avant chaque envie d'achat inutile, que dans "consommation" il y a deux mots : "con" et "sommation". Alors... sommes-nous sommés d'être cons ? ;-)

N'oublions pas que nous avons souvent le choix !

Écologie : petites infos de derrière les fagots

Partager cet article

Ours à Sinaïa, Roumanie

Publié le par lesbiodiversitaires

Partis à la recherche de la chouette de l’Oural, nous avons rencontré à Sinaïa pas moins de 12 ours dans les forêts neigeuses… Voici les notes, retrouvées dans un carnet de terrain. Rencontre avec les ours.

Ours à Sinaïa, Roumanie

Carnet de terrain de Philippe J. Dubois, mars 2008 ; photos Élise Rousseau.

29 mars : Les ours… L’un des buts de notre voyage. En arrivant nous avons eu très peur. Notre hôte, Lucia Popescu nous a expliqué de but en blanc « il n’y plus d’ours à Sinaïa. Depuis l’accident de l’été dernier, les forestiers ont capturé les ours et les ont transportés dans une réserve à 60 km d’ici ». Voilà déjà un mythe qui s’effondre...

Ours à Sinaïa, RoumanieOurs à Sinaïa, Roumanie
Ours à Sinaïa, Roumanie

Peu après, nous avons passé la fin de journée autour de Cota 1400. En redescendant, entre chien et loup, et peu après un virage en épingle à cheveu, sous la station, nous tombons sur un ours qui s’échine sur une bouteille plastique, au pied d’un talus, sur la droite de la route ! Un ours, un vrai, à 5 m de la voiture qui se fiche complètement de nous. L’animal doit avoir 3 ou 4 ans au plus. Il présente quelques marques beige clair sur le pelage et une grosse bosse dorsale. Nous nous garons un peu en retrait pour le laisser tranquille. Quelques instants après une autre voiture se gare… devant nous et le type fait des photos avec son téléphone portable. Une 3ème voiture, montant vers Cota 1400, se gare également à 5 m de l’ours, puis klaxonne pour faire bouger l’animal qui semblait jusqu’alors se contrefiche de nous. Cette fois-ci il bouge et se retire en courant dans le bois à côté, d’autant que des personnes viennent de sortir d’une maison voisine.

Cette première observation d’un ours complètement désinhibé est frustrante mais elle nous redonne espoir. S’il y a un ours ici, il y en peut-être ailleurs…

30 mars : après être montés par un beau soleil jusqu’à Cota 2000, nous reprenons notre voiture à Cota 1400 vers 16h et redescendons. Nous retrouvons l’ours de la veille un peu plus haut, fourrageant de dos sur le bas côté. Cette fois encore nous sommes seuls et nous garons à quelque distance de lui. Seuls mais pas longtemps. Là encore, tandis que nous faisons des photos une puis 2 puis 3 voitures se garent et les conducteurs prennent des photos avec leur portable en s’approchant parfois bien près de l’animal. Celui-ci finit par s’asseoir sur son séant et nous regarde de ses yeux un peu inexpressifs.

On se croirait à Thoiry… Nous ne restons pas davantage, ce n’est pas le type d’ours que nous sommes venus chercher.

Ours à Sinaïa, Roumanie
Ours à Sinaïa, Roumanie
Ours à Sinaïa, Roumanie

Plus bas, nous prenons alors la piste qui monte vers Poiana Strana Regala et le site de Poiana Stânei où se trouvent quelques chalets. La piste, en partie enneigée monte à travers une hêtraie-sapinière séculaire. Vers le haut, elle traverse une superbe hêtraie pure, sur la gauche. Nous nous arrêtons et cherchons le pic à dos blanc. En effet, un couple tambourine de concert, mais disparaît assez vite un peu plus haut. Tandis que nous les recherchons, Élise s’exclame « un ours devant ! ». Un peu plus haut, dans la pente un jeune ours se nourrit au sol. Tout près de lui un deuxième, du même âge. Sans doute des jeunes nés l’année dernière. L’un est brun avec une tache plus claire (beige) sur l’épaule, l’autre nettement brun, mais avec quand même cette même tache, estompée. Ils sont tout occupés à rechercher des faînes (ou du moins les cupules) dont ils semblent se nourrir. Étonnant que deux jeunes de cet âge soit seuls… Nous pensons que la mère ne doit pas être loin.

Ours à Sinaïa, Roumanie

Quelques minutes plus tard nous avons la réponse : une ourse est là, près d’eux. Cachée par les fûts, elle nous avait échappé. Elle mange aussi mais régulièrement lève sa tête vers nous et nous regarde. Nous sommes à moins de 100 m d’eux, silencieux, à côté de la voiture. On observe, en retenant notre souffle ; Élise fait quelques photos et je ne cherche même plus les pics à dos blanc dont on entend encore parfois un tambourinage…

Ours à Sinaïa, Roumanie

Nous laissons enfin cette famille paisible pour monter jusqu’aux chalets. Il n’y a que quelques merles à plastron et pipits spioncelles dans une prairie, aussi reprenons-nous la piste dans le sens opposé. La lumière décline. Soudain, Élise me chuchote « des ours là bas ». En effet, plusieurs formes noires se détachent dans les arbres sans feuillage, un peu en contrebas du chemin qui fait un grand lacet, mais sur le flanc montant du vallon.

Ours à Sinaïa, Roumanie

Nous découvrons alors qu’il y a cette fois 3 oursons et leur mère ! Ils sont à 50 ou 60 m de nous. C’est une autre famille, à environ 200 m de la première ! Les jeunes, tous très bruns, sont du même âge que les autres (2ème année). La femelle également très brun noir, est plus grosse que l’autre et plus foncée de pelage, notamment sur la tête. Soudain, la femelle nous fixe, se redresse un peu, et nous charge sur une quinzaine de mètres ! Élise n’a pas vu le début de la charge mais a photographié un jeune qui fait un bond, et décampe, sans doute ayant entendu sa mère souffler et effrayé par la charge ! Heureusement que nous sommes dans la voiture, car, sans être couard, on reste quand même prudent face à cet animal.

Ours à Sinaïa, Roumanie

Du coup, nous ne demandons pas notre reste et quittons la famille encore tout remués par la scène qui n’a duré que quelques secondes.

Le soir, après le dîner, nous décidons de remonter à Cota 1400m où Matthieu Vaslin nous a indiqué que les ours venaient se nourrir des reliefs de repas de la station qui sont mis en contrebas de cette dernière. Arrivés à la nuit, nous ne distinguons rien et il n’y a pas les poubelles dont parlait Matthieu. Mais tout à coup, nous voyons trois ours ! Des animaux déjà gros, mais sans doute pas totalement adultes. Hélas, une fois encore, une voiture arrive et s'approche. L’un des ours se retire dans la forêt, un second semble gêné par la lumière, tandis que le troisième continue à fouiller consciencieusement dans ce qui semble être des déchets. Nous ne dérangeons pas plus les animaux. Décidément les ours de la piste forestière sont plus tranquilles !

En redescendant vers Sinaïa, un renard.

31 mars : le temps est bouché, il tombe une neige fondue à Sinaïa. Il n’y a pas grand-chose à faire. Nous partons pour le nord. Après avoir rebroussé chemin sur la piste forestière d’Azouga pour cause de travaux - « drum calamiţa » (!) dit le panneau – nous poussons jusqu’à Predeal et prenons la route de Râşnov. Peu avant Pârâul Rece nous trouvons une piste forestière, assez fortement enneigée. Ici l’ours est partout. Les traces dans la neige abondent. Nous trouvons même une voie sur laquelle il y a eu au moins trois ours qui semblent avoir cheminé ensemble. Ce qui est impressionnant c’est que l’on ne voit rien mais que l'on devine sa présence en permanence…

Ours à Sinaïa, Roumanie

1er avril : au sud de la ville se trouve le camping. Juste après celui-ci, une piste forestière s’élève en altitude en traversant une hêtraie-sapinière. Nous nous y promenons le matin. Ici aussi et sans neige, l’ours signe son omniprésence. Des grattis sont notés partout montrant que l’animal retourne les feuilles, creuse un peu dans le sol à la recherche sa pitance qui semble modeste. Une belle crotte assez fraîche témoigne d’un passage récent. Et puis l’odeur de « bête fauve » - qui n’est pas celle d’un renard, mais plus forte… Là encore la sensation de présence de l’animal est exacerbée par son absence.

En fin de matinée, nous retournons sur la piste de Poiana Strana Regala où nous avions vu les ourses suitées. Évidemment pas d’animaux (les ours ne semblent sortir qu’à partir de 16h-17h). En revanche, au site exact des observations, nous remarquons des traces fraîches d’ours de grande taille, manifestement tout seul. Nous suspectons alors qu’un grand mâle traîne dans le coin, ce qui a eu peut-être pour conséquence de faire déguerpir les femelles. L’animal a longuement longé la piste enneigée en descendant.

Nous revenons sur le site vers 17h tandis qu’il neige dans le but de chercher à voir l’énorme animal à qui appartiennent ces traces. Nous montons jusqu’aux prairies de Poiana sans rien voir. Puis nous abordons la descente, prudemment, car la neige tient au sol et notre micro-voiture est tout sauf adaptée au type de pistes que nous empruntons. Tout à coup, devant nous à 60m, nous distinguons une grosse masse brune, sur le bas côté gauche du chemin. Je coupe le moteur et nous regardons à la jumelle : c’est lui ! Un mâle énorme (au moins 350kg) gratte doucement le sol, sans doute à la recherche de cupules de hêtre. Il gratte avec précaution de la patte droite (parfois de la gauche) et relève fréquemment la tête et hume l’air dans toutes les directions. Il regarde parfois dans la nôtre, mais sans s’arrêter, comme s’il ne nous voyait pas. Il a une grosse bosse sur le dos, des griffes immenses. Nous restons là longuement à l’observer. Il « dérive » lentement en remontant le chemin vers nous, tout en s’enfonçant dans la forêt. Le silence est total et la neige tombe doucement, enveloppant le paysage dans une étoffe cotonneuse. Nous avons l’impression de voir un tableau de Robert Hainard prendre vie. Puis le mâle s’éclipse de façon quasi fantomatique, tout en reculant dans la pente. C’est le moment le plus fort du voyage avec sans doute, la découverte de la première femelle suitée.

Ours à Sinaïa, Roumanie

2 avril : n’ayant toujours pas vu la chouette de l’Oural, nous tentons une recherche diurne. Nous empruntons la piste appelée « Calea Codrului » qui passe devant la décharge et rejoint la route de Targoviste (signalée par Matthieu Vaslin). Le temps est aujourd’hui particulièrement brouillardeux…

Nous trouvons au sol bon nombre de grattis qui sont sans nul doute le fait de l’ours. On est toujours frappé par le côté « mesuré » du travail de recherche, sans remue-ménage de la terre comme chez le sanglier. Un travail « d’épluchure » soigné, méthodique. Peut-être également un grattis sur un tronc de conifère, mais sans doute ancien, car la résine a coulé depuis. En bordure du chemin, nous trouvons un long tuyau métallique rouillé sur lequel figurent de belles empreintes boueuses d’ours. Un animal qui a joué (au sens propre) les équilibristes sur quelques mètres ! Sur le même tuyau, des traces boueuses de martre et une crotte du petit carnivore.

Ours à Sinaïa, Roumanie
Ours à Sinaïa, Roumanie

Le bord du chemin est très boueux, si bien que les empreintes sont multiples. Outre l’ours et la marte, nombreuses traces de canidés (chiens), mais encore plusieurs d’un animal qui doit être particulièrement gros. Il n’y a officiellement pas de loup dans le secteur, mais l’empreinte fait nettement plus de 9cm et semble fort allongée…

Nous tombons sur un couple de pics tridactyles qui inspectent consciencieusement des troncs de pins sylvestres et d’épicéas. Puis ils tambourinent de concert et se répondent, tandis qu’un des oiseaux poussent des kut, plus doux que ceux de l’épeiche.

Le soir, nous remontons à Cota 1400 pour voir si des ours fréquentent les abords de la station, mais rien : les animaux doivent venir essentiellement le week-end, lorsqu’il y a du monde. Un grognement entendu en bordure de route nous rappelle que l’Ours n’est pas loin…

Et pour protéger les ours en France, voici le lien de l’Association Pays de l’Ours-Adet :
http://www.paysdelours.com/

Publié dans Biodiversité sauvage

Partager cet article

Poules marans et compagnie

Publié le par lesbiodiversitaires

Dimanche dernier, en allant chercher des œufs fécondés de poule marans chez l’éleveur Victor Couapel, à Plessé (Loire-Atlantique) et faire un peu d’ornitho dans les marais de Redon, nous sommes allés de hasard en hasard et de rencontre en rencontre :

Régis Fresneau, ancien animateur du CRAPAL, qui faisait pâturer ses moutons landes de Bretagne en écopâturage, une chienne berger d’Auvergne, deux organisateurs de la Fête de la vache nantaise (prochaine édition en 2018, à ne pas louper !), un ami soutenant les races à petits effectifs, de passage lui aussi dans la région, etc.

Marans saumon doré

Marans saumon doré

Si on croyait en l’astrologie, on se dirait : quel bel alignement d’étoiles !
Mais comme nous a dit l'éleveur de vaches nantaises, il y a des hasards qui n’en sont pas. Finalement, tous les chemins mènent à l’étable !

Poules marans et compagnie Poules marans et compagnie

Où sont les œufs ?
Commençons par le commencement. Les œufs de Victor… Ce ne sont pas des œufs, mais de véritables obus qu’il nous a mis de côté ! On n’arrive même pas à fermer la boîte à œufs !
« Bah, explique Victor, habitué au problème, les boîtes à œufs, c’est vraiment pas fait pour les œufs de marans ! »

Poules marans et compagnie

Ensuite, l’éleveur nous montre des œufs très foncés qu’il garde en souvenir. Impressionnant !

L'oeuf de la marans varie du foncé au... très foncé.
L'oeuf de la marans varie du foncé au... très foncé.

L'oeuf de la marans varie du foncé au... très foncé.

Présentation de ses poules, de ses coqs. La variété marans saumon dorée est reconnue depuis novembre dernier. Bravo Victor !

Marans saumon doré

Marans saumon doré

Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)
Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)

Poules marans de variété saumon argenté (magnifique mais non encore reconnue)

En partant de chez lui, on se rappelle que Laurent Chalet, éleveur de vaches nantaises et organisateur de la Fête de la vache nantaise, une des figures de la biodiversité domestique, habite lui aussi dans le coin. Petit crochet à l’improviste pour aller le saluer.
En effet, il a adopté une jeune chienne berger d’Auvergne, Louna (la seule de Loire-Atlantique), qu’on aimerait bien voir.
Coup de chance, on le trouve !

Quelques images de ses animaux :

Vaches nantaises
Vaches nantaises

Vaches nantaises

Chèvres des fossés
Chèvres des fossés

Chèvres des fossés

Et Louna, jeune chienne berger d'Auvergne, arrivant tout droit du Cantal !Et Louna, jeune chienne berger d'Auvergne, arrivant tout droit du Cantal !
Et Louna, jeune chienne berger d'Auvergne, arrivant tout droit du Cantal !

Et Louna, jeune chienne berger d'Auvergne, arrivant tout droit du Cantal !

Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)
Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)

Poules Noires de Challans (quel plaisir d'en revoir !)

Après cette journée bien remplie, on rentre par les marais, où chevreuil, cigognes et hiboux finissent de nous faire rêver. Biodiversité domestique, biodiversité sauvage…

Poules marans et compagnie
Poules marans et compagnie
Poules marans et compagnie

Mais le lendemain, François, en charge de la couvaison des marans, nous ramène à la réalité :
« Dis donc, tes œufs, ils sont tellement gros, ils ne rentrent pas tous dans la couveuse ! »
Bon, heureusement, une de ses poules avait justement envie de couver ! L’œuf en rab' finit sous son ventre. Sans doute le plus gros œuf qu'elle ait jamais vu !
Rendez-vous dans 21 jours pour l’éclosion !

Un trésor...

Un trésor...

Partager cet article

Destination : Mongolie

Publié le par lesbiodiversitaires

Cette fois, c’est décidé, c’est confirmé : nous repartons à la mi-juin en Mongolie, pays des espaces immenses et des nomades !

Destination : Mongolie

Philippe, qui s’est déjà rendu dans le pays deux fois lors d’expéditions mémorables (voir Les Tribulations d’un chercheur d’oiseaux), accompagnera le groupe dans le désert de Gobi, à la recherche des oiseaux et des mammifères.

Destination : MongolieDestination : Mongolie

Nous aurons le plaisir de retrouver là-bas notre ami mongol le Dr Terbish Khayankhyarvaa, professeur d’écologie à l’université nationale de Mongolie et spécialiste des amphibiens, naturaliste passionné et chevronné, et aussi une des personnes les plus sympathiques, cools et débrouillardes de notre connaissance ! Il sera une nouvelle fois notre guide mongol.

Terbish !Terbish !

Terbish !

La biodiversité domestique ne sera pas en reste, la Mongolie abritant le plus fantastique des peuples cavaliers que la Terre ait jamais porté ! Les chevaux et les cavaliers mongols sont présents partout, tout le temps. Sans compter les vaches, yaks, chiens, chèvres...

Destination : Mongolie

Parmi toutes les espèces que nous allons chercher et que nous espérons voir, en voici quelques-unes :

Côté oiseaux :
Syrrhapte paradoxal, traquets Isabelle et du désert, bruant à cou gris, oie à tête barrée, érismature à tête blanche, pélican frisé, mouette relique, goéland de Mongolie, vautour moine, aigle des steppes, podoce de Henderson, moineau des saxauls, niverolle du père David, pie-grièche des steppes, alouette de Swinhoe, buse de Chine, faucon sacre, roselin de Mongolie et de David, tétraogalle de l’Altaï, accenteurs bruns et de l’Altaï, linotte à bec jaune, pygargue de Pallas, gravelot de Leschenault, pipits de Richard et de Godlewski...

Et côté mammifères :
bouquetin de Sibérie, hérisson oreillard, renard corsac, pikas (petits lagomorphes proches des lapins) ou argali (le plus grand des mouflons), gazelle à queue blanche, antilope saïga, cheval de Prjevalski, hémione, gazelle à goitre, sousliks à longue queue... et avec un peu de chance, loup, chameaux de Bactriane et ours de Gobi.

Destination : MongolieDestination : MongolieDestination : Mongolie
Destination : MongolieDestination : MongolieDestination : Mongolie

Escursia, qui organise tous les aspects logistiques du voyage en Mongolie (ici pour plus d'infos) nous demande de faire savoir qu’il reste encore une ou deux places, si certains sont intéressés. Départ le 18 juin !

Voyage pour naturalistes passionnés et prêts pour l’aventure !

Destination : Mongolie

Philippe parlait entre autres de la Mongolie ce matin sur France culture, émission "Un autre jour est possible", Profession ornithologue.

Destination : MongolieDestination : MongolieDestination : Mongolie

Publié dans Biodiversité sauvage

Partager cet article

Écolo en herbe pour une planète au top

Publié le par lesbiodiversitaires

Écolo en herbe pour une planète au top

Il est sorti aujourd’hui !
Avec des illustrations de Dorothée Jost.

Quelques titres en vrac :
-Es-tu le pro du tri ?
-Ordures !
-Le jardinage sans ravages
-Quel type de consommateur es-tu ?
-Moins de gadgets, plus de liens
-Abécédaire des énergies durables
-Quel rapport entre un steak et une forêt ?
-Une banque propre, ça existe ?
-Les changements sont en route

Il s’agit d’un documentaire sur l’écologie pour les 9-13 ans, avec plein de conseils pratiques.
L’idée ? Leur parler des problèmes environnementaux, mais en cherchant des solutions ! Surpopulation, surconsommation, obsolescence programmée, trucs et astuces pour passer au vert à la maison, pour changer un peu sa façon de penser, pourquoi c’est important d’adhérer aux associations de protection de la nature, etc.
Quand l’éditrice m’a demandé si j’étais d’accord pour écrire ce livre, j’ai d’abord pensé que traiter ce sujet de façon optimiste était mission impossible.
Puis j’ai pensé à tous ceux qui font changer les choses dans le bon sens. A tous ceux qui résistent, vaillamment, qui osent ne pas « rentrer dans le moule », qui osent la différence, qui supportent le regard des autres, leur téléphone pourri dans la poche et leurs idées non-conformistes dans la tête.

Écolo en herbe pour une planète au top

Alors en terminant ce livre, j’ai réalisé qu’aussi difficile que soit le contexte environnemental actuel, ce n’est pas une fatalité. L’être humain oublie toujours à quel point il est… libre. On peut résister. Si on arrête de consommer à outrance, si on privilégie l'être au paraître, les choses changeront. On a le choix, et les jeunes lecteurs ont aussi le choix dès maintenant de contribuer à faire changer les choses. L’océan est constitué de gouttes d’eau. Se lamenter ne sert à rien : il faut agir. Alors, au boulot !

Écolo en herbe pour une planète au top.
Collection Bulle d’Air, De La Martinière Jeunesse, 80 p., 9,95 euros.

Emission H20 Ecolo en herbe, France bleu.

Partager cet article

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>